Le blog de Ramon BASAGANA

Juillet 1947. Un vieux steamer des Grands-Lacs rebaptisé Exodus, vogue vers la Palestine avec 4500 rescapés des camps d’extermination. Arrivé au large de Haïfa, la marine de guerre britannique l’éperonne sauvagement. L'affrontement est sanglant, il y a des blessés, des morts... Débute alors une impitoyable bataille médiatique, la première du XX° siècle. C’est le thème de mon 5° roman : « Les amants de l’Exodus ».

GRIPPE: LE VACCIN QUI TUE?

Masque en colère (acrylique de Denise Huin-Basagana)

Masque en colère (acrylique de Denise Huin-Basagana)

Fin 2016, le chevalier masqué A(H3N2) déboulait avec sa horde de pillards devant la forteresse Korian Berthelot. Le pont-levis était baissé et la herse relevée, il n’eut donc aucun mal à franchir le fossé et occuper la place.

Il frappa sans pitié.

Sur les 102 manants qui avaient pris refuge derrière les courtines, il en terrassa 72. Treize périrent, occis dès le premier assaut. Fait troublant : parmi ces treize manants occis, 6 portaient armure. Personne ne comprit par quel tour de passe d’armes le chevalier masqué avait transpercé de son glaive des combattants vêtus de fer.

 

Est-ce le début d’un roman historique ?

Même pas, c’est une façon comme une autre de commenter l’actualité.

Voici les faits :

La presse annonçait, début janvier, une « hécatombe » dans la maison de retraite Korian Berthelot, à Lyon. Sur les 102 résidents,  72 avaient contracté la grippe et 13 étaient décédés. Parmi ces 13 victimes, 6 étaient vaccinées.

Six vaccinés pour 13 décès, cela fait beaucoup de monde.

Devons-nous en conclure que le vaccin de la grippe c’est du pipeau ?

Faut-il balancer Vaxigrip par-dessus les mâchicoulis et vouer Marisol Touraine aux gémonies ?

Grimpons sur le chemin de ronde et jetons un œil par les meurtrières.

Oublions pour un moment les rapports des organismes de veille sanitaire et les propos (lénifiants) des responsables politiques –  y compris ceux de Marisol Touraine – affirmant qu’il n’y a pas de crise.

Oublions aussi les ligues anti-vaccin, toujours prêtes à décocher des tirs de catapulte dès qu’une seringue pointe son nez. Je vous parie une bouteille de gaz contre une bouteille de limonade que des experts auto-proclamés vont déclarer sous peu: Ces 6 décès sur 13 le furent pour cause de seringue ! Ben oui, les vaccins tuent ! … Et que ce maudit vaccin est responsable de l’emballement sexuel des sauterelles des mers du Sud.

On ne nous dit pas tout !

 

Revenons à notre chevalier masqué, alias virus A(H3N2).

Six constats.

Six, le chiffre du diable.

 

Constat n° 1 : En ce début d’année 2017, les réseaux de pompes funèbres parlent d’une activité en forte hausse par rapport à 2016. Les délais d’attente pour les incinérations et les enterrements s’allongent, le risque de ne pas pouvoir respecter la réglementation est réel. Les familles s’affolent, les agences paniquent.

 

Constat n° 2 : La grippe de 2015 avait été la plus meurtrière du siècle : 18.000 décès supplémentaires. Celle de 2017 l’a bottée en touche. D’après la confédération des professionnels du funéraire et de la marbrerie (CPFM), les chiffres de crémation vont dépasser ceux de 2015.

 

Constat n° 3 : Aurait-on pu prévoir l’hécatombe ? Les épidémiologistes ont identifié, dès le mois de novembre 2016, la circulation du virus A(H3N2), dont la spécificité est d’entraîner une surmortalité dans la tranche d’âge des plus de 65 ans. Or, remarque le professeur Bruno Lina : « La particularité cette année est que nous avons une épidémie quasi exclusive avec ce virus, d’où la probabilité d’un bilan lourd ». Les épidémiologistes le savaient et par voie de conséquence notre ministre de la santé et ses conseillers le savaient aussi.

 

Constat n° 4 : Marisol Touraine a promis que les hôpitaux ne seraient pas débordés, elle a donc lancé des appels à la déprogrammation des interventions afin de préserver la disponibilité du personnel. On déshabille Martin pour habiller Fernand. Mme Touraine en a profité pour déclarer solennellement sa confiance aux hôpitaux surmenés. Heureusement ! Sauf que le message est très mal passé auprès des internes et des médecins de base : les responsables des urgences sont exaspérés. Ils ne sont plus en mesure de réguler correctement les urgences vitales !

 

Constat n° 5 : Revenons à la maison de retraite lyonnaise. L’âge moyen des personnes atteintes au sein de cet établissement était de 91,5 ans. Il s’agissait donc de personnes très âgées. Rien à voir avec la moyenne d’âge de l’équipe de France de tir à l’arbalète ! A cet âge très avancé, les personnes fragilisées sont d’une extrême vulnérabilité.

 

Constat n° 6 : Pour des raisons que l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) aura à déterminer, 38% seulement des pensionnaires étaient vaccinés. Le chiffre était encore plus bas chez le personnel soignant. Il y avait donc des brèches un peu partout sur les courtines.

 

Ce sont les faits.

 

Que peut-on en conclure ?

