Partager l'article ! LES FEMMES DU HAREM: Fiction. Abu Dhabi, octobre 2015. ...
Fiction.
Abu Dhabi, octobre 2015.
Délicieusement drapées de soie, les femmes du harem sont sur le qui-vive, leur Blackberry greffé à la main. Cheikh Fissa al-Tomlous, leur maître, a donné carte blanche :
- A nous les entreprises occidentales ! s’est-il contenté de leur glisser avant de partir pour New-York.
Les alcôves feutrées d'Abu Dhabi nagent dans l'euphorie.
Partout ailleurs, c'est la débandade: les bastions financiers de Wall Street s'effondrent, les investisseurs se retirent du marché.
La Bérézina.
Une fois dans l’avion, il donne ses consignes par e-mail :
- Choisissez les titres dans les secteurs qui tirent la langue : dans l’immobilier, les institutions bancaires. Foncez, faites la chasse aux aubaines ! Il y a beaucoup à gagner de cette crise !
La chambre des représentants américaine vient de voter un plan de sauvetage bancaire, les banques centrales occidentales pompent dans leurs réserves, des nuages noirs de récession pointent à l’horizon…
Cheikh Fissa al-Tomlous veille.
Il n’a pas grand chose à faire : tout juste ramasser les morceaux à la cuillère et les remettre dans le chaudron. Ils sait qu’une fois la récession confirmée, la Bourse va baisser, mais qu’elle va rebondir dans les 3 à 6 mois. Il faut donc entretenir le feu sous le chaudron.
C’est ça la spéculation, la vraie !
Il le sait, et les femmes de son harem aussi. Elles ont mission de créer, pour la circonstance, un nouveau fonds d’investissement. Leur maître déborde de liquidités : deux cents milliards de dollars ! L’Occident, par contre, est à sec.
C’est le moment de s’aventurer dans le bourbier.
C’est l’heure de Fissa al-Tomlous.
L’heure du harem.
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