Vendredi 4 septembre 2009 5 04 /09 /2009 21:37


 

Le 14 janvier 2010 doit paraître "L'Héritière de Shanghai", un roman qui fait suite aux aventures de Xinran dans "Le Christ de Marie-Shan".

Ci-joint une photo de la couverture et un court extrait (Prologue):


COUV_BASAGANA-copie-1.jpg


PROLOGUE
 

Massif de la Sainte-Baume, dimanche de Pâques, 5 avril 2015.

 

Tapi derrière un buisson, Théo Ferluci fixa l’appareil : il ne parvenait pas à détacher son regard des pales du rotor. Il n’aimait pas les hélicos. Outre qu’ils lui déchiraient les tympans, ils mettaient sa mémoire à vif, réveillaient des turbulences enfouies.

Des souvenirs sans nom.

L’horreur.

C’était le 5 avril 1994. Ce jour-là, il s’était réfugié avec sa sœur Justine et deux adolescents tutsis – des jumeaux – dans les marais. Soudain, un hélico s’était mis à tournoyer au-dessus de leurs têtes, signalant ainsi leur présence aux Hutus. Une horde assoiffée de sang. Théo avait plongé sous l’eau, à la limite de la suffocation. Justine et les jumeaux n’avaient pu retenir leur souffle assez longtemps : ils avaient été repérés.

Depuis sa cachette sous un amas de feuilles, paralysé d’effroi, transi de peur, Théo Ferluci avait assisté au festin des hyènes. Il avait tout vu : le scintillement des machettes au-dessus des crânes, le sang, les soubresauts des jumeaux.

Puis, l’innommable.

Les Hutus avaient traîné Justine dans les buissons. Ils l’avaient ramenée longtemps après, complètement nue, hagarde, l’avaient jetée à genoux… et lui avaient tranché le cou.

Voilà pourquoi il n’aimait pas les hélicos.

 

Le Faucon, un A 355, déposait des sacs à l’aide d’un treuil. Théo Ferluci en compta six. Le chiffre du diable. Des Chinois, au nombre de trois, les rangeaient côte à côte. L’opération terminée, l’hélico remonta le treuil et demeura en vol stationnaire. Au bout d’un moment, le pilote fit un signe de la main à l’équipe au sol. Celui qui paraissait être le chef leva son pouce. L’appareil monta aussitôt en altitude et disparut vers l’est.

Pareillement affublés d’uniformes de la Société des eaux, les Chinois se mirent à charrier les sacs vers un amas de rocs.

Théo Ferluci observa leurs évolutions avec ses jumelles. Un ruban jaune fluorescent – retenu par des piquets en fer – ceinturait la rocaille. Des panneaux affichaient : « Société des eaux des Bouches-du-Rhône. Chantier interdit au public. Risque d’éboulement. »  

« Qu’est-ce qu’ils foutent ? » marmonna-t-il.

Dans son esprit, chaque événement découlait d’une succession logique d’autres événements. Par exemple, si les Hutus avaient massacré huit cent mille Tutsis en 1994 c’était :

Un, parce que vingt mille machettes neuves avaient été distribuées aux Hutus.

Deux, parce que la Radio des Mille Collines avait poussé ces derniers au génocide par une incitation directe au meurtre, avec des phrases comme : « Tuez tous les cancrelats. »

Trois, parce que les Blancs avaient assisté au massacre sans piper mot.

Il fixa les Chinois : leur présence insolite sur ce massif découlait obligatoirement d’une succession logique d’autres événements. Mais, lesquels ?

Il ne connaissait pas grand-chose au fonctionnement des services publics dans les Bouches-du-Rhône, mais une chose était sûre : les Français n’avaient pas besoin des Chinois pour venir à bout d’un problème technique sur les hauteurs de la Sainte-Baume.

Il reprit ses jumelles.

Son cerveau, brusquement, refusa de décoder les images que lui renvoyait sa rétine : aucun doute possible, ces types étaient en train de charrier de la chaux !

