Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

Marseille, vue du Vieux-Port, en 1881

Au XIX siècle, les maisons cossues de Marseille avaient pris l'habitude de décorer leurs salons de fresques réalisées par des artistes locaux. 

Pour le plaisir des yeux, voici l'un de ces chefs-d'oeuvre.

Il a été peint en 1881 dans la maison d'un entrepreneur de Saint-Marcel, sur la route d'Aubagne.

Ses descendants sont des amis; je les remercie de m'avoir permis de livrer ces témoignages du passé familial.

Les photos ne sont pas d'une qualité excessive: elles ont été faites avec les moyens du bord.

C'est un simple clin d'oeil sympa sur l'horloge à remonter le temps.

Comment l'artiste a-t-il procédé? 

Nous le savons par les témoignages transmis de père en fils.

Le peintre avait loué une barque de pêcheurs aux frais de l'entrepreneur. Une barque comme celles que l'on voit sur la fresque.

Le pêcheur avait conduit notre artiste, à la rame, jusqu'au milieu du Vieux-Port. Là, il avait posé des repères bien précis pour retrouver l'exact endroit à chaque séance.

Le pêcheur jetait l'ancre, et notre artiste faisait ses croquis le plus vite possible, entre deux passage de voiliers.

Une fois les croquis en place, le pêcheur ramait jusqu'au quai. Là, notre artiste montait à cheval et galopait jusqu'à Saint-Marcel... où il transposait sur les murs de la bastide sa pêche d'images au Vieux-Port.

 


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Au second plan, derrière le voilier, le fort Saint-Jean.

Il doit son nom à la commanderie des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem,

implantée sur cet éperon au XII siècle.

Attention: les Hospitaliers ne sont pas les Templiers. 

Les premiers on traversé le Moyen Age sans trop de dégâts,

et existent toujours: ce sont les chevaliers de Malte.

Les Templiers se sont éteints avec le brasier allumé par Philippe le Bel

le 18 mars 1314

 

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Toujours au second plan, à gauche du voilier:

la cathérale "La Major".

Cette fresque est un sacré document: la cathédrale était en pleine construction (1852-1893). D'ailleurs, on devine les échaffaudages.

C'est Napoléon III qui avait posé la première pierre.

Le style est curieux: mélange d'art byzantin, roman et gothique.

 

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Sur le panneau de droite, le palais du Pharo.

C'est un palais offert par Napoléon III à l'impératrice Eugénie.

Les travaux débutèrent en 1858, mais à la chute de l'empereur, en 1871, ils n'étaient toujours pas achevés.

Pendant que notre artiste galoppait vers Saint-Marcel avec son croquis,

la ville de Marseille intentait un procès à Eugénie, propriétaire légale des lieux.

En bonne Espagnole de Grenade, Eugénie de Montijo ne voulut rien entendre.

Il y eut un procès virulent.

Mais il en fut comme avec l'OM, qui gagne toujours, même à Valenciennes!

En 1884, trois ans après cette fresque, Eugénie rendit les armes et

offrit son palais, avec les jardins attenants, à la ville de Marseille.

A condition qu'ils soient utilisés à des fins d'utilité publique.

(Je vous rassure, le stade Vélodrome n'a pas été construit sur les jardins du Pharo)

 

 

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Au fond, Notre-Dame de la Garde.

Communément appelée "La Bonne-Mère". 

Notre peintre avait probablement assisté à sa consécration 18 ans plus tôt (1864).

Son style: romano-byzantin.

Tout en haut du clocher on devine la statue de la Vierge et l'enfant, 11m de haut.

 

 

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Vue sur une barque marseillaise à voile.

Il n'y en a plus, fini.

A la place, on peut voir des trucs à moteur dans le genre:

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Encore Notre-Dame de la Garde.

Au moyen plan, les chantiers artisanaux qui jouxtaient la Corniche.

 

 

 

 

 

 

 


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