Partager l'article ! Nos députés suppriment le remboursement à 100% de l'hypertension artérielle sévère.: ...
Le Journal Officiel prévoit la suppression de l’HTA sévère de la liste des ALD ( Affections Longue Durée remboursées à 100%).
(Décret 2011-726 du 24 juin 2011)
Je ne peux museler un coup de gueule.
C’est incompréhensible, ahurissant !
Une aberration, une injustice manifeste.
Bref, une décision purement comptable.
Prise par nes députés.
Question : quelles sont leurs compétences dans ce domaine ?
D’après leur compte-rendu savant, l’Hypertension artérielle sévère constitue un facteur de risque et non une pathologie avérée !
C’est ce qu’ils affirment.
Comment peut-on considérer l’HTA sévère comme un simple facteur de risque ? Aucun professionnel de santé ne soutient ce point de vue. Pas même la Haute Autorité de Santé (HAS), qui a émis le 12 janvier dernier un avis défavorable à ce retrait.
La Fédération Française de Cardiologie et l’Alliance du Cœur ont fermement déclaré que, « contrairement à ce que dit le décret, l’HTA sévère est une maladie qui donne des complications cardiovasculaires graves et handicapantes ».
Las ! Nos députés ont pris une décision comptable !
Motivée par le seul souci de mettre en œuvre ce qu’ils ont voté concernant l’Ondam (Objectif National de Dépenses de l’Assurance Maladie).
Dans ce cas précis, nos députés veulent faire, soit disant, 20 millions d’euros d’économies en 2011 dans le non remboursement de la prise en charge des nouveaux patients atteints d’hypertension sévère.
Du délire d'énarque!
Relevons, au passage, un paradoxe.
Pour la première fois en matière de prévention, cette mesure « crée » deux types de patients :
1- Ceux qui ont une HTA sévère diagnostiquée avant le 24 juin 2011,
2- Ceux qui ont une HTA sévère diagnostiquée après le 24 juin.
Les premiers sont des individus qui ont une maladie, ils sont donc remboursés à 100%.
Les seconds sont des individus qui présentent un facteur de risque : ils ne sont donc pas remboursés.
On aurait pu proposer ce remarquable paradoxe comme sujet philo au Bac !
Quoiqu’il en soit, cette logique financière témoigne d’une vue à court terme.
On est dans le pilotage à vue !
Car cette décision va reporter la facture sanitaire de l’HTA aux générations futures. La suppression du ticket modérateur pour les nouveaux patients atteints d’HTA sévère, notamment les plus fragiles ou les plus âgés, augmentera le nombre de patients avec des complications.
En effet, les hypertendus sévères qui ne disposent pas d’une couverture complémentaire devront prendre en charge plus de 30% des frais engagés pour l’achat de médicaments, d’examens complémentaires et de suivi médical.
Ce qui est matériellement impossible.
Donc, ils arrêteront leur traitement au bout de trois ou quatre passages chez le pharmacien.
D’autre part, il faudra prévoir une augmentation des dépenses des mutuelles, et donc une majoration significative des cotisations.
Les plus démunis ne pourront pas suivre.
Cette décision aggravera donc les inégalités d’accès au soin.
C’est « un recul historique de la prévention en France » !
Que faut-il faire ?
Demander – comme les sociétés savantes l’ont suggéré – le retrait de ce décret, c’est-à-dire, déposer un recours devant le Conseil d’Etat en vue de le faire annuler.
NOTE : L’HTA touche plus de 11 millions de Français, dont 1,2 million sont actuellement en ALD (100%)
Source : Entretien avec le Pr. Xavier GIRERD, président de la Société française d’hypertension artérielle, publié dans Impact-Médecin.
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