Dimanche 28 juin 2009 7 28 /06 /2009 21:32

 

 


Michael Jackson serait mort des suites d’une addiction aux analgésiques. Son médecin personnel lui aurait administré une injection de Démérol une heure avant sa mort.

 

Il ne s’agit donc pas d’une overdose – prise d’une substance en quantité supérieure à la dose limite supportable par l’organisme – , mais d’une administration médicalement contrôlée qui a mal tourné.

Qu’est-ce que ça change ?

Rien ?

Pas sûr : les avocats, les banquiers, les financiers, les héritiers, les producteurs, les créanciers, le fisc… ne portent pas sur cette injection de Démérol le même regard que nous.

 

C’est quoi, le Démérol ?

D’abord, c'est le nom commercial d’une substance appelée Chlorhydrate de Mépéridine, un analgésique narcotique d’action rapide, proche de la morphine, très prescrit aux USA et au Canada, administré par voie intra-musculaire ou intra-veineuse.

Ensuite une bombe. Contrairement à une idée reçue, le Démérol n’est pas un médicament anodin. Il est prescrit dans les douleurs moyennes à aiguës à la place de la morphine, et… « ça marche ! » Mais, la consommation régulière de ce produit à des doses élevées donne des effets secondaires nombreux : accoutumance, crises de délire, dépression cardio-vasculaire, troubles du rythme…

 

Oui, des troubles du rythme.
Or, Michael Jackson a succombé à un arrêt cardiaque. Et la première cause de mort subite est la Fibrillation Ventriculaire, un trouble du rythme redoutable.

 

Ah ! le Démérol !

 

Quoi qu’il en soit, c’est maintenant que les choses sérieuses commencent.

 

Pour les héritiers, les banquiers, les producteurs, les créanciers…

 

Car le Roi de la Pop semble avoir fini sa vie avec 500 millions de dettes, sans compter un défaut de paiement sur un prêt de 24,5 millions de dollars. Des dettes dont héritent, évidemment, les héritiers !

A moins que…

Oui, les avocats sont sur le qui-vive.  C’est bien pour cela que la famille a fait procéder à une deuxième autopsie !

 

La famille n’est pas seule aux abois.
Le
producteur de concerts AEG Live, qui finançait le retour du Roi de la Pop sur scène, prévue à l’O2 Arena de Londres à la mi-juillet, a des sueurs froides. Il a passé un accord avec le revendeur de billets Viagogo, qui a pu vendre des places à des prix pouvant aller jusqu’à plusieurs milliers de dollars ! 750.000 billets ont été vendus à travers le monde, la cagnotte à rembourser dépasserait les 85 millions de dollars !

Qui va payer ?

Excellente question. Qui nous entraîne loin des discours, hommages, pleurs, émois…

Oui, qui va payer ?

Eh bien, les assurances !

A moins que le chanteur ne soit mort d’une overdose ou d’une maladie pré-existante. Auquel cas, le producteur y sera pour sa pomme : c'est sa tire-lire qui devra supporter les sommes déjà engagées (40 millions de dollars) et le remboursement des 750.000 billets (85 millions de dollars) !

Peuchère le producteur !

Car AEG comptait empocher 450 millions de dollars de recettes pour une coopération de trois ans et demi avec Michael Jackson !

Faites le compte : 450 M/ 42 mois/30 jours/24 heures = 15.000 $ de l’heure pendant trois ans et demi !

Un dilemme shakespearien qui menace mêmement les autres créditeurs de la star.

 

Yes, Demerol or not Demerol !

 

Ciao ! Michael.

Dans « Blood on the dance floor » tu chantais ces vers que je n’avais pas remarqués à l’époque :

 

Il s’est dégonflé, baby

Un coup dans le dos, baby

Une crise cardiaque, baby

J’ai besoin de ton corps

 

Demerol,

Demerol,

Oh Dieu ! Il prend du Demerol !



 
(Dernière photo de Michael juste avant sa mort. C'est le site ET qui l'a diffusée sur son site.) 

Par Ramon BASAGANA
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Dimanche 14 juin 2009 7 14 /06 /2009 17:55


Dans une vie antérieure, les hippies du Larzac proclamaient que l’amour était l’antidote universelle contre les turpitudes de l’humanité.