De temps à autre, le chef du groupe empoignait une barre à mine, écartait les blocs de pierre, et ses acolytes vidaient un sac dans la fente.

« Mais, qu’est-ce qu’ils foutent ? » marmonna-t-il pour la seconde fois.

Non, il ne comprenait pas. Car la chaux, il connaissait. Il avait vu les Casques bleus en verser des charretées dans la fosse commune, sur les cadavres. Il revit le bouillonnement de la chaux vive, et puis, l’horreur : jaillissant du tas, la main de Justine récurée jusqu’à l’os.

Six sacs, le chiffre du diable !

Il chassa ces pensées qui lui rongeaient la vie.

Au bout d’un moment, le chef – dont il ne voyait que le dos – jeta la barre à mine, colla son portable à l’oreille, s’inclina plusieurs fois et se mit à crier des ordres. Les Chinois lâchèrent tout et se ruèrent vers le sentier.

Ils disparurent en contrebas, derrière un bosquet de chênes.

Un épervier survola la garrigue martelée de soleil ; mésanges et accenteurs alpins s’engouffrèrent dans les buissons.

Alors seulement, dans le silence du massif, Théo Ferluci se rappela les mots de Ténélée, son amie malienne : « Xinran est la fille d’un milliardaire chinois. Les journalistes disent qu’elle a disparu et qu’elle est en danger. Je suis en route pour la Sainte-Baume. Si tu la retrouves avant moi, ne la lâche pas, dis-lui que j’arrive ! »

Il fixa les énormes blocs de pierre. On eût dit qu’ils avaient été soufflés par une explosion ou ébranlés par un tremblement de terre. Pire : enchevêtrés par un sorcier malveillant.

Mais il ne voyait pas le rapport entre Xinran, les blocs de pierre et les sacs de chaux. Il ne comprenait pas, son cerveau refusait de comprendre. Une image faisait écran : la main de Justine, récurée jusqu’à l’os.

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Par Ramon BASAGANA - Publié dans : Littérature
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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /2009 22:35

 

En septembre 2008, j’écrivais un article intitulé :

 

Faut-il mettre Henry KRAVIS en prison?

 

Quelqu’un n’a pas aimé. J’ai reçu le mail suivant :

 

Un commentaire vient d'être posté par John Doe sur l'article Faut-il mettre Henry KRAVIS en prison?, sur votre blog blog.ramon-basagana

« Pourriez-vous lister s'ils vous plait vos qualifications dans les domaines suivants: finance, loi. Est-ce que l'Etat vous a delivre un certificat validant des competences vous permettant d'emettre des jugements solides et recevables par un juge au sein d'un tribunal dans le juridique ou l'economique? En tant que medecin, accepteriez-vous qu'un citoyen lambda emette un jugement dans votre domaine, qu'un citoyen lamba se pointe dans votre hopital, cabinet, pour vous apprendre votre metier? Est-ce que vous croyez que les avocats et les banquiers apprecient qu'un citoyen lambda comme vous se permette d'emettre un jugement sans aucune qualification, experien ce? Descendez un peu de vos grands chevaux monsieur le medecin. C'est sur que vous meritez des medailles, grace a votre profession, la population de la planete a explose, on a perdu nos libertes, des especes entieres disparaissent tous les jours, et les systemes de sante, de retraite sont des gouffres financiers 1000 fois plus profonds que les poches de Buffet et Kravis.

A bon entendeur, salut. »

 

 

 

Un chat et des marguerites: une pluie de symboles!
 
Avant de répondre : un détour pour dire qui est Henry Kravis ?

 

 

(Photo Internet)
H.K. est l’un des « cracs » de la finance internationale.

Un Américain né en 1944 qui achète et vend des entreprises. Il y a une trentaine d’années, il a créé ce que l’on appelle un fonds d’investissement, c’est-à-dire une énorme tirelire dans laquelle des millions d’individus, d’organisations, d’Etats… versent leurs économies.
La particularité des fonds d’investissement par rapport aux fonds de pension ou aux fonds spéculatifs (hedge funds) est « qu’ils ne se contentent pas d’acheter des bouts de société cotées, mais qu’ils les avalent tout entières, et qu’ils vont même battre la campagne pour dénicher des entreprises familiales à vendre ».

Grâce à des coups de génie spéculatifs et à un impitoyable élagage dans les sociétés acquises –  puis revendues – , Henry KRAVIS s’est retrouvé à la tête d’un empire. Ses sociétés « en transit » employaient, en 2008, plus de 450.000 personnes. L’équivalent de la ville de Lyon.

Dans mon article du 30 septembre 2008, je dénonçais les bénéfices astronomiques encaissés par les grands argentiers de la planète, dont Henry KRAVIS. Des chiffres ahurissants, à donner le tournis. Jugez plutôt : Chaque chaque jour que Dieu faisait, Monsieur KRAVIS gagnait 1.232.856 dollars, soit 51.369 dollars de l’heure (Source, Solveig GODELUCK et Philippe ESCANDE, Les Pirates du Capitalisme, Albin Michel, 2008, p.7).

 

 

Mon article n’a pas plu à Monsieur John Doe (J’ignore si c’est un pseudo).

 

Voici ma réponse :

 

Bonjour,

Merci de votre commentaire. Vous êtes franc et vous allez droit au but, c’est de bonne guerre dans un Blog.

OK pour la forme.

Par contre, j’ai beaucoup à dire sur le fond.

Je ne connais pas Henri Kravis. Je sais, pour m’être informé, que c’est une personnalité étonnante, fidèle en amitié, patriote, connue pour sa générosité (fondation pour les écoliers défavorisés, pour les enseignants de couleur, dons pour la recherche sur le cancer, pour la recherche sur les maladies cardio-vasculaires…)

Ai-je le droit de le mettre nommément en cause ?
Dans l’absolu, la réponse est non.
Toujours dans l’absolu, j’aurais dû intituler mon article :

« Faut-il mettre en prison les financiers, traders, banquiers, responsables de la crise ?

 

Mais, dans l’absolu uniquement. Concrètement, il me fallait « nommer ».

 

Pourquoi ? Parce que Kravis, Bonderman, Buffet, Arnault… sont des symboles.

Des symboles qui racontent une histoire, celle d’un monde où l’argent circule plus vite que les hommes, où l’économie toute entière baigne dans la finance, un monde dominé par la loi suprême de la dictature de l’actionnaire et où les « pirates » de la finance – quelle que soit leur générosité dans les « soirées de bienfaisance » (Kravis, Warren Buffet…) –  se sont enrichis à la vitesse de la lumière.

 

J’ai écrit cet article en septembre 2008, en plein déconfiture bancaire.

 

J’étais, et vous avez raison de le souligner, un « citoyen lambda sans qualification particulière », et aucun mandat de la République ne m’autorisait à mettre mon bec dans l’auge financière.

 

Avais-je le droit de parler ?

 

Septembre 2008 : les Etats Unis d’Amérique, les Etats d’Europe, la France… se précipitaient au secours des banques – dont certaines étaient à l’agonie – , nationalisaient à tour de bras, injectaient des milliards.

 

Souvenez-vous : Bear Stearns, Fannie Mae et Freddie Mac en Amérique, Fortis au Benelux, Bradford et Bingley à Londres, Natixis, BNP-Paribas en France

 

Le monde financier s’était tourné, d’un coup, vers l’Etat, non pas pour lui imposer son diktat, comme il en avait coutume depuis une dizaine d’années, mais pour qu’il le sauve !

Un comble : le libéralisme appelait au secours le socialisme étatique !

Comme l’écrivait Eric Le Boucher dans son éditorial d’Enjeux : « …le trader se jetait à genoux, impuissant, quémandeur, devant le contribuable ! »

 

J’assistais –  comme vous d’ailleurs – à ce scénario ahurissant : Face à la faillite, ceux qui avaient privatisé les profits (banquiers, décideurs financiers, Kravis, Bonderman, Buffet, Arnault…), nous demandaient, à nous, contribuables, de mutualiser les pertes !

 

Et je découvrais, comme tous les profanes en économie (américains, européens, asiatiques…) que nous devions passer à la caisse.

 

Le marché n’était ni autorégulateur ni autosuffisant !

 

J’ai ouvert mon bec, parce que cette crise « privisible » était en train de tuer des millions d’emplois en Europe, en Chine, semait la désolation en Amérique… parce qu’elle portait en elle un toxique redoutable dont les financiers et les banquiers se gardaient bien – et se gardent toujours – de chercher l’antidote. Un virus infiniment plus meurtrier que celui de la grippe A : la spéculation.

 

J’avais vu, en cette année 2008, des images tristes :

Au cœur de l’Amérique profonde, des maisons désertes, des volets clos, des portes scellées avec des planches en contreplaqué, des écriteaux implorant les pilleurs de passer leur chemin. C’était à Slavic Village, à Claveland (Ohio), l’épicentre de la crise des subprimes.

 

J’ignore si vous êtes Américain, cher Monsieur John Doe. Si oui, sachez que nous étions des millions à nous sentir concernés par le désarroi de vos compatriotes.

 

Si vous n’êtes pas Américain, je vous apprendrai que le 1er janvier 2009, le salaire minimum de l’Etat de Pensylvanie (Etat pris au hasard) était de 7,25 dollars/ heure travaillée. Celui d’Henry Kravis, au moment où j’écrivais mon article était de 51.369 dollars/heure circadienne, 24h/24 !

 

Et vous voulez que je me taise ?

 

Pourquoi, parce que je suis médecin et non banquier ?

 

En fait, vous posez un problème qui va bien au-delà du listing de qualification que vous exigez de moi.

 

Ce que vous me contestez, c’est le droit de penser, parler, juger… dès lors que je n’appartiens pas au sérail.

 

Vous niez la légitimité des citoyens-lambda à s’interroger sur la pratique quotidienne des oligarchies financières. Vous ne tolérez pas que nous considérions leurs agissements, leurs discours, comme contraires aux intérêts de l’immense majorité des habitants de la planète.

 

J’en prends acte, mais vous aurez du mal à faire taire les citoyens-lambda !

 

Des blogs sont légion à dénoncer les prédateurs qui accumulent l’argent, détruisent l’Etat, dévastent la nature et les êtres humains, entretiennent sur la planète des paradis fiscaux réservés à leur seul usage.

Je cite au hasard SOS-crise, le blog de Hadria Rivière, celui de Jacques Tourteaux, monde-solidarité.org, etc. La liste est longue, très longue.

J’ignore si ceux et celles qui les animent ont pris des cours chez Nicole El-Karaoui (Précurseur en Maths Financières, sommité mondiale dans les « dérivés de crédit, prof à Paris VI). Toujours est-il que les articles de ces Blogs sont fichtrement documentés et pertinents.

 

En ce qui me concerne, la pudeur la plus élémentaire m’interdit de déballer mes titres universitaires.

Je peux, par contre, vous avouer que je garde un souvenir ému et lumineux de mes douze années d’enseignement à l’Ecole Supérieure de Commerce d’Alger. J’y ai côtoyé des économistes et des financiers de talent, dont le « big boss », Monsieur Mohamed Taminy, une pointure en sciences financières, ancien de Harvard (si ma mémoire est bonne), qui m’a honoré de son amitié.

Le contact et l’amitié de ces universitaires hors norme m’a sans doute familiarisé avec l’univers dont vous me refusez l’accès.

 

Quoi qu’il en soit, j’ai écrit en 2006 –  en pleine euphorie boursière et immobilière – , un « thriller » d’anticipation économique dans lequel je prévoyais que les hedge funds, les OPA hostiles, les LBO, la titrisation… nous menaient au désastre. J’y campais un effondrement des pyramides de crédit, un krach boursier.

Le livre est paru en décembre 2007. Avant la crise.

 

Ce n’était peut-être pas un traité pour initiés, mais PPDA en a parlé dans Vol de Nuit, dans son émission de LCI, et dans son blog personnel de TF1.

  Une caution inattendue: PPDA

Rassurez-vous, cher Monsieur John Doe, je ne connaissais pas PPDA et je n’avais aucune entrée à TF1.

 

A toutes fins utiles, sachez aussi que la suite – intitulée L’héritière de Shanghai –paraîtra en janvier 2010.

 

Quant à mon métier de médecin, je le fais de mon mieux. Je donne tout ce que je sais et tout ce que je peux. Mais si un jour, par négligence ou cupidité, je commettais une erreur médicale, vous seriez en droit de me demander des comptes.

 

La population de la planète ? Vous dites qu’elle explose ? Mao Tse Dong avait imposé l’enfant unique en Chine. Sans cette décision « historique », la population chinoise actuelle serait multipliée par deux, peut-être par trois.

Une question : Etes-vous pour ou contre Mao ?

 

Le système de santé ? Il m’arrive de prescrire des médicaments chers, très chers, chez des malades atteints de maladies rares. Croyez-moi, cher Monsieur John Doe, ça donne du baume au cœur de savoir que la solidarité collective est là pour financer ces traitements couteux.

 

Une solidarité que Barak Obama nous envie.

 

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Par Ramon BASAGANA - Publié dans : Spéculation
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Vendredi 14 août 2009 5 14 /08 /2009 21:30

 

 

(Photo Internet)
Il y a quelque temps, nous avons reçu –  via notre association (APCME*) –  un ingénieur de Naphtachimie atteint d'une leucémie au benzène.

 

 

Il est venu avec une liste de 10 ingénieurs en maintenance atteints de divers cancers. Il nous a déclaré :

 

"Nous étions très souvent avec nos gars sur le terrain, on suivait les travaux sur place. Il faut que les médecins soient très attentifs aux instrumentistes, aux tuyauteurs, monteurs, agents de maintenance, nettoyeurs industriels… "

 

J’ai pensé à cet épisode parce que la grippe A figurait de nouveau en tête des infos aux JT.

 

Un bataclan médiatique qui n’en finit pas de m’interpeller :

 

Je me trouvais en Espagne lorsqu’une techno-ministre ibérique a parlé d’une liste prioritaire… en vue de programmer la prochaine vaccination contre la grippe A : elle a évoqué un ordre décroissant savamment bidouillé par ses services.

 

J’étais en France lorsque la rumeur médiatique a parlé de retarder la rentrée scolaire pour cause de grippe A. ( Au fait, retarder pourquoi faire? jusqu’à quand ? Jusqu’en janvier-février, date habituelle du pic grippal  ?)

 

Je n’étais pas au Burkina Fasso lorsque le énième millionième décès par palu a été enregistré,

 

Ni au Stadium de Los Angeles lorsque 40.000 personnes faisaient la queue, ce matin, non pas pour rendre hommage à Michael Jackson, mais pour voir un ophtalmo, un pédiatre, un dentiste… gratuitement.

 

Je n’étais pas au cœur de la City ou de Wall Street lorsque les traders ont enregistré la énième promesse ferme de bonus hallucinant.

 

Quel est le rapport entre les ingénieurs de Naphtachimie atteints de leucémie au benzène, la grippe A, les Africains morts du palu, les Américains qui ne peuvent pas se soigner parce qu’ils n’ont pas de Sécu… et les bonus hallucinants des traders de Londres, Paris ou New York ?

 

Il y en a un, énorme, comme le nez au milieu de la figure, une tache tellement  fluo qu’elle pourrait faire loucher un babouin.

 

Seulement, voilà, elle se trouve, pile, au bout du nez.

 

Or, les humains, nous avons ce défaut incroyable : nous sommes incapables de voir le bout de notre nez !

 

  • * APCEM : Association pour la Prévention des Maladies Eliminables.
  • L'association regroupe une cinquantaine de médecins mutualistes et libéraux du Golfe de Fos. Elle est dirigée par Marc Andéol, topographe, le Dr MIZZI et le Dr IGONET, médécins généralistes à Port-de-Bouc. L’association a pour but d’informer et d’agir sur les maladies éliminables.
  • Maladies éliminables = MALADIES DUES A L’ENVIRONNEMENT CONSTRUIT PAR L’HOMME.

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Par Ramon BASAGANA - Publié dans : MEDECINE - Communauté : Médecine
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Mardi 11 août 2009 2 11 /08 /2009 19:54


 

(photo Internet)
Quelqu'un m’a demandé  « si la cigarette était dangereuse chez les malades présentant une AOMI »

 

 

AOMI ? C’est quoi, cette bête ?

 

Les médecins entretiennent l’art de compliquer les choses avec des mots à coucher dehors : AOMI = Artériopathie Oblitérante des Membres Inférieurs, encore appelée artérite des membres inférieurs.

 

En fait, une saloperie anatomique : le rétrécissement du calibre des artères des jambes et des cuisses. Lorsque l’occlusion augmente, le débit sanguin diminue, ce qui entraîne une ischémie (insuffisance d’irrigation tissulaire).

 

Si rien n’est fait, il peut y avoir gangrène (mort tissulaire) de tout ou partie de la zone mal irriguée.

 

L’un des premiers signes cliniques est la « claudication intermittente » : la personne est obligée de s’arrêter après quelques dizaines de mètres. Elle repart… et doit s’arrêter à nouveau. Et ainsi de suite.

 

Le risque de l’AOMI ? Disons le mot : amputation (jambe, pied, orteil). J’avance le mot amputation d’autant plus facilement, que cette redoutable complication peut être évitée.

 

La cigarette, dans tout ça ?

 

Elle est, avec le diabète, l’un des gros facteurs de risque d’artériopathie, c’est-à-dire de « maladie des artères par plaque d’athérome » (athérome= dépôt plus ou moins épais de graisse sur la surface des artères).

 

Ceci dit, tout les fumeurs ne font pas d’artériopathie…

Et tous les artériopathes ne sont pas des fumeurs.

J’ai un jeune patient dont les artères sont farcies d’athérome, et  qui fume, mais sa sœur, qui a aussi un gros problème d’artères, n’a jamais fumé. Il y a chez eux, de toute évidence, un problème familial.

 

Ceci étant, nous pouvons affirmer que les artériopathes, s’ils fument, ils aggravent leur état : le tabac favorise l’obstruction des pontages, des stents (les fameux « ressorts »), et diminue l’efficacité des traitements.

 

A l’inverse, l’artériopathe qui stoppe le tabac, observe toujours un allongement du périmètre de marche (la fameuse « claudication intermittente »).

 

-  D’accord, ai-je entendu un jour, j’ai les artères des jambes bouchées, mais je ne fume que cinq cigarettes par jour. Vous croyez que c’est vraiment dangereux ?

 

Que répondre ?

 

Dans les années soixante-dix, on considérait que cinq cigarettes/j, ce n’était pas nocif.

 

J’ai terminé mes études de médecine dans les années 70.

 

Mon opinion ?

 

Nous devons mettre toutes les chances du côté du malade dont les grosses artères sont mal en point.

 

Car si les grosses artères souffrent, les petites – notamment celles qui nourrissent le cœur, les coronaires – risquent fort de souffrir aussi. Dans ce cas, la cigarette représente un danger réel et… inutile.

 

De mon point de vue, le conseil ferme qu’il faut donner aux personnes dont les artères sont mal en point est « d’arrêter immédiatement de fumer ».

 

Tolérance zéro !

 

Mon argumentaire dans le cancer du poumon –  que je développe dans ce même blog –  est un peu différent. L’expérience de l’équipe dont je fais partie montre de manière irréfutable que chez des malades ayant travaillé dans les hauts-fourneaux, la construction navale, l’amiante, la soudure, la silice… la première cause du cancer du poumon n’est pas la cigarette, mais bien l’amiante, la silice, le sablage, la soudure…

  NON, LE COUPABLE N'EST TOUJOURS PAS LA CIGARETTE !

