Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

L'autre HISTOIRE DE JOB: Six mois après !

 

Il y a six mois, je racontais :
 

  L'AUTRE HISTOIRE DE JOB


Une histoire triste. Celle d’un jeune Lorrain qui quitte l’école à 14 ans, travaille dans les hauts-fourneaux, est engagé dans la fabrication de rails de chemin de fer, puis dans la conduite des ponts roulants.

  

(Haut-fourneau de Joeuf Sarcilor - Conservatoire de la photo)


Et comme tous les autres métallurgistes, est exposé à l’amiante, la poussière, la graisse, la calamine, le souffre…


Job travaillait dans les aciéries WENDEL.


A 27 ans, il demande à être muté. La direction accepte.

C’est la joie, l’euphorie : il descend dans le Sud. Le «paradis », le soleil…

Fos-sur-Mer.

 

(Bateaux en attente dans le golfe de Fos)


Là, à trois pas de La Camargue, les pieds quasiment dans l'eau, il devient « lamineur-opérateur » au skin-pass.


Le skin-pass est un laminoir de surface qui répare les défauts des bobines. Il permet de rembobiner, de planer la surface des tôles.

 

Le site de Fos-sur-Mer est moderne, mais Job est quand même exposé à l'amiante, travaille  dans un bruit assourdissant, dans un « brouillard d’huiles minérales, de poussière de calamine ».

 

Bruit, amiante, huiles minérales, calamine: des bombes à retardement.

 

En 2005, après 40 ans de bons et loyaux services et 172 trimestres de cotation, c’est la retraite au soleil.

 

Sauf que le bouquet de départ contient de la ciguë :

 

Surdité, pleurésie, cancer des cordes vocales, cancer de vessie.

 

Fin 2008, son médecin traitant, avec l’appui logistique de notre association (A.P.C.M.E.= Association Pour la Prise en Charge des Maladies Eliminables), a fait une demande de Maladie Professionnelle pour les deux cancers: vessie et cordes vocales.

 
C'était au mois de novembre 2008. 

Nous sommes  le 29 mai 2009: Six mois ont passé. Qu'en est-il de notre ami Job et de la reconnaissance de ses saloperies de cancer en Maladie Professionnelle?

 

Eh bien, ils ont été « refusés », aujourd'hui. 

 

A cette nuance près qu’il ne s’agit pas d’un véritable refus, mais d’une… escroquerie !

 

La procédure, en effet, veut qu’après une déclaration de Maladie Professionnelle, la Sécurité Sociale (SS) demande l’avis du Comité Régional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRMP). 

 

Le délai de réponse est de six mois. Passé ce délai, au vu des conclusions du CRMP, la SS dit « oui » ou « non ».

 

Or, pendant les six mois écoulés, le fameux comité CRMP, « n’a pas eu le temps de se réunir ».

 

Conséquence :

Etant donné que le délai des six mois est écoulé et que les décideurs n'ont pas la réponse des experts, ils
 rejettent la Maladie Professionnelle.

 

Logique, non ? Je ne suis pas en condition de répondre, donc je refuse !

 

Notre ami Job est donc rentré chez lui ce vendredi après-midi les cordes vocales en compote, vessie  en bout de course... porteur de cette ahurissante nouvelle à l'intention des siens :

 

Mon cancer du larynx et mon cancer de vessie ne sont pas reconnus en Maladie Professionnelle parce que le Comité de Reconnaissance n’a pas eu le temps de se réunir !

 

 

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