Samedi 13 août 2011 6 13 /08 /Août /2011 23:05


Mercredi dernier, la police arrêtait un médecin urgentiste de l'hôpital de Bayonne accusé d'avoir provoqué la mort de quatre patientes en fin de vie.

Chef d’inculpation : « Empoisonnement sur personnes particulièrement vulnérables ».

Mis en examen, il a été remis en liberté ce matin sous contrôle judiciaire.

Mais il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

( Pour situer le niveau de sanction, il encourt la même peine que cet homme qui, en 2008, a tué puis découpé à la scie égoïne, une institutrice à la retraite de la région nantaise.)


Aux dernières nouvelles, le parquet n’est pas d’accord avec la remise en liberté provisoire du médecin et compte faire appel.

 

Les faits se seraient déroulés entre mars et août 2011.

Ce médecin urgentiste aurait injecté à ses quatre patientes des substances « ayant entraîné le décès immédiat ».

Il aurait reconnu les faits devant la police.

 

Ce cas douloureux nous interpelle tous, médecins et patients.

 

Car le problème de l’euthanasie a beau être considéré comme chasse gardée des députés, du Sénat, des synagogues, des Eglises, des mosquées, des théologiens… c'est avant tout celui, au quotidien, de malades en fin de vie et de familles dans le désarroi.

Je côtoie ce problème tous les jours.

En tant que « médecin de famille », j'ai à m'occuper de personnes en fin de vie qui souffrent, dont l’agonie se poursuit, "traîne"... des heures, parfois des jours.

J’exerce dans une région où l’amiante industriel a fait des ravages. J’ai suivi jusqu’à la fin un nombre considérable de patients atteints de mésothéliome, ce redoutable cancer du poumon dû à l’amiante.

Les personnes souffrent, étouffent… c’est horrible à voir.

Les familles me supplient :

- Docteur, faites quelque chose, ne le laissez pas comme cela !

Que répondre ?

Hausser les épaules et prescrire du Doliprane ?

 

Quoi qu’en pensent les juges, quoi que décident les procureurs de la République, les députés, les théologiens… le dilemme pour le médecin est  très dur, parfois violent.

Que faire ?

Assister, impuissant, à l’agonie d’un patient dont on a suivi pas à pas le déclin, dont on sait qu’il va mourir, que c’est la fin… et qui supplie du regard ?

Répondre à la famille dans le désarroi :

-  Désolé, c’est interdit ? 

Ou alors, injecter une substance sédative à forte dose, avec le risque « qu’elle entraîne le décès immédiat »  et partant la mise en examen pour « empoisonnement sur personne particulièrement vulnérable » ?

 

La loi de 2005 sur l'euthanasie dite "passive", permet dans certains cas l'arrêt des traitements et l'administration de médicaments anti-douleur à des doses pouvant être mortelles.

A condition « qu’elles ne tuent pas »!

Oui, à condition que le médicament administré à forte dose... ne tue pas.

C'est toujours ça.


 


Par Ramon BASAGANA - Publié dans : MEDECINE - Communauté : Médecine
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Dimanche 7 août 2011 7 07 /08 /Août /2011 21:24


Douceur, calme, fraîcheur …

Eh oui, paradoxalement, malgré le soleil d’août, il faisait frais sous le tamaris ! (L’arbre qui encadre l’objectif n’est pas un pin, mais un tamaris !)

paysage goudes 1 

 

J’ai avancé de quelques pas sur sur les bords de la crique : une vue superbe sur la presqu’île du Frioul.

 Frioul 1

 

 

Pour ceux qui ne connaissent pas Marseille, les îles du Frioul sont situées à deux milles nautiques du Vieux Port.

C’est un tout petit archipel constitué par les îles Ratonneau et Pomègues, qui sont reliées par une digue.

Comme on le constate sur la photo, l’archipel est dépourvu d'arbres.

Pas d’arbres, mais beaucoup de criques. Des criques féeriques. Le bleu de la mer y côtoie, dans une débauche de lumière, le blanc des roches calcaires.

Mais il s'y passe des choses étranges.

