Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

VOYAGE À TRAVERS L'AN MIL: LES AMOURS DU ROI ROBERT.

 

Robert le Pieux  est né vers 972 à Orléans, et meurt au château de Melun le 20 juillet 1031.

Il est le fils du roi Hugues Capet, premier de la dynastie des Capétiens ; lesquels traverseront paisiblement les siècles jusqu’au sinistre Philippe IV le Bel.

Philippe le Bel est celui qui a fait brûler les Templiers et mis fin à l’Ordre du Temple. Cela a dû lui porter malheur, car il est mort à 45 ans, dans l’année qui a suivi son forfait. Quant à sa descendance au trône de France, elle s’est éteinte avec ses deux derniers enfants.

Mais revenons au roi Robert.

Fait assez rare dans l’Histoire, son père le proclame roi alors qu’il est lui-même vivant. A 16 ans, Robert partage donc la couronne de France avec son père, couronne qu’il gardera pendant 40 ans.

Un moine illustre assure sa formation intellectuelle : Gerbert d’Aurillac (dont je parlerai bientôt). Il suit ses cours à l’école épiscopale de Reims.

Il n’a pas 20 ans lorsqu’il tombe amoureux de Berthe de Bourgogne. Le hic, c’est que Berthe est déjà marié. Pire : Berthe est sa cousine au troisième degré (fille de fils de cousin). A cette époque, pareille « consanguinité » est un empêchement absolu au mariage (dixit les théologiens).

Le roi Hugues, qui ne perd pas le Nord, lui file une épouse conforme en tous points aux canons de l’Eglise : Rozala d’Italie.

Cette Rozala était comtesse de Flandre et descendait par son père, des Carolingiens. Il faut savoir que Carolingiens et Capétiens, c’était un peu comme le Real de Madrid et le Barça : chiens et chats. Donc, Robert épousait un chat (enfin une…). En 988, Rozala est veuve d’Arnoul de Flandre. Elle a 30 ans. Or, trente ans, si c’est jeune de nos jours, en l’an mil, pour une femme, c’est déjà vieux :  beaucoup de grossesses, de fausses couches, de maris, de prétendants, ont déjà frayé chemin… Qu’importe, le roi Hugues décide, Robert n’a qu’à obéir. Problème : le jeune prince n’a que 16 ans.

Et Rozala... le double, évidemment !

Le mariage a bel et bien lieu, ainsi le veut le roi Hugues.

Que fait Robert ? Il décide que Rozala « est trop vieille » et la répudie.

En fait, il pense toujours à Berthe.

Par une aimable chiquenaude du destin, le mari de Berthe trépasse. Elle est donc libre, Robert aussi. Elle a déjà cinq enfants ? Broutille pour Robert, qui l’aime si fort, qu’elle pourrait en avoir 15, de rejetons, cela ne changerait rien !

Il monte au créneau.

Manque de pot, les évêques lui rappellent que Berthe et lui sont parents au troisième degré, ce mariage serait donc incestueux ! L’un d’eux exhume même un horrible secret : Robert a été parrain aux fonts baptismaux du premier enfant de Berthe !

Double inceste donc, au regard de la loi canonique.

Robert commence à s’impatienter (au vingt et unième siècle, on utilise plutôt une expression légèrement plus vulgaire…)

Il décide, dans un premier temps, d’en faire sa maîtresse.

Et puis, d’un coup, le roi Hugues meurt.

C’est le top.

Plus rien ne peut empêcher Robert d’épouser Berthe ! Il soudoie l’archevêque de Tours, Archambault, et épouse aussi prestement que possible sa dulcinée (ce mot est arrivée un peu plus tard, avec Cervantès, mais bon, ici, il tombe pile)  en grande pompe.

Épousailles que le pape Grégoire V ne digère pas du tout. Il fait réunir un concile à Pavie en 997 et, en guise de tisanne, fait excommunier le roi (d'où le tableau de JP Laurens).

Mais il y a toujours des arrangements possibles entre le temporel des rois et le spirituel des papes… Rome finit par accepter ce mariage moyennant quelques pincées de verveine, en l’occurrence, des concessions sonnantes et trébuchantes à l’archevêché de Reims…

Malheureusement, cinq ans plus tard, pour de sombres raisons, Robert est contraint de répudier Berthe.

A la grande joie du pape, qui voit son transit définitivement remis à neuf.

Au grand malheur de Robert, qui aime toujours Berthe.

Il épouse alors Constance, fille d’Azalaïs d’Arles, dont j’ai parlé dans l’article précédent.

Or, si Azalaïs est un pinson, Constance est une peste.

Elle commence par donner un ou deux enfants à Robert, puis par prendre les rênes du royaume.

En 1008, Robert – qui en a par-dessus la tête du caractère de sa femme – , file du palais et se remet subrepticement avec Berthe. Comme ils s’aiment toujours, et qu’ils sont bien décidés à vivre ensemble, ils s’arment de courage, de quelques onces d’humilité, et vont à Rome demander au pape d’annuler le mariage avec Constance.

La réponse du pape est claire : Niet !

Rien à faire, la curie pontificale refuse l’annulation.

Berthe et Robert remontent à Paris, la queue entre les pattes.

Je vous laisse deviner la réaction de Constance lorsque Robert remet les pieds au palais. Après les scènes d’usage, elle remet de l’ordre dans la tannière.

Berthe et Robert ne se reverront plus.

Constance, elle, sème tant d’intrigues et tant de poison, qu’elle finit par soulever les fils contre leur père, puis son fils Robert contre son fils Henri.

Une peste, cette Constance, qui aura pourri la vie du bon roi Robert.

Il meurt en 1031.

Constance l’emmouscaillera jusqu’au bout.

Pour de vrai.

Elle meurt deux ans plus tard, en 1033.

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