Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 10:11

 

« LePost » de ce 30 mars 2010 rapporte le fait-divers suivant :

« Il y a quelques jours, en arrivant devant l’école primaire de Citry-sur-Marne, en Seine-et-Marne, le père d’un enfant de 7 ans découvre, sur le cahier de correspondance, que son fils a fait une «fausse signature».

Selon « Le Pays Briard », ce papa gronde son fils et lui donne une gifle pour le punir.

L'enfant entre alors en classe, la joue toute rouge.

Une joue qui alerte l’institutrice.

Cette dernière prévient le médecin scolaire et la direction de l’école.

Quelques jours plus tard, le papa est convoqué à la gendarmerie, où il passera dix heures en garde-à-vue «pour violence sur mineur ».

 

 Voilà les faits.

 

Hier, j’ai écrit un commentaire sur cet événement apparemment "anodin".

Or, j’ai eu droit à des réactions surprenantes, ce qui témoigne bien du fait qu’il s’agit d’un sujet sensible.

Très sensible même!

Le Conseil de l’Europe ne doit-il pas légiférer sur le sujet ?

 

Par souci de rigueur, j'ai repris l’article en essayant d’être aussi clair que possible.

 

Et d’abord une anecdote :


Je suis le médecin traitant d’une famille de Tunisiens.

Il y a quelques années, leur fils de 11 ans « allégea » la superette du quartier d’un lot de petites boîtes d’allumette. Lorsque le père s’en aperçut, ni une ni deux : il fila une paire de gifles au minot, l’attrapa par l’oreille et lui fit rendre le lot d’allumettes à la gérante de la supérette.

Le lendemain, les parents me demandèrent s’ils avaient bien fait. Je leur dis que je partageais entièrement leur attitude.

Les années ont passé.

Aujourd’hui, ce père de famille serait sans doute placé en garde-à-vue pour « violence sur mineur ».

Sauf que, aujourd’hui toujours, l’enfant de 11 ans, devenu adulte, ne serait peut-être pas d’accord, rétrospectivement, que son père soit placé en garde-à-vue !!!

Car ce jeune homme est devenu un Monsieur plein de promesses:  prof agrégé de Physique, avec des projets plein la tête.

J'ignore ce qui s’est réellement passé à Citry-sur-Marne, mais ce « fait-divers » rapporté par le « Pays Briard » (et LePoste.fr), quelles que soient les circonstances, me dérange.

Pourquoi ?

Parce que le traumatisme subi par l’enfant me paraît infiniment plus lourd  à porter via la « garde-à-vue » du papa que via la marque des doigts sur sa joue.

D’accord, il l’a reçue, cette gifle!

D’accord il a la joue rouge, d’accord qu’une simple remontrance aurait, sans doute, pu faire l’affaire…

Mais de là à placer le papa en « garde-à-vue »… !!!

L’institution scolaire, les services sociaux, le juge… ont-ils pensé  aux conséquences pour l’enfant :

-   d’être au centre d’un débat qui le dépasse ?

-   d’avoir à garder en mémoire, pour le restant de ses jours, l’image de son père « emmené par les gendarmes » ?

-   de voir son « image du père » malmenée par l’institution scolaire ?

-   Et la maman dans tout cela ?

-  « Last but not least » : comment va-t-elle vivre la garde-à-vue de son mari ? Est-elle prête, pour elle, pour son fils… à affronter ce type d’épreuve ?

 

Le Conseil de l’Europe, les associations anti-gifle ont certainement raison de lutter contre les « violences sur mineur ». Mais je me méfie des dogmatismes, des extrêmes.

C’est peut-être grâce à sa joue et à son oreille rouges comme une tomate du Vaucluse, que l’enfant tunisien est en train de réussir brillamment sa vie !

Par Ramon BASAGANA - Publié dans : Société - Communauté : Médecine
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Commentaires

Exagération! le père a réagi à sa façon et ce n'est pas comparable à des violences sur mineur, tout le monde mélange tout et tout tourne mal! deviendrait-on un pays d'extrémistes?
Un peu comme ces mères qui font accuser leur mari d'attouchements pour qu'il ne puissent plus voir les enfants après le divorce. Le fils d'une de mes amis a fait 3 ans de prison et déchu de ses droits paternels sans aucune vérificatio, juste la parole des enfants.....et c'est terrible parce que personne n'a bougé le petit doigt

Commentaire n°1 posté par Viviane le 02/04/2010 à 23h42

Entièrement d'accord avec toi.

Il m'est arrivé, en tant que médecin, d'intervenir en faveur de patients accusés de sévices sexuels très exactement dans le contexte que tu décris. J'ai réussi, grâce à des éléments du dossier médical que j'avais eu la bonne idée de mettre par écrit deux ans plus tôt, à faire sortir un couple de prison, après neuf mois de détention! De sombres histoires, comme toujours dans ces cas-là!

Réponse de Ramon BASAGANA le 03/04/2010 à 21h20

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  • Je suis médecin, marié. Passionné par la médecine. A l'affût des détresses évitables. J'aime écrire, lire dans "la mémoire des pierres", sonder le présent, décrypter l'avenir. ... Et livrer mes trouvailles!

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