Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

VOYAGE À TRAVERS L'AN MIL: GERBERT D'AURILLAC À ROME— 4


 

Comme nous l'avons vu dans l’article précédent, l’évêque de Vic — Hatton — et le comte Borrell de Barcelone sont à Rome dans l’intention de soustraire l’Eglise de Catalogne à la tutelle de Narbonne. En attendant que Tarragone soit libérée des Musulmans, Borrell veut faire de Vic sa métropole chrétienne.

Ce que les Narbonnais voient d’un fort mauvais œil.

Des nuages sombres menacent la délégation catalane.

Hatton et Borrell se sont attachés les services du jeune Gerbert d’Aurillac, dont l’intelligence et la maîtrise de la rhétorique est leur meilleur atout pour convaincre le pape.

Le pape, par ces temps-là, est Jean XIII.

Pour le rencontrer, l’évêque Hatton et le comte Borrell doivent, comme tous les étrangers, passer par son entourage (cardinaux, évêques, prêtres, diacres…) et glisser au passage cadeaux et argent frais. Ils doivent aussi acheter les services de la bureaucratie pontificale…

Ce qu’ils font avec regret, mais sans hésiter, tant le projet est important à leur cœur.

Le trône métropolitain de Vic mérite bien que l’on ferme les yeux sur la corruption romaine!

Bref, après avoir raclé le fond des coffres, des besaces, et des tiroirs secrets de leurs malles, Hatton et le comte Borrell finissent par arriver jusqu’au pape Jean.

Qui les écoute avec componction, tout en cherchant où se trouve son intérêt.

La plaidoirie du moine Gerbert est un modèle du genre.

Une prestation sans défaut.

Convaincu du bien fondé de la requête catalane — car le comte Borrell est plus riche que les Narbonnais — le pape Jean accepte d’élever le siège de Vic au rang de métropole en lieu et place de Narbonne.

Et pour sceller sa décision, il fait rédiger cinq bulles — dont trois sur papyrus, qui sont toujours conservées à Vic ! —  et informe les évêques de Gaule et de Catalogne de sa décision.

Hatton est désormais le seul métropolitain plénipotentiaire de Catalogne.

Gerbert et Borrell sont heureux comme des pinsons. Plus rien ne peut, désormais, faire obstacle à leur bonheur.

Hélas ! Il y a toujours quelqu’un pour venir contrer les Catalans, comme mille ans plus tard — éternel recommencement de l'Histoire! —  lorsque Chelsea a botté le Barça en touche !

Sauf que, en 971, ce n’est pas Chelsea, mais la malivolence des Narbonnais, qui sévit.

Hatton est assassiné par un beau matin d’août 971.

Et l’érection de Vic comme métropole de Catalogne se voit remise aux calendes grecques.

Hatton mort, Narbonne garde titres et prérogatives…

Le comte Borrell retourne à Barcelone.

Gerbert reste à Rome à la demande du pape et de l’empereur.

 

Nous verrons dans le prochain article ce qu’il va devenir.

 

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