(illustration: Denise Huin-Basagana)
PROLOGUE
Soudain, des soldats surgirent d’une rue latérale. Le moine eut juste le temps de recouvrir les jumeaux d’un sac vide. Les voix qui grondaient à quelques pas de l’attelage, gutturales, hachées, traînaient derrière elles des relents de mort. Les deux enfants tremblaient de tous leurs membres, terrorisés. Ils auraient pu reconnaître ces voix entre mille : elles avaient escorté le massacre de leurs parents.
Malgré leur jeune âge – une dizaine d’années – Alcym et Rébecca avaient compris que cette piétaille surexcitée était assoiffée de sang juif. Sans la présence d’esprit de Frère Isambert, Dieu seul sait ce qu’ils seraient devenus. Alors qu’ils déboulaient d’une ruelle, à bout de souffle, c’est lui qui les avait fait prestement grimper sur la charrette et les avait poussés sous le tas de foin.
La soldatesque écumait de rage.
- Qu’ils soient maudits ! grogna un courtaud en remettant son épée dans le fourreau.
- Ventre-Dieu ! Je les aurai, morts ou vifs ! cria un sergent.
Puis, reconnaissant le moine :
- Oh ! Frère Isambert, avez-vous aperçu deux fils de mécréants, un mâle et une femelle?
- Passe ton chemin, Gontran ! Au lieu de talonner les mécréants, tu ferais mieux de pourfendre les pécheurs à ta semblance !
Et comme le sergent approchait dangereusement sa pique du tas de foin :
- Qui commande cette truandaille ?
- Le capitaine Clorguessac, pourquoi ? Il reçoit ses instructions de monseigneur l’abbé !
- Tais-toi et retourne d’où tu viens. Il n’y a pas de mécréant, céans. Frère Gerbert, qui est de passage chez nous, ne sera peut-être pas d’accord avec tes agissements.
Le sergent pâlit. Le nom de ce moine illustre coupa court à sa jappe. Ne disait-on pas que Frère Gerbert d’Aurillac fréquentait les rois, le pape et même l’empereur ? Il s’éloigna à grands pas.
Quelques minutes plus tard, le capitaine Clorguessac rattrapait la charrette.
- Par ma foi, Frère Isambert, vous voilà bien pressé de colporter des ragots !
- Tu viens de faire occire des voyageurs. Ce ne sont pas des racontars, mon gars, mais des faits !
- Par le sel de mon baptême, ce n’étaient point des chrétiens, mais des impies, des Juifs, les assassins de Notre-Seigneur !
- Au lieu de pourchasser les impies, tu ferais mieux d’extirper le mal qui est en toi !
Frère Isambert rajusta son capuchon et enfonça ses mains dans les larges manches de sa bure. Lentement, il tourna sa tête vers le capitaine.
- N’oublie pas que notre grand Gerbert d’Aurillac est chez nous. Que va-t-il dire lorsqu’il apprendra que tu as occis des Juifs ?
La charrette s’ébranla dans un grincement d’essieux, abandonnant l’officier à son effarement. Que pouvait-il, lui, Clorguessac, simple capitaine, contre le moine Gerbert, conseiller du pape, ami de l’empereur ?
Une fois franchies les portes de la ville, Frère Isambert se tourna vers les enfants.
- Voilà, vous pouvez sortir, à présent.
Rébecca pointa sa frimousse la première. Ses yeux bouffis, son nez rouge et sale témoignaient de son désarroi. Le moine saisit un pan de sa coule et la moucha. La bouille transie d’Alcym apparut l’instant d’après. Son regard avait la mobilité fébrile des bêtes traquées. Il entoura les épaules de sa sœur et fixa le moine.
- Est-ce que vous allez nous tuer ?
Frère Isambert lui ébouriffa les cheveux.
- Plus personne ne te fera de mal, mon gars, dussé-je pour cela livrer mon âme au diable !
Le bouvier fronça les sourcils, mais se tut. Il était horrifié, lui aussi, par la cruauté des hommes de l’abbé. « Pot de terre contre pot de fer ! » commenta-t-il tout haut.
