Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

Le DÉNI DE GROSSESSE - 2 (suite)

Cet article fait suite au témoignage d'hier:

 

 
« Le déni de grossesse se définit comme le fait pour une femme enceinte de ne pas avoir conscience de l’être ».

C’est la définition donnée par le Dr N.GRANGAUD, pédopsychiatre, dans une thèse qui fait référence, "Déni de grossesse, essai de compréhension psychopathologique [1].

Des idées circulent, notamment que le déni de grossesse ne concernerait que :

a)   Des femmes jeunes,

b)   Des femmes « attardées ».

c)    Des primipares (première grossesse).

d)   Des femmes évoluant dans un milieu social « à problème ».

Toutes ces idées sont fausses, comme le prouve une étude menée auprès de 2550 femmes dans les maternités de Denain et Valenciennes [2]. Ce travail fait ressortir que ce sont des femmes sans particularité d’âge ou de Q.I., que la moitié d’entre elles est déjà mère de un ou deux enfants et que tous les milieux sociaux sont concernés.

Information de poids : « le déni de grossesse n’est pas une explication "sociale" mais, comme pour les principales affections psychiatriques, il est réparti au hasard dans la population ».

Caractéristique essentielle du déni :

a)   Le corps ne présente pas de signe de grossesse.

b)   Il n’y a pas de "ventre".

c)    Il n’y a pratiquement pas de prise de poids, ni de masque de grossesse.

d)    La femme ne sent pas bouger le bébé.

e)   Il persiste des règles ou des saignements pendant la quasi totalité de la grossesse.

Qu’en pense l’entourage ?

Le plus souvent, il ne voit rien, ne perçoit rien.

Il arrive même que le médecin de famille ou l’interne de garde « passent à côté » !  J’ai en tête une femme chez qui le médecin des urgences a diagnostiqué une colique néphrétique ! Je n’invente pas, c’est vécu. La jeune femme a accouché deux heures plus tard. A la décharge du médecin, elle a bien précisé qu’elle n’était pas enceinte !

Et l’accouchement ?

Si le déni est total, il peut se poursuivre jusqu’à l’accouchement.

Dans ce cas, ce dernier s’accompagne de ce qu’on appelle un état de sidération (Terme de médecine : État d'anéantissement subit produit par certaines maladies, qui semblent frapper les organes avec la promptitude de l'éclair ou de la foudre, comme l'apoplexie ; état autrefois attribué à l'influence malfaisante des astres, Le Littré).

J’ai relevé ce témoignage dans l’article cité :

"J’ai pris un bain car j’avais mal au ventre, je pensais que c’était mes règles. Et puis tout a claqué, il y avait du sang, du sang, et je suis restée dans le bain".

Lorsque la femme accouche dans la solitude, il n’est pas rare que l’accouchement se solde par la mort du bébé.

Dans ce cas, le drame vécu par la femme peut être d’une extrême gravité : D’une part elle réalise brutalement qu’elle était enceinte, donc qu’elle ignorait son propre corps, d’autre part que son bébé est mort !

Ce à quoi s’ajoute l’emballement de la machine judiciaire, avec, au bout, dans certains cas : la prison.

C’est sur ce terrain que lutte actuellement l’Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse ». Elle se bat pour que ce déni soit juridiquement reconnu.

600 à 1800 femmes seraient concernées tous les ans en France.

Source : « Un déni de grossesse, c’est quoi ? » Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse :

http://www.afrdg.info/article.php3?id_article=1

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