Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

ALIENOR D'AQUITAINE A JERUSALEM - Deuxième Partie

Suite de: 

ALIENOR D'AQUITAINE A JERUSALEM - Première Partie

 

*


La veille du départ à Damas, Aliénor a convoqué Adhémar de Gisor.

- Je tiens à te faire un présent, et ce avant que tu ne quittes Jérusalem.

Elle se fait apporter une épée et la lui tend :

templar

Epée trouvée dans armes-médiévales.com

C'est très exactement ce type d'arme que Aliénor aurait pu offrir à Adhémar de Gisors

 

- C’est en gratitude de ta vaillance lorsque le roi, mon mari, était en difficulté sur les monts Cadmos. Cette arme nous a été offerte par le roi de Castille et l’ont martelée, à notre intention, les meilleurs forgerons de Tolède. J’y ai fait graver la date de ton exploit : 6~Januarius~1148. (1) 

Puis, elle trace une croix sur le front du chevalier :

- Que le Dieu Tout-puissant, notre Seigneur et Roi, t’accompagne. 

C’est à cette croix tracée sur son front par la main royale, que songe Adhémar par-delà le Jourdain. Il pense aussi à  l’enfant à naître. Si c’est un garçon, il l’appellera Tristan. Si c’est une fille, il ne sait pas encore.

De sa dextre, il tient sa lance ; sa main gauche est posée sur l’épée de Tolède. Cette arme sobre, robuste et d’une grande finition, réveille chez lui une délicieuse sensation d’invincibilité. Il pense à Cécile : c’est couvert de gloire, qu’il va lui revenir de Damas ! Et son fils – car Cécile ne peut lui donner qu’un fils – transmettra ses exploits aux générations à venir.

Derrière lui chevauchent, lance au poing, ses douze cavaliers, tous aguerris, comparables en vaillance aux cavaliers de l’Apocalypse.

La contrée est déserte, calme.

Trop calme.

Soudain, il aperçoit des palmiers au pied d’un rocher. Il se tourne vers ses hommes :

- Nous allons pousser jusqu’à la verdure ci-devant. Là où il y a des palmiers, il y a de l’eau ! 

Ils éperonnent leur monture.

Rien, hormis le soleil, l’air et le silence, n’escorte leur galopade.

Ils ne sont plus qu’à un jet d’arbalète du premier palmier lorsqu’un hennissement leur fait tendre l’oreille. Adhémar fait mettre les montures au pas. Il doit s’agir de bédouins, songe-t-il. Comme on n’entend plus aucun bruit, ils reprennent le trot. Soudain, une nuée de cavaliers surgit de derrière les rochers. Ils portent les couleurs rouge et noir des Banu-Kilab.

Adhémar baisse sa lance, assure son bouclier, et part au galop de charge. Ses hommes sont tous de preux chevaliers qui ne craignent pas le nombre et qui savent mourir en héros. Ils se jettent derrière lui à l’assaut. Les armes scintillent, tranchent, frappent, percent les mailles…

Les Banu-Kilab sont aussi aguerris que les Francs. Et plus nombreux. Ils ont la réputation de ne jamais abandonner de blessés derrière eux.

Le champ de bataille n’est bientôt plus que silence.

 

(1) Le 6 janvier 1148, l'armée franque est attaquée par les Turcs sur le mont Cadmos, en Asie Mineure. A un moment de la bataille, le roi Louis VII s'est trouvé seul face à plusieurs adversaires. Les chroniqueurs disent qu'il a eu la vie sauve grâce à son courage. La fiction permet d'imaginer l'arrivée opportune d'Adhémar de Gisors.

 

Ce texte est extrait de:

Basagana La damnation du templier 1C

 

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