Frère Isambert approuva du menton. Il savait qu’Armand de Freyssac, le tout-puissant abbé du monastère, vouait une haine féroce aux Juifs, responsables, selon lui, des malheurs qui s’abattaient sur le pays : peste, famine, inondations. En cette année 985, des pluies diluviennes avaient submergé les chemins, noyé le bétail, anéanti les récoltes ; Armand de Freyssac ne pouvait évoquer ces calamités sans frapper aussitôt d’anathème les descendants d’Israël.
Frère Isambert promena un regard attendri sur les deux enfants. Leur ressemblance était frappante.
- Vous êtes des jumeaux, n’est-ce pas ?
- Oui, répondit Rébecca en reniflant, mais c’est moi qui suis née la première.
- Dans ce cas, l’aîné c’est ton frère ! la taquina Frère Isambert. Des amis juifs m’ont expliqué qu’il en est ainsi dans la tradition juive.
- C’est à cause d’Esaü et de Jacob, déclara doctement Alcym.
Le moine lui tapota la joue puis, ôtant son carré de laine, l’étendit sur leurs petites épaules pour les abriter de la neige. Il avait beau tourner le problème dans tous les sens, il ne retenait aucune argumentation valable pour justifier le massacre de ces Juifs par les hommes de l’abbé.
En fait, se souvint-il, le drame couvait depuis plusieurs jours. Très exactement depuis que l’Abbé Armand avait eu vent de la présence, dans sa ville, de Juifs originaires d’Espagne. Il s’était véhémentement emporté contre eux :
« La perfidie est inscrite dans chaque Juif, mes frères. Ce sont des déicides, c’est pour cela que la colère divine a dispersé leur peuple aux quatre vents ! Nous devons les combattre avec la même ardeur que nous mettons à confondre le malin ! »
Il ne s’était trouvé personne pour le contrer.
Le bouvier déposa son monde devant l’abbaye.
Pendant que la charrette continuait son chemin, Frère Isambert s’engagea sur l’escalier qui accédait à la bretèche du pont-levis et fit avertir le grand prieur. Mal à l’aise, craignant pour son titre, ce dernier courut informer l’abbé.
Armand de Freyssac étouffait de rage. En tout autre circonstance, il aurait fait étriper ces deux fils d’impie, mais la présence dans son monastère du moine Gerbert le contraint à tempérer son indignation. Après avoir vertement réprimandé Frère Isambert pour sa légèreté coupable, il manda quérir le capitaine.
Clorguessac arriva au galop, flanqué de deux cavaliers.
Sa cape fourrée de peaux de renard s’entrouvrait sur un haubert fendu sur le devant et les côtés. Mettant hâtivement pied-à-terre, il s’essuya d’un revers de manche la neige et les saletés qui lui collaient à la moustache.
- Vous m’avez fait mander, Monseigneur ?
- Oui. Reprends ces deux malcréants et garde-les en lieu sûr. Nous aviserons plus tard du sort que Notre-Seigneur, dans son immense bonté, leur réserve.
Et comme les deux enfants, terrorisés à la vue des hommes qui avaient massacré leurs parents, se tassaient dans un coin, le capitaine les empoigna sans ménagement. Rébecca voulut résister, mais, du plat de sa dextre, Clorguessac l’expédia contre le mur ; après quoi il lui assena un violent coup de pied aux fesses.
Personne n’avait prêté attention au moine qui, les mains dans les larges manches de sa coule, observait la scène depuis le seuil.
- Lâche cette enfant ! ordonna Gerbert.
Tous les regards convergèrent vers lui.
- Je viens d’apprendre le sort infligé par les soldats de l’abbaye à des Juifs de passage dans cette ville, déclara-t-il d’une voix calme. Ces enfants font sans doute partie du lot des rescapés ?
L’abbé Armand de Freyssac eut un rire pincé, à la limite de la provocation.
- Nous avons débarrassé la ville du pouvoir maléfique des assassins de Notre-Seigneur !