 

— A ce jour, malgré les coups de boulet décochés par les catapultes de la ligue anti-vaccins, la vaccination constitue l’une des protections les plus efficaces contre la grippe. Si tel est le cas, comment expliquer le décès des 6 résidents vaccinés ?

 

— Tout d’abord, rappelons que la moyenne d’âge de ces malades atteignait 91,5 ans. Les infectiologues expliquent ces décès par le phénomène d’immunosénescence. Le système immunitaire des personnes très âgées est moins performant qu’il ne l’était lorsqu’elles avaient 40 ans de moins. Le vaccin leur confère donc une moindre protection.

 

— D’où la nécessité d’être vigilant sur les autres formes de protection.

 

— Dont la vaccination du personnel soignant. Les soignants constituent, s’ils sont porteurs du virus, la première source de contamination. Or, selon l’Agence Régionale de Santé de Haute Normandie, seul 25-34 % des soignants se font protéger chaque année contre la grippe.

 

— Le vaccin contre la grippe n’est pas obligatoire, il est seulement recommandé. Perso, je l’ai toujours fait. Est-ce pour cela que pendant mes 35 ans d’exercice de la médecine, je n’ai jamais attrapé la grippe ? Il est vrai aussi qu’à force de dire « Ouvrez la bouche et dites Aaaahhh ! » j’ai fini par écoper de la moitié des virus de la création. Comme la plupart de mes confrères, je n’ai jamais mis de masque pour demander à mes patients d’ouvrir la bouche et dire Aaaahhh ! En clair, j’ai tellement morflé de virus, que mon système immunitaire a fini par les connaître tous. Dès que l’un de ces chevaliers masqués pointait son nez, il le transformait en confettis.

N’est-ce pas cela, la vaccination?

Oui, mais... je vois mal les pensionnaires des maisons de retraite aller d'une chambre à l'autre pour demander : "Ouvrez la bouche et dites Aaaahhh!".

Peut-être est-il plus raisonnable — malgré ses redoutables effets secondaires sur les sauterelles du mer du Sud — de recommander une solide armure contre le chevalier masqué.

 

Sources : UNIVADIS, JIM actualités, 13/1/2017 et 9/1/2017

 

Pour ceux, grippés ou pas, qui aiment les romans historiques

voici une idée de lecture:

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jcn54 04/03/2017 22:30

Bonsoir Ramon
Un petit coucou pour te dire que je reprends mon blog.
Bon weekend Ramon.
Amicalement.

aln03----- 21/02/2017 21:46

Je crois bien que certains et certaines ont des difficultés à trouver ton blog new look .Il y a peu Kasimir le cherchait .J'ai bien mis le lien .Mais ???
Bonne soirée
Amitiés
nicole

aln03----- 20/01/2017 14:46

Non, ce n'est pas en 1956 bien qu'elle fut redoutable .C'était la grippe asiatique , si je me souviens bien.
Quand je parle de la classe ( sans préciser par déformation professionnelle ) je parle de la classe où j'étais instit ' .Il me semble que c'est vers 1980 que j'ai eu la grippe, une année assez banale pour cette épidémie.
Et ma grand-mère décédée en 1978 , m'a souvent parlée de l'année 1918-1919 où la "grippe espagnole" avait décimé beaucoup de monde .
Les décés familiaux d'avant la dernière guerre étaient dûs , d'après elle soit à la grippe espagnole et plus tard à la tuberculose ( une vraie cata ).
Encore une maladie qu'on dit à tort disparue , je pense .Mon frère a eu la tuberculose en 1979 et n'a gardé aucune séquelle parce que les traitements étaient là .Mais un an avec interdiction de travailler, c'est beaucoup pour un agriculteur
Il n'avait pas eu le BCG . Moi , je l'ai eu avant d'entrer dans l'enseignement ( c'était obligatoire en 1963 )
Ce masque est superbe et on voit bien qu'il n'est pas content ;o)
Bon après -midi .Amitiés
nicole

aln03----- 19/01/2017 21:53

Le masque en colère de Denise est superbe , comme tous ceux qu'elles réalisent .
Depuis l 'âge de 40 ans environ, je me fais vacciner contre la grippe , depuis le jour où j'ai été malade "comme un cheval " lors d'une grippe contractée en classe .C'était très rare une telle épidémie chez des gamins de 10-11 ans .
Sinon, pour les autres virus qui passaient , je crois que j'avais développé une immunité moi aussi.
Par contre , j'ai deux amies auxquelles je rends visite , pensionnaires de la maison de retraite où était mon père .Je ne suis pas allée les voir depuis quelques temps car je ne veux pas mettre un masque pour me rendre vers elle: une est sourde et lit sur mes lèvres .Alors, imagine le tableau !!!
Hors sujet grippe ; on annonce le retour du DTpolio et je suis bien contente car je ne voulais pas être vaccinée pour tout et n'importe quoi ....et j'avais besoin d'un rappel.
J'ai ton bouquin sous cette forme et j'aime beaucoup la couverture.
Celui avec les beaux yeux de Shérazade m'a été familialement kidnappé ;o)
Il faut que je cherche où m'inscrire à ta newletter .J'aime beaucoup ta nouvelle présentation de blog.
Amitiés
Nicole

Ramon BASAGANA 20/01/2017 14:15

J'aime beaucoup ce masque en colère. Je le trouve expressif. N'était-ce pas la grippe de 1956? Elle fut redoutable! Oui, moi aussi j'espère que le DTPolio va revenir en pharmacie! Bonne journée, amitiés.