« LePost » de ce 30 mars 2010 rapporte le fait-divers suivant :
« Il y a quelques jours, en arrivant devant l’école primaire de Citry-sur-Marne, en Seine-et-Marne, le
père d’un enfant de 7 ans découvre, sur le cahier de correspondance, que son fils a fait une «fausse signature».
Selon « Le Pays Briard », ce papa gronde son fils et lui donne une gifle pour le
punir.
L'enfant entre alors en classe, la joue toute rouge.
Une joue qui alerte l’institutrice.
Cette dernière prévient le médecin scolaire et la direction de l’école.
Quelques jours plus tard, le papa est convoqué à la gendarmerie, où il passera dix heures en garde-à-vue
«pour violence sur mineur ».
Voilà les faits.
Hier, j’ai écrit un commentaire sur cet événement apparemment "anodin".
Or, j’ai eu droit à des réactions surprenantes, ce qui témoigne bien du fait qu’il s’agit d’un sujet sensible.
Très sensible même!
Le Conseil de l’Europe ne doit-il pas légiférer sur le sujet ?
Par souci de rigueur, j'ai repris l’article en essayant d’être aussi clair que possible.
Et d’abord une anecdote :
Je suis le médecin traitant d’une famille de Tunisiens.
Il y a quelques années, leur fils de 11 ans « allégea » la superette du
quartier d’un lot de petites boîtes d’allumette. Lorsque le père s’en aperçut, ni une ni deux : il fila une paire de gifles au minot,
l’attrapa par l’oreille et lui fit rendre le lot d’allumettes à la gérante de la supérette.
Le lendemain, les parents me demandèrent s’ils avaient bien fait. Je leur dis que je partageais entièrement leur
attitude.
Les années ont passé.
Aujourd’hui, ce père de famille serait sans doute placé en garde-à-vue pour
« violence sur mineur ».
Sauf que, aujourd’hui toujours, l’enfant de 11 ans, devenu adulte, ne serait peut-être pas d’accord, rétrospectivement, que son père
soit placé en garde-à-vue !!!
Car ce jeune homme est devenu un Monsieur plein de promesses: prof agrégé de Physique, avec des projets plein la
tête.
J'ignore ce qui s’est réellement passé à Citry-sur-Marne, mais ce « fait-divers » rapporté par le « Pays Briard »
(et LePoste.fr), quelles que soient les circonstances, me dérange.
Pourquoi ?
Parce que le traumatisme subi par l’enfant me paraît infiniment plus lourd à porter via la « garde-à-vue » du papa
que via la marque des doigts sur sa joue.
D’accord, il l’a reçue, cette gifle!
D’accord il a la joue rouge, d’accord qu’une simple remontrance aurait, sans doute, pu faire l’affaire…
Mais de là à placer le papa en « garde-à-vue »… !!!
L’institution scolaire, les services sociaux, le juge… ont-ils pensé aux conséquences pour l’enfant :
-
d’être au centre d’un débat qui le dépasse ?
-
d’avoir à garder en mémoire, pour le restant de ses jours, l’image de son père « emmené
par les gendarmes » ?
-
de voir son « image du père » malmenée par l’institution
scolaire ?
-
Et la maman dans tout cela ?
- « Last but not least » : comment va-t-elle vivre la garde-à-vue de son
mari ? Est-elle prête, pour elle, pour son fils… à affronter ce type d’épreuve ?
Le Conseil de l’Europe, les associations anti-gifle ont certainement raison de lutter contre les « violences sur mineur ».
Mais je me méfie des dogmatismes, des extrêmes.
C’est peut-être grâce à sa joue et à son oreille rouges comme une tomate du Vaucluse, que l’enfant tunisien est en train de réussir
brillamment sa vie !
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