Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

VOYAGE À TRAVERS L'AN MIL: GERBERT D'AURILLAC — 2

 

 

Gerbert d’Aurillac arrive donc à Vic par un beau matin de l'an 967 avec, dans ses bagages, une immense soif d’apprendre, la protection du comte de Barcelone et l'enthousiasme de sa jeunesse.

Il a 27 ans.

L’école qu’il intègre est, avec le monastère de Ripoll tout proche, l’un des centres intellectuels les plus "pointues" de l’époque. 

 On y enseigne le « Quadrivium », qui comprend l’Arithmétique, la Géométrie, la Musique et l’Astronomie.

Il est permis de penser que, pendant son séjour à Vic, Gerbert a fait le déplacement, une ou plusieurs fois, jusqu'au monastère de Ripoll, où les moines se sont spécialisés dans la traduction des traités arabes.

Donc, Gerbert étudie le « Quadrivium ».

Est-ce important à savoir?

Oui, car Gerbert a donné une impulsion exceptionnelle aux quatre matières qui le composent.

 

En voici des exemples :

 

 

L’Astronomie.

 

A partir d’éléments empruntés aux Arabes de Cordoue, Gerbert a mis au point la « précession des équinoxes ».

Je ne sais pas trop de quoi il s’agit. Grosse modo, j’ai compris qu’il a découvert un mouvement rétrograde du point vernal (vernal=printemps) lors de l’écliptique, c’est-à-dire du chemin parcouru par le soleil sur la voûte céleste dans sa révolution annuelle. Ce mouvement rétrograde serait lié au déplacement de l’axe terrestre par rapport au dit écliptique.

Avez-vous compris ?

Moi, pas trop.

Gerbert, par contre, a plus que compris : il en a découvert le principe !

Et c’est cela, que je trouve ahurissant: En 2012, pour comprendre la « précession des équinoxes », il nous faut consulter des dicos, nous connecter à des moteurs de recherche, éplucher des articles savants…

Il y a mille ans, Gerbert d’Aurillac décrivait ce phénomène en s’inspirant uniquement de quelques documents arabes traduits par les moines de Ripoll et armé de sa seule observation astronomique… sans Google, sans dicos, sans articles savants…!

Et pour rendre son observation plus aisée, il avait perfectionné une invention arabe, les « anbuba ». Ce sont des tubes optiques qu’il pointait sur une étoile déterminée et qu’il fixait. Cela lui permettait d’étudier tranquillement les étoiles sélectionnées.

 

L’Arithmétique

 

Que nous a apporté Gerbert dans ce domaine ?

 

Un nombre surprenant de choses.

Exemple?

Les chiffres arabes.

Eh oui, l’introduction des chiffres arabes en Occident, c’est lui !

Auvergnats et Cantaliens, vous pouvez être fiers !

Sans votre Gerbert, on en serait encore à utiliser des chiffres romains pour calculer ! Est-ce que vous vous voyez en train d'aligner sur votre calculette XIV + CMXVIL devant le rayon lessive de Carrefour ?

Et pour rendre ses calculs encore plus simples, Gerbert s’est permis de perfectionner l’«abaque » des anciens, qui est une sorte de boulier-compteur.

L’ancêtre de nos machines à calculer !

 

La Musique

 

Gerbert, a-t-il découvert quelque chose, dans ce domaine ?

On ne peut quand même pas être moine, mathématicien, astronome et…  musicien… !?

 

Eh ben oui, même en musique, notre pâtre du Cantal a innové.

Jugez-en plutôt :

Il fabrique un « monocorde », instrument composé d’une corde de métal ou de boyau, tendue sur une sorte de règle, entre deux chevalets fixes.

Nanti de ce curieux instrument, il mesure les sons produits en pinçant la corde et en modifiant les espaces grâce à la règle. Il finit par établir des divisions qui, aujourd’hui paraissent évidentes, mais qui ne l’étaient absolument pas à l’époque : tons, demi-tons, bémols, dièses…

Rien que ça !

Quelques années plus tard, fort de ses connaissances musicales, Gerbert fabriquera un orgue hydraulique à la cathédrale de Reims. C’est un témoin, Guillaume de Malmesbury, qui rapporte le fait. D’après ce que j’ai compris, les sons étaient produits par un jeu de vapeur d’eau bouillonnante à l’intérieur de certaines cavités comparables aux tuyaux d’orgue…

La Géométrie.

 

Aurait-il, là aussi, découvert quelque chose ?

A vrai dire, il n’y a plus grand chose à dégoter.

Euclide et Pythagore ont déjà largement ratissé le terrain !

Gerbert compose quand même un traité de géométrie qu’il intitule Liber Geometriae Artis, retrouvé à la bibliothèque de Salzbourg au XVIII siècle. Dans ce traité, Gerbert décrit de manière totalement révolutionnaire pour l’époque, les axiomes, les théorèmes du point, de la ligne droite, le volume de la sphère,  du prisme,  de la pyramide, du cône…

 

Top of the top : il invente un instrument de mesure — qui porte d’ailleurs son nom —, le bâton de Gerbert. Ce curieux instrument permet de calculer la hauteur d’un arbre, d’une tour, d’une colonne… par l’ombre qu’ils projettent…

Voilà donc ce que notre Gerbert d’Aurillac — entre autres choses — a appris à Vic, et qu’il nous restitue enrichi du fruit de ses recherches.

Il quittera cette ville après trois ans d’étude au cours desquelles, j’en suis certain, il a fait un saut jusqu’à mon village — Rupit — connu dans toute la région pour la fraîcheur et la pureté de ses eaux, ainsi que pour la beauté de ses paysages… En ai-je la preuve ? Non, évidemment, mais la fiction permet toutes les audaces.

rupit_01.jpg

Village de Rupit.   

 

Que fait-il, après ces trois ans d’étude?

Il part à Rome, de cela j’en ai la preuve.

Et c'est là que les ennuis vont commencer.

Pauvre Gerbert !

 

A suivre donc : Gerbert à Rome.

 

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