Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

Anne BRAGANCE

Ce qui me fascine chez Anne Bragance c’est la justesse des mots, la perfection des phrases, l’incroyable finition du texte. Je me suis amusé à vouloir refaire l’un ou l’autre de ses paragraphes –  cela arrive, en effet, qu’en lisant un auteur on se dise : « Tiens, ici j’aurais dit ceci, là j’aurais écrit cela, utilisé tel adjectif, évité tel adverbe… » – , avec Anne Bragance, cet exercice est impossible : les paragraphes sont « finis », on ne peut plus y toucher, au risque de les dénaturer. 

Qui est Anne Bragance ?

Née à Casablanca, dans un milieu cosmopolite, elle passe son enfance au Maroc. A seize ans, elle s’installe définitivement en France. C'est à l'âge de vingt-huit ans qu'elle écrit son premier roman : 'Tous les désespoirs vous sont permis', publié chez Flammarion. D'autres suivent : 'Bleu indigo', 'Anibal', 'La Chambre andalouse', 'Rose de pierre', etc,  ainsi que des essais, une biographie, 'Mata-Hari', et plusieurs nouvelles comme 'Changement de cavalière' et 'Le Damier de la reine'.

 

Les romans d’Anne Bragance sont, souvent, un long cri de douleur… Jean Rémy Barland disait qu’ « ils bruissent du chant des passions humaines, souvent contrariées par l’intrusion d’un hasard funeste. » (Express.fr, mars 2002).

C’est vrai, Anne Bragance met l’âme humaine à nu. Elle le fait naturellement, sans artifice, comme allant de soi. Elle nous plonge dans les désarrois de l’adulte-enfant, dans l’angoisse de l’abandon, nous conduit vers la catharsis salutaire du règlement de comptes... C’est peut-être dans Rose Pierre que l’héroïne, blessée à mort par une mère qui ne l’aimait pas, va le plus loin : « A cinq ans, par jalousie, par provocation, et pour sortir de l'indifférence dans laquelle la tiennent ses parents, Virginie jette son petit frère Christophe dans la poubelle de la cuisine. Effrayée par le geste de sa fille, incapable de communiquer sereinement avec son entourage, Claire confie alors son désarroi à un hypothétique Dieu rédempteur, supplié de remettre la brebis égarée dans le droit chemin. Tandis que la mère admoneste les Cieux, Virginie se confie à Camille, sorte de double créé pour la sortir du tunnel dans lequel le manque d'affection des siens l'a irrémédiablement jetée. »

(Jean Rémy Barland).

Tout est dit.

Anne Bragance c’est ça : un cœur d’enfant perpetuellement en rupture, allergique aux manigances de l’univers régenté par les adultes, un cœur méfiant, mais généreux. Elle donne : elle ne sait pas calculer.

Et quel talent ! Sans doute l’une des romancières françaises les plus douées de ces vingt dernières années. On la compare volontiers à Colette et l’on a raison : elle en a la trempe.

En 2004, elle a reçu le « Grand Prix du roman des lectrices de Côté Femme » pour son roman La Reine Nue (Actes Sud) et, en 2005, le « Prix Chronos de Littérature – Lycéens, 20 ans et + » pour le même roman.

Je lui dois d’avoir pu publier « Le Christ de Marie-Shan ».

Elle a cru en moi, m’a soutenu lorsque des éditeurs prestigieux auxquels elle m'a introduit n’ont pas retenu mon manuscrit… « Ce livre est bon -  m’a-t-elle dit, sincèrement déçue -  c’est un vrai roman, ne désespérez pas ! » 
Et j’ai tenu bon, grâce à elle.

Mon livre est paru au mois de décembre 2007 aux éditions Les Nouveaux Auteurs.

Au mois de mars 2008, PPDA parlait du Christ de Marie-Shan dans son émission de LCI et le choisissait pour  accompagner sa pub sur les 20 ans de Vol de Nuit dans son Blog littéraire.

Merci Anne Bragance!

Article précédent Article suivant
Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article