Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

LA VERITE SUR LA RETRAITE DES DEPUTES

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« En matière de retraite, si certains « sont plus égaux que d’autres », c’est bien le cas de nos députés ! » écrit Pierre-Edouard du Cray.

Je ne voulais pas croire en cette phrase, mais il a bien fallu que je me rende à l’évidence.

 

En matière d'égalité des retraites, les députés ont vraiment trouvé le truc!

Et ça marche !

 

Selon le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) le gros problème, à l’horizon 2050, est le poids des retraités par rapport au nombre des actifs.  Pensez donc, il n’y aura plus que :

 

1,4 cotisants

pour couvrir la pension de 1 retraité de plus de 60 ans !

 

Un chiffre qui fout le vire-vire aux politiques.

 

Pourtant, les députés ont la réponse!

Voyez par vous-même: en 2007, les 577 députés-cotisants versaient 2004 pensions ! Une simple règle de trois permet la transformation :

1,4 cotisants-députés

couvraient la pension de 4,8 retraités-députés !

 

Mais oui, les députés connaissent la réponse à ce fameux

 1,4 cotisants/1 retraité !

 

Pourquoi diable Martine Aubry, Fillon, Thibault… se cassent la tête puisque la solution se trouve dans les bancs de l’Assemblée Nationale ?

 

Et qui plus est, le modèle proposé par nos représentants défie toute contre-proposition. Il a conduit les bénéficiaires du système à un consensus rarement atteint dans les couloirs de l’Assemblée Nationale : 100% !

Que je sache, jamais les députés n’ont manifesté dans les rues de Paris pour demander une réforme de leur système de retraite !

 

Les détails de ce système sont peu connus. Ils méritent pourtant qu’on s’y attarde, ne fût-ce que pour chercher –  sereinement – , comment les appliquer chez les électeurs des "représentants du peuple"

 

En voici les grandes lignes :

 

  • Après un seul mandat d’une durée de 5 ans à l’Assemblée Nationale, les députés perçoivent une pension de 1551 €/mois. A titre de comparaison, le montant moyen de la retraite des salariés du privé, après 40 annuités validées, est de 1515 €/mois. En clair, la retraite d’un député qui n’a siégé qu’un mandat à l’Assemblée est supérieure à la pension moyenne perçue par ses électeurs du privé après 40 ans de carrière (Chiffres publiés par la DREES, Etudes et Résultats n° 538, Ministère de l’Emploi)

 

  • La retraite à taux plein du député s’élève à 6.198,7 €/mois, ce qui représente, in fine, 114,8% du montant de sa dernière indemnité de base (A titre de comparaison, un fonctionnaire, après une carrière complète de 40 années, bénéficie de 75% de son dernier traitement).

 

  • Mais il y a un problème de taille : quarante années de mandat, pour un député, c’est quasiment impossible. Alors, nos représentants ont trouvé la solution : « les années comptent double » ! Il suffisait d’y penser ! Moyennant un subtil calcul de cotisation, au bout d’un mandat, c’est-à-dire 5 années, le député valide dix annuités pour sa retraite. Au bout de trois mandats il en valide trente ! Il lui suffit de vingt-deux ans et demi de mandat pour valider l’équivalent d’une carrière pleine, soit quarante annuités ! C’est chouette, non ?

 

  • Une réversion à faire baver d’envie les veufs et veuves de l’Hexagone : le conjoint survivant d’un ancien député, si ce conjoint a plus 50 ans, perçoit les deux tiers de la pension allouée au député. Ainsi, pour un taux plein, le veuf ou la veuve peuvent prétendre à une pension de réversion de 4.132,5 €, et ce quelles que soient les ressources personnelles ! A titre de comparaison, dans le régime de base des retraités du privé, la pension de réversion n’est accordée au veuf ou la veuve que si les revenus de ces derniers sont inférieurs à 1463€/mois. Au-delà de cette somme, la pension reversée = 0 €

 

  • Pour garantir cette générosité du régime de retraite, les députés ont fait appel à une astuce toute simple : les subventions… aux frais du contribuable. En clair, un député qui prend sa retraite à 60 ans peut espérer avoir touché, après 22 ans et 11 mois de versements : 6,1 € pour 1 € cotisé. Plus clair encore : 1 € aura été à sa charge, les 5,1 € restants auront été à la charge du contribuable. Mais oui, il suffisait d’y penser !

 

  • Le délit de cumul n’existe pas. Grâce à leurs multiples mandats, les députés bénéficient de retraites supplémentaires, sans limite de cumul. Concrètement: pratiquement 100% des députés touchent, en plus de leur retraite de député, une ou plusieurs pensions pour avoir été: conseiller général, conseiller régional, maire, conseiller municipal, élu d’une structure intercommunale…

 

  • Ce à quoi il faut ajouter les pensions pour les activités professionnelles exercées par ailleurs, dans le public ou dans le privé.

 

  • Enfin, « last but not least ! » : la fiscalité est allégée. La pension des députés n’est assujettie que partiellement à l’impôt sur le revenu : l’exonération est de 50% si le bénéficiaire est âgé de 55-59 ans, de 60% entre 60-69 ans, de 70% après 70 ans !

 

  • Qui ose affirmer qu’il n’y a pas de solution au problème de nos retraites ?

 

  • De grâce, Monsieur Fillon, demandez l’avis de nos députés : ils connaissent le truc ! D’accord, ils le disent pas, mais ils savent !

 

Source : Les renseignements ci-dessus sont extraits d'un article absolument remarquable de Pierre-Edouard du Cray dans Sauvegarde Retraites, n° 22, 2008 (www.sauvegarde-retraites.org)

 

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