Mercredi 22 octobre 2008
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(Au fond, les hauts fourneaux de Fos sur Mer)
L'idée d'écrire Le Christ de
Marie-Shan m'est venue en 2006, lorsque au terme d'une bataille boursière sans précédent, l'Indien Lakhsmi MITTAL a fait main basse sur
ARCELOR, le géant européen de l'acier.
Une histoire ordinaire dans un décor de fiction.
L'entreprise était saine, ses caisses étaient pleines, son carnet de commande rempli, son acier d'une qualité exceptionnelle. Et son conseil d'administration opposé à la vente! Qu'importe, Lakhsmi
MITTAL, lui, voulait la mariée.
Il lança une OPA hostile.
Le patron d'ARCELOR, Guy Dollé, qualifia cette OPA "d'opaque, destructrice de valeur et menaçante pour les salariés". Tout le monde monta au créneau: Jacques CHIRAC, le ministre des finances
Thierry BRETON, la presse...
Sans résutat, car MITTAL avait frappé à la bonne porte:
La maximisation boursière.
Que pouvaient le Président de la République, son ministre des finances, la presse... contre le pouvoir des actionnaires?
Rien.
MITTAL le savait. Les actionnaires aussi.
Il aura suffi d'une OPA hostile, d'un forcing boursier, pour que le Goliath européen de l'acier tombe - d'une chiquenaude à 40 euros 40 l'action - dans
l'escarcelle indienne.
Je suis médecin généraliste dans une ville ouvrière du golfe de Fos.
De la fenêtre de mon cabinet, j'aperçois les cheminées des hauts-fourneaux. Nombre de mes patients travaillent dans les coulées de fonte, sur le convertisseur, à l'oxydécoupage...
J'ai compris, ce mois de juin 2006, que l'avenir de mes patients ne dépendait ni de leur savoir-faire ni du pacte social conclu par leurs syndicats
avec le patronat, mais des normes édictées par les nouveaux maîtres de la planète: les fonds spéculatifs.
Un diktat qui m'avait interpellé.
D'où mon roman.
Par Ramon BASAGANA
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