Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

LA VIE DES TEMPLIERS: DEPART EN TERRE-SAINTE

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Plateau du Larzac, mars 1186

 

Les Causses sont tapissés d’herbe fraîche, de fleurs multicolores, de garrigues où foisonnent les perdreaux.

Il fait beau.

C'est le printemps.

Frère Gondisalve est monté à la Couvertoirade accueillir une trentaine de Templiers en provenance de Paris.

Chevauchant deux par deux, ils font route vers le sud.

Chemin faisant, ils s’augmentent, dans chaque commanderie d’autres Frères – chevaliers ou sergents – , envoyés eux aussi en Terre Sainte.

Il sait que six autres Frères les attendent à la commanderie de Sainte-Eulalie-de-Cernon, une dizaine d’autres à Montpellier, autant à Arles, Saint-Gilles, Aix-en-Provence…

 

Ces moines-soldats ont fait un détour par le Larzac, car il vont escorter jusqu’à Marseille une centaine de chevaux de guerre, dont une douzaine d’étalons.

 

Gondisalve les conduit à la lavogne, qui est un grand abreuvoir.

Pendant que les chevaux se désaltèrent, le commandeur lui raconte que Saladin prépare une grande offensive et que le grand maître Gérard de Ridefort fait appel à toutes les forces disponibles en Occident pour  aller lui prêter main forte:

 

- Le temps presse, la Terre de Promission est en grand danger ! 

 

Il parle d’une voix calme, sereine.

Frère Gondisalve est frappé, une fois de plus, par le contraste entre la rigueur militaire des Templiers et la suavité de leur attitude, de leurs paroles, la grande impression de fraternité qui transpire dans le moindre de leurs gestes. Pendant qu’ils parlent, il observe qu’un jeune Templier resserre le harnachement du cheval d’un Frère déjà âgé. Il demande au commandeur comment se fait-il qu’un Frère à ce point usé par l’âge, entreprenne un aussi long voyage.

-       Tu sais, ce Frère qui a déjà guerroyé vingt ans en Terre Absolue, n’a d’autre désir que celui d’y mourir.

-       Nos supérieurs y ont-ils consenti ?

-       Absolument. Nonobstant sa vieillesse, nos supérieurs ont autorisé son départ, car la mort, beau frère, est au bout de nos peines notre récompense et notre salut.

 

Le commandeur resserre l’un des étriers de son cheval. Avant de monter en selle, il se tourne vers Frère Gondisalve :

-       Souviens-toi de ceci, beau frère : le martyre est la seule gloire que nous, les Templiers, puissions acquérir en tant qu’humaines créatures !

 

 

La chevauchée se fait sans encombre jusqu’à Marseille.

Malgré l’appât des chevaux, aucun bandit ou seigneur en mal de rapine n’est assez fou pour s’attaquer à une troupe de Templiers.

 

Les rêves de Gondisalve, chemin faisant, vont vers les collines d’Orient. Il voit des villes blanches au milieu des palmiers, des châteaux inondés de soleil, des déserts, le Jourdain, le mont Thabor… Jérusalem !

 

Mais lorsqu’il arrive à Marseille, les palmiers cèdent la place à une armada de vaisseaux de guerre.

 

Il y a là des galères  énormes, d’une quarantaine de mètres de longueur, des galiotes, qui sont des galères plus petites naviguant à la rame et à la voile, des barbotes au faible tirant d’eau, aux pavois renforcés de plaques de fer, utilisés pour la défense des rades…

Les Templiers, au nombre de deux cents cinquante,  s’embarquent dans deux nefs appelées salandres, qui mesurent cent pieds de longueur (environ 31 mètres), vingt-cinq pieds  de large (huit mètres), portent deux mâts et six voiles.

 

Gondisalve lève la tête, stupéfait, vers le mât de proue (avant) : il ne mesure pas moins de 90 pieds de haut ! Puis, observe les écuyers en train d’embarquer les chevaux : ils les font monter dans des nefs-huissières (de huis=porte). Dans le flanc de ces navires s’ouvre une porte à charnière, qui se rabat sur le quai à la manière d’un pont-levis et permet l’embarquement des bêtes.

C’est un navire-écurie.

 

Toutes ces nefs battent pavillon de l’ordre !

 

La flotte lève l’ancre le lundi de Pâques et fait route vers Saint-Jean-d’Acre. Si les vents ne sont pas favorables, elle accostera à Jaffa, mais c’est la commanderie d’Acre qui attend la présente fournée de Templiers.

 

Frère Gondisalve ferme les yeux et prie.

La nef s’éloigne de la côte.

A la grâce de Dieu.

 

 

Source :

 

Georges BORDONOVE, La Vie Quotidienne des Templiers, Paris 1975, p. 55-56 ; 144-145.

 

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