Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

Un auteur à connaître : Axelle Fersen

 

 

 

La semaine dernière, je présentais « Le Cœur Noir », d’Axelle Fersen, un livre que j’avais particulièrement aimé.

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Et j’avais promis d’en dire un peu plus sur son auteur.

Je lui ai donc posé une série de questions, comme je l’avais fait auparavant pour Anne Bragance, Mireille Calmel, Laurence Fontaine et Jacques Saussey.

Qui est-elle?

On sait, d’après le 4° de couverture, qu’Axelle Fersen est un nom de plume et qu’elle est haut fonctionnaire dans dans un ministère régalien…

Mais encore?

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 Axelle Fersen en pleine dédicace

 

* 

 

          1 - Bonjour Axelle. D’après le 4° de couverture du Cœur Noir, vous travaillez dans un ministère régalien, où vous occupez des fonctions de direction dans le domaine financier. Qu’est-ce qu’un ministère régalien ?

 

Le terme régalien découle des notions de souveraineté. Les missions régaliennes sont celles qu'un Etat ne peut pas ne pas assurer, sauf à perdre sa souveraineté, son indépendance. Même si cette notion peut varier d'un Etat à un autre, on trouve généralement dans les missions de souveraineté : la police, la diplomatie, la justice, la défense, le budget, etc. Employer ce terme me permettait de noyer le poisson en ne dévoilant pas précisément mon ministère d'appartenance. Axelle Fersen est en effet un pseudonyme derrière lequel je m'abrite et qui dévoile un certain goût pour l'histoire.

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Comte Axel von Fersen 

 

2 - Pour écrire Le Cœur Noir il vous a fallu une énorme masse de documents. On sent, derrière ce travail de recherche, une très vaste érudition. Pour mieux comprendre votre livre, est-il indiscret de vous demander quelle a été votre parcours universitaire ?

 

Vous avez raison, écrire le Coeur noir (CN) m'a demandé un gros travail de recherche. Même si j'apprécie beaucoup les polars ésotériques, j'ai aussi appris en marchant, en me documentant. La documentation du premier tome, c'est une bonne cinquantaine de livres ingurgités, en particulier sur la franc-maçonnerie et les sociétés secrètes, l'achat de biographies sur Aleister Crowley, etc. Pour le second, ce sera la même chose, en peut être plus dense encore. Le processus de création littéraire ne résulte donc pas d'une pure inspiration/invention ; j'essaie de partir d'une trame historique plausible qui, elle, demande pas mal de recherche. Je brode autour du réel ensuite. Je mets donc beaucoup de temps à écrire. Mais j'aime beaucoup ce travail qui s'approche par certains côtés des travaux de synthèse que ma formation universitaire m'a amenée à maîtriser.

Comme la 4ème de couverture le précise, je suis haut fonctionnaire : après des études de droit, j'ai intégré Science Po Paris puis l'Ecole Nationale d'Administration. Je suis donc plutôt juriste à la base, d'où les termes employés, parfois, voire le style - on ne se refait pas - mais j'exerce depuis maintenant près de huit ans des fonctions dans le domaine financier.

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Dans lequel de ces ministères travaille Axelle Fersen?

Mystère...


 3 - Un livre est parfois un miroir reflétant des émotions anciennes, voire très anciennes. Beaucoup remontent à l’enfance. Pouvez-vous nous parler de la vôtre, de vos souvenirs d’école, de collège… ?

 

 Si l'écriture d'un livre en dévoile beaucoup sur son auteur, je ne suis aucun des cinq personnages principaux en particulier, et sans doute un peu de tous. Je suis assez solitaire, comme l'héroïne, mais ne lui ressemble absolument pas physiquement. Comme elle, je cultive les amitiés, et la collocation a longtemps était mon lot quotidien. Cette complicité, cette solidarité de groupe, elle me manque sans doute un peu aujourd'hui. J'ai assez peu de souvenirs d'école, de collège : sportive de haut niveau (joueuse de tennis de table, j'ai longtemps appartenu à l'équipe de France minime, cadette et junior), j'ai beaucoup manqué l'école et mes souvenirs sont plus ceux des pays que nous visitions et des nombreux gymnases dans lesquels j'ai évolué que ceux des cours d'école et des discussions animées sous les préaux de la République.

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Axelle Fersen est de la génération de JP GATIEN 

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C'était la rivale attitrée d'Emmanuelle Coubat (née en 1970),

qui encadre, aujourd'hui l'équipe féminine de Kremlin-Bicêtre.

Elles étaient sur le podium en double aux championnats d'Europe cadette de 1985 (médaille de bronze)

 


4 - L’image du père joue un rôle capital dans votre livre.

Y a-t-il un rapport avec votre vécu personnel ?

