Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

QUI EST LAURENCE FONTAINE ?

 

 

Comme je l’écrivais hier, les éditions Les Nouveaux Auteurs ont publié, pratiquement en même temps :

 

Bleu Eldorado, de Laurence Fontaine,

Colère Noire, de Jacques Saussey,

La damnation du templier.

 

Jacques Saussey, auteur talentueux et prolifique, nous a conduits, dans l’interview publiée hier soir, sur les sentes et ravines qui lui ont permis d’exceller dans ce genre littéraire très particulier qu’est le « polar ».

 

Comme promis, c’est à Laurence Fontaine que je demande aujourd’hui de se livrer.

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Laurence Fontaine a écrit un ouvrage superbe — Grand Prix du Roman d’Évasion décerné par le jury des lecteurs —, dont la présentation par Les Nouveaux Auteurs sonne comme une rhapsodie de Gershwin : « Road-movie musical et littéraire

au cœur d’une Amérique de légende ».

 

Oui, Bleu Eldorado fait penser à « Rhapsody in Bleu ».

 

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*

 1- Tes lecteurs se posent probablement cette question : « qui est Laurence Fontaine? » Peux-tu te présenter en quelques mots ?

 

 

Je suis née  à Lille, il y  a 46 ans. Ma famille est originaire des Flandres. J’ai effectué des études d’Histoire et je suis  professeur dans un lycée de ma région. J’aime voyager à l’étranger depuis l’adolescence, période durant laquelle j’ai commencé  à écrire. Je suis passionnée par la photographie, le cinéma et la musique, classique, jazz, rock. Je joue un peu de guitare folk et je chante mais je suis plutôt mélomane que musicienne. Mes écrivains préférés sont Paul Auster, James Joyce, Kundera, Steinbeck et Herman Hesse. Mais j’en oublie beaucoup !

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Photo rando extraite de sa page Facebook

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Autre phot rando extraite de sa page Facebook

 

 

2 - Les auteurs vont chercher très loin dans leur enfance les émotions de leurs personnages et, parfois, l’intrigue de leurs romans. C’est le cas de Marcel Pagnol. Peux-tu nous entrouvrir une petite lucarne sur la tienne ?

 

 

Effectivement,  Jean Genet, un autre écrivain que j’aime lire, a dit «  créer c’est toujours parler de l’enfance ». Enfant, la littérature me fascinait parce que la bibliothèque de mon grand père représentait un monde étrange, où se côtoyaient les noms de Balzac de Stendhal et de Pierre Loti… Cela m’intriguait que des gens écrivent des histoires, je me demandais  si cela était possible de son vivant d’avoir un livre avec son nom dessus, ou s’il fallait être mort avant ! Mon 1er roman irlandais se passe dans une bibliothèque, je crois que c’est un souvenir d’enfance, même si l’intrigue policière qui en résulte est pure fiction !

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Eh ben oui, elle a un livre avec son nom dessus !


 

3 - Un mot sur ton parcours universitaire? Sur ton métier ?

 

Je suis allée en Khâgne, puis j’ai obtenu un Master d’Histoire contemporaine, le CAPES ainsi qu’un diplôme d’anglais.

 Mon métier d’enseignante ?  Il a beaucoup évolué en raison de l’informatique et d’internet.  C’est utile mais toutefois il importe de rester une personne humaine, assumant ses choix et  passions dans la transmission d’un savoir. Cela compte je crois auprès des jeunes.

 

4 - Ton livre, de par la richesse de ses descriptions, la pertinence de ses informations, pourrait être l’œuvre d’une journaliste. Vocation manquée ?

 

J’ai voulu devenir journaliste, vers 13 ans, parce que c’était un métier où l’on vous payait pour écrire !  

Mais j’avais envie d’écrire des fictions. Etudiante, j’ai donc fait des petits boulots qui m’ont permis de mieux comprendre le monde. Pour l’anecdote, entre autres jobs d’été, j’ai été concierge à Paris, journaliste pigiste et animatrice de radio locale. Aux Etats-Unis, j’ai vendu des disques, des livres dans des boutiques et pris quelques leçons de pilotage (mais je ne sais toujours pas atterrir !)... Donc, ce n’est pas une vocation manquée, mais plusieurs vies  d’exploration qui me rendent curieuse de l’originalité. Ce que j’essaye de mettre dans mes romans c’est un peu cela : la singularité des destinées humaines, l’artiste qui sommeille en nous aussi...( beaucoup de mes personnages sont musiciens !).

