Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

vOYAGE À TRAVERS L'AN MIL: GERBERT D'AURILLAC — 1

 

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Qui est Gerbert d’Aurillac ?

D'origine vraisemblablement paysanne, Gerbert — le fameux pape de "l'an mil" — serait né à Belliac, dans le Cantal.

La tradition raconte qu’il était berger.

Ce qui est possible.

La simplicité dont il a fait preuve sa vie durant, son humanisme et son bon sens, sont compatibles avec les qualités qu’une enfance passée à garder des vaches peut avoir semées.

On raconte également que l’abbé du monastère Saint-Géraud d’Aurillac, de passage dans le secteur, remarqua l’intelligence du jeune pâtre et le fit venir à son monastère.

Possible également.

Les abbés de cette époque avaient la charge de fiefs et de communautés complexes dont la bonne marche nécessitait des compétences multiples. Aussi, prenaient-ils grand soin de recruter des éléments valables, parmi les nobles comme parmi les paysans.

Gerbert intégra donc le monastère Saint-Géraud d’Aurillac.

Un jour, le comte Borrell de Barcelone, au cours d'un voyage en Auvergne, fit étape à Saint-Géraud.

Remarquant les exceptionnelles qualités intellectuelles de notre Gerbert, il lui proposa de le suivre en Espagne pour y parfaire son éducation.

C’est ainsi que Gerbert se retrouva à l’école épiscopale de Vic, au Nord de Barcelone.

Je connais bien Vic. Je suis né tout près : à une demi-journée de cheval, comme on disait à l’époque. Vic est une petite ville célèbre pour son évêchée,  son passé culturel et… son marché, qui a lieu tous les samedis. Quand j’étais petit, je me rappelle que les paysans y venaient de toute la « comarca » (région) pour y vendre poules, œufs, mulets, chevaux, vaches… et une bête de somme que l’on trouvait uniquement chez nous et que l’on appelait « machos » ; c’était le résultat d’un croisement entre des chevaux et une race d’ânes particulièrement robuste dont je n’ai jamais plus entendu parler… Ces « machos » étaient utilisés pour le transport du charbon de bois depuis la forêt profonde des « Guillerias » — une sorte de Brocéliande de chez nous —,  jusqu’aux villages alentour.

Bref, Gerbert se retrouva à Vic.

À cette époque, la ville de Vic était un centre intellectuel de premier plan. Il faisait pendant à Ripoll, situé un peu plus au Nord, sur la route de Puigcerda.

Je ne l’ai pas vérifié, mais on m’a rapporté que les archives de l’évêché de Vic gardent des documents de l’an mil où l’on mentionne le nom de Gerbert d’Aurillac…

Quoi qu’il en soit, Gerbert y resta de 967 à 970 et y étudia sous la direction d’un évêque de grand renom : Hatton, qui mourut deux ans après son départ, en 972.

On raconte que, pendant son séjour à Vic, Gerbert se déguisa en musulman et fit le voyage à Cordoue pour consulter les bibliothèques de la ville, où les savants Maures alignaient plus de 600.000 ouvrages !

Est-ce exact ?

Je ne le pense pas.

Ce qui est certain, c’est que les bibliothèques de Cordoue étaient le « nec plus ultra » des collections grecques, latines et arabes de l’époque. On ne trouvait nulle part en Occident, autant d’ouvrages disponibles. Toutes les maisons aisées de la ville se faisaient un point d’honneur de disposer d’une bibliothèque. Dans un seul quartier de Cordoue, j’ai pu recenser, sur un document d’époque traduit par le Pr. Sanchez-Albornoz,  plus de 300 femmes copistes !!!

Les bibliothèques de Cordoue étaient donc bien tentantes pour un savant de la pointure de Gerbert…!

S’y est-il égaré ?

Je l’ignore mais, franchement, je ne le pense pas. Si tel avait été le cas, il aurait fait référence un jour ou l’autre à cette expérience. Il n’aurait jamais passé sous silence pareille incursion dans les trésors d’Al-Andalous !

Par contre, il est incontestable que des savants en provenance d’Al-Andalous — Juifs et Arabes notamment —,  ont fait étape à Vic et on rencontré les élèves de l’école épiscopale. Les savants voyageaient beaucoup à cette époque. Des intellectuels Juifs et Arabes on certainement fait partager au jeune Gerbert leur savoir encyclopédique. Le qualificatif est à peine exagéré, tant le savoir des Arabes et des Juifs, en l’an mil, dépassait celui des Occidentaux.

Qu’a-t-il appris de particulier, notre Gerbert, dans la bonne ville de Vic, à part, peut-être, l’existence de ces curieux croisements donnant des « machos » ?

 

Réponse dans le prochain article.

 

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