Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /Juil /2008 21:35
Voici le montant "Retraite" d'un couple de mes patients:

a) Monsieur G. Raymond, 70 ans, diabétique  : 850 €
(dont 300€ relevent d'une "allocation supplémentaire )


b) Mme G. Antoinette, 64 ans, diabétique, aveugle, amputée d'un avant-pied: 318 €
(dont 92 € relevent de "l'allocation supplémentaire )

Le montant des ressources de ce couple de retraités était donc de 1118 €

Je dis "étaient", car ils viennent de recevoir la notification suivante:
"Nous allons suspendre  votre allocation supplémentaire en raison du montant de vos ressources".

Conséquence: Leur retraite est "allégée" de 392 € pour cause de "montant excessif".

Je n'invente pas, évidemment.

J'ai reçu Monsieur G. Raymond ce jour dans mon cabinet, effondré.
"Vous ne devinerez jamais la catastrophe qui nous arrive!" m'a-t-il dit en ôtant sa veste.

Et il a raconté.

J'ai écouté, en me demandant si je rêvais. "Gratter" 392 euros dans les revenus d'un couple de retraités qui survit avec avec 1118 euros fait penser à une plaisanterie de mauvais goût, relève de la fiction, fait penser à des époques révolues, renvoie à la dîme, à la gabelle...

C'est pourtant la réalité.

"La nouvelle politique économique de la France" aurait-elle pour mission d'équilibrer les comptes en prélevant dans les "suppléments" des petits salaires?

- ...?

Pendant ce temps, les gros, très gros salaires, caracolent dans une galaxie dorée, à des années-lumière de la planète où survivent Monsieur et Madame G.
On pourrait multiplier les exemples.
Ainsi les époux DUTREIL:  
Lui, ex-ministre de VILLEPIN, elle, chargée de communication chez Wendel ,  ramassent 8 millions d'€ dans une opération dite "à risque", moyennant un montage financier en application d'une loi de 2003:  La Loi DUTREIL !!!  

Ces 8 Millions d'€ représentent la retraite des époux G. pendant
7,5 siècles!

Or, cette somme - exorbitante pour nous, commun des mortels - , ne constitue pas, au regard du fisc et des signataires de "La Nouvelle Politique Economique de la France",  "un supplément".

Donc, on n'y touche pas. 

Ce qu'on oublie parfois de "voir", c'est que ce sont des technocrates de la galaxie dorée qui renflouent les caisses de l'Etat en prélevant, par décret, dans la planète de Monsieur et Madame G. 


 
Par Ramon BASAGANA
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Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /Juil /2008 08:50

Je suis né en Catalogne espagnole, dans un petit village de montagne, près des Pyrénées. Mon père était charbonnier : il fabriquait du charbon de bois. Mon enfance a été marquée par les années sombres de la post-guerre : blocus, malnutrition, répression franquiste.

Je voulais être médecin, un rêve impossible : les paysans de cette époque, dans l’Espagne profonde, n’avaient pas les moyens d’accéder aux professions libérales.

Je suis arrivé en France en 1960. Je ne parlais pas un mot de français. Mais j’aimais les études.

Une porte s’est ouverte, qui menait à la Fac : je m’y suis engouffré. Psycho à Caen. Thèse de Doctorat sur « L’habitat traditionnel et les structures familiales en Kabylie ».

L’aventure.

J’ai été prof de Psychologie Sociale à l’Ecole Supérieure de Commerce d’Alger pendant une dizaine d’années. Mon salaire d’enseignant m’a permis, enfin ! de m’inscrire en Médecine.

Depuis les années 80-90, je suis médecin généraliste dans le sud de la France.


Contact:  basagana.ramon@neuf.fr

 

 

Par Ramon BASAGANA
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Mardi 1 juillet 2008 2 01 /07 /Juil /2008 20:09
C'est aussi simple que ça: Il suffisait d'y penser !



(illustration: Denise Huin-Basagana)
Par Ramon BASAGANA
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Dimanche 29 juin 2008 7 29 /06 /Juin /2008 17:11

1.

 

 

 

L’aube.

Frère Isambert installa les enfants dans un char à bancs et les recouvrit de peaux de bêtes. Il prit ensuite les rênes de l’attelage et donna le signal du départ.

Il s’était remis à neiger.

Deux cavaliers solidement armés – des preux Bourguignons en qui le moine Gerbert avait toute confiance – fermaient la marche.

 

Le voyage prit fin cinq jours plus tard aux confins de la Provence, sur la cour d’une petite ferme où miroitaient des plaques de glace.

Montboissier.

C’est là que, sur les instructions expresses du moine Gerbert – et dans le plus grand secret –frère Isambert devait déposer les enfants. Avant de mettre pied à terre, il examina la haute palissade qui entourait la cour. Nul doute qu’elle offrait un refuge sûr aux moult pèlerins, voyageurs et marchands qui traversaient la région. Ni loup ni renard ne pouvaient en franchir les longs pieux pointus.

 

Les voyageurs furent accueillis par une paysanne joufflue, au visage piqueté de son, dont la voix tonnante effaroucha les merles qui picoraient au milieu des poules. Les deux enfants jetèrent un regard médusé sur les deux outres de sa poitrine. Tout en s’essuyant les mains sur les bords de son tablier, elle entreprit le moine de sa voix tonitruante.

— Soyez les bienvenus ! Que me vaut la visite d’un si jeune moine, d’une si vaillante escorte et de si beaux enfants ?

Bien que décontenancé par ses appas, frère Isambert lui prit le bras et lui fit comprendre qu’il souhaitait lui parler seul à seule.

Une fillette, guère plus âgée que Rébecca, traînant des sabots garnis de paille, vêtue d’une robe serrée à la taille par une cordelette usée, s’approcha du char à bancs.

— Je m’appelle Godelaine, et vous ?

— Moi, c’est Rébecca.

— Et moi Alcym.

Les deux jumeaux sautèrent prestement de leur perchoir, s’ébrouèrent, puis la suivirent jusqu’à l’étable et dans les autres dépendances de la ferme. Lorsqu’ils arrivèrent devant la cheminée pour se réchauffer les mains, Mathilde et frère Isambert sirotaient du vin chaud. Les grands yeux noirs de la matrone eurent un regard émotionné pour les enfants.

— Venez que je vous embrasse, mes canetons !

Les grosses mains – qui ressemblaient à une paire de battoirs – pressèrent les deux enfants contre sa gorge charnue.

— Mes pauvres petits ! Frère Isambert m’a dit que vos parents sont au ciel.

— Ils ont été tués par des soldats, parce qu’ils étaient Juifs, expliqua Rébecca.

Il y eut un bref silence, entrecoupé par le crépitement des flammes, puis par la voix de Mathilde, dont les inflexions se chargèrent de menaces.

— Par les seins de Sainte Agathe, si quelqu’un vous touche, je l’estripe de mes mains !

— Mathilde remplacera désormais votre mère, expliqua frère Isambert. Mais, attention ! il ne faut plus dire que vous êtes Juifs, sinon les gens qui ont occis vos parents pourraient vous retrouver et vous faire du mal.

 

Ce soir-là, groupés autour du feu, les habitants de Montboissier – auxquels s’étaient joints ceux de Florimont et de La Fosse-aux-Loups, deux hameaux voisins – n’avaient d’ouïe que pour frère Isambert. Lequel conta la fabuleuse histoire du moine Gerbert.

— C’est lui qui nous a mariés ! précisa Mathilde en pointant fièrement son index.

— Paraît qu’il était l’invité d’un prince d’Espagne, compléta Lambert, son mari.

Frère Isambert sourit. Gerbert n’avait eu que des éloges pour ces paysans gais et généreux qui l’avaient si bien accueilli, autrefois. Il expliqua à un public totalement esbaubi que Gerbert était de même origine qu’eux – simple paysan – et qu’au contact des savants arabes et juifs, de l’autre côté des Pyrénées, il était devenu le plus grand savant de la chrétienté !

— Un jour, ajouta-t-il, il a accompagné une délégation catalane à Rome et là, il a époustouflé le pape par sa science.

— Est-ce qu’il l’a remplacé ? demanda Rébecca, qui n’était pas peu fière de se savoir la protégée d’un personnage aussi illustre !

— Non, Gerbert n’était que moine, or il est impossible à un moine de devenir pape ! Par contre, il se lia d’amitié avec l’empereur.

Il leur conta qu’après son séjour à Rome, Gerbert avait été sollicité par l’archevêque Adalbéron de Reims lequel, impressionné par son savoir, lui avait confié la direction de son école.

— On venait de partout suivre ses cours ! Il avait même inventé des appareils pour rendre son enseignement plus compréhensible, dont un abaque et un astrolabe.

Et comme les auditeurs écarquillaient les yeux, il précisa que l’astrolabe de Gerbert était un instrument destiné à comprendre la position des astres dans le firmament.

— Et l’abaque, c’est quoi ? demanda Rébecca, dont les yeux pétillaient de curiosité.

— Ah ! C’est quoi, un abaque ?

Frère Isambert se leva et fouilla dans le sac pendu à une ramure de cerf.

— Et voilà ! Un abaque, c’est ça !