- Nous sommes tous, par nos péchés, les assassins de Jésus-Christ !
S’arrachant à l’emprise du capitaine, Rébecca se précipita vers ce moine qui avait l’air bon et s’accrocha à sa bure. Clorguessac fit un pas pour la récupérer, mais Gerbert l’arrêta d’un geste.
- Ces enfants sont désormais sous ma protection !
Puis, le regard dur :
- Vous venez de faucher l’un des grands esprits de notre temps, Samuel de Tolède, le propre médecin du calife de Cordoue !
Alcym profita de l’embarras du capitaine pour lui fausser compagnie et rejoindre sa sœur. Gerbert se tourna vers l’abbé :
- Je vais placer ces petits en lieu sûr. Des gens honnêtes dont j’ai moi-même avéré la droiture, se chargeront de les élever dans la foi chrétienne.
Et après un court silence :
- Ils partiront demain, au lever du jour.
1.
L’aube.
Frère Isambert installa les enfants dans un char à bancs et les recouvrit de peaux de bêtes. Après quoi, il vérifia la tension des sangles, enjamba la ridelle et prit les rênes de l’attelage. Il s’était remis à neiger. Deux cavaliers solidement armés – des preux Bourguignons en qui le moine Gerbert avait toute confiance – fermaient la marche. Le convoi allait traverser des régions peu sûres, infestées de loups et de bandits, il lui fallait donc une escorte aguerrie.
Engoncé dans sa cagoule, les yeux rivés aux ornières, Isambert ressassait les événements de la veille. Les idées se bousculaient dans sa tête.
Il avait appris que la mère des enfants n’était pas morte. Abandonnée par les soldats sur la paille de l’étable, baignant dans une mare de sang, elle avait été confiée par la femme de l’aubergiste aux nonnes d’un couvent voisin. On chuchotait que Gerbert avait remis une forte somme d’argent à l’abbesse…
Comme il souhaitait en savoir plus, avant de grimper sur le char à bancs, il s’était approché de l’un des Bourguignons.
- Dois-je dire aux enfants que leur mère n’est pas morte ?
La réponse avait jailli comme les traits d’une arbalète : sèche, incisive :
- Non, sous aucun prétexte ! Les consignes de Frère Gerbert sont formelles.
Puis, baissant la voix :
- Dès que leur mère sera en état de voyager, nous l’escorterons jusqu’en Germanie. Là, elle ne risquera plus rien.
Le voyage prit fin cinq jours plus tard aux confins de la Provence, sur la cour d’une petite ferme où miroitaient des plaques de glace.
Montboissier était une bâtisse épaisse, trois maisons accolées entre elles, ramassées sur deux plans, percées d’ouvertures étroites et flanquées d’étables aux plafonds bas. La cour, entourée d’une haute palissade offrait un refuge sûr aux moult pèlerins, voyageurs et marchands qui traversaient la région. Ni loup ni renard ne pouvait en franchir les longs pieux pointus.
C’est là que, sur les instructions expresses du moine Gerbert – et dans le plus grand secret – , Frère Isambert déposa Alcym et Rébecca.
Les voyageurs furent accueillis par une paysanne joufflue, au visage piqueté de son, dont la voix tonnante effaroucha les merles qui picoraient au milieu des poules. Les deux enfants jetèrent un regard médusé sur les deux outres de sa poitrine. Tout en s’essuyant les mains sur les bords de son tablier, elle entreprit le moine de sa voix tonitruante.
- Soyez les bienvenus ! Que me vaut la visite d’un si jeune moine, d’une si vaillante escorte et de si beaux enfants ?
Bien que décontenancé par ses appas, Frère Isambert lui prit le bras et lui fit comprendre qu’il souhaitait lui parler seule à seul.
Une fillette, guère plus âgée que Rébecca, traînant des sabots garnis de paille, vêtue d’une robe serrée à la taille par une cordelette usée, s’approcha du char à bancs.
- Je m’appelle Godelaine, et vous ?
