Jeudi 3 février 2011 4 03 /02 /Fév /2011 18:22

 

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Principauté d’Antioche, 13 mai 1186

 

La flotte dans laquelle s'est embarqué Frère Gondisalve, fait voile vers Saint-Jean-d'Acre. Mais une violente tempête sépare les navires à hauteur de Chypre. Lorsque le soleil se leve, après une nuit particulièrement tourmentée, le salandre dans lequel voyagent les Templiers n’escorte plus qu’une seule nef-huissière: celle transportant les chevaux rassemblés sur le plateau du Larzac.

 

Comble de malchance, la tempête a détourné les navires vers le nord de l’île et les capitaines sont contraints d'accoster non pas à Saint-Jean-d’Acre, mais à Antioche, qui se trouve à l’extrême nord du royaume de Jérusalem.

 

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 Principauté d'Antioche (source wikipedia)

En face, l'île de Chypre.

 

Les Templiers y débarquent par un beau matin de mai.

 

Après tant de fatigues, de rêves, ils arrivent enfin en Terre Sainte, qui est le but non de leur voyage, mais de leur vie entière.

 

Ils constatent, surpris, que le petit port de Saint-Siméon est tout bruissant d’allégresse.

Il en est toujours ainsi, leur dit-on, car lorsque des vaisseaux  arrivent d’Occident, c’est le cœur de la principauté qui prend vie.

 

 

Comme la plupart des autres Templiers, Frère Gondisalve s’agenouille et embrasse le sol.

 

Antioche est une cité solidement assise sur une plateforme inclinée vers la mer, dominée par des terrasses, des jardins qui s’étagent sur les hauts quartiers.

En arrière-plan se dressent les hauteurs du Djebel Akra et, à un jet d'arbalète, le fleuve Oronte, qui apporte l’air des montagnes en même temps que l’eau de la fonte des neiges.

Des remparts impressionnants s’étendent sur douze kilomètres, scandés de tours de trois étages. Il y en a, raconte-t-on, trois cents soixante : une tous les trente mètres !

 

monuAntiocheMurailles

 Murailles d'Antioche au temps des croisades

 

Les Templiers, dont la discipline fait l'admiration des gens du monde, vont, en bon ordre, deux par deux, vers la commanderie.

 

Sans que leur discrétion ne soit mise en défaut, ils ouvrent des yeux émerveillés.

 

Tout les surprend.

Et d’abord les costumes.

Hommes et femmes ont adopté les vêtements locaux.

Ils ne voient que tuniques, turbans, gandouras…

Les femmes portent des robes faites de deux tuniques superposées. Chez les plus aisées, elles sont en étoffes précieuses brodées de fil d’or et d’argent.

Les hommes portent des turbans de brocart recouverts de mousseline en provenance de Mossoul, en Mésopotamie, ornés d’une agrafe d’or.

Les chaussures de tous ces gens ont de longues pointes recourbées…

Les chevaliers qu’ils croisent arborent de somptueux manteaux en morre de Tripoli, qui est une soie épaisse, analogue au satin ; certains se protègent du soleil en enveloppant leurs casques de couffiah.

Les marchés regorgent de fruits, de légumes, dont certains leur sont totalement inconnus.

Mais ce qui les frappe le plus, c'est les fragrances.

Ils apprendront très vite le nom de ces épices empruntées à la cuisine arabe et qui chatouillent si agréablement leurs narines : poivre blanc et noir, gingembre, cardamome, cumin, cannelle, nard, muscade, girofle…

 

Ils arrivent à la commanderie le cœur et l’esprit emplis de rêves.

Antioche, qui ne devrait être qu’un début, est déjà un aboutissement.

Les Templiers entrent dans une nouvelle vie.

Tout au bout pointe le combat si longtemps convoité, car l’ennemi est  à quelques lieues.

Un nom est sur toutes les lèvres : Saladin.

 

Georges BORDONOVE, La Vie Quotidienne des Templiers, Paris 1975, 144-147.

Régine PERNOUD, Aliénor d’Aquitaine, Livre de Poche, 1965, p.70-71

 

Article précédent sur les Templiers: 

  DEPART EN TERRE-SAINTE 

Par Ramon BASAGANA - Publié dans : LA VIE DES TEMPLIERS
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  • Je suis médecin, marié. Passionné par la médecine. A l'affût des détresses évitables. J'aime écrire, lire dans "la mémoire des pierres", sonder le présent, décrypter l'avenir. ... Et livrer mes trouvailles!

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