On raconte que certaines nuits de pleine lune, des pêcheurs voient des ombres rôder sur la roche nue. Des spectres.

Ceux de la peste.

Le 25 mai 1720 accoste à Marseille le Grand Saint-Antoine en  provenance de Syrie. Il transporte une cargaison d’étoffes et de balles de coton.

Il porte aussi dans ses soutes un germe redoutable : le bacille de Yersin, responsable de la peste.

Des échevins le savent.

Le bateau est mis en quarantaine dans les criques que vous voyez en face.

Seulement, voilà : une partie de la cargaison est destinée à la foire de Beaucaire, qui a lieu début juin.

Des échevins intriguent, il y a des pots-de-vin…

Et le bacille de Yersin quitte les soutes du Grand Saint-Antoine, se répand dans le Vieux-Port, menace la ville d’Aix-en-Provence.

Il fauche au passage 100.000 personnes (sur 400.000 ha).

 

De l’autre côté, sur la droite, c’est le château d’If (Souvenez-vous : Edmond Dantès, Le comte de Monté-Cristo…)

Mais ça, c’est une autre histoire.

Par Ramon BASAGANA - Publié dans : Société
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Mardi 2 août 2011 2 02 /08 /Août /2011 09:36


 

Les faits se sont produits vendredi 29 juillet, aux alentours de 22 heures à Vergèze, un village aux confins de la Camargue.

Selon les éléments fournis par la presse, un jeune homme de 25 ans a été renversé par un taureau.

Hospitalisé à Nîmes, il est décédé le lendemain.

Il s’agirait - selon la presse locale -  d’un « attrapaïre » habitant Vergèze (mais il pourrait s'agir d'un spectateur). 

L’attrapaïre (ou agantaïre) est le nom donné à ceux qui tentent de bloquer le taureau lors de ces abrivados. 

C'est un drame horrible.

Pour la famille.

Pour les amis.

Pour la ville.

Le maire a dit sa tristesse.

Il a précisé que cet accident est survenu dans un périmètre avec des barrières et totalement dédié à l’abrivado. Il a pris la décision d’annuler toutes les courses de taureaux de rue programmées pour les fêtes votives.

*

Si j’écris cet article, c’est d’une part pour rendre hommage à ce jeune homme.

D’autre part pour dénoncer les amalgames et la récupération de cet horrible accident par des groupes d’opinion.

Je comprends et respecte que l’on soit « anti-corrida », mais un « abrivado » n’est pas une corrida!

L'abrivado est un « lâcher de taureaux » dans les rues, encadré par des gardians à cheval. Rien à voir avec ce qui se passe à Pempelune ou dans d’autres villes d’Espagne.

Or, des photos publiées dans des articles de presse et surtout dans des articles « d’opinion » censés illustrer ce dramatique accident, sont… « fausses » !

Exemple 1 de mauvaise foi :

h-4-2560072-1312124816

Photo relevée dans unanimous.over-blog et suivie de plusieurs articles incendiaires contre l'abrivado. Cette image est censée illustrer le drame de Vergèze.

 

Or, les taureaux qui y figurent n'ont jamais été lâchés dans les rues de cette ville.

De plus, ce type de "lâcher" n'a strictement rien à voir avec un abrivado! 

Voici des photos que j'ai moi-même prises ce 29 juillet à Vergèze.

abrivado +++5

Vous remarquerez que les gardians précèdent le taureau, et non l'inverse!

Abrivado+++3

Les gardians "encadrent" le taureau, si bien, qu'on ne voit de ce dernier que ses pattes! 

abrivado 3- encadré

Encore une photo montrant le taureau parfaitement encadré par les gardians, et non pas lâché devant eux, comme dans la fausse photo d'illustration.

abrivado gaine+encadrement

Lorsque la rue devient étroite, les gardians, au lieu d'encadrer, précèdent le taureau, qui les suit au galop. Vous remarquerez qu'il y a une seule bête, et non pas douze, comme dans la photo du haut.

