Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

ALIENOR D'AQUITAINE A JERUSALEM - Première Partie

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Aliénor d'Aquitaine et Louis VII prient pour avoir un enfant

Miniature du XIVè siècle.

 

 

 Route de Damas.

 

 L’armée franque vient d’installer son bivouac près du Gué de Jacob, au nord du lac de Tibériade. Soudain, les guetteurs postés sur la butte des Gentils signalent un mouvement de chameaux vers l’Est. Méfiant, Louis VII se tourne vers Adhémar de Gisors et lui demande de partir en éclaireur.

 - Vérifie aussi si les points d’eau indiqués par les bédouins sont bien dans le secteur.

Adhémar réunit une douzaine de cavaliers et part à fond d’étrier. Une fois le Jourdain franchi, il reprend le galop dans la direction annoncée par les guetteurs.


 

Nous sommes le 2 juillet 1148.

 

Cela fait bientôt trois mois que l’armée franque est arrivée à Jérusalem. Le 24 du mois de juin, Mélisende, reine de Jérusalem, a tenu conseil. Au cours de cette auguste réunion, Louis VII et l’empereur d’Allemagne ont décidé, contre l’avis des barons de Jérusalem, d’attaquer Damas.

Les seigneurs de Terre Sainte ont expliqué que Damas est gouvernée par le vizir Unur, un allié des chrétiens, que l’ennemi, le vrai, se trouve plus au nord, à EdesseAlep

 Louis VII rétorque que le chemin de Damas a vu la conversion de l’Apôtre Paul, que cette ville est un symbole, que c’est là qu’il faut aller.

 L’empereur Conrad, agacé par toutes ces palabreries, déclare qu’il n’est pas venu en Terre Sainte pour jacasser, mais pour se battre.

 Le vizir Unur était l’ami de feu le roi Foulques, insiste un prélat, et il est toujours notre allié ! La véritable menace pour le royaume de Jérusalem vient du Nord, de Nour-Ed-Dine.

Conrad ne répond pas.

Louis VII non plus. On ne discute pas les ordres d’un roi, encore moins ceux d’un empereur !

 

De tous les croisés, Aliénor est bien la seule à considérer que l’ennemi se trouve au Nord, chez Nour-Ed-Dine, qu’il faut reconquérir Edesse!

 Mais elle n’a plus envie de se battre. L’énergie dépensée pendant le voyage, son enthousiasme, son dévouement, son courage sous les flèches turques, font partie du passé.

Le présent, c’est la plaie ouverte à Antioche, irrémédiablement béante. Jamais elle ne pardonnera l’affront infligé par le roi. Elle a plié, mais elle n’a pas cédé. Aliénor, duchesse d’Aquitaine et reine de France ne cède jamais.

Le présent, c’est aussi Jérusalem.

Elle a cherché joie et chaleur dans la cour de la reine Mélisende, mais il a bien fallu qu’elle se rende à l’évidence : Jérusalem n’est pas Antioche. Antioche était la ville selon ses rêves, un havre de verdure, de tentations, de subtilités, de plaisirs inattendus. Jérusalem n’est qu’austérité, intrigues, collines pelées… Sans compter que les clercs et la bonne société dégoisent à longueur de veillées sur ce qu’ils nomment « les grivoiseries d’Antioche ». Il n’y a guère que les petites gens pour faire fi des accusations portées contre "leur" reine! 

Ils la vénèrent.

Chacun de ses déplacements donne lieu à des scènes de liesse. La foule, qui guette son passage dans les rues de Jérusalem, se bouscule pour effleurer son manteau.

Mais l’enthousiasme populaire ne suffit pas à la reine de France. Elle a besoin d’espace, de mouvement ; il lui faut pouvoir décider,  faire ce pour quoi elle née :

Régner ! 

Cécile, qui la connaît mieux que quiconque, s’efforce de la distraire. Elle a même obtenu de la reine Mélisende qu’elle invite Salamah Ibn Al-Yanis à la cour. Et le jeune émir est venu ! Mais il a été impossible à Cécile d’organiser la moindre rencontre : le palais fourmille d’espions. Elle a donc rencontré seule le jeune prince arabe.

Al-Yanis vient à peine de quitter la Ville Sainte, lorsque Cécile annonce à son amie qu’elle est grosse à nouveau :

- J’ai vu l’accoucheuse, elle m’a dit que je suis pleine depuis le mois de mars. 

- Depuis Antioche ?

- Euh… oui.

Aliénor la fixe en fronçant les sourcils. Puis, sans transition, elle la félicite et lui promet d’être la marraine de l’enfant.

 

(suite dans le prochain article)

 

Ce texte est extrait de "La damnation du templier":

Basagana La damnation du templier 3D

 

 

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