Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /2009 22:50

 

 
(photo Internet) 

Face à la pandémie de grippe A, présentée dès le mois d’avril comme potentiellement grave, létale, c’est-à-dire mortelle, la mesure évidente, souveraine, pour l’enrayer,  c'est la vaccination.

 

Mais il faut bien avouer que si la contagiosité du virus H1N1 (grippe du cochon) est bien au rendez-vous, la virulence, elle, n’y est pas.

Ce virus –  proche de celui qui fut responsable de  la  « grippe espagnole en 1918 » (un H1N1 aussi) –  n’a pas la virulence de celui qui provoqua la mort de plusieurs millions de personnes en 1918.

 

Les données épidémiologiques – que j’ai obtenues de plusieurs sources différentes –  tendent à montrer que le nombre de cas, les formes graves, les décès, ne dépassent pas ceux de la grippe saisonnière.

 

Ce que j’écrivais dans  :  QUESTIONS SUR LA GRIPPE A
concerne l’offensive commerciale, planétaire, menée par des lobbies omniprésents, sur le pied de guerre depuis les premiers cas de « grippe du cochon » au mois d’avril 2009.

 

Et bien entendu, dès que je vois poindre le spectre de la spéculation – qui plus est, en matière de santé ! –  je me pose des questions.

 

Comme plein d'autres gens.

 

Je n’oublie pas que derrière la plupart des grandes puissances pharmaceutiques, il y a des des actionnaires en quête de profit, des croqueurs impitoyables de dividendes  (Comment expliquer, sinon,  les 850 licenciements chez Glaxo, l’an dernier dans l’Eure, alors que le groupe GLAXO a fait d’importants bénéfices en 2008 ?)

 

Petite parenthèse: IL existe des modèles différents, les Laboratoires Servier, par exemple. Ils n’ont pas d’actionnaires : les bénéfices son re-injectés dans l’entreprise. Un « modèle » qui fait rêver, tant il correspond à la problématique actuelle : Il n’y a pas de licenciements, chez Servier !!!

 

Oui, il peut y avoir « recherche pharmaceutique » sans cotation en bourse, sans risque d’OPA, sans appel au marché financier, sans croissance par le capital, sans fusion avec d’autres entreprises… comme le montre le « modèle Servier ».

 

Mais bon, revenons à nos… cochons :

 

Faut-il se faire vacciner contre la grippe A ?

 

Voici quelques éléments pouvant nous permettre de décider en connaissance de cause :

 

1- Y a-t-il des études sur ce vaccin :

           

En ce qui concerne le vaccin H1N1 que l’on va utiliser, il n’y a pas d’études, puisqu’il vient d’être fabriqué ! Ce dont disposent les industriels, ce sont des études sur les modèles au sein desquels se trouve ce vaccin. Ces modèles ont été mis au point en 2004 au moment de la grippe aviaire. Ils ont été testés dans leur totalité, avec leurs adjuvants, leurs souches… et les épidémiologistes disent avoir un recul « fort ». En effet, la seule chose qui changerait, dans ces « modèles », est le virus,  en sachant que les virus de la grippe changent tous les ans.

 

2- Le problème des adjuvants :

 

            Il existe deux adjuvants :

 

a)    Le AS03 : Il été testé chez environ 30.000 volontaires depuis deux ans, sans aucun effet indésirable

b)    Le MS 59 : Le recul est plus important : plusieurs millions de personnes, depuis 4 ans. Aucun effet indésirable n’a été rapporté.

 

3- Existe-t-il un vaccin sans adjuvant ?

 

Oui.

Il sera disponible courant novembre. Mais le nombre des doses ne dépassera pas 800.000. Il sera réservé aux femmes enceintes, aux tout petits, aux malades porteurs de maladies auto-immunes chez qui un « boost immunitaire » peut provoquer des « poussées » de leur maladie (Sclérose en Plaques, Lupus…)

 

 

4- La Campagne de vaccination :

 

C’est le préfet qui mettra en place les locaux pour procéder à la vaccination. Ces « centres de vaccination » ne seront pas animés par des médecins généralistes, mais par des volontaires : étudiants en médecine, infirmiers, médecins retraités... Les personnes seront convoquées et seront vaccinées si elles le souhaitent. Pour celles qui ne pourront pas se déplacer, il y aura, semble-t-il, des équipes mobiles.