EXEMPLE 2:

Voici une autre photo illustrant l'article sur Vergèze dans actu.orange; lamontagne.fr; le point.fr... et provenant de AFP/archives - Ander Gillenca)

photo 1312060271865-1-0-215x144

Photo totalement sans rapport avec Vergèze et avec les abrivados.

En effet, lors d'un abrivado, les cornes du taureau sont "gainées de mousse"!

abrivado gaine 1

Ici, les cornes ont l'air impressionnant, mais c'est à cause de la mousse!

Abrivado+++1

Des cornes toujours impressionnantes, mais solidement gainées. Rien à voir avec la corne effilée qui menace le jeune homme dans la photo ci-dessus.

*

Reste qu'un jeune homme est mort.

Nous sommes tous profondément tristes.

Par Ramon BASAGANA - Publié dans : Société
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Samedi 30 juillet 2011 6 30 /07 /Juil /2011 17:49

Je passe régulièrement devant la tour CMA-CGM de Marseille.

Comme la plupart des gens, à force de viser distraitement les choses, je finis par ne plus les voir.

C’est le cas de ce gratte-ciel.

Cette après-midi, en venant des Goudes (extrême Est du front de mer, bien après la plage du Prado) je l’ai prise en photo.

Tour CMA2 

Haute de 147 mètres, elle domine le port de la Joliette.

Après la Part-Dieu (Lyon), elle est la plus haute tour de province.

Tour CMA-Marseille

 

Elle comporte 33 niveaux et 15 ascenseurs, dont 10 à grande vitesse.

 

Une station de tramway nommée « Désir » par certains, mais officiellement baptisée « Euroméditerranéenne-Arenc », en facilite l’accès.

 

Cette tour rassemble, en un seul site, les 2400 employés de la compagnie de transport maritime cma-cmg (3° groupe mondial de transport maritime en containeurs) 

Par Ramon BASAGANA - Publié dans : Société
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Lundi 25 juillet 2011 1 25 /07 /Juil /2011 13:38

 

images-copie-1

Hamac et cocotiers.

Que faire si la crise d'appendicite survient dans une île déserte?

(Photo Internet)

 

 

La crise d'appendicite aiguë, lorsqu'elle frappe loin d'un centre chirurgical, peut devenir un drame.

  Que faire?

Tout n'est pas perdu si on a su prendre ses précautions.

Une étude récente montre que les atb peuvent "refroidir" ou même guérir cette maladie.

Des chirurgiens français (Hôpital Béclère) ont mené un essai randomisé multicentrique chez des patients de 18-68 ans atteints d'appendicite aigue non compliquée, avérée par scanner.

Les patients furent:

a) soit traités par Amoxicilline clavulanate 3 g/j (Augmentin, Ciblor...)

b) soit opérés en urgence.

 

  Le but de l'étude était de quantifier le devenir de ces patiens à 30 jours.

La conclusion des auteurs est la suivante:

 

 "Le devenir des patiens traités par atb

n'est pas inférieur à celui de ceux appendicectomisés".

 

Donc:

Elément pragmatique important à retenir si l'on compte partir sous les cocotiers, dans une île déserte: 

Il est légitime de traiter par AUGMENTIN  une suspicion d'appendicite aiguë, de façon à prendre le temps nécessaire pour transférer le patient dans un centre médico-chirurgical de qualité.

 

Sources:

Lancet 2011; 377: 1573-9

VONS C et al. Amoxicillin plus clavulanic acid vesus appendicectomy for treatment of acute uncomplicated appendicitis: an open-label, non-inferiority, randomised controlled trial.

Déniché dans VISA (Voyages Internationaux Santé Actualités, Juin 2011 n° 141

Par Ramon BASAGANA - Publié dans : MEDECINE - Communauté : santé-medecine
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  • Ramon BASAGANA
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  • Homme
  • 15/01/1944
  • sud de la France
  • littérature Chine Espagne médecine Catalogne
  • Je suis médecin, marié. Passionné par la médecine. A l'affût des détresses évitables. J'aime écrire, lire dans "la mémoire des pierres", sonder le présent, décrypter l'avenir. ... Et livrer mes trouvailles!

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