Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

VOYAGE À TRAVERS L'AN MIL: AZALAÏS D'ARLES, LA COMTESSE AUX QUATRE MARIS.

 

Azalaïs est un personnage surprenant qui a marqué, en l'an mil, Arles et sa région.

 

 

Née vers 945, elle est fille de Godefroy Grisegonelle et sœur du comte d’Anjou.

À 15 ans, elle épouse Étienne, comte du Gévaudan, qui possède le sud de l'Auvergne, avec l'enclave de Saint Julien de Brioude. Elle lui donne trois fils: Pons, Bertrand et Étienne.

Un jour de mai, 15 ans plus tard, le comte Étienne meurt.

Azalaïs est donc veuve. Elle a 30 ans.

Elle s'en va, de ce pas, épouser Raymond, comte de Toulouse.

Qui meurt lui aussi, mais un peu plus vite que le comte du Gévaudan: trois ans après les épousailles.

Azalaïs est libre à nouveau.

Son père, Godefroy Grisogonelle, qui est fort riche, imagine alors une alliance  entre sa maison et la famille royale. A cette époque, ce sont les derniers Carolingiens, descendants de Charlemagne, qui gouvernent la Gaule: le roi Lothaire et sa femme Emma. Le couple ne crache pas sur l’argent, et voit d’un très bon œil le mariage de leur fils Louis V, alors âgé de 14 ans, avec Azalaïs, une bien riche douairière!

Qu'elle soit âgée de 33 ans, n'est qu'un détail.

 

Le mariage est célébré à Vieux-Brioude en 982.

 

Mais Louis, qui est un peu niais, ne comprend pas grand-chose aux subtilités du sexe, encore moins à celles de l’amour. Azalaïs, de son côté, a des besoins que cet adolescent boutonneux n’est guère en mesure de satisfaire. Le mariage est un échec.

Deux ans plus tard, Azalaïs prie le roi Lothaire de descendre chercher son lardon et de le ramener chez lui, au nord de la Loire.

 

Libre une troisième fois, Azalaïs descend à Arles et épouse le célèbre Guillaume II  le Libérateur, celui-là même qui vient de bouter les Sarrasins définitivement hors de Provence.

Est-ce un mariage d’amour ?

L’Histoire ne le dit pas.

En tout cas, Guillaume découvre une femme énergique, belle, parfaitement au fait des choses de l’amour. De son côté, Azalaïs partage la vie d’un peux chevalier qui lui ouvre toutes grandes les portes du pouvoir.

Ce dont elle va grandement user.

Elle aura plusieurs enfants du comte Guillaume, dont Constance – une peste ! – qui épousera le roi Robert, fils de Hugues Capet. Elle deviendra reine de France et rendra impossible la vie du bon roi Robert.

 

Devenue veuve –  encore une fois ! – Azalaïs, qui est en pleine force de l’âge, continuera de jouer un rôle politique sur le territoire d’Arles. En 1013, son fils Guillaume III va tenter de se libérer de la tutelle maternelle, mais Azalaïs ne lâche pas facilement le morceau. Il laisse à Guillaume les affaires civiles et prend en main celles des moines.

Il faut croire qu’Azalaïs n’est pas commode, car l’abbé de Montmajour se plaint très officiellement au pape Grégoire V.

Ce dont Azalaïs n’a que fiche.

Elle décide de bâtir la nécropole comtale dans l’abbaye de Montmajour et ni l’abbé ni le pape, ne pourront l’en empêcher.

Elle meurt à 80 ans.

Et on a presque envie de dire qu’elle assiste à son enterrement et veille sur les détails de la cérémonie, tant elle a pris l’habitude, sa vie durant, de gérer les événements.

Bien entendu, c’est à Montmajour qu’elle est enterrée.

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