Mon avis en tant que médecin généraliste ? C’est nul. La lourdeur administrative, bureaucratique, préfectorale… est un handicap et, va coûter une fortune !

Il existe déjà des réseaux infirmiers qui marchent bien, des médecins de famille qui ont l’habitude, tous les ans, de vacciner… Si des personnes souhaitent être vaccinées par le médecin traitant, par les infirmiers ou infirmières du quartier, je ne vois pas où est le problème. Pourquoi faudrait-il partir je ne sais où, dans le Centre prévu par le Préfet ?

 

5- Les personnes âgées sont-elles immunisées ?

 

             Un virus H1N1 a bien circulé au cours des années 1950. Ceux qui ont été en contact avec ce virus, ont probablement été immunisés contre le virus H1N1 de 2009.

Ce qui paraît certain, c’est que le pic actuel concerne surtout les 15-20 ans.

 

6- Contre-indications au vaccin :

 

            De contre-indication formelle, il n’y en a qu’une : l’allergie à l’œuf.

            Pourquoi ? Parce que la culture du virus se fait sur « œuf ».

            A partir du mois de novembre, sera mis à la disposition des personnes allergiques à l’œuf le vaccin sans adjuvant : le virus y est développé sur culture cellulaire et non sur œuf.

            Donc, ceux qui sont allergiques aux acariens, pollens, fraises… et qui ne sont pas allergiques à l’œuf, n’ont pas de souci à se faire.

 

7- D’accord, mais faut-il se faire vacciner ? Et si oui, pourquoi ?

 

Au départ, on se trouvait face à un risque de pandémie, avec létalité, et morbi-mortalité très forte. Le vaccin devait permettre de ne pas contracter cette maladie.

 

Mais, comme je l’ai dit plus haut, les données épidémiologiques montrent que le nombre de cas, les formes graves, les décès, ne dépassent pas ceux de la grippe saisonnière.

 

Donc, nous sommes dans la case « grippe saisonnière », mais avec un risque de virulence peut-être moins bien évalué.

 

On sait par ailleurs que les populations touchées ne sont pas les mêmes que dans les grippes saisonnières : ici, la population concernée est plus jeune.

 

D’autre part, deux cas graves sur trois concernent des personnes ayant des facteurs de risque.

 

Et il peut exister des formes graves (rares, comme dans la grippe saisonnière) sans facteurs de risque.

 

En conséquence :

 

a)    Si vous avez des facteurs de risque, quel que soit votre âge,

b)    Si vous êtes jeune ( moins de 17 ans ),  sans allergie à l’œuf, et que vous ne craignez pas les piqûres,

c)    Si vous êtes jeune (entre 7 et 77 ans), avec ou sans facteur de risque, sans allergie à l’œuf, et si vous ne craignez pas les piqûres,

d)    Si vous avez plus de 77 ans et que vous n’avez pas d’allergie à l’œuf… faites-vous vacciner.

e)    Et si vous ne voulez pas ? Eh bien, vous êtes libre, mais c’est comme pour la grippe saisonnière : attention aux facteurs de risque. Je ne dirais pas la même chose s'il s'agissait des vaccins du TETANOS, POLIO… qui sont « INDISPENSABLES ».

 

Dernier aspect : se faire vacciner pour éviter que le virus ne se répande et touche des personnes à risque (femmes enceinte par exemple). Dans ce cas de figure, on se vaccinerait pour soi-même, mais aussi pour les autres.

 

CONCLUSION :

 

Ce sont très exactement les arguments que j’aurais développés pour n’importe quelle vaccination contre la grippe saisonnière.

Ce qui me dérange, en tant que médecin et en tant que citoyen, c’est la machine spéculative qui est derrière la mobilisation contre la grippe A. Ce contre quoi je m’insurge, ce ce sont les institutions financières, les grands noms de l’actionnariat américain, chinois, français… en attente de dividende.

Car l’opération H1N1 a été menée en main de maître depuis avril 2009 : les lobbies ont fait le siège planétaire des médias, des politiques, des opinions publiques… et ç’a marché.

Au point que c’en est devenu indécent, selon les termes du Pr. Marc GENTILINI, Membre de l’Académie de Médecine, Directeur de la Croix-Rouge de 1997-2003.

 

 

(Source : Pr Christian RABAUD, Maladies Infectieuses, CHU Nancy, UNIVADIS)

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Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /2009 22:10

 

 

Etats-Unis :

 

Vu aux JT le 16 octobre 2009 : Des files interminables devant les centres de vaccination.

 

Commentaire :  «  Il y a 48h, des stocks gigantesques de vaccin, représentant plusieurs milliards de dollars, attendaient toujours preneur. »

 

Que s’est-il passé ?

 

Le médias américains auraient annoncé, en boucle, le décès de plusieurs enfants… L’un de ces enfants aurait été terrassé en quelques heures.

 

Mouvement de panique de la population et ruée vers les centres de vaccination.

 

Comment ne pas comprendre les parents américains ?

Qu’y a-t-il de plus précieux, pour chacun de nous, que nos enfants ?

 

 

France :

 

A moins que j’ai mal compris, Mme BACHELOT a déclaré aux JT du 19 octobre (je cite de mémoire) que « l’addition des mesures préventives dans le cadre de la grippe A s’élève, en France, à 1 milliard et demi d’Euros ».

 

Faut-il hausser un sourcil ?

En effet, la commission des comptes de la sécurité sociale a présenté le 15 juin dernier, les résultats 2008. On y apprend que le déficit du régime général s’est maintenu au voisinage de 10 milliards d’euros

Question 1 : la seule grippe A absorberait-elle 1,5 milliards d’un budget dont le déficit s’élève à 10 milliards d’euros ?

Ce soir, toujours aux JT, Roselyne BACHELOT lance la campagne de vaccination contre la grippe A « en grande pompe » (c’est le terme utilisé par Laurence FERRARI), devant pas moins d’une vingtaine de caméras de télévision.

Une mobilisation identique est observée un peu partout en Europe. 

Question 2 : Pourquoi un vaccin aurait-il besoin de pub « en grande pompe » ?
 

Il est d’autant plus douloureux d’évoquer ces questions, que des enfants, des jeunes, des adultes… sont réellement morts au décours d’une infection par le virus de la grippe A. Et que pour les familles touchées, le drame est incommensurable.

Personne ne peut rester insensible à la douleur des familles.

Mais des milliers de décès sont enregistrés tous les ans au décours d’autres infections : Paludisme, SIDA, grippe saisonnière…

Sans que ces décès provoquent le moindre émoi officiel.

C'est pour cela, que je m'interroge. 

Question 3 : Les lobbies représentant des intérêts colossaux auraient-ils réussi, via la grippe A, le plus formidable coup marketting de l’histoire de la planète ?

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Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /2009 21:56

 

  

 

 

L’Institut de Veille Sanitaire (InVS) est formel : « le taux de prélèvements positifs pour le virus A(H1N1) … reste faible… ».

 

N’en déplaise aux journalistes : il y a peu de cas de grippe A en France. Les Suédois ont fait le même constat. D’autres pays européens aussi.

 

Que se passe-t-il ?

 

Pas de grippe ? Les médecins généralistes, les pédiatres, ne constatent-ils pas des rhumes, maux de gorge, toux…

 

Oui, mais ce n’est pas la grippe.

 

Les médecins savent pourquoi: si les nez coulent et les gorgent raclent, en cette saison, « c’est à cause des rhinovirus ».

 

Des rhinovirus ?

Quésaco ?

Des bestioles qui réapparaissent tous les ans après la rentrée scolaire, et qui partent à l’abordage des maternelles, écoles, collèges… par les mains et les gouttelettes de salive (comme le virus de la grippe A).

 

Les jeunes organismes réagissent en fabriquant de l’interféron et diverses cytokines, des réactions immunitaires qui les protègent d’une seconde attaque virale.

 

C’est là, que l’hypothèse devient fascinante :

 

En quittant le navire, la bestiole (rhinovirus), bien malgré elle, dope les défenses. Tous les boulets sont prêts.

Conséquence, lorsque le virus A (H1N1) se jette lui aussi à l’abordage, il reçoit les boulets en pleine poire.

 

Petit bémol : la saison des rhinovirus touche à sa fin.

