Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

QUI EST JACQUES SAUSSEY ?

 

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Premier trimestre 2013 : les éditions Les Nouveaux Auteurs publiaient, pratiquement en même temps :

 

« Bleu Eldorado » de Laurence Fontaine,

« Colère Noire », de Jacques Saussey

« La damnation du templier »

 

Trois romans qui ont été sélectionnés pour une valorisation dans « Les livres dont on parle » de la FNAC.

 

Qui sont Laurence Fontaine et Jacques Saussey ?

 

Plutôt que de rédiger leur chronique biographique

Il m’a paru plus simple de leur poser directement la question, une sorte d’interview de lecteur à auteur.

 

L’un comme l’autre ont eu la gentillesse de répondre en toute simplicité.

 

Voici dans un premier temps les réponses de Jacques Saussey, auteur émérite de polars.

 

Je publierai demain celles de Laurence Fontaine, « Grand prix du roman d’évasion » pour Bleu Eldorado.


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Jacques Saussey en plein travail!


 

 

Tes lecteurs se posent probablement cette question : « qui est Jacques Saussey ? » Peux-tu répondre en quelques mots ?


Je suis né à Paris en mars 1961, dans une petite maison du XIV arrondissement coincée entre les immeubles. J’ai ensuite grandi dans une cité tristounette de banlieue, avant de découvrir l’oxygène des grands espaces lors de mes premières virées à moto. Il m’en est resté un fort désir de m’évader de la ville le plus fréquemment possible. Aujourd’hui, je vis à la campagne, près des bois, dans un cadre idyllique à 1 heure de la capitale : l’Yonne !

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Région de l'Yonne

(Photo internet: Yonne-89.net)

 


Les auteurs vont chercher très loin dans leur propre enfance les émotions de leurs personnages et, parfois, l’intrigue de leurs romans. C’est le cas de Marcel Pagnol. Peux-tu nous entrouvrir une petite lucarne sur ton enfance ?

Je n’ai pas eu l’impression de piocher dans mon passé, (à l’exception du tir à l’arc dans « Colère Noire ») pour mes trois premiers romans, mais en revanche c’est exactement ce qui s’est passé pour le quatrième, Principes Mortels, dont la parution est prévue en septembre prochain. J’ai volontairement inséré dans cette intrigue, construite dans un registre beaucoup plus intimiste que les trois précédents, des éléments qui ont marqué ma jeunesse en Creuse dans les années 60 et 70. Je connais très bien ce département pour y être allé en vacances à de nombreuses reprises. La ferme que je décris a bel et bien existé, à quelques détails près…  C’est incroyable comme des odeurs, des bruits, peuvent vous revenir à la conscience plus de quarante ans après les avoir vécus, avec toujours autant d’acuité. La mémoire de notre corps est parfois beaucoup plus fidèle que celle de nos méninges. C’est une chance formidable de pouvoir l’exploiter et de tenter de rendre à travers des mots ce que l’on alors ressenti au fond de soi.

Ce roman noir est bâti autour de l’enfance du personnage principal, et ce n’est pas pour rien que j’ai choisi une narration à la première personne et au présent dans les deux époques. Cela m’a aidé à m’immerger encore plus profondément dans la peau de Franck Servin et dans ses souvenirs.

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A-t-il la bouille d'un auteur de polars?

 


Un mot sur ton parcours scolaire ?

Primaire et collège à Champigny-sur-Marne, Lycée à Nogent et Bac D en 1980, puis fac de Jussieu juste le temps de me rendre compte que ce n’était pas fait pour moi… Ensuite j’ai opté pour le monde du travail et débuté mon apprentissage en atelier d’art.


 

Il semblerait que tu as pratiqué le tir à l’arc. Peux-tu nous en dire plus ?

J’ai découvert le tir à l’arc en 1985, par le biais d’un livre de chasse, écrit par deux pionniers de cette activité en France, Jean-Max Lecaille et Jean-Pierre Menu (Editions Gerfault). Un choc, une révélation ! Tous les sports que j’avais pratiqués jusque-là sans enthousiasme se sont évaporés. C’était CA que je voulais faire. Mais avant de chasser, il fallait apprendre à tirer. Alors je me suis inscrit dans une compagnie d’arc, près de chez moi, et je me suis lancé à corps perdu dans la pratique à haute dose. Très rapidement, j’ai compris que j’avais cette fois mis dans le mille. Ce sport était exactement ce qu’il me fallait. J’ai commencé à gagner des compétitions départementales, puis régionales. J’ai été intégré en équipe de France en 1992, équipe qui a remporté les deux premières places de la coupe d’Europe de Tir Nature cette année-là. Avec une autre victoire en Open de France cette même année et un titre de champion de France trois ans plus tard, j’avais atteint mon objectif en 1995, dix ans tout juste après avoir démarré la discipline. Il était temps de passer à la chasse ! Depuis 2010 et la parution de « De sinistre mémoire », l’écriture a mis un très sérieux frein à mon temps passé dans le bois, mais j’y retourne dès que possible, mon Nikon en bandoulière. C’est une autre forme de chasse, dont la période d’ouverture va du 1er janvier au 31 décembre… et dont les territoires sont sans limites.

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Une drogue, que le tir à l'arc!

Il s'entraîne en tous lieux, l'ami Jacques,

même en dédicaçant ses livres! 

 


Quels sont tes auteurs préférés ?

