Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

MEDECINE DU TRAVAIL: Bernardino RAMAZZINI


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La médecine moderne s’intéresse de plus en plus aux facteurs de risque environnementaux.

Effet de mode, nécessité ?

Les avocats se jetent dans la brèche, les politiques créent le principe de précaution, des partis politiques enfourchent les risques environnementaux comme cheval de bataille…

Notre association – l'APCME : golfe de Fos et pourtours de l’Etang de Berre –  travaille sur les risques environnementaux depuis le début des années 1980.

Un travail de pionniers. 
Du moins, le croyions-nous.

Car quelqu’un nous a précédés, un Italien.

Quelqu’un qui n’a rien à voir avec les commissions européennes, la mouvance verte… la mouvance rouge… puisqu’il a commencé ses travaux en... 1690.

Bernardino Ramazzini !

Curieux, ce Ramazzini !

Il naquit à Carpi, près de Modène, le 4 octobre 1633. Il étudia la philosophie et la médecine, qu'il exerça un peu partout en Italie, puis occupa la chaire de Théorie médicale à l’Université de Modène (1682).

Son cheval de bataille ?  La santé au travail.

Il écrivit un traité : "De morbis artificum diatriba", publié à Modène en 1700.

L’idée de ce livre germa quand un égoutier vint faire des travaux chez lui. Ramazzini remarqua que cet homme travaillait en grande hâte, très vite, à la limite de la précipitation ; il l’interrogea alors sur la cause de cette diligence. L’égoutier répondit que rester trop longtemps dans un tel lieu pouvait rendre aveugle.
Ramazzini sourit : il ne voyait pas comment le fait de nettoyer les égouts pouvait « rendre aveugle » !

Mais Ramazzini était un scientifique. Piqué de curiosité, il se mit à enquêter sur ce cas et découvrit que les égoutiers présentaient tous de sévères lésions aux yeux et que nombre d’entre eux, après des années de ce travail, devenaient aveugles.

Il relia très vite la pathologie occulaire aux substances acides (vapeurs d’ammoniacales) présentes dans les égouts ».

Ce fut une révélation.

Une nouvelle approche médicale était née. Ramazzini comprit que pour s’occuper correctement de la santé des travailleurs, il fallait se rendre sur les lieux de travail, interroger, visiter les fabriques…

C’était une façon de voir révolutionnaire et il dut faire face à au scepticisme, voire aux sarcasmes des autres médecins. Ils n’appréciaient guère l’idée d’une médecine aux « mains sales ».

Personne ne le suivit lorsqu’il soutint que pour se familiariser avec les odeurs dans le lieu de travail, il fallait commencer par visiter les latrines.

Il élabora un panel de 50 postes de travail en mentionnant les produits dangereux : poussières minérales, poussières végétales, vapeurs de mercure…, décrivit la chaleur, le froid, l’humidité comme facteurs de risque de maladie chez les souffleurs de verre, les fabricants de briques, les lavandières…

Il s’interrogea aussi sur la pollution. Par exemple celle provoquée par un laboratoire chimique qui déversait des vapeurs de vitriol dans l’atmosphère…

C’était en 1700 !

Sur le plan de la méthode, Ramazzini voulut compléter la méthodologie d’Hippocrate par une question :

« … & quam artem exerceat » :

Une question que peu de médecins savent encore poser en 2010 :

« Qu’est-ce que vous faites, comme métier ? »

 

 

 

 

 

 

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