Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /2009 22:11

 


 La question mérite d’être posée, vous ne trouvez pas ? 
 

D’après mes estimations, les revenus affectés aux « frais de bouche » de nos élus sont très supérieurs au budget que les soudeurs, manutentionnaires, profs, infirmières, vendeuses… sont en mesure d’affecter à leurs repas.

 

Ainsi :

 

a)    Un député européen dispose de 298 euros par jour de présence à Bruxelles (ou à Strasbourg) pour ses frais de repas et d’hébergement. Pour empocher l’indemnité « bouche-logement », il lui suffit de signer ou faire signer la feuille de présence.

b)    Un député français dispose de 5837 euros net, non soumis à l’impôt, pour financer les frais de restaurants, costumes, etc. Détail non négligeable : aucun justificatif n’est demandé.

 

On sait de manière certaine que :

 

1)    Nos députés ont à leur disposition le restaurant du 8ème étage du palais Bourbon, menu à 13,5 euros. Qu’ils peuvent escorter leurs invités au restaurant du 7ème étage moyennant une majoration de 6 euros. Qu’une table plus chic et plus discrète, baptisée Le Petit Hôtel, est proposée dans l’allée de la Présidence. Le menu y est raffiné et le maître d’hôtel exhibe des gants blancs « impec ». Mais, attention, c’est beaucoup plus cher : 17 euros. Les employés, quant à eux, ont droit à la buvette et au self !

2)    Il existe des havres gastronomiques réservés aux élus et financés par les Conseils généraux.

Exemple 1 : Le Mas d’Alco, dans une superbe demeure de Montpellier –  interdite aux soudeurs, manutentionnaires, vendeuses etc – , est réservé aux « élus ». Le menu complet, fameux, raffiné, aux vins exquis, revient à 18 euros tout compris.


EXEMPLE 2 : Le Ruban Bleu, réservé aux élus du Conseil Général des Hauts de Seine. Au dire des connaisseurs, la table y est encore plus somptueuse qu’à Montpellier. On y mange bien, très bien ! Les conseillers généraux peuvent y déguster à volonté mets raffinés, vins fins, dans des salons discrets, à la moquette épaisse, au personnel stylisé. Prix : 15 euros. Détail non négligeable : les soudeurs, caissières, pompistes, techniciennes de surface, etc… n’ont pas accès au Ruban Bleu.

 



Truffe du Périgord (photo Internet)

NOTE :

Autrefois, à l’entrée de certains restaurants, il était écrit :

« Interdit aux noirs, aux juifs, aux chiens, etc ».

A l’entrée du Mas d’Alco et du Ruban Bleu il n’est pas écrit :

 « Interdit aux femmes de ménage, menuisiers, balayeurs, chômeurs… » 

Non, rien de tout cela n’est écrit.
Seulement, si vous n’êtes que femme de ménage, menuisier, balayeur, soudeur, prof, médecin, videur de boîte de nuit… et que vous allez de votre propre chef dans ces haut lieux gastronomiques, on vous mettra à la porte.

 

Vous ne voulez pas me croire ? Eh bien, essayez, allez au Ruban Bleu et dites :

 

- Je suis manutentionnaire chez Bricomachin, et je voudrais bénéficier d’un menu à 15 euros, avec vins fins, truffe noire du Périgord, lumière tamisée, maître d’hôtel… 

 

Vous verrez bien ce qu’on vous répondra.

 

Exclusion ? Mais non, voyons ! Aucun « élu » ne pratique l’exclusion !!!

 

 

      Source: CAPITAL, n° 212, mai 2009

Par Ramon BASAGANA - Publié dans : Spéculation
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  • : Je suis médecin, marié, deux filles. Passionné par la médecine. A l'affût des détresses évitables. J'aime écrire, lire dans "la mémoire des pierres", sonder le présent, décrypter l'avenir. ... Et livrer mes trouvailles

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