Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

VOYAGE À TRAVERS L'AN MIL: ARLES - 2 - Le cimetière d'ALYSCAMPS.

 

Dans l’antiquité, les cimetières étaient implantés le long des grands axes routiers, à l’extérieur de l’enceinte des cités.

Celui d’Alyscamps, égrenait sarcophages, mausolées, tombeaux d’incinération… le long de la Via Aurelia.

Celle-ci, qui était la plus grande voie de l’empire romain, partait d’Arles vers Rome par deux itinéraires : L’un empruntait l’intérieur des terres et passait par Aix-en-Provence, le second empruntait la route du littoral, passait par Fos-sur-Mer, Marseille, Aix-en-Provence… via Fréjus.

Alyscamps se trouve de part et d’autre de la deuxième voie.

 

Au fil des siècles, ce cimetière prit une importance sans comparaison avec celle des cimetières dans les autres cités de l’Occident chrétien.

Est-ce parce que le martyr saint Genest y fut inhumé, ou parce que les évêques d’Arles choisirent d’y attendre le jugement dernier ? Toujours est-il que les Arlésiens ne voulaient point d’autre endroit pour y être enterrés, s’y rendaient comme on se rend en ville… Alyscamps étaient devenu le cœur de la cité.

Et les tombes s’allongeaient bien bien au-delà de l’emplacement actuel, en direction de la plaine de la Crau.

 

Était-il toujours fonctionnel en l’an mil ?

Oui.

Sa réputation de lieu saint était telle, d’ailleurs, que vers 1040, les moines de l’abbaye Saint-Victor de Marseille, y installèrent un prieuré : Saint-Honorat.

Toujours à cette époque, les auteurs de chansons de geste, frappés par l’abondance des tombes, s’emparèrent du lieu et y situèrent les combats de Charlemagne contre les Sarrasins.

Vrai ? Faux ?

Faux. Mais de grâce, ne le répétez pas… Laissez-nous rêver !

Soyons quand même justes : une bataille eut bien lieu contre les Sarrasins, mais c’était en l’an 973, bien après Charlemagne. Guillaume Ier de Provence, comte d’Arles, dit « Le Libérateur », chassa les Sarrasins qui occupaient le massif des Maures depuis 890, et qui s’étaient retranchés à la Garde-Freinet.

 

Quoi qu’il en soit, grâce aux chansons de geste, la nécropole d’Alyscamps devint une étape obligée du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, notamment pour les pèlerins qui venaient de la grotte de Marie-Madeleine, à la Sainte-Baume (celle dont j’ai parlé dans le Christ de Marie-Shan…)

 

Cœur de la cité, étape sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, Alyscamps devint aussi un symbole pour les poètes. Et pas pour n’importe lesquels : Dante Alighieri l'immortalisa dans son poème « L’enfer ».

 

Plus près de nous, Van Gogh et Gauguin sont venus s’inspirer de ces étranges « Champs Elysées » d’Arles. Van Gogh y a peint, notamment, « Les feuilles mortes ».

 

En novembre 1888, il écrivait à son frère Théo :

 

« …je crois que tu aimerais la chute des feuilles que j’ai faite. C’est des troncs de peupliers lilas, coupés par le cadre là où commencent les feuilles. Ces troncs d’arbres comme des peupliers bordent une allée où sont à droite et à gauche alignés de vieux tombeaux romains d’un lilas bleu. Or les sol est couvert, comme d’un tapis, par une couche épaisse de feuilles orangées et jaunes tombées. Comme des flocons de neige il en tombe toujours encore… »

 

L’allée des Alyscamps qui subsiste aujourd’hui a été aménagée par les religieux Minimes au XVIIIe siècle. 

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