L’avalanche médiatique autour de la grippe A a de quoi laisser perplexe.
(Des femmes se protègent du virus de la grippe A dans une école de Bangkok. Photo Internet)
Et les sommes colossales engagées pour lutter contre le virus A(H1N1), a de quoi interpeller ceux qui se battent contre le Paludisme, le Sida, les maladies orphelines…
Pourquoi tout ce tapage ?
Faut-il rappeler
a) Que la grippe A est une affection certes contagieuse, mais bénigne ?
b) Que le virus de la grippe ne tue pas, que les formes mortelles ne surviennent que dans des organismes fragilisés, où le risque de décompensation existe
avec ou sans grippe ?
c) Que le SDRA (syndrome de détresse respiratoire aiguë) est exceptionnel et demeure inexpliqué. En dépit d'une prise en charge médicale adaptée, on peut mourir quelques jours après avoir
contracté le A/H1N1, mais aussi certaines pneumopathies bactériennes, ou virales (CMV) ou parasitaires (pneumocystes).
Rappelons aussi :
c) Que si les pays développés ont dégagé des milliards d’euros et de dollars pour lutter contre la grippe A, ces mêmes pays ont remis en cause leur engagement financier dans la lutte contre le SIDA lors du dernier G8.
d) Que le virus de la grippe A(H1N1) a « fait plus de 700 morts », certes, c’est le chiffre de l’OMS. Mais que le SIDA fait environ 2 millions de morts par an et le paludisme se complique d’un million trois cent mille décès!
Le professeur Marc Gentilini, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales – ancien président de la Croix-Rouge française – , a qualifié ce "feuilleton de l’été 2009" d’indécent".
Oui, indécent vis à vis des drames sanitaires dans d’autres régions du monde.
Force est de constater que les opinions publiques, un peu partout dans le monde, ne semblent pas comprendre.
Nous nous laissons porter, un peu comme les troupeaux se laissent mener à l’abreuvoir.
Pendant ce temps, les JT parlent moins de la crise qui déstabilise l’économie mondiale, les indices boursiers reprennent le chemin des cimes, et les financiers remettent le grappin sur les superbonus.
A nous, menu fretin, la grippe A…
Aux banquiers, financiers, analystes, golden boys… les choses sérieuses.
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