(Photo Internet)
(ecole.lambda.free)
Il était une fois un méchant loup tout droit sorti des forêts de Brocéliande.
Jérôme Kerviel, de son vrai nom.
Cet ancien trader de la Société Générale, qui hurlait tous les soirs à la lune et rapportait beaucoup de proies à la tanière, vient d’être condamné par le chef de meute :
« Trois ans de prison ferme, assortis d’une amende de 5 milliards d’euros. »
Qu’a-t-il fait, méchant loup Kerviel ?
« Il a admis avoir pris des positions à risque vertigineuses sur des indices boursiers européens, ayant atteint près de 50 milliards d'euros, et camouflées par d'autres passations d'ordres fictives. »
En clair, il a joué au loup garou, s’est attaqué à du gros gibier, l’a loupé, et la meute s’est retournée contre lui.
Eh oui, le Tribunal Correctionnel de Paris écarte toute faute de la banque.
Le méchant loup c’est lui, pas la meute.
"… Jérôme Kerviel a mis en péril la solvabilité de la banque qui employait les 140.000 personnes dont il faisait partie et dont l'avenir se trouvait gravement hypothéqué", dit le jugement.
Un vrai méchant loup !
(photo Internent : école.lambda.free)
Bien entendu, la meute s'est félicitée du jugement.
Personne ne lui a demandé de faire mu-muse avec des positions à 50 milliards d’€ !
En clair, personne ne lui a jamais demandé de s’attaquer au mammouth !
Car: " découvertes en pleine déroute des marchés financiers, les positions de notre loup-garou ont provoqué la perte finale la plus lourde de l'histoire financière."
D’après le tribunal, la meute n’aurait même pas soupçonné les agissements de méchant loup !
Peuchère la meute !
Peuchère la banque !
Tenez, essayez de faire un découvert de 50 €.
Dans les minutes qui suivent, tous les clignotants rouges de vos comptes, assurances, chéquiers, carte vitale, profil Facebook, acompte Redoute… sont pris de vire-vire.
Eh bien, aussi incroyable que cela puisse paraître, méchant loup s’est attaqué au mammouth en plein territoire de chasse de la meute, et celle-ci ne s’en est même pas aperçu !
Elle n’a rien flairé, rien entendu, rien vu ! C'était pourtant la pleine lune!
(Photo Internet: bdm.typepad.com)
Incroyable, mais vrai.
Ah ! ces bêtounets de la banque ! Ils n’en feront pas d’autres !
Voilà ce que c’est, que de faire confiance à méchant loup !
Jugez vous-mêmes : « La limite collective d’engagement en fin de journée, pour son « desk » de trading, était de 125 millions d’€ ! »
Et qu’a-t-il fait, le vilain ?
Je vous le donne en mille : il a dépassé les 50 milliards d’€ !
Mais chut ! Faut pas le dire !
Le jugement considère qu’il est également responsable de la dégradation des conditions de travail des employés de la banque après l'affaire.
Evidemment !
Bien que… re-chut !
Il y a bien eu quelques petits bonus… Oh ! Pas de quoi mouiller les ailes d’un canard : trois ou quatre centaines de millions d’€… une broutille.
En clair, pour le reste de la meute, ces bonus ne représentent que trois ou quatre biches qui se courent après.
Sacré Jérôme, pourquoi as-tu dégradé les conditions de travail de tes collègues traders ? Hein ?
Laisse la meute chasser tranquille, bon sang !
Bien fait, si le Tribunal de Paris t’a condamné.
T’as pas d’excuse, car la banque t’avait fait confiance.
T’es hyper responsable.
Ah ! J’oubliais un truc :
« L'imputation de la responsabilité de la perte de ces 5 milliards au trader, éloigne « définitivement » les risques fiscaux et judiciaires pour la Société générale, visée par une "class action" aux Etats-Unis. »
Tout est bien qui finit bien, car notre brave méchant loup a admis ses fautes et exprimé des « regrets ».
Tout compte fait, c’est un brave louveteau !
(Photo Internet: ecole.lambda.fr)
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