Cette profession de foi a vécu.

En publiant un guide de « sexualité verte », Greenpeace affirme haut et fort que nos certitudes sont obsolètes, que l’amour est potentiellement pollueur.

 

Photo Internet

Et de nous livrer une liste d’injonctions écolos :

 

A)  Eteindre les lumières pendant les ébats amoureux : Les accros de la stimulation visuelle n’ont qu’à prévoir leurs ébats pendant la journée, économie d’énergie oblige ! La nuit, ils peuvent toujours allumer une bougie, comme autrefois, mais avec des réserves, car la combustion de cire dégage du CO2 !

B)    Prendre une douche à deux.  Objectif : diminuer la consommation d’eau. A condition de ne pas s’éterniser et de ne pas utiliser le pommeau multi-jet comme un sex-toy, car dans ce cas il y aurait débauche d’eau chaude. Les contrevenants enfreindraient la loi verte non pas sur un, mais sur deux fronts : celui de l’eau et celui de l’électricité !

C)   Eviter le batifolage dans les jacuzzi. Très sage injonction. Sauf que tout le monde n’a pas de jacuzzi. Dans le patelin où j’habite, personne, dans mon entourage, n’a installé cet objet. J’ai fouillé dans le web : premier prix 3.800 euros ! J’en déduis que cette chose, inconnue des salles de bain de mon patelin, fait partie des accessoires habituels dans la sphère Greenpeace. Ils n’ont qu’à inventer un système jacuzzi-écolo, qui carbure avec un pédalier… D’une pierre deux coups : détente + muscu.

D)  Eviter de bouster notre libido avec des crustacés.  Motif : le pillage des langoustes, langoustines, homards, crevettes… déséquilibre l’écosystème. Là, je ne sais quoi répondre, car ma dernière langouste remonte à Noël 2007. J’ai fouillé dans le web et trouvé que la « langouste rouge royale de chez Prat Ar-coum Yvon Madec » coûte 85,31 euros. J’en déduis que dans mon patelin, nous n’avons pas besoin de Greenpeace pour protéger l’écosystème via la privation de langouste.

E)   Eviter les préservatifs non dégradables, ou à base de produits animaux, ou chimiques.  Là, j’avoue que les gens de Greenpeace me gonflent un peu. En tant que toubib, quand je reçois dans mon cabinet des jeunes qui butinent de fleur en fleur, des célibataires qui partent en Thaïlande, des gars ou des filles qui font « ça » en boîte dans les toilettes, le week-end, mon souci n’est pas de savoir s’ils utilisent un préservatif bio-dégradable, mais bien de les convaincre d’en utiliser un !

F)   Eviter les lubrifiants érotiques extraits de combustibles fossiles :  Ma réponse ? Bof ! Je rappelle qu’il existe des lubrifiants naturels, dont… la salive… ou des caresses lubrifiantes… Mais bon !


Photo Internet
 
G)  Eviter de divorcer, car cela détruit la couche d’ozone ! Oui, le résultat d’une étude savante faite à l’Université de Michigan serait sans appel : divorcer pollue ! Les couples séparés augmenteraient le nombre de foyers, et par conséquent, la consommation énergétique ! Les bras m’en tombent. D’abord parce que cette étude n’a ni queue ni tête, ensuite parce que véritable enjeu du XXIème siècle n’a rien à voir avec le nombre des divorces. L’urgence planétaire number one à gérer est l’explosion démographique, notamment en Afrique et en Asie. Mao Tsé Dong – que personne n’osera taxer d’abominable idéologue de droite –  l’avait parfaitement compris lorsqu’il imposa la loi sur l’enfant unique !


Michelle Yoha, 
(Photo Internet) 

 

A TITRE DE CONCLUSION, VOICI TROIS REMARQUES :

 

1-    La quantité de « dioxine » émise par un bateau de Greenpeace au cours d’une année de fonctionnement, est sans commune mesure avec les dommages écologiques provoqués par nos préservatifs non-bio-dégradables ou nos lubrifiants intimes. Quant aux canots hyper-puissants utilisés par notre ONG écolo –  des canots bouffeurs de carburant s’il en est ! – ,  j’ose conseiller d’utiliser des embarcations propulsées par des rameurs. Elles auraient un impact médiatique infiniment plus porteur.