 

Et avec elle le stock de cytokines-boulets… 

 

(Source : 15/10/09
(JIM)
Dr Jack Breuil)


Articles apparentés, dans ce blog:

Grippe A(H1N1):journal d'un médecin "sur le terrain"
 
GRIPPE A/H1N1 & LA "PESTE NOIRE" DE MARSEILLE: Première Partie  

LEUCEMIE AU BENZENE ET GRIPPE A  

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Jeudi 1 octobre 2009 4 01 /10 /2009 21:55
Cet article fait suite au témoignage d'hier:

 

 
« Le déni de grossesse se définit comme le fait pour une femme enceinte de ne pas avoir conscience de l’être ».

C’est la définition donnée par le Dr N.GRANGAUD, pédopsychiatre, dans une thèse qui fait référence, "Déni de grossesse, essai de compréhension psychopathologique [1].

Des idées circulent, notamment que le déni de grossesse ne concernerait que :

a)   Des femmes jeunes,

b)   Des femmes « attardées ».

c)    Des primipares (première grossesse).

d)   Des femmes évoluant dans un milieu social « à problème ».

Toutes ces idées sont fausses, comme le prouve une étude menée auprès de 2550 femmes dans les maternités de Denain et Valenciennes [2]. Ce travail fait ressortir que ce sont des femmes sans particularité d’âge ou de Q.I., que la moitié d’entre elles est déjà mère de un ou deux enfants et que tous les milieux sociaux sont concernés.

Information de poids : « le déni de grossesse n’est pas une explication "sociale" mais, comme pour les principales affections psychiatriques, il est réparti au hasard dans la population ».

Caractéristique essentielle du déni :

a)   Le corps ne présente pas de signe de grossesse.

b)   Il n’y a pas de "ventre".

c)    Il n’y a pratiquement pas de prise de poids, ni de masque de grossesse.

d)    La femme ne sent pas bouger le bébé.

e)   Il persiste des règles ou des saignements pendant la quasi totalité de la grossesse.

Qu’en pense l’entourage ?

Le plus souvent, il ne voit rien, ne perçoit rien.

Il arrive même que le médecin de famille ou l’interne de garde « passent à côté » !  J’ai en tête une femme chez qui le médecin des urgences a diagnostiqué une colique néphrétique ! Je n’invente pas, c’est vécu. La jeune femme a accouché deux heures plus tard. A la décharge du médecin, elle a bien précisé qu’elle n’était pas enceinte !

Et l’accouchement ?

Si le déni est total, il peut se poursuivre jusqu’à l’accouchement.

Dans ce cas, ce dernier s’accompagne de ce qu’on appelle un état de sidération (Terme de médecine : État d'anéantissement subit produit par certaines maladies, qui semblent frapper les organes avec la promptitude de l'éclair ou de la foudre, comme l'apoplexie ; état autrefois attribué à l'influence malfaisante des astres, Le Littré).

J’ai relevé ce témoignage dans l’article cité :

"J’ai pris un bain car j’avais mal au ventre, je pensais que c’était mes règles. Et puis tout a claqué, il y avait du sang, du sang, et je suis restée dans le bain".

Lorsque la femme accouche dans la solitude, il n’est pas rare que l’accouchement se solde par la mort du bébé.

Dans ce cas, le drame vécu par la femme peut être d’une extrême gravité : D’une part elle réalise brutalement qu’elle était enceinte, donc qu’elle ignorait son propre corps, d’autre part que son bébé est mort !

Ce à quoi s’ajoute l’emballement de la machine judiciaire, avec, au bout, dans certains cas : la prison.

C’est sur ce terrain que lutte actuellement l’Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse ». Elle se bat pour que ce déni soit juridiquement reconnu.

600 à 1800 femmes seraient concernées tous les ans en France.

Source : « Un déni de grossesse, c’est quoi ? » Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse :

http://www.afrdg.info/article.php3?id_article=1

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Mardi 29 septembre 2009 2 29 /09 /2009 21:32

(photo Internet)

C'était il y a quelque temps. J’étais d’urgence.

Une jeune femme de 24 ans, plutôt obèse –  appelons-la Zoé –  est venue consulter pour une douleur au ventre... « bizarre ». Elle se sentait même « un peu ballonnée » ! Elle était accompagnée de sa mère, l’une de ces génitrices bien connues des médecins, omniprésentes pendant les consultations de leurs lardons, grands ou petits.

-       De quand datent vos dernières règles ? demandai-je d'emblée, regard tourné vers Zoé.

-       Elle n’est pas enceinte ! bondit sa mère.
- Je n'ai pas parlé de grossesse!
- Mais vous y avez pensé! 

Je l’ignorai et fixai Zoé.

-       C’est important, de quand datent vos dernière règles ?

-       Euh… je ne sais pas, un mois ou deux.

-       Ah !

Je réfléchis très vite.

-       Vous êtes sûre que, enfin... que vous n’êtes pas enceinte ?

-       Ma fille n’est pas enceinte ! re-bondit la mère.

-       Ah !

Je tapotai machinalement sur la table.

-       Comment le savez-vous ?

-       Parce qu’elle n’a jamais eu des rapports!

-       Ah ! Evidemment, si elle n'a jamais eu de rapports... mais, bon, elle a quand même 24 ans …

-       Si je vous dis que ma fille n’a jamais eu de rapports, c’est que c’est vrai, nous n'avons pas de secrets. Je suis quand même sa mère, non?

-       Evidemment ! Est-ce que je peux l’examiner ?

Il y eut une courte héistation. Au bout d'un moment, Zoé finit par se lever.

Mon cabinet dispose d’une petite pièce attenante, avec table d’examen. La mère emboîta les pas de sa fille. J’attendais qu’elle s’installe sur la table, mais elle n’en fit rien. Je ne pus m’empêcher de lâcher :

-       Attention, c’est Zoé que je vais examiner, pas vous !

Elle eut un rire pincé.

Pendant que je décrochais le tensiomètre, elle aida sa fille à s’allonger, corrigea les plis de sa robe... De toute évidence, il n’était pas question pour la mère de voir Zoé se déshabiller!

Conscient de la situation, mais ne souhaitant pas commettre d’erreur diagnostique, je palpai par-dessus la robe.

Zoé était effectivement « un peu ballonnée ». Malgré l’épaisse couche de graisse, je pus palper « quelque chose de dur ».

-       Elle fait souvent de la colite, déclara la mère. C’est de famille.

-       Ah !

J’eus un hochement de tête. Je me tournai vers Zoé :

-       J’aimerais qu’on fasse une écho. En urgence. Je vais appeler le radiologue.

Nous disposons, dans le centre où je travaille, d’un service de radiologie et d’un labo. Passant outre le regard assassin de la mère, « j’expédiai » Zoé à la radio avec une prescription d’écho pelvienne mentionnant : "bilan de douleur abdominale".

Une demi-heure plus tard, je reçus un appel du Dr Z, radiologue.

-       C’est quoi, cette histoire ? C’est une patiente à toi, cette Zoé ?

-       Ben non, c’est la première fois que je la vois. Pourquoi, elle est enceinte ?

-       Enceinte ? Tu te payes ma tête ou quoi?

-       De combien ?

J’entendis un esclaffement au bout du fil.

-       Neuf mois ! Elle est à terme. Tu ferais bien de l’envoyer dare dare  à l’hôpital !

 

C’est une histoire vraie.

 

Le 10 octobre prochain, à Montpellier, "l’Association française pour la reconnaissance du déni de grossesse » propose sa deuxième journée nationale.

 

L’occasion de marteler que le « déni » peut survenir chez toutes les femmes… et qu’elles sont avant tout des victimes de cette situation.

 

Et aussi que la majorité des enfants du « déni » naissent vivants.

 

Zoé donna naissance le soir même à une jolie petite fille. Elle avait couché avec le voisin neuf mois plus tôt.
Et souventes fois par la suite.
Sa mère, qui savait tout, ignorait ce détail.

 

J’expliquerai demain en quoi consiste le « déni de grossesse ».

Suite de l'article dans: Le DÉNI DE GROSSESSE - 2 (suite)  

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  • : Je suis médecin, marié, deux filles. Passionné par la médecine. A l'affût des détresses évitables. J'aime écrire, lire dans "la mémoire des pierres", sonder le présent, décrypter l'avenir. ... Et livrer mes trouvailles

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