 

Vous avez vu juste. Le goût pour l'ésotérisme, les grands mystères, les templiers, etc. je l'ai toujours eu. Mais le besoin d'écrire, je le date du décès de mon père. Cette mort qui m'a bouleversée, je n'ai cessé de lutter contre elle, pour finalement la vaincre, dans l'écriture du CN. Mais certains grands méchants du roman, comme Pitzer, sont aussi largement construits autour de personnages que j'ai rencontrés dans la vraie vie. Ecrire le CN, c'était aussi me défouler sur mon ancien patron avec lequel, j'avais, disons, de gros différents... comme Andréa d'ailleurs ;-)

 

 

5 - On attend la suite du Cœur Noir, cela va de soi.

Est-elle en route ?

Avez-vous d’autres projets de livres ?

 

Le CN est le premier tome d'une trilogie, le "Grand Oeuvre". Le travail d'écriture du second est à peine ébauché, mais celui de recherche est quasiment terminé. Le tome 2 sera construit autour du mystère de Rennes le Château, terre d'accueil du CN, si vous vous souvenez, en fin de premier tome. Tout cela demande un gros travail de recherche car je ne veux pas tomber dans la facilité et faire un Da Vinci Code bis : les secrets de l'abbé Saunière ne seront pas liés à Marie Madeleine, elle même épouse de Jésus. J'écrirai ainsi ma propre version du mystère, à partir des éléments qui ont pu être prouvés, même si, là encore, je serai forcément amenée à "broder". C'est ainsi que les abbés Gélis et Boudet, pour ceux qui connaissent un peu l'histoire de ce magnifique village, auront un rôle tout aussi important à jouer que celui que l'on a surnommé le "curé aux milliards". J'espère ainsi sortir des sentiers battus. Je sais comment se termine la trilogie (sans parler du second tome : dramatiquement), et je suis assez contente de mon idée. Le "Grand Oeuvre" est ainsi pour Andréa la possibilité, tome après tome, de développer ses pouvoirs. Vous avez pu lire dans le CN qu'elle avait, sans le vouloir, était projetée dans le passé lors de sa confrontation avec Pitzer. Cet évènement était subi. Arrivée au Tibet, en début de second tome, elle va peu à peu parvenir à maîtriser des capacités qui s'exerceront au service de l'intrigue. A l'image d'un Pendergast, célèbre commissaire mis en scène par Preston et Child, Andréa sera le témoin privilégié de scènes du passé à RLC, éclairant ainsi précieusement certains pans du mystère. Enfin, la suite du CN, c'est aussi des évènements catastrophiques qui vont se produire, pour la bonne et simple raison que la pierre reste toujours malheureusement manquante. En résumé, le second est structuré autour de trois temps forts : Andréa au Tibet, tentant de maîtriser ses capacités ; le reste du "club des cinq" à RLC à la poursuite de la pierre sacrée ; Pitzer et son soif de vengeance qui pourrait bien être à l'origine d'un attentat sur le sol parisien… Je n'en dévoile pas plus. 

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Photos Internet - Tibet - vopus.org

 

 

6 - Ma dernière question sera perfide :

vous dirigez un service financier dans un grand ministère.

Votre regard sur le mystérieux univers de la finance est donc nécessairement pointu. Si un mécène vous commandait une fiction financière, quel regard porteriez-vous sur l’avenir ?

 

Si un mécène lit cet article, et je l'appelle de mes voeux, je lui conseillerais plutôt de me commander le scénario de la trilogie du Grand Oeuvre : je crois en effet beaucoup à son potentiel cinématographique, un peu à la Hunger Games ;-) Et je ferai une réponse aussi perfide que votre question l'appelle : une fiction financière serait forcément, dans le contexte actuel, un scénario catastrophe. Avec un titre aussi accrocheur que : "Meurtres à Bercy", comme il y a eu il y a une quinzaine d'années "Meurtres au Conseil d'Etat", que je recommande tout particulièrement d'ailleurs ;-) Plus sérieusement, mes fonctions me prennent énormément de temps, et la trilogie, sans mécène, n'est pas prête de voir le jour : n'oublions pas que j'ai mis dix ans pour écrire le premier tome… Alors, les deux suivants… Il reste que je ne suis pas pressée, je souhaite changer d'éditeur et en trouver un vraiment intéressé dans la promotion de ses auteurs. L'actuel, alors même que le CN s'est assez bien vendu par le seul bouche à oreille, a réussi l'exploit, en un an, de ne m'organiser ni séance de dédicace ni de place dans un salon ! A bon entendeur!  

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Meurtre à Bercy?

Aïe...!

 

Un très grand merci, Axelle! 

Et vivement le second tome!  

 

Axel de Fersen (1755-1810) était un comte suédois connu pour son profond amour de la reine Marie-Antoinette. En 1791, il participe à la préparation de la fuite à Varennes et accompagne la famille royale jusqu’à Bondy.

 

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