Partager l'article ! CIGARETTE ET MALADIE DES ARTÈRES: (photo Internet) Quelqu'un m’a demandé « si la cigarette étai ...
AOMI ? C’est quoi, cette bête ?
Les médecins entretiennent l’art de compliquer les choses avec des mots à coucher dehors : AOMI = Artériopathie Oblitérante des Membres Inférieurs, encore appelée artérite des membres inférieurs.
En fait, une saloperie anatomique : le rétrécissement du calibre des artères des jambes et des cuisses. Lorsque l’occlusion augmente, le débit sanguin diminue, ce qui entraîne une ischémie (insuffisance d’irrigation tissulaire).
Si rien n’est fait, il peut y avoir gangrène (mort tissulaire) de tout ou partie de la zone mal irriguée.
L’un des premiers signes cliniques est la « claudication intermittente » : la personne est obligée de s’arrêter après quelques dizaines de mètres. Elle repart… et doit s’arrêter à nouveau. Et ainsi de suite.
Le risque de l’AOMI ? Disons le mot : amputation (jambe, pied, orteil). J’avance le mot amputation d’autant plus facilement, que cette redoutable complication peut être évitée.
La cigarette, dans tout ça ?
Elle est, avec le diabète, l’un des gros facteurs de risque d’artériopathie, c’est-à-dire de « maladie des artères par plaque d’athérome » (athérome= dépôt plus ou moins épais de graisse sur la surface des artères).
Ceci dit, tout les fumeurs ne font pas d’artériopathie…
Et tous les artériopathes ne sont pas des fumeurs.
J’ai un jeune patient dont les artères sont farcies d’athérome, et qui fume, mais sa sœur, qui a aussi un gros problème d’artères, n’a jamais fumé. Il y a chez eux, de toute évidence, un problème familial.
Ceci étant, nous pouvons affirmer que les artériopathes, s’ils fument, ils aggravent leur état : le tabac favorise l’obstruction des pontages, des stents (les fameux « ressorts »), et diminue l’efficacité des traitements.
A l’inverse, l’artériopathe qui stoppe le tabac, observe toujours un allongement du périmètre de marche (la fameuse « claudication intermittente »).
- D’accord, ai-je entendu un jour, j’ai les artères des jambes bouchées, mais je ne fume que cinq cigarettes par jour. Vous croyez que c’est vraiment dangereux ?
Que répondre ?
Dans les années soixante-dix, on considérait que cinq cigarettes/j, ce n’était pas nocif.
J’ai terminé mes études de médecine dans les années 70.
Mon opinion ?
Nous devons mettre toutes les chances du côté du malade dont les grosses artères sont mal en point.
Car si les grosses artères souffrent, les petites – notamment celles qui nourrissent le cœur, les coronaires – risquent fort de souffrir aussi. Dans ce cas, la cigarette représente un danger réel et… inutile.
De mon point de vue, le conseil ferme qu’il faut donner aux personnes dont les artères sont mal en point est « d’arrêter immédiatement de fumer ».
Tolérance zéro !
Mon argumentaire dans le cancer du poumon – que je développe dans ce même blog – est un peu différent. L’expérience de l’équipe dont je fais partie montre de manière irréfutable que chez des malades ayant travaillé dans les hauts-fourneaux, la construction navale, l’amiante, la soudure, la silice… la première cause du cancer du poumon n’est pas la cigarette, mais bien l’amiante, la silice, le sablage, la soudure…
NON, LE COUPABLE N'EST TOUJOURS PAS LA CIGARETTE !
Or, dans un grand nombre de procédures, on continue à considérer le cancer du poumon de ces travailleurs comme… secondaire à la cigarette.
Et là, je dis non.
Je dénonce une sorte de lobby anti-cigarette qui fait l’impasse sur les véritables causes de la souffrance du poumon.
Problématique différente.
Pour en revenir à l’artériopathie des membres inférieurs : cigarette = tolérance zéro.
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