Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

QUI ETAIENT LES TEMPLIERS? — ORIGINES - 2

 

537-230_Musee_Hugues_de_Payns_Credi.jpg

Photo Musée des Templiers Hugues de Payns

www.huguesdepayns.fr

 

 

Oui, l’Ordre des Templiers intrigue et frappe l’imagination.

Et il y a de quoi :

Les Templiers étaient des moines, des vrais, c’est-à-dire qu’ils récitaient l’office, se levaient la nuit pour prier – comme n’importe quel autre moine – , mais entre deux prières, ils allaient aux écuries prendre soin des chevaux et fourbissaient leurs armes… Des épées, des lances et des boucliers qui n’étaient absolument pas faits pour parader, mais pour tuer !

On a envie de leur crier: "Templiers, qui êtes-vous" ?

*

 

Ils furent créés à Jérusalem en 1119 par Hugues de Payns, chevalier champenois (mort en 1136) et Godefroy de Saint-Omer, chevalier flamand, vassal de Robert II de Flandre.

Ni l’un ni l’autre n’étaient gens d’Église.

Ils étaient chevaliers, adoubés par leurs seigneurs respectifs, et avaient fait du métier des armes l’âme et le cœur de leur vie.

Ils commencèrent par fonder, vers 1118-1120, la « Milice des Pauvres Chevaliers du Christ », dont la mission primitive était de sécuriser la route des pèlerins se rendant à Jérusalem. Dès que la milice fut assez nombreuse, elle se concentra sur le défilé d’Athlit, un endroit particulièrement dangereux pour les pèlerins.

L’initiative de Godefroy de Saint-Omer et Hugues de Payns ne correspondait donc pas à une lubie de gourous, mais à un réel besoin sécuritaire : la Terre Sainte avait besoin d’hommes sûrs, généreux et courageux. D’une part pour défendre les Lieux Saints et d’autre part pour protéger les nouvelles vagues de pèlerins qui affluaient d’Occident depuis la prise de Jérusalem en 1099.

De plus, le roi de Jérusalem Baudoin II avait du fil à retordre avec sa noblesse, qui était indisciplinée, séditieuse, avide d’indépendance… L’arrivée de cette chevalerie non féodale, parrainée par l’Eglise, représentait un don du ciel. Il lui octroya l’ancien Temple de Salomon (le Dôme du Rocher), qui devint leur commanderie cheftaine et valut aux « Pauvres Chevaliers » le surnom de « Templiers ».

En 1129, la milice devint, par la volonté du pape, ordre monastique et militaire.

Les Templiers prononcèrent donc les vœux de pauvreté, chasteté, obéissance et reçurent mission, par la voix du patriarche de Jérusalem, de :

« Garder voies et chemins contre les brigands pour le salut des pèlerins »

« Ut vias et itinera, ad salutem peregrinorum contra latronum »

 

En clair, voilà des moines qui avaient choisi de se consacrer à Dieu, mais ne rêvaient ni de contemplation ni de sécurité douillette dans un monastère.  Ils voulaient porter des armes et combattre pour protéger la Terre Sainte.

 

Ç’a l’air simple, mais les évêques de l’époque et les autres religieux n’étaient pas prêts à cautionner ce délire. Ils ne connaissaient qu’une réponse à l’appel de Dieu : les vœux monastiques prononcés et vécus dans l’enceinte close d’un monastère. La cotte de mailles, l’épée, le destrier… ne faisaient pas partie des outils qui rapprochaient de Dieu.

Le roi de Jérusalem qui, comme on l’a dit, avait compris le profit qu’il pouvait tirer de ces chevaliers d’un type nouveau, devint leur plus ardent défenseur.

Grâce à lui, mais aussi grâce au comte Hugues de Champagne, qui rejoignit l’ordre en 1125 – au grand dam de saint Bernard, qui aurait préféré le voir entrer chez lui, à Cîteaux – les choses allèrent très vite.

A partir de 1130, ce fut le le raz-de-marée.

Les vocations affluèrent de toutes parts, notamment d’Occident, qui devint la base arrière, « nourricière », des frères qui se battaient sur le terrain. Les commanderies poussèrent comme des champignons (Larzac, Saint-Gilles, Provins, etc). Ces commanderies — en fait d’immenses domaines agricoles —, approvisionnaient en armes, chevaux, provisions de bouche et matériel, les places et commanderies bâties en Terre de Promission.

Le patrimoine des Templiers devint colossal, leur richesse énorme.

Et leur puissance aussi.

De quoi réveiller jalousies et mauvais instincts.

Et les légendes !

Dont le trésor des Templiers, qui a fait couler beaucoup d’encre.

Mais nous n’en sommes pas là.

Attardons-nous sur les berges du Jourdain et observons ces moines-soldats.

Rendez-vous au prochain article.


Article précédent: 

QUI ETAIENT LES TEMPLIERS? — ORIGINES - 1

 

 

 

 

Article précédent Article suivant
Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article