Or, dans un grand nombre de procédures, on continue à considérer le cancer du poumon de ces travailleurs comme… secondaire à  la cigarette.

 

Et là, je dis non.

 

Je dénonce une sorte de lobby anti-cigarette qui fait l’impasse sur les véritables causes de la souffrance du poumon.

 

Problématique différente.

 

Pour en revenir à l’artériopathie des membres inférieurs : cigarette = tolérance zéro.

 

 
 
 

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Par Ramon BASAGANA
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Jeudi 6 août 2009 4 06 /08 /2009 22:00

 

 


Cher Daniel Cohn-Bendit

 

 

Les paysans français se voient contraints de rembourser –  bon gré, mal gré –  700 millions d’euros au titre des aides agricoles dont ils auraient bénéficié « abusivement » entre 1991 et 2001.

 

Telle est la décision de la Commission Européenne chargée de l’agriculture.

 

Pour que vous puissiez vous faire une idée des « bénéfices déloyaux » de nos producteurs de fruits et légumes, voici le revenu net moyen de l’ensemble des exploitations agricoles pour les années 1991 et 2001 :

1.   Revenu net moyen agricole pour 1991 : 11.558 euros = 963 euros par mois.

2.   Revenu net moyen agricole pour 2001 : 19.625 euros = 1.635 euros par mois.

(Source : INSEE, rapport des comptes de l’agriculture 2005)

 

Pendant ce temps, BNP-Paribas confirmait avoir approvisionné dans ses comptes plus d’un milliard d’euros pour rémunérer ses traders au titre de l’année 2008.

 

Et ce, en application des directives du G20… confirmées par les Commissions Européennes chargées des finances.

 

D’après mes calculs, chaque trader de BNP-Paribas va toucher environ 60.000 euros de bonus, en plus de son salaire fixe (dont le montant est top secret).

 

Savez-vous :

 

1.     Que les fonds d’investissement – et les services spéculatifs des banques – se sont engouffrés sur les marchés agricoles au cours de l’année 2008, provoquant des tornades de volatilité ?

2.     Que les céréales sont devenues, à la fin de l’hiver 2008, des valeurs refuges face au pétrole ?

 

Incroyable, mais vrai :

 

Les Commissions de l’Assemblée dont vous faites partie exigent le remboursement de 700 millions de dollars à des paysans qui touchent  1600 euros par mois et ces mêmes Commissions cautionnent des bonus de 60.000 euros à des traders qui ont spéculé sur le prix du blé, du riz, du soja… !

 

De grâce, Daniel Cohn-Bendit… réagissez !

 

Il y a un an, devant 800 députés européens, vous vous insurgiez contre Nicolas Sarkozy, à cause de sa participation – en tant que Président de l’Union Européenne –  à l’inauguration des J.O.  Nous avons tous en mémoire les tremblements de votre voix.

Je comprends votre courroux face à la violation des libertés en Chine.

Mais l’absurdité des mesures contre les paysans français, le scandale des bonnus sur la spéculation, source de volatilité des matières premières agricoles, ne méritent-ils pas un gros coup de poing sur la table ?

Ne vous trompez pas de cible, cher Daniel Cohn-Bendit !

Taper sur Sarko c’est facile, trop facile.

L’ennemi, le vrai, est la spéculation financière.

Mais là, les députés européens se taisent… ils ne savent plus légiférer.

Nous, électeurs, nous avons l’impression que vous, députés européens, vous ne savez ni ne pouvez vous s’opposer aux lobbies financiers.

Avons-nous raison ?

De grâce, « Dany le Vert », redevenez « Rouge » !

 

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Par Ramon BASAGANA - Publié dans : Spéculation
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  • : Ramon BASAGANA
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  • : Je suis médecin, marié, deux filles. Passionné par la médecine. A l'affût des détresses évitables. J'aime écrire, lire dans "la mémoire des pierres", sonder le présent, décrypter l'avenir. ... Et livrer mes trouvailles

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