2-    A propos de carburant, une petite anecdote : Des amis Corses m’ont rapporté qu’un des leaders écologistes les plus en vue actuellement, se rend assez régulièrement dans sa résidence secondaire – qui avoisine leur maison –  en hélicoptère. « Il s’agit d’un petit hélicoptère ! » m’ont-ils précisé. Soit, mais ma question est simple : Combien de flacons de lubrifiant intime faut-il pour faire voler un « petit » hélicoptère ?

3-    Si Mao n’avait pas mis en place, la politique de l’enfant unique, il y aurait aujourd’hui, d’après les estimations des démographes, 3 milliards de Chinois au lieu de un. Autrement dit, deux milliards de terriens de plus sur la planète ! …Et deux milliards de Chinois obligés de s’expatrier, car la Chine d’aujourd’hui n’aurait pas les moyens de nourrir 2 milliards d’habitants supplémentaires sur son sol.

 

Photo Internet 
 
Non, l’enjeu incontournable du XXIème siècle n’est ni dans le gaspillage énergétique per-coïtum, ni dans les lubrifiants, ni dans les condom-latex… mais dans la gestion du seuil au-delà duquel la croissance démographique va constituer un danger réel, objectif, redoutable pour la planète.  

 

Par Ramon BASAGANA - Publié dans : ecologie
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Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /2009 22:11

 


 La question mérite d’être posée, vous ne trouvez pas ? 
 

D’après mes estimations, les revenus affectés aux « frais de bouche » de nos élus sont très supérieurs au budget que les soudeurs, manutentionnaires, profs, infirmières, vendeuses… sont en mesure d’affecter à leurs repas.

 

Ainsi :

 

a)    Un député européen dispose de 298 euros par jour de présence à Bruxelles (ou à Strasbourg) pour ses frais de repas et d’hébergement. Pour empocher l’indemnité « bouche-logement », il lui suffit de signer ou faire signer la feuille de présence.

b)    Un député français dispose de 5837 euros net, non soumis à l’impôt, pour financer les frais de restaurants, costumes, etc. Détail non négligeable : aucun justificatif n’est demandé.

 

On sait de manière certaine que :

 

1)    Nos députés ont à leur disposition le restaurant du 8ème étage du palais Bourbon, menu à 13,5 euros. Qu’ils peuvent escorter leurs invités au restaurant du 7ème étage moyennant une majoration de 6 euros. Qu’une table plus chic et plus discrète, baptisée Le Petit Hôtel, est proposée dans l’allée de la Présidence. Le menu y est raffiné et le maître d’hôtel exhibe des gants blancs « impec ». Mais, attention, c’est beaucoup plus cher : 17 euros. Les employés, quant à eux, ont droit à la buvette et au self !

2)    Il existe des havres gastronomiques réservés aux élus et financés par les Conseils généraux.

Exemple 1 : Le Mas d’Alco, dans une superbe demeure de Montpellier –  interdite aux soudeurs, manutentionnaires, vendeuses etc – , est réservé aux « élus ». Le menu complet, fameux, raffiné, aux vins exquis, revient à 18 euros tout compris.


EXEMPLE 2 : Le Ruban Bleu, réservé aux élus du Conseil Général des Hauts de Seine. Au dire des connaisseurs, la table y est encore plus somptueuse qu’à Montpellier. On y mange bien, très bien ! Les conseillers généraux peuvent y déguster à volonté mets raffinés, vins fins, dans des salons discrets, à la moquette épaisse, au personnel stylisé. Prix : 15 euros. Détail non négligeable : les soudeurs, caissières, pompistes, techniciennes de surface, etc… n’ont pas accès au Ruban Bleu.

 



Truffe du Périgord (photo Internet)

NOTE :

Autrefois, à l’entrée de certains restaurants, il était écrit :

« Interdit aux noirs, aux juifs, aux chiens, etc ».

A l’entrée du Mas d’Alco et du Ruban Bleu il n’est pas écrit :

 « Interdit aux femmes de ménage, menuisiers, balayeurs, chômeurs… » 

Non, rien de tout cela n’est écrit.
Seulement, si vous n’êtes que femme de ménage, menuisier, balayeur, soudeur, prof, médecin, videur de boîte de nuit… et que vous allez de votre propre chef dans ces haut lieux gastronomiques, on vous mettra à la porte.

 

Vous ne voulez pas me croire ? Eh bien, essayez, allez au Ruban Bleu et dites :

 

- Je suis manutentionnaire chez Bricomachin, et je voudrais bénéficier d’un menu à 15 euros, avec vins fins, truffe noire du Périgord, lumière tamisée, maître d’hôtel… 

 

Vous verrez bien ce qu’on vous répondra.

 

Exclusion ? Mais non, voyons ! Aucun « élu » ne pratique l’exclusion !!!

 

 

      Source: CAPITAL, n° 212, mai 2009

Par Ramon BASAGANA - Publié dans : Spéculation
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Jeudi 4 juin 2009 4 04 /06 /2009 11:44

Janvier 2002. Il fait gris, le ciel est bas. Marseille se réveille sous un froid glacial. Les premiers flocons. Monsieur C. se tourne vers le médecin :
 

- Comment ai-je attrapé ça ? Pourquoi est-il trop tard pour moi ? 

La question jaillit comme un jet d’arbalète, dévastatrice, meurtrière.

 

Comme la réponse tarde à venir, il recommence, tourne la phrase, change les mots. C’est un perfectionniste, il n’a pas l’habitude des à-peu-près, des questions sans réponse. Mais rien n’y fait. Son cancérologue, le Dr M., hausse les épaules. Que peut-il rétorquer à un patient de 55 ans, fumeur plus ou moins régulier (10 cigarettes/jour environ) qui présente un cancer des voies urinaires ?

 

Rien.

Ou alors… :

-       Vous avez fumé pendant vingt, trente ans… fallait bien qu’un jour ou l’autre –  bon gré, mal gré – , vous passiez à la caisse !

 

Mais il se tait. A quoi bon enfoncer le clou ? Le diagnostic est sans appel : carcinome urothélial (cancer des voies urinaires) avec métastases pulmonaires, atteinte osseuse, adénopathies (atteinte ganglionnaire).

 

Il se contente de commenter la marche à suivre : ablation du rein, chimiothérapie, radiothérapie...

Une tape sincère sur l’épaule, et il raccompagne Monsieur C.


Ce n’est qu’en 2007, un an après la mort de Monsieur C., que son médecin traitant dit à Madame C. avoir des soupçons sur l’origine professionnelle du cancer de son mari.

Madame C. ouvre des yeux grands comme des soucoupes. S’il est une question qui n’a jamais été posée à son mari, c’est bien celle-ci : que faites-vous comme métier ?

 

Elle frappe aux portes, on les lui claque au nez. Elle en ouvre d’autres, fait des recherches auprès des collègues, par Internet, dans ses souvenirs, s’acharne…


Une étude remarquable, dont j'ai extrait quelques notes. 

Non, ce n’est pas de la fiction.

 

L’entreprise KYZ –  T.P.E. de 9 salariés –  est une unité de mécanique de précision spécialisée dans les petits ressorts industriels et pièces diverses.

 

1977 : Monsieur C. a 26 ans lorsqu’il est engagé. L’entreprise a besoin d’un ajusteur qualifié,  disponible, qui ne rechigne pas à la tâche. Monsieur C. est jeune, motivé: il ne demande qu’à bosser. Il se spécialise dans la conception de l’outillage et la réalisation de pièces appelées, dans le jargon du métier, « plats ».

 
(Atelier d'ajustage en Centre d'apprentissage. Photo Internet)
Mais l’entreprise est familiale, nous ne sommes pas à la Régie Renaud. Les locaux sont exigus. Monsieur C. le sait et s’en accommode, tout comme les autres ouvriers. L’amour du métier, surtout dans la métallurgie, ne s’encombre guère de critères de « confort ». Trente années durant, Monsieur C. officie dans un local surnommé « cave » pour l’usinage et dans un local surnommé « hangar » pour la trempe et le traitement thermique des pièces.

La « cave » d’abord.

C’est un espace confiné,  7 mètres sur 4, pratiquement sans aération, sans extracteur, sans ventilation mécanique. Pendant l’hiver, la porte est fermée pour garder la chaleur du radiateur.

C’est là que trônent la fraiseuse, deux tours, la presse à petites pièces, deux machines à faire les ressorts, et un stock d’acier allié. Ces machines, bien que « nobles », sont anciennes, donc pas capotées, c’est-à-dire qu’elles ne comportent aucune protection contre les projections de particules d’huile. Il faut savoir que l’huile est omniprésente dans les opérations d’usinage !

 

Le « hangar » (environ 11 mètres sur 9) comporte  une toiture en éverite, qui sera remplacée par de la tôle en 2004. La ventilation mécanique n’a été introduite qu’en 2000. Dans cet espace clos sont implantés le bac à trempe, quatre fours de traitements thermiques, une presse, la meuleuse, une rectifieuse, le stock d’acier, les fûts de dégraissants.

 

L’atmosphère générale de l’atelier, celle qui va « imprégner » Monsieur C. pendant 28 ans, est faite de brouillards d’huiles minérales, de poussières métalliques, de poussières d’abrasifs, de particules liées au fonctionnement du bac à trempe.

Le bac à trempe est une cuve contenant de l’huile. Ici, parce que le modèle est ancien, le couvercle est fait d’une plaque en tôle tenue par des butées. La fermeture n’est donc pas hermétique. Il arrive que l’huile prenne feu au moment de la trempe, ce qui provoque l’hilarité des opérateurs, mais aussi un nuage de fumée et de vapeurs d’huile brûlée qui prennent à la gorge.

L’huile du bac à trempe n’est changée que tous les 10 ans. Bien entendu, cela implique une concentration exceptionnellement élevées de HAP (Hydrocarbures aromatiques polycycliques). On sait, en toxicologie, que les HAP sont très toxiques.

 

En quoi consiste le travail du jeune Monsieur C., qu’il va poursuivre pendant 28 ans ?

On peut le diviser en huit étapes. Huit, comme le chiffre porte-bonheur des Chinois !

 

1-    Il prend une pièce d’acier et l’insère dans un tour ou une fraiseuse.

2-    Il usine la pièce, c’est-à-dire qu’il la transforme par découpe. Une pompe injecte de l’huile de coupe, laquelle est recueillie dans un bac situé sous le tour. Une pompe manuelle permet de transférer l’huile vers un arrosoir en plastique. Mélangée avec de l’eau, elle est reversée dans les circuits.

3-    La pièce d’acier est transférée ensuite dans un four et subit un traitement thermique à 900°.

4-    L’acier est ressorti à vif et immédiatement immergé dans le bac à trempe (huile minérale) pour donner la dureté à la pièce.

5-    Parfois, la pièce subit un second traitement thermique (300-500°) appelé « revenu ». Objectif : éviter que la pièce ne casse.

6-    La pièce est meulée ou rectifiée dans des machines fonctionnant avec des huiles de coupe.

7-    Une fois que la pièce est froide, elle subit un dégraissage avec un solvant. Ces solvants (trichlo, balthane) sont passés manuellement au pinceau.

8-    La pièce est ensuite trempée dans des additifs pour la protection de l’acier et mise à sécher sur l’égouttoir,  à l’air libre.

 

Toutes ces opérations servent à préparer la pièce finale qui servira à fabriquer la série commandée.

 

Tel a été le travail effectué par Monsieur C. de 1977 à 2005.
Sans incident de santé. Jusqu'à ce mois de janvier 2002 où tout s'est enchaîné. 
Les événements se sont imbriqués de façon implacable: 

-       janvier 2002 : découverte d’un cancer des voies urinaires avec métastases pulmonaires bilatérales, atteinte osseuse et ganglionnaire. Pronostic vital : six mois à deux ans. On procède à une ablation du rein gauche, chimiothérapie, radiothérapie.

-        Reprise du travail.
-       Décembre 2003:
1re  récidive. Métastases pulmonaires, on lui retire des «nodules ».

-      Nouvelle reprise du travail.
-       Décembre 2005: 2ème récidive . Métastases pulmonaires et osseuses.
-      Dernière reprise du travail. La sécurité Sociale lui accorde un taux d’invalidité de 66,66%.

-       Septembre 2006, 3ème récidive. Métastases hépatiques. C’est la fin

Monsieur C. a définitivement quitté les brouillards d'huile en septembre 2006.

Il me plaît d’imaginer d’autres nuages… blancs, limpides..., au-dessus de la Provence. Et que, de là où il est, notre ami pousse ceux qui le soutiennent à ne pas lâcher prise !

 

En tant que médecin, je me pose cinq questions :

 

1-    Le cancer de Monsieur C. est-il susceptible d’avoir une origine professionnelle ? 
Ma
réponse est OUI.
« Parmi les cancers urologiques, ceux de l’épithélium urothélial (voies exrétrices, vessie) ont des étiologie professionnelles prouvées » J.C. PAIRON, Les cancers professionnels, Editions Margaux, Orange, 2000.

2-    A quelles nuisances particulières le cancer de Monsieur C. peut-il être imputé ?
Réponse : aux fluides d’usinage, aux solvants chlorés, huiles et graisses industrielles, fumées, poussières d’oxyde de fer. Les arguments sont légion.

3-    Ces nuisances particulières ont-elles réellement été avérées dans les postes de travail de Monsieur C. ?
Réponse : Et comment !
       Par voie respiratoire et cutanée, depuis 1977 et jusqu’à la fin de son activité en 2005. Pendant toute cette période, l’utilisation d’huiles minérales recyclées, donc riches en HAP, était courante. Sans compter l’exposition lors des opérations quotidiennes d’usinage, de trempe, de traitements thermiques ou de meulage. Le contact avec les fluides était permanent, soit directement au cours des opérations manuelles, soit par des vêtements souillés.

4-    Y a-t-il eu coexposition à d’autres agents cancérogènes ?
Réponse : Oui.
Monsieur C. a utilisé le
Tricholéthylène comme solvant pour les opérations de dégraissage (au pinceau, sans protections), puis le Baltane (Trichloréthane).

5-    Le cancer de Monsieur C. peut-il être imputable à d’autres facteurs notables, non professionnels ?
La
réponse est… bof !
Notre ami fumait bien une dizaine de cigarettes par jour, avec des périodes d’abstinence… 

 

Une demande en « Maladie Professionnelle » a donc été faite après le décès de Monsieur C.

 

Mais… elle a été rejetée.

 

Motif invoqué par la Caisse Régionale de Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP) : « L’existence d’un facteur de risque extra-professionnel ».

 

- Pardon ? Extra-professionnel?
- Mais oui: la
cigarette !

 

Les 28 ans d’exposition aux brouillards d’huiles minérales, aux fluides d’usinage, aux solvants chlorés, aux fumées, huiles, goudrons et graisses industrielles, aux poussières de fer… c’est du pipeau : La seule nuisance directe et essentielle, responsable du cancer de notre ami est… la cigarette !

 

Fiction ?  Réalité? 
La Maladie Professionnelle a bel et bien été refusée à Monsieur C.

 

Petit détail n° 1 :

Sur son nuage blanc, limpide, au-dessus de la Provence, Monsieur C. n’est pas seul :

Trois personnes avaient travaillé, elles aussi, à la « cave ». Elles avaient manipulé des solvants, travaillé à l’usinage, à la trempe, aux gros tours avec les huiles de coupe, respiré les brouillards d’huile…

 

Elles sont mortes toutes les trois d’un cancer (foie, œsophage, œil, vessie…).

Et partagent un coin de nuage.


Petit détail n°2:

Il leur arrivait, ces galopins, de fumer une clope pendant la pause...!

 

 

 

Par Ramon BASAGANA - Publié dans : MEDECINE - Communauté : Médecine
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Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /2009 11:18

 

A l’heure où l’on supprime des postes à tour de bras dans les lycées, les écoles, les hôpitaux, les services publics… je me suis demandé quel était le revenu de ceux qui, de Droite ou de Gauche, taillent, élaguent, décident de « faire des économies ».
 

Oui, combien touche un député ?


La question est d’autant plus pertinente que :

1- Notre double statut de contribuable et d’électeur nous confère un statut incontournable vis-à-vis du député.

2- Que nous sommes tous aux prises avec les difficultés liées à notre propre fiche de paie.

A titre d’exemple :

Une caissière, une secrétaire
  avec 20 ans d’ancienneté, une assistante dentaire, un jardinier, un ouvrier agricole, ne dépassent pas 1500 euros par mois ; un soudeur, monteur, chaudronnier, heures « sup » comprises,  ne dépassent pas 2500 euros ; de même pour un instit, un prof… Un médecin généraliste - gardes et visites comprises (60 heures par semaine) -  arrive difficilement à 5000 euros


Alors, l’un de ceux qui décident  que nous devons « faire des économies », combien gagne-t-il ?

 

(vue panoramique de l'Assemblée Nationale )
photo Internet 

Voici les revenus d’un député :
 

1- Salaire de base : 7000 euros par mois 

2- Indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) :  5837 euros  net, non soumise à l’impôt. Elle sert à financer les menus frais  : voiture, restaurants, costumes… Etant donné qu’aucun justificatif n’est demandé, chacun fait ce qu’il veut avec cette « indemnité ». Donc : 7000 + 5837

= 12.837 euros par mois.


3- A cela il faut ajouter une enveloppe de 9.021 euros censée financer les salaires des collaborateurs. Bien entendu, rien n’empêche un député de nommer « collaborateur » son conjoint, fils, fille, voisin… ou manucure. Donc : 7000 + 5837 + 9021

= 21.858 euros


Est-ce tout ? Non, évidemment !

4- 80% des députés ont au moins un autre mandat : mairie, présidence, vice-présidence d’un conseil général… A titre d’exemple pris au hasard (1° sur la liste fournie par Capital, Marseille et ses environs, p.91) -  Sylvie ANDRIEUX (PS) :

  1. Députée de Marseille : 7000 euros (plus indemnités, etc )
  2. Vice-présidente du conseil régional : 3677 euros.
  3. Conseillère municipale de Marseille : 1936 euros.
  4. Conseillère de communauté urbaine : 1051 euros.

 


Sylvie ANDRIEUX
Groupe politique: socialiste, radical, citoyen et divers gauche.
Commission: membre de la commission des finances.
Profession: cadre commercial d'entreprise de manutention et d'aconage. 

 

Ça  fait beaucoup d’argent, tout ça !

Mais, ATTENTION : 

Pour éviter les excès, la loi interdit aux parlementaires de gagner plus de 9.730 euros par mois.

Donc, Sylvie ANDRIEUX, comme Jean-Luc BENAHMIAS (MoDem) ou Renaud MUSELIER (UMP), etc... "ne touche" que 9.730 euros par mois.

Sauf que la loi permet de reverser ce qui dépasse à l'élu de son choix: époux, épouse… fils, fille ou manucure.

Est-ce tout ?

Eh ben non :

5- Cerise sur le gâteau: la "retraite".
De quoi nous faire tous pâlir d’envie : Pour un euro cotisé, nos députés reçoivent en moyenne 6,1 euros, contre 0,90 pour la plupart d’entre nous.

Cela représente quoi ?

Très simple : Pour un mandat de cinq ans, un ancien député perçoit en moyenne 1549 euros de retraite par mois.


(A titre de comparaison, un soudeur, après 40 ans de cotisation, touche 958 euros/mois, un médecin, après 30 ans de cotisation 864 euros/mois.)

Petit détail:

6- qui paie la différence entre 0,90 et 6,1? Les contribuables, pardi! C'est-à-dire vous et moi.


CONCLUSION 1 : Pour faire des économies, il suffit de tailler…

CONCLUSION 2: Tailler oui, mais pas à l’Assemblée Nationale.


CONCLUSION 3 : Les députés se sont toujours débrouillés pour enterrer le moindre projet visant à réformer leur statut. Dernier en date, le projet « BALLADUR ». L’ancien premier ministre prétendait alléger le « mille-feuilles » des députés en interdisant le cumul des mandats, en fusionnant départements et régions… Le tollé, orchestré par les bénéficiaires – Droite et Gauche farouchement solidaires pour une fois – a été général.

 

SOURCE : CAPITAL, n° 212, mai 2009


Par Ramon BASAGANA - Publié dans : Spéculation
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