Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

LA VIE DES TEMPLIERS: L'INFIRMERIE.

 

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(photo internet: cercledesvolontaires.fr)

Devenir templier, au XII siècle, n’était pas une plaisanterie.

Le postulant s’engageait pour la vie dans une institution qui alliait austérité monastique et rigueur militaire. La première qualité que l’Ordre aurait pu estampiller sur chacune des salles de la commanderie était la discipline.

Celle-ci était présente partout, au dortoir, au réfectoire, dans l’emploi du temps, dans les sanctions aux manquement, dans les peines sans appel qu’infligeait la Règle pour les fautes graves…

Il n’y avait qu’un endroit où la discipline se relâchait :

 

L’infirmerie.

Pour ces hommes de fer qui guerroyaient à longueur d’année, mais priaient et jeûnaient comme des moines, la Règle prévoyait que la plus grande attention fût portée à la santé de leur corps.

Deux principes y veillaient :

1- La prévention des maladies par un régime alimentaire riche et varié.

2- L’isolement des frères malades pour qu’on puisse leur donner tous les soins nécessaires.

 

C’est le frère infirmier, qui veillait sur les malportants.

Ses connaissances médicales étaient suffisamment vastes pour qu’il puisse soigner les fièvres rapportées d’Orient, celles engendrées par les marécages et les étangs, les rhumes, ou encore les « dévoiements des entrailles ». Beaucoup de ces connaissances lui venaient du savoir des Arabes qui étaient, à cette époque – notamment à Bagdad – , à l’avant-pointe de la médecine.

Pour les cas graves – avec l’accord du commandeur – il prenait l’avis du « miège fésicien » (du médecin).

Il avait un statut à part au sein de la commanderie : les responsables de la bouteillerie (la cave), de la cuisine, du four, de la porcherie, de la galinerie (basse-cour), devaient exécuter les ordres qu’il leur donnait pour le soin de ses malades.

Le commandeur lui-même avait obligation de lui donner l’argent nécessaire pour l’achat des produits manquants.

 

Une fois à l’infirmerie, quels étaient les avantages dont jouissaient les malades ?

1- Ils pouvaient manger de la viande tous les jours de la semaine, sauf le vendredi. C

2- Ce jour-là, ils mangeaient du poisson.

3- Ils avaient des légumes frais à volonté.

4- Certains produits leur étaient quand même interdits : lentilles, fèves, truie, chèvre, bouc, anguilles…

5- Ils pouvaient être servis au lit s’ils le souhaitaient.

6- Ils étaient soignés dans un dortoir commun, mais s’ils souffraient de « menoison » (dysenterie), de « naffre » ou laide blessure, de « geter par la goule » (vomissements), de « frénésie » (épilepsie), ils bénéficiaient d’une chambre particulière.

 

Si un frère devenait lépreux, il ne pouvait rester à la commanderie. On lui donnait l’habit de saint Ladre, c’est-à-dire l’uniforme des lépreux et la crécelle. Les prud’hommes de la maison l’admonestaient alors à partir. Ce qu’il faisait parfois. S’il refusait de partir, comme cela arrivait le plus souvent, les autres frères lui attribuaient un logement à l’écart et continuaient à le nourrir.

 

Source : Georges Bordonove, La vie quotidienne des templiers, Hachette, 1975

 

 

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