- Moi, c’est Rébecca.
- Et moi Alcym.
Les deux jumeaux sautèrent prestement de leur perchoir, s’ébrouèrent, la suivirent dans la grange et les autres dépendances de la ferme. Lorsqu’ils arrivèrent dans la grande salle pour se réchauffer les mains à l’immense cheminée, Mathilde et Frère Isambert sirotaient du vin chaud. Les grands yeux noirs de la matrone eurent un regard émotionné pour les enfants.
- Venez que je vous embrasse, mes canetons !
Les grosses mains – qui ressemblaient à une paire de battoirs – pressèrent les deux enfants contre sa gorge charnue.
- Mes pauvres petits ! Frère Isambert m’a dit que vos parents sont au ciel.
- Ils ont été tués par des soldats, parce qu’ils étaient Juifs, bondit Rébecca.
Il y eut un bref silence, entrecoupé par le crépitement des flammes, puis par la voix de Mathilde, dont les inflexions se chargèrent de menaces.
- Par les seins de Sainte Agathe, si quelqu’un vous touche, je l’estripe de mes mains !
- Mathilde remplacera désormais votre mère, ajouta Frère Isambert. Mais, attention ! il ne faut plus dire que vous êtes Juifs, sinon les gens qui ont occis vos parents pourraient vous retrouver et vous faire du mal.
Ce soir-là, groupés autour du feu, les habitants de Montboissier – auxquels s’étaient joints ceux de Florimont et de La Fosse-aux-Loups, deux hameaux voisins –, n’avaient d’ouïe que pour Frère Isambert. Lequel conta la fabuleuse histoire du moine Gerbert.
- C’est lui qui nous a mariés ! précisa Mathilde en pointant fièrement son index.
- Paraît qu’il était l’invité d’un prince d’Espagne, compléta Lambert, son mari.
Frère Isambert sourit. Gerbert n’avait eu que des éloges pour ces paysans gais et généreux qui l’avaient si bien accueilli, autrefois.
Il expliqua à un public totalement esbaubi que Gerbert était de même origine qu’eux : simple paysan !
« Un jour qu’il gardait les vaches, commença-t-il, vint à passer par-là l’abbé d’Aurillac. Gerbert, qui n’avait guère plus de dix ans, lui parla des étoiles avec tant d’esprit, que le bon abbé en fut tout retourné. Il le fit venir dans son monastère pour y apprendre la science qui est dans les livres et Gerbert dépassa bientôt, en savoir, tous ses condisciples. Il n’avait pas encore vingt ans lorsque le comte de Barcelone – de passage à Saint-Géraud d’Aurillac – remarqua lui aussi son intelligence. Ni une, ni deux, il obtint de l’abbé que son jeune prodige le suive en Catalogne. Il le confia aux maîtres de l’école de Vic, qui étaient les plus réputés de la chrétienté. C’est dans cette ville qu’il apprit le quadrivium, c’est-à-dire, l’arithmétique, la géométrie, la musique et l’astronomie. »
Mathilde et son homme ne comprenaient rien à ces mots barbares, mais ils n’en avaient cure, car l’importance du grand homme était aussi la leur : ne les avait-il pas mariés ?
Isambert leur apprit qu’au contact des savants arabes et juifs, Gerbert était devenu le plus grand savant de toute l’Europe.
- Après trois ans d’études, il accompagna une délégation catalane à Rome et là, il époustoufla le pape par sa science.
- Est-ce qu’il l’a remplacé ? demanda Rébecca, qui n’était pas peu fière de se savoir la protégée d’un personnage aussi illustre !
- Mais non ! Gerbert n’était que moine, et il est impossible à un moine de devenir pape ! Par contre, il se lia d’amitié avec l’empereur Otton.
Isambert leur raconta qu’après son séjour à Rome, Gerbert avait été sollicité par l’archevêque Adalbéron de Reims lequel, impressionné par son savoir, lui avait confié la direction de son école.
- On venait de partout pour suivre ses cours ! Il avait même inventé des appareils pour rendre son enseignement plus compréhensible, dont un abaque et un astrolabe.
Et comme les auditeurs écarquillaient les yeux, il précisa que l’astrolabe de Gerbert était un instrument destiné à comprendre la position des astres dans le firmament.
- Et l’abaque, c’est quoi ? demanda Rébecca, dont les yeux pétillaient de curiosité.
- Ah ! C’est quoi, un abaque ?
Frère Isambert se leva et fouilla dans le sac pendu à une ramure de cerf.
- Et voilà ! Un abaque, c’est ça !
Tous les yeux se portèrent sur une planche rectangulaire munie de boules de différentes couleurs.
- Ça sert à quoi ? demanda Lambert.
- Combien as-tu de moutons ? demanda le moine.
- Vingt-trois, pourquoi ?
- Combien ça fait, en tout, de pattes, d’oreilles et de queues ?
Alors que le brave homme se grattait la tête, fort embarrassé, Rébecca et Alcym s’étaient déjà emparés chacun d’un bout de charbon de bois et commençaient à aligner des signes bizarres à même le sol. Ce fut au tour de Frère Isambert d’écarquiller les yeux. C’est la première fois qu’il voyait quelqu’un utiliser avec autant d’aisance les chiffres importés par Frère Gerbert de chez les Arabes.
- Qui vous a appris à compter avec ces signes ?
- Notre père et notre mère. Ce sont des chiffres arabes. Ils nous ont dit que dans quelques années, plus personne ne comptera avec les chiffres romains.
- C’est aussi ce que pense Frère Gerbert. Alors, vous avez trouvé combien ?
- 161 ! firent ensemble les jumeaux.
Frère Isambert se gratta la tête. Avec des chiffres romains, il aurait mis trois fois plus de temps pour trouver la réponse !
- Et maintenant, multipliez 161 par 312.
Pendant que les jumeaux grattaient fébrilement les dalles avec les bouts de charbon, il fit tranquillement jouer les boules de l’abaque.
- Ne cherchez plus, ça fait 50.232.
Rébecca leva les yeux vers l’étrange instrument.
- C’est avec ça, que vous avez trouvé ?
- Oui, mon petit. C’est une invention de Frère Gerbert. D’ailleurs, il m’a chargé de vous en faire personnellement cadeau à tous les deux.
L’émerveillement des enfants lui fit chaud au cœur. Il pensa, une fois de plus, au massacre perpétré par les hommes de l’abbé et aux paroles de Frère Gerbert lorsqu’ils avaient quitté le monastère. Après avoir dit qu’il confierait Abishag à la protection de l’empereur Otton, il avait ajouté :
- Prends bien soin de ces petits. Un grand secret, lourd de menaces, plane sur eux. Ce sont eux qui étaient visés, pas leurs parents !
Le regard de l’illustre moine s’était perdu dans le vague, comme happé par le nuage noir qui forcissait vers le septentrion. Revenant à lui, il avait sorti une bourse.
- Tu remettras ça à Mathilde, elle saura en faire bon usage.
Puis, posant sa dextre sur l’épaule du jeune moine :
- Je tiens à ces petits comme si c'étaient les miens propres.
Isambert tapota les joues d’Alcym et se tourna vers Mathilde :
- Demain, à l’heure qu’il est, je serai loin d’ici. Avant de m’en aller dormir, implorons ensemble la clémence divine.
Ils se mirent tous à genoux.
- Que Notre-Seigneur et sa Sainte-Mère, la bienheureuse Vierge Marie, protègent cette maison des démons et des linfars !
- Amen.
THRILLER
Le Christ de Marie-Shan est l'histoire d’une rencontre :
celle d’une jeune Chinoise, fille de milliardaire, et d’un jeune Occidental utopiste, parti en guerre – via son Blog Internet – contre la nébuleuse
boursière. Leurs destins se croisent, s’imbriquent… sur fond de lutte pour le pouvoir en Chine, de turbulences spéculatives,
de krach boursier.
De la fiction, