Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

La médecine pour les nuls: notre mémoire est-elle condamnée au déclin?

 

Notre mémoire est-elle condamnée au déclin ?

Peut-on l'améliorer?

 

D’après un dogme fermement enraciné dans les esprits, nos cellules nerveuses rendraient l’âme les unes après les autres dès l’âge de 20-30 ans.

Passée la soixantaine, les dégâts seraient énormes, redoutables, frappés d’irréversibilité, au point qu’il ne resterait bientôt plus, dans notre malheureux cerveau, qu’un vaste désert jonché de neurones ratatinés.

 

Vrai ? Faux ?

Faux !

En 2003, la découverte de nouveaux neurones fabriqués par le cerveau adulte infirmait cette théorie.

 

S’il y a destruction cellulaire, il y a  aussi remplacement possible des pertes par ce qu’on appelle les « néo-neurones ».

 

En 2010, l’équipe de Pierre-Marie Lledo (Laboratoire « Perception et mémoire », Institut Pasteur/CNRS, Paris), a mis en évidence, chez la souris, le rôle joué dans l’apprentissage et la mémoire par ces « néo-neurones »

L’équipe a montré que si on stimule ces « néo-neurones » par un bref flash lumineux,  ils deviennent des « superneurones ». En termes plus modérés, ils facilitent l’apprentissage et la mémorisation de tâches complexes.

Lledo a utilisé une méthode d’expérimentation appelée optogénétique.

Il s’agit d’un nouveau domaine de recherche associant l’optique à la génétique, où l’on exploite la propriété qu’ont certaines protéines d’être activées par la lumière bleue. Les neurones exprimant cette protéine peuvent à leur tour être activés par la lumière bleue apportée par une fibre optique.

Les perspectives de ce nouveau domaine de recherche sont illimitées pour comprendre le fonctionnement du cerveau et pour imaginer de nouveaux traitements (maladie de Parkinson en particulier).

Bref, grâce à ce « flash lumineux » sur les « néo-neurones » pendant la phase d’apprentissage, les souris mémorisent plus rapidement. Et aussi plus longtemps : elles se souviennent des exercices 50 jours après l’arrêt des expérimentations !

Il y a des « néo-neurones » fabriqués juste après la naissance, mais ils sont dépourvus d’intérêt pour la mémoire. Seuls les neurones produits par le cerveau adulte sont importants pour l’apprentissage et la mémoire.

Donc, il y a des neurones fabriqués à l’âge adulte qui peuvent, moyennant des « flashs lumineux », jouer un rôle dans notre activité mémoire.

Question : comment provoquer ces « flash lumineux », cette fameuse « lumière bleue », en dehors des labos ?

Pierre-Marie Llado dit que « dans notre vie quotidienne, l’activité électrique (mimée par les flashs lumineux) est exercée par les centres de l’attention de notre cerveau ».

En clair ?

Cela veut dire qu’il y a un lien entre « l’humeur » et l’activité cérébrale.

Plus concrètement : la curiosité, l’éveil, le plaisir, le «bonheur » en effectuant une tache, favorisent la formation de « néo-neurones » et, grâce à eux, l’acquisition de nouvelles compétences cognitives.

À l’inverse, un état dépressif, la déprime, les idées noires, le ras-le-bol… se répercutent sur la non-production de « néo-neurones » et diminuent notre capacité d’apprendre ce qui, en nous dévalorisant au quotidien, entretient l’abattement.

Un cercle vicieux.

Donc :

Pour optimiser la mémoire, retenons des mots-clés incontournables : curiosité, éveil, plaisir, sourire, positivation systématique.

En clair :

Pour booster la mémoire, mieux vaut laisser au vestiaire les bouteilles à moitié vides et ne garder que les bouteilles à moitié pleines !

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