Tous les yeux se portèrent sur une planche rectangulaire munie de boules de différentes couleurs.

— Ça sert à quoi ? demanda Lambert.

— Combien as-tu de moutons ?

— Vingt-trois, pourquoi ?

— Combien ça fait, en tout, de pattes, d’oreilles et de queues ?

Alors que le brave homme se grattait la tête, Rébecca et Alcym s’étaient déjà emparés chacun d’un bout de charbon de bois et commençaient à aligner des signes bizarres à même le sol. Ce fut au tour de frère Isambert d’écarquiller les yeux. C’est la première fois qu’il voyait quelqu’un utiliser avec autant d’aisance les chiffres importés par frère Gerbert de chez les Arabes.

— Qui vous a appris à compter avec ces signes ?

— Notre père et notre mère. Ce sont des chiffres arabes. Ils nous ont dit que dans quelques années, plus personne ne comptera avec les chiffres romains.

— C’est aussi ce que pense frère Gerbert. Alors, vous avez trouvé combien ?

— 161 ! firent ensemble les jumeaux.

Frère Isambert se gratta la tête. Avec des chiffres romains, il aurait mis trois fois plus de temps pour trouver la réponse !

— Et maintenant, multipliez 161 par 312.

Pendant que les jumeaux grattaient fébrilement les dalles avec les bouts de charbon, il fit tranquillement jouer les boules de l’abaque.

— Ne cherchez plus, ça fait 50 232.

Rébecca leva les yeux vers l’étrange instrument.

— C’est avec ça, que vous avez trouvé ?

— Oui, mon petit. C’est une invention de frère Gerbert. D’ailleurs, il m’a chargé de vous en faire personnellement cadeau à tous les deux.

L’émerveillement des enfants lui fit chaud au cœur. Il pensa, une fois de plus, au massacre perpétré par les hommes de l’abbé et aux paroles de frère Gerbert lorsqu’ils avaient quitté le monastère : « Prends bien soin de ces petits. Un grand secret, lourd de menaces, plane sur eux. » Ce sont eux qui étaient visés, pas leurs parents !

Il tapota les joues d’Alcym et se tourna vers Mathilde :

— Demain, à l’heure qu’il est, je serai loin d’ici. Avant de m’en aller dormir, implorons ensemble la clémence divine.

Ils se mirent tous à genoux.

— Que Notre Seigneur et sa Sainte Mère, la bienheureuse Vierge Marie, protègent cette maison des démons et des linfars[1] !

— Amen.




[1] De l’allemand leicht fertig : méchant, prêt à tout.

Par Ramon BASAGANA
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Samedi 28 juin 2008 6 28 /06 /Juin /2008 09:22




THRILLER

Le Christ de Marie-Shan est l'histoire d’une rencontre : celle d’une jeune Chinoise, fille de milliardaire, et d’un jeune Occidental utopiste, parti en guerre – via son Blog Internet – contre la nébuleuse boursière. Leurs destins se croisent, s’imbriquent… sur fond de lutte pour le pouvoir en Chine, de turbulences spéculatives, de krach boursier.

De la fiction, évidemment. 

Sauf que ce roman est paru en plein séisme boursier, au moment où s'effondraient, les unes après les autres, les places de Shanghai, Londres, Paris… et où Lakhsmi MITTAL annonçait la fermeture de ses hauts fourneaux en Moselle.



Ce projet a été possible grâce aux éditions Les Nouveaux Auteurs et à son "Jury citoyens", qui est un concept osé, révolutionnaire même, dans le monde occulte et très fermé de l'édition.

Voici les commentaires du "Comité de Lecture Citoyens":

 - " Un roman complet et bien documenté sur les risques réels du choc des puissances financières " (Christine P., enseignante, Prof de Lettres)

- " très agréable à lire, une histoire bien charpentée, à quand le deuxième épisode? " (Sophie D., chef d'entreprise )

- "Bonne intrigue, bon rythme, rebondissements réguliers. Excellent style. Petite leçon d'immoralité très utile: bonne explication de l'intérêt qu'ont les entreprises occidentales à soutenir la dictature chinoise au pouvoir." (Véronique P., Prof d'Histoire).
Par Ramon BASAGANA
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  • Ramon BASAGANA
  • Le blog de Ramon BASAGANA
  • Homme
  • 15/01/1944
  • sud de la France
  • littérature Chine Espagne médecine Catalogne
  • Je suis médecin, marié. Passionné par la médecine. A l'affût des détresses évitables. J'aime écrire, lire dans "la mémoire des pierres", sonder le présent, décrypter l'avenir. ... Et livrer mes trouvailles!

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