Pour les français : Franck Thilliez et Andrea H. Japp, bien sûr, mais également Frédéric Dard et Boileau-Narcejac dans les classiques. Chez les anglais RJ Ellory l’emporte haut-la-main, chez les américains Craig Johnson et Dennis Lehane, en Europe du Nord le norvégien Jo Nesbo et dans le Sud Carlos Ruiz Zafon. Au Québec, je commence tout juste ma découverte, et j’ai déjà eu un très gros coup de cœur pour Geneviève Lefebvre et Chrystine Brouillet.

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Ses livres côtoient ceux de Franck Thilliez

 


Depuis quand écris-tu ?

J’ai écrit mes toutes premières nouvelles en 1988, dont « Une bonne opération », celle parue dans le recueil « Santé » des Auteurs du Noir (éd. Atelier Mosésu). Mon recueil est gros d’une trentaine de texte dont j’envisage l’édition pour 2014. Toutes ces histoires courtes sont placées sous le signe du Noir, même lorsque j’effleure le côté comique du bout de la plume, voire même le côté érotique…

 


Pourquoi des polars ?

C’est ce que j’ai toujours aimé lire, du plus loin que je me souvienne. Maurice Leblanc, Conan Doyle et Gaston Leroux ont bercé mes jeunes années de lecteur. Une fois aux commandes de mon premier navire littéraire, je n’ai même pas eu à me poser la question. Ce serait un polar ou rien.

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 Simenon lui-même, n'a pas eu droit au fronton de l'hôtel Bellevue!

 


D’après tes publications sur FB, tu fais de nombreux aller-retour Paris-Canada dans le cadre de tes romans. Est-ce uniquement à cause de ton roman « Quatre racines blanches », dont l’intrigue se situe au Canada ?

Je me rends régulièrement au Québec depuis bientôt vingt ans. Mes premiers voyages ont été basés sur des rencontres d’archers entre français, québécois et amérindiens. L’idée de « Quatre racines blanches » est née lors de l’un de ces voyages, en arpentant, l’arc à la main, les sous-bois de la forêt qui sépare le Québec de l’Ontario, quelque part au nord d’Ottawa. J’étais venu chasser le grand orignal avec des amis rencontrés quelques années plus tôt, je suis rentré avec un roman en gestation dans la caboche. Ce roman, (paru en avril 2012 en France et en mai au Québec) ayant Montréal et ses environs pour cadre, j’ai sollicité mon éditeur et Interforum, son distributeur, pour avoir une petite place au salon du livre qui s’y déroulait en novembre dernier (2012). J’y ai fait la rencontre de Johanne Seymour et Richard Migneault, membres dirigeants du Festival des littératures policières de Knowlton. Cet événement, regroupant 18 auteurs cette année, dont quinze québécois, s’est tenu en mai à une centaine de kilomètres de Montréal. De solides amitiés se sont liées, au hasard des rencontres, forgeant encore un peu plus les liens entre des amateurs de polars qui ne se connaissaient parfois que sur le web. Mon petit doigt me dit que je n’ai pas fini de faire des allers-retours là-bas…

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"Colère Noire" chez Christine Brouillet,

chroniqueuse littéraire sur TVA, Québec (samedi 18 mai 2013)

 


Ton dernier roman a dû être re-édité un mois seulement après sa parution. C’est la première fois que j’entends un truc pareil. Comment expliques-tu ce succès ?

C’est sans aucun doute le coup de cœur de Franck Thilliez pour « Colère Noire » qui a généré ce succès. Le roman a gagné une visibilité qu’il n’aurait jamais eue sans sa générosité, appelant par là-même l’attention des lecteurs sur les deux précédents. Franck a un lectorat fidèle et passionné qui a suivi son avis. De nombreux libraires ont alors joué le jeu en plaçant Colère Noire juste à côté d’Atomka, lui donnant encore un coup de pouce supplémentaire.

« Quatre racines blanches » a ensuite été en rupture en avril, et « De sinistre mémoire » est parfois difficile à alimenter en poche sur les séances dédicaces. Un rêve pour tout  « jeune » auteur, finalement…

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Journal de Montréal, 12 mai 2013

 


Ton prochain roman — qui est aussi le 4° chez Les Nouveaux Auteurs —  paraît au mois de septembre prochain. Vite un scoop : de quoi parle-t-il ?

« Principes mortels » est un roman noir résolument différent des trois premiers. J’y abandonne mon équipe de choc Lisa Heslin et Daniel Magne (provisoirement, je précise…) pour un roman noir dont l’action se situe dans la Creuse, à la fin des années 70 et de nos jours. Je voulais éliminer de cette histoire toute recherche ADN inhérente à tout polar actuel, ainsi que l’esclavage du téléphone portable. Sans ces deux détails, cette intrigue n’aurait pu exister.

Au premier chapitre, le prologue, un homme explique qu’il va mourir bientôt. Mais auparavant, il doit raconter l’histoire qui l’a détruit.

Au deuxième chapitre, un jeune homme, Franck Servin, arrive à moto dans une ferme isolée de la Creuse, en 1979. C’est le neveu des propriétaires. Il vient de Paris, cherchant un havre de paix pour réviser son bac avant la session de rattrapage de septembre. Mais Franck porte en lui un problème insoluble. Son cousin Paul est mort quatre ans plus tôt dans un accident de mobylette. Et Franck lui ressemble comme deux gouttes d’eau…

Tout le récit est construit à la première personne, vécu par les yeux de Franck Servin, amenant le lecteur à suivre pas à pas son sinistre  périple en Creuse.

 

Au lecteur : Principes Mortels est bien mon quatrième roman édité aux Nouveaux Auteurs, mais je partage ce privilège avec le talentueux Ramon Basagana, qui a publié « La malédiction du Templier » cet hiver, et que je remercie du fond du cœur pour cette interview ! ;-)

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