Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

LA VIE DES TEMPLIERS: Arrivée en Terre-Sainte

Je vous souhaite une

JOLIE FÊTE DE PÂQUES 2013

 

L'occasion, ce 31 mars, d'une incursion à Antioche le 13 avril 1186.

C'était aussi un dimanche de "Résurrection".

 

***

 

Principauté d’Antioche, 13 avril 1186

Fête de Pâques

 

La flotte dans laquelle s'est embarqué Frère Gondisalve, fait voile vers Saint-Jean-d'Acre. Mais voilà qu’à hauteur de Chypre, une violente tempête sépare les navires. Lorsque le soleil se lève après un jour et une nuit de tourmente, le salandre dans lequel voyagent les Templiers n’escorte plus qu’une seule nef-huissière: celle transportant les chevaux rassemblés sur le plateau du Larzac.

 

Comble de malchance, la tempête a détourné les navires vers le nord de l’île et les capitaines sont contraints d'accoster non pas à Saint-Jean-d’Acre, mais à Antioche, qui se trouve à l’extrême nord du royaume de Jérusalem.

 

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 Principauté d'Antioche (source wikipedia)

En face, l'île de Chypre.

 

Les Templiers y débarquent par un beau matin d’avril, treizième du mois.

Jour de Pâques.

 

 

Après tant de fatigues, de rêves, ils arrivent enfin en Terre Sainte, qui est le but non de leur voyage, mais de leur vie entière.

 

Ils constatent, surpris, que le petit port de Saint-Siméon bruisse d’allégresse autour de leur navire.

Il en est toujours ainsi, leur dit-on, lorsque nous accueillons un bateau. Et quelqu’un d’ajouter : « Lorsque des vaisseaux  arrivent d’Occident, c’est le cœur de la principauté qui prend vie ».

 

Comme la plupart de ses frères, Gondisalve s’agenouille et embrasse le sol.

 

Antioche est une cité solidement assise sur une plateforme inclinée vers la mer, dominée par des terrasses et des jardins qui s’étagent sur les hauts quartiers.

En arrière-plan se dressent les hauteurs du Djebel Akra et, à un jet d'arbalète, le fleuve Oronte, qui apporte l’air des montagnes en même temps que l’eau de la fonte des neiges.

Des remparts impressionnants s’étendent sur douze kilomètres, scandés de tours de trois étages. Il y en a, raconte-t-on, trois cents soixante : une tous les trente mètres !

 

Les Templiers, dont la discipline fait l'admiration des gens du monde, vont, en bon ordre, deux par deux, vers la commanderie.

 

Sans que leur discrétion ne soit mise en défaut, ils ouvrent des yeux émerveillés.

 

Tout les surprend.

Et d’abord les costumes.

Hommes et femmes ont adopté les vêtements locaux.

Ils ne voient que tuniques, turbans, gandouras…

Les femmes portent des robes faites de deux tuniques superposées. Chez les plus aisées, elles sont en étoffes précieuses brodées de fil d’or et d’argent.

Les hommes portent des turbans de brocart recouverts de mousseline en provenance de Mossoul, en Mésopotamie, ornés d’une agrafe d’or.

Les chaussures de tous ces gens ont de longues pointes recourbées…

Les chevaliers qu’ils croisent arborent de somptueux manteaux en morre de Tripoli, qui est une soie épaisse, analogue au satin ; certains se protègent du soleil en enveloppant leurs casques de couffiah.

Les marchés regorgent de fruits, de légumes, dont certains leur sont totalement inconnus.

Mais ce qui les frappe le plus, ce sont les fragrances.

Ils apprendront très vite le nom de ces épices empruntées à la cuisine arabe et qui chatouillent si agréablement leurs narines : poivre blanc et noir, gingembre, cardamome, cumin, cannelle, nard, muscade, girofle…

 

Ils arrivent à la commanderie le cœur et l’esprit emplis de rêves.

Antioche, qui ne devrait être qu’un début, est déjà un aboutissement.

Comme ses frères Templiers, Gondisalve entre dans une nouvelle vie.

Tout au bout pointe le combat si longtemps convoité, car l’ennemi est  à quelques lieues.

Un nom est sur toutes les lèvres : Saladin.

 

SOURCES

Georges BORDONOVE, La Vie Quotidienne des Templiers, Paris 1975, 144-147.

Régine PERNOUD, Aliénor d’Aquitaine, Livre de Poche, 1965, p.70-71

 

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