Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

A PROPOS DES LAMPES A HUILE ROMAINES

Les lampes à huile romaines étaient le plus souvent en terre cuite.

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(Lampe à huile romaine en terre cuite, du I° siècle)

 

STRUCTURE:

Elles comportaient un corps –  avec une anse et un bec – , sur lequel étaient adroitement accolé un disque avec un ou deux trous permettant le remplissage.

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(Lampe à huile romaine du II° siècle: on voit le corps, l'anse, le bec

et le disque avec le trou de remplissage)

 

FABRICATION:

Elles étaient d’abord « façonnées » par un artiste spécialisé, puis « moulées », ce qui permettait leur fabrication en série.

Bien entendu, il y avait des petits malins qui « surmoulaient », c’est-à-dire qu’ils moulaient une lampe en circulation pour la reproduire à nouveau en série. (Des « contre-façons » avant la lettre).

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(Moule permettant la fabrication des lampes "en série") 

 

LOCALISATION:

Aux IV et V siècles, la plupart des lampes romaines étaient fabriquées en Afrique du Nord.

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 (Lampe romaine du IV°-V° siècle, avec sa forme ovoïde caractéristique)

 

CARBURANT:

On utilisait  des huiles végétales, et d’abord l’huile d’olive.

Sauf que l'huile d'olive était diablement chère ! On lui préférait l'huile de noix, de lin, de ricin…, voire le suif.  

Pour ceux qui seraient tentés de copier le système, une astuce: On ajoutait un peu de sel pour éviter la surchauffe et augmenter la clarté de la flamme.

 

LA MECHE :

Elle était fabriquée avec des fibres végétales, que l’on introduisait par le bec : lin, jonc, rouvre, bouillon blanc (dénommé « herbe lucernaire »)

 

CONSOMMATION:

Les lampes devaient être remplies d’huile toutes les deux heures environ, pour une lumière beaucoup moins vive que celle d'une torche. Toutefois, elle était suffisante pour éclairer les veillées, ou pour aller de pièce en pièce pendant la nuit.

 

(Quand j’étais petit, on utilisait encore en Espagne des lampes à huile basées sur le même principe, que l’on appelait « candil »)

 

PRIX: 

Chères, très chères. A l’époque romaine, la lampe à huile était un produit de luxe et constituait un cadeau très prisé. Les chandelles et les torches étaient, sans conteste, meilleur marché.

Elles étaient si chères, qu’on les considérait souvent comme des objets de décoration. C’est pour cela que beaucoup d’entre elles donnent l’impression de n’avoir jamais été allumées…

Celle que je montre ici, trouvée à Souk-Ahras, dans l’Est algérien — et dont je vous parle en post-scriptum — n'était pas un objet de décoration. Les traces noires sur le bec, avec usure, attestent de son usage régulier.

lampe table 2

 (Lampe romaine du IV°-V° siècles, trouvée à Souk-Ahras)

 

SYMBOLISME:

On plaçait des lampes aux fenêtres pour célébrer un heureux événements…

ou pour annoncer la mort d’un proche. 

lampe allumée 1

 

 

POST-SCRIPTUM - 1 

Vous avez remarqué que la lampe trouvée à Soukh-Ahras est allumée. Je lui ai moi-même redonnée vie en hommage à une personne disparue, reprenant ainsi sa fonction originelle.

Faisant fi du cartésianisme, je considère — honte au toubib qui est en moi — que cette lampe a une âme. Je sais, cela ne fait pas sérieux, mais c'est ma façon de voir l'objet.

Quoi qu'il en soit, cette lampe a une histoire. La voici:

Nous sommes en 1975. J’habite Alger, je suis étudiant en médecine.

Une nuit, un voisin que je connais seulement de vue, frappe à ma porte, affolé : sa femme se tord de douleur. Je me rends chez lui, examine la malade : son abdomen est dur. Je suspecte une urgence chirurgicale. Nous fonçons à l’hôpital et le problème est aussitôt pris en charge par l'équipe de garde de l'hôpital Mustapha.  

Quelques jours plus tard, ce voisin frappe à nouveau chez moi et, à ma grande surprise — à ma grande joie aussi —, il m’offre une lampe romaine. Il l'a trouvée  en creusant des fondations chez lui, à Souk-Ahras, dans l'Est algérien.

Je suis sincèrement ému, car l'objet est dans un très bel état de conservation. Je ne sais comment le remercier.

Je me documente auprès d’amis historiens du musée Bardo, et aussi de mon ami Mouloud Mammeri (écrivain, grand humaniste), et nous découvrons que cette lampe date des 4ème -5ème siècles après J.-C.

Mouloud Mammeri — qui pour moi demeure le maître absolu de la culture berbère —  m'apprend que Souk-Ahras (anciennement Thagaste) est le lieu de naissance de Saint-Augustin (354 après J.-C-), né d’un père romain et d’une mère Berbère des Aurès (sainte Monique). Mort à Hippone (Annaba) en l’an 430.

En d’autres termes, cette lampe date très exactement de l’époque où  saint Augustin et sa mère sainte Monique vivaient à Thagaste (Souk-Ahras) !

Sources:

www.membres.multimania.fr/lamesantiques/romaines

    www.alienor.org/ARTICLES/lumantique

 

POST-SCRIPTUM - 2 

Dans mon "Roman de l'an mil", je raconte l'histoire de deux enfants juifs — Alcym et Rébecca — qu'un moine a sauvés du massacre de leurs parents.

Ce moine est Gerbert d'Aurillac, futur pape Sylvestre II.

L'odyssée d'Alcym et de Rébecca les conduit jusqu'aux montagnes berbères (At-Yanni), puis Rome, Bagdad, Cordoue... où Rébecca épouse le fils d'Almanzor,  maître d'Al-Andalous.

Mon voeu est que l'âme de cette lampe berbère — qui a peut-être éclairé les lectures de saint Augustin au V° siècle —, apporte des lueurs de saine intelligence aux esprits juifs, chrétiens et musulmans du XXI° siècle. .

 

 

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