 

5 - Peut-on parler, chez toi, de « passion pour l’Amérique » ?

 

Ce pays me fascine parce que l’Histoire, aux Etats-Unis,  ne freine pas la course de l’aventurier dans les déserts de l’Ouest, et la géographie unique des paysages, la tonifie. C’est  donc effectivement une passion. Ou une histoire d’amour consommée avec le continent américain. A voir…

 

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 San Francisco

 

 

6 - Tu as également écrit une histoire d’amour et de mort dans « Larmes rouges sur Belfast ». Quels sont tes liens avec l’Irlande ?


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 - Je connaissais l’Irlande depuis longtemps mais j’ai eu un coup de foudre pour  les spectacles de danses celtiques, en 2002.  La danse irlandaise, par son exigence physique, est une discipline sportive de haut niveau. Spectaculaire et enracinée dans l’Histoire de ce pays.  Mais pour écrire sur l’Irlande du nord et Belfast, j’ai dû faire un réel travail de recherche, parce que les irlandais sont très réticents  à parler de cette guerre civile qui reste source de drames inimaginables et de déchirures profondes.

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Kylemore Abbey Connemara (Sud de l'Irlande)

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Cunnil Tragh (Ring of Kerry, Sud de l'Irlande)

 

 

 

7 - Comment as-tu connu Les Nouveaux Auteurs ? Je crois que la publication de « Bleu Eldorado » est, par elle-même, un roman dans le roman. Peux-tu nous en dire plus ?

 

  Après de nombreux refus auprès de maisons d’éditions parisiennes ( et parfois des conseils de réécriture qui furent utiles), en 2010, j’ai croisé en salon du livre, Jean Depreux, un auteur nordiste qui a obtenu le prix VSD Yann Queffelec  pour « les meurtriers de Dieu » chez LNA.  C’est ainsi que j’ai entendu parler  de ce concept d’édition  novateur via le net.  J’ai  téléchargé mon manuscrit  sur le site et quelques temps après, l’éditeur des Nouveaux Auteurs, J-L Poitevin, m’a annoncé que j’avais obtenu d’excellentes notes du jury des lecteurs. Je remercie J-L Poitevin et l’équipe éditoriale de LNA pour leur enthousiasme.  La parution de Bleu Eldorado est  une vraie, belle aventure littéraire.

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Article dans la revue Eulalie

 

 

 

8 - Quels conseils donnerais-tu aux jeunes auteurs en quête d’éditeur ?

 

3 conseils :

Etre exigeant envers soi-même. ( facile en principe ! )

Etre humble mais croire en soi. ( difficile)

Ne jamais abandonner face aux refus. ( impossible )

… et s’en tenir  à l’impossible.

 

 

9 - Bleu Eldorado est une une traversée de l’Amérique d’Est en Ouest, une autre conquête de l’Ouest… As-tu réellement effectué ce parcours?

 

Oui. En plusieurs fois ( 7 ). J’avais  l’idée de l’histoire de Bleu Eldorado ( le thème de la fugue de deux ados, du voyage initiatique et de la rencontre avec un 3ème personnage mystérieux qui les emmène vers une destination inconnue et périlleuse ), ceci  avant même de me rendre aux Etats-Unis pour la 1ère fois. D’une certaine manière, les voyages étaient un «  cabinet d’études » un moyen de nourrir la fiction en gestation, que j’écrivais et réécrivais après chaque séjour, avec mes notes de voyages et tout ce que j’avais engrangé d’infos, de sensations aussi, auprès des familles américaines chez qui je vivais. Je voulais absolument que « bleu eldorado » soit un roman américain écrit « à l’américaine », sans intervenant extérieur, notamment français. Je l’ai donc écrit très lentement alors que le rythme, au final, est très rapide, très soutenu.

 

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Monument 3 Sisters

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Quoi de mieux qu'une Cadillac bleue, pour traverser l'Amérique?

 


10 - Dernière question : as-tu des projets d’écriture ? ou d’autres projets personnels ?

 

Je pense écrire un roman dont le thème central serait la musique en lien avec internet … une intrigue  à suspense qui se passerait entre l’Europe et l’Amérique, avec un personnage principal très singulier.

… Parallèlement  je tente de donner un maximum de chance à « bleu eldorado », alors je vais continuer  les dédicaces en librairies  et salons du livre.

Enfin, je terminerai sur cette citation de Robert Frost   « Deux routes s'offraient à moi et là j'ai suivi celle où l'on n’allait pas et j'ai compris toute la différence."

 

 

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