Spéculation

Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 18:18

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photo grece antique.net

 

Je me souviens d’un article dans Mariane, du 9 mars 2010, dans lequel Emmanuel Lévy titrait :

 

« La dette de la Grèce s’est vendu comme du petit pain » !

 

La Grèce était pointée comme un mauvais payeur.

Pourtant, les fonds d’investissement s’était rués comme des morts de faim pour souscrire à un emprunt qui, à l’époque, s’élevait à 5 milliards d’euros.

 

Pourquoi cette ruée vers les Cyclades ?

Aide internationale à un pays en difficulté ?

Que nenni !

Il s’agissait plutôt d’un formidable hold up pratiqué par les marchés financiers.

 

Un hold up légal, sans kalachnikovs.

 

Les marchés financiers n’avaient que fiche des Cyclopes fabricants de Feta, des pêcheurs d’éponges de Kalymnos ou des ménagères de Thesalonique. Tout ce qui les intéressait, c’était la formidable opportunité de gagner de l’argent que leur offrait la dette grecque.

 

Eh oui, un complot.

 

Soyons quand même honnêtes : complot, mais sans mafia!

Les Al Capone de Wall Street n’ont rien à voir avec ceux de Chicago.

Point de Colt: des I-phone, des Blackberry.

Point d’ « Incorruptibles » pour leur courir après, mais des déjeuners en cravate avec les eurodéputés ou les autorités régulatrices de l’euro. 

 

Comment ont-ils procédé ?

 

Temps n° 1 :

Ils ont parié sur la baisse du prix des obligations émises par le Trésor grec. Donc, ils ont acheté en masse ces obligations.

 

Temps n°2 :

Ils ont acheté des « credits default swap » (CDS). Ce sont des produits financiers qui assurent contre le défaut de paiement d’un Etat.

 

Temps n° 3 :

Ils ont fait le pari que la valeur de ces CDS allait augmenter.

Il suffisait pour cela de provoquer un cyclone financier :

selon une règle de trois bien connue des Al Capone de Wall Street, la panique fait grimper la valeur des CDS.

 

Temps n° 4 :

Revendre ces CDS plus cher qu’ils ne les avaient achetés et… empocher la différence.

 

Simple comme bonjour.

 

Moyennant quoi, les tiroirs-caisses de Wall Street se remplissaient

et ceux de Kalymnos se vidaient

(N’est-ce pas Archimède, qui avait décrit le principe des vases communicants ? ).

 

Prochaine étape l’Espagne.

 

Par Ramon BASAGANA - Publié dans : Spéculation
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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 20:38

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Francisco GOYA, 2 de Mayo

Musée du Prado - Madrid

 

J’ai appris aujourd’hui, mais est-ce une rumeur ?

Que l’Espagne vient d’emprunter 3,5 milliards d’€ à 6,975% sur 10 ans.

Un taux considéré par les analystes comme assassin

(à titre de comparaison, la France emprunte à 3,50% et l’Allemagne à 1,50%)

 

Pourquoi un pareil taux ?

Parce que les marchés financiers obéissent à une très curieuse logique du prêt :

 

Ils estiment que l’Espagne étant peu solvable, ils ont droit à une prime de risque. Pour eux, ce 6,975% est le surcoût que doit payer l’Espagne pour avoir eu la mauvaise idée de se trouver dans le besoin.

 

Bien entendu, 6,975% de 3,5 milliards de dollars, sur 10 ans, c’est beaucoup d’argent. Si quelqu’un sait le faire, j'aimerai bien savoir combien rapporte 6,975% de 3,5 milliards sur 10 ans… !?

 

Quoi qu’il en soit, les marchés financiers ont trouvé le moyen de gagner « beaucoup d’argent » à peu de frais :

Pourquoi prêter à 3% lorsque l’emprunteur est pris à la gorge, qu’il a besoin d’argent, et donc qu’il empruntera à coup sûr ?

 

Si je peux prêter à 7% au lieu de 3%, pourquoi m'en priver ?

 

Car cette « prime de risque » couvre un risque fondamentalement nul :

L’Espagne va payer, quoi qu’il arrive.

 

Prime de risque ?

 

De qui se moque-t-on ? De quel risque parlent les organismes financiers ? Ils savent parfaitement que l’Europe est derrière.

 

Ils savent aussi qu’il y a des élections en Espagne, et que c’est le moment de jouer du coude.

Et de miser sur une nouvelle augmentation de cette fameuse « prime de risque espagnole ! »

 

Au Moyen Age, ce type de transactions portait un nom: « usure »

Et ceux qui la pratiquaient étaient qualifiés « d’usuriers ».

Ils gagnaient beaucoup d’argent.

Certains finirent sur le bûcher.

 

 

 

Par Ramon BASAGANA - Publié dans : Spéculation
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Vendredi 17 juin 2011 5 17 /06 /Juin /2011 17:15

 

 

 

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J'ai "pêché" cette phrase au bas d'un mail.

Je n'ai pu m'empêcher de la livrer dans l'état:

 

Lorsque nous aurons abattu le dernier arbre, empoisonné la dernière rivière, tué le dernier animal et pêché le dernier poisson...

alors seulement nous réaliserons que l'argent n'est pas comestible.

(Auteur inconnu)

 

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(Aquarelle de l'incontournable Kasimir)

Par Ramon BASAGANA - Publié dans : Spéculation
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Samedi 28 mai 2011 6 28 /05 /Mai /2011 12:00

Semaine du 15 au 22 mai 2011.

Pendant que les médias n'avaient de regard, d’oreilles et d’état d’âme que pour une sombre histoire new-yorkaise, le monde continuait de tourner.

Plutôt mal pour certains : chômeurs espagnols, victimes des tremblements de terre,  réfugiés Lybiens, opposants Syriens…

Plutôt bien pour d’autres : les traders.

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Salle de marché. Photo www.businessattitude.fr

Très curieusement, les médias ont pratiquement passé sous silence que les banques françaises venaient de verser près de deux milliards d'euros de bonus à leurs traders!

Contre toute logique de bon sens ( économique et citoyen),  ces chiffres sont en progression par rapport à 2009.

En effet, la partie fixe de la rémunération des traders a été augmentée de plus de 40% ! Passant de 729 millions d'euros en 2009 à plus d'un milliard d'euros en 2010.

Des dérives exorbitantes.

Les risques sont tels que le commissaire européen au marché intérieur chargé de ces questions, Michel Barnier, a tiré la sonnette d’alarme : il serait prêt à durcir les règles..., il aurait estimé que ses appels à la modération n'ont "pas été entendus" en Europe.

Deux milliards de bonus!

L’affaire DSK, en plus de tomber à point nommé pour un tas de gens, dont les spéculateurs de la dette grecque, aura permis de passer sous silence cette « broutille ».

Semaine du 15 au 22 mai, Plaza del Sol, Madrid :

des dizaines de milliers d’Espagnols manifestent leur inquiétude face à la crise. Regardez bien leurs pancartes : elles dénoncent toutes la responsabilité du marché financier.

Serait-ce le début d'une prise de conscience massive ?

Les manifestants de la Plaza del Sol auraient-ils mis le doigt sur la véritable cause du marasme qui nous submerge?

Par Ramon BASAGANA - Publié dans : Spéculation
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Mardi 5 octobre 2010 2 05 /10 /Oct /2010 22:03

 

 

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(Photo Internet)

(ecole.lambda.free)

 

Il était une fois un méchant loup tout droit sorti des forêts de Brocéliande.

Jérôme Kerviel, de son vrai nom.

Cet ancien trader de la Société Générale, qui hurlait tous les soirs à la lune et rapportait beaucoup de proies à la tanière, vient d’être condamné par le chef de meute : 

« Trois ans de prison ferme, assortis d’une amende de 5 milliards d’euros. »

Qu’a-t-il fait, méchant loup Kerviel ?

« Il a admis avoir pris des positions à risque vertigineuses sur des indices boursiers européens, ayant atteint près de 50 milliards d'euros, et camouflées par d'autres passations d'ordres fictives. »

En clair, il a joué au loup garou, s’est attaqué à du gros gibier, l’a loupé, et la meute s’est retournée contre lui.

Eh oui, le Tribunal Correctionnel de Paris écarte toute faute de la banque.

Le méchant loup c’est lui, pas la meute.

"… Jérôme Kerviel a mis en péril la solvabilité de la banque qui employait les 140.000 personnes dont il faisait partie et dont l'avenir se trouvait gravement hypothéqué", dit le jugement.

Un vrai méchant loup !

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 (photo Internent : école.lambda.free) 

Bien entendu, la meute s'est félicitée du jugement.

Personne ne lui a demandé de faire mu-muse avec des positions à 50 milliards d’€ !

En clair, personne ne lui a jamais demandé de s’attaquer au mammouth !

Car:  " découvertes en pleine déroute des marchés financiers, les positions de notre loup-garou ont provoqué la perte finale la plus lourde de l'histoire financière."

D’après le tribunal, la meute n’aurait même pas soupçonné les agissements de méchant loup !

Peuchère la meute !

Peuchère la banque !

Tenez, essayez de faire un découvert de 50 €.

Dans les minutes qui suivent, tous les clignotants rouges de vos comptes, assurances, chéquiers, carte vitale, profil Facebook, acompte Redoute…  sont pris de vire-vire.

Eh bien, aussi incroyable que cela puisse paraître, méchant loup s’est attaqué au mammouth en plein territoire de chasse de la meute, et celle-ci ne s’en est même pas aperçu !

Elle n’a rien flairé, rien entendu, rien vu ! C'était pourtant la pleine lune!

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(Photo Internet: bdm.typepad.com)

Incroyable, mais vrai.

Ah ! ces bêtounets de la banque ! Ils n’en feront pas d’autres !

Voilà ce que c’est, que de faire confiance à méchant loup !

Jugez vous-mêmes : « La limite collective d’engagement en fin de journée, pour son « desk » de trading, était de 125 millions d’€ ! »

Et qu’a-t-il fait, le vilain ? 

Je vous le donne en mille : il a dépassé les 50 milliards d’€ !

Mais chut !  Faut pas le dire !

Le jugement considère qu’il est également responsable de la dégradation des conditions de travail des employés de la banque après l'affaire.

Evidemment !

Bien que… re-chut !

Il y a bien eu quelques petits bonus… Oh ! Pas de quoi mouiller les ailes d’un canard : trois ou quatre centaines de millions d’€… une broutille.

En clair, pour le reste de la meute, ces bonus ne représentent que trois ou quatre biches qui se courent après.

Sacré Jérôme, pourquoi as-tu dégradé les conditions de travail de tes collègues traders ? Hein ?

Laisse la meute chasser tranquille, bon sang !

Bien fait, si le Tribunal de Paris t’a condamné.

T’as pas d’excuse, car la banque t’avait fait confiance.

 

T’es hyper responsable.

 

Ah ! J’oubliais un truc :

« L'imputation de la responsabilité de la perte de ces 5 milliards au trader, éloigne « définitivement » les risques fiscaux et judiciaires pour la Société générale, visée par une "class action" aux Etats-Unis. »

 

Tout est bien qui finit bien, car notre brave méchant loup a admis ses fautes et exprimé des « regrets ».

Tout compte fait, c’est un brave louveteau !

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 (Photo Internet: ecole.lambda.fr)

 

Par Ramon BASAGANA - Publié dans : Spéculation
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  • Ramon BASAGANA
  • Le blog de Ramon BASAGANA
  • Homme
  • 15/01/1944
  • sud de la France
  • littérature Chine Espagne médecine Catalogne
  • Je suis médecin, marié. Passionné par la médecine. A l'affût des détresses évitables. J'aime écrire, lire dans "la mémoire des pierres", sonder le présent, décrypter l'avenir. ... Et livrer mes trouvailles!

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