(photo Internet)
Face à la pandémie de grippe A, présentée dès le mois d’avril comme potentiellement grave, létale, c’est-à-dire mortelle, la mesure évidente, souveraine, pour l’enrayer, c'est la vaccination.
Mais il faut bien avouer que si la contagiosité du virus H1N1 (grippe du cochon) est bien au rendez-vous, la virulence, elle, n’y est pas.
Ce virus – proche de celui qui fut responsable de la « grippe espagnole en 1918 » (un H1N1 aussi) – n’a pas la virulence de celui qui provoqua la mort de plusieurs millions de personnes en 1918.
Les données épidémiologiques – que j’ai obtenues de plusieurs sources différentes – tendent à montrer que le nombre de cas, les formes graves, les décès, ne dépassent pas ceux de la grippe saisonnière.
Ce que j’écrivais dans : QUESTIONS SUR LA
GRIPPE A
concerne l’offensive commerciale, planétaire, menée par des lobbies omniprésents, sur le pied de guerre depuis les premiers cas de
« grippe du cochon » au mois d’avril 2009.
Et bien entendu, dès que je vois poindre le spectre de la spéculation – qui plus est, en matière de santé ! – je me pose des questions.
Comme plein d'autres gens.
Je n’oublie pas que derrière la plupart des grandes puissances pharmaceutiques, il y a des des actionnaires en quête de profit, des croqueurs impitoyables de dividendes (Comment expliquer, sinon, les 850 licenciements chez Glaxo, l’an dernier dans l’Eure, alors que le groupe GLAXO a fait d’importants bénéfices en 2008 ?)
Petite parenthèse: IL existe des modèles différents, les Laboratoires Servier, par exemple. Ils n’ont pas d’actionnaires : les bénéfices son re-injectés dans l’entreprise. Un « modèle » qui fait rêver, tant il correspond à la problématique actuelle : Il n’y a pas de licenciements, chez Servier !!!
Oui, il peut y avoir « recherche pharmaceutique » sans cotation en bourse, sans risque d’OPA, sans appel au marché financier, sans croissance par le capital, sans fusion avec d’autres entreprises… comme le montre le « modèle Servier ».
Mais bon, revenons à nos… cochons :
Faut-il se faire vacciner contre la grippe A ?
Voici quelques éléments pouvant nous permettre de décider en connaissance de cause :
1- Y a-t-il des études sur ce vaccin :
En ce qui concerne le vaccin H1N1 que l’on va utiliser, il n’y a pas d’études, puisqu’il vient d’être fabriqué ! Ce dont disposent les industriels, ce sont des études sur les modèles au sein desquels se trouve ce vaccin. Ces modèles ont été mis au point en 2004 au moment de la grippe aviaire. Ils ont été testés dans leur totalité, avec leurs adjuvants, leurs souches… et les épidémiologistes disent avoir un recul « fort ». En effet, la seule chose qui changerait, dans ces « modèles », est le virus, en sachant que les virus de la grippe changent tous les ans.
2- Le problème des adjuvants :
Il existe deux adjuvants :
a) Le AS03 : Il été testé chez environ 30.000 volontaires depuis deux ans, sans aucun effet indésirable
b) Le MS 59 : Le recul est plus important : plusieurs millions de personnes, depuis 4 ans. Aucun effet indésirable n’a été rapporté.
3- Existe-t-il un vaccin sans adjuvant ?
Oui.
Il sera disponible courant novembre. Mais le nombre des doses ne dépassera pas 800.000. Il sera réservé aux femmes enceintes, aux tout petits, aux malades porteurs de maladies auto-immunes chez qui un « boost immunitaire » peut provoquer des « poussées » de leur maladie (Sclérose en Plaques, Lupus…)
4- La Campagne de vaccination :
C’est le préfet qui mettra en place les locaux pour procéder à la vaccination. Ces « centres de vaccination » ne seront pas animés par des médecins généralistes, mais par des volontaires : étudiants en médecine, infirmiers, médecins retraités... Les personnes seront convoquées et seront vaccinées si elles le souhaitent. Pour celles qui ne pourront pas se déplacer, il y aura, semble-t-il, des équipes mobiles.
Mon avis en tant que médecin généraliste ? C’est nul. La lourdeur administrative, bureaucratique, préfectorale… est un handicap et, va coûter une fortune !
Il existe déjà des réseaux infirmiers qui marchent bien, des médecins de famille qui ont l’habitude, tous les ans, de vacciner… Si des personnes souhaitent être vaccinées par le médecin traitant, par les infirmiers ou infirmières du quartier, je ne vois pas où est le problème. Pourquoi faudrait-il partir je ne sais où, dans le Centre prévu par le Préfet ?
5- Les personnes âgées sont-elles immunisées ?
Un virus H1N1 a bien circulé au cours des années 1950. Ceux qui ont été en contact avec ce virus, ont probablement été immunisés contre le virus H1N1 de 2009.
Ce qui paraît certain, c’est que le pic actuel concerne surtout les 15-20 ans.
6- Contre-indications au vaccin :
De contre-indication formelle, il n’y en a qu’une : l’allergie à l’œuf.
Pourquoi ? Parce que la culture du virus se fait sur « œuf ».
A partir du mois de novembre, sera mis à la disposition des personnes allergiques à l’œuf le vaccin sans adjuvant : le virus y est développé sur culture cellulaire et non sur œuf.
Donc, ceux qui sont allergiques aux acariens, pollens, fraises… et qui ne sont pas allergiques à l’œuf, n’ont pas de souci à se faire.
7- D’accord, mais faut-il se faire vacciner ? Et si oui, pourquoi ?
Au départ, on se trouvait face à un risque de pandémie, avec létalité, et morbi-mortalité très forte. Le vaccin devait permettre de ne pas contracter cette maladie.
Mais, comme je l’ai dit plus haut, les données épidémiologiques montrent que le nombre de cas, les formes graves, les décès, ne dépassent pas ceux de la grippe saisonnière.
Donc, nous sommes dans la case « grippe saisonnière », mais avec un risque de virulence peut-être moins bien évalué.
On sait par ailleurs que les populations touchées ne sont pas les mêmes que dans les grippes saisonnières : ici, la population concernée est plus jeune.
D’autre part, deux cas graves sur trois concernent des personnes ayant des facteurs de risque.
Et il peut exister des formes graves (rares, comme dans la grippe saisonnière) sans facteurs de risque.
En conséquence :
a) Si vous avez des facteurs de risque, quel que soit votre âge,
b) Si vous êtes jeune ( moins de 17 ans ), sans allergie à l’œuf, et que vous ne craignez pas les piqûres,
c) Si vous êtes jeune (entre 7 et 77 ans), avec ou sans facteur de risque, sans allergie à l’œuf, et si vous ne craignez pas les piqûres,
d) Si vous avez plus de 77 ans et que vous n’avez pas d’allergie à l’œuf… faites-vous vacciner.
e) Et si vous ne voulez pas ? Eh bien, vous êtes libre, mais c’est comme pour la grippe saisonnière : attention aux facteurs de risque. Je ne dirais pas la même chose s'il s'agissait des vaccins du TETANOS, POLIO… qui sont « INDISPENSABLES ».
Dernier aspect : se faire vacciner pour éviter que le virus ne se répande et touche des personnes à risque (femmes enceinte par exemple). Dans ce cas de figure, on se vaccinerait pour soi-même, mais aussi pour les autres.
CONCLUSION :
Ce sont très exactement les arguments que j’aurais développés pour n’importe quelle vaccination contre la grippe saisonnière.
Ce qui me dérange, en tant que médecin et en tant que citoyen, c’est la machine spéculative qui est derrière la mobilisation contre la grippe A. Ce contre quoi je m’insurge, ce ce sont les institutions financières, les grands noms de l’actionnariat américain, chinois, français… en attente de dividende.
Car l’opération H1N1 a été menée en main de maître depuis avril 2009 : les lobbies ont fait le siège planétaire des médias, des politiques, des opinions publiques… et ç’a marché.
Au point que c’en est devenu indécent, selon les termes du Pr. Marc GENTILINI, Membre de l’Académie de Médecine, Directeur de la Croix-Rouge de 1997-2003.
(Source : Pr Christian RABAUD, Maladies Infectieuses, CHU Nancy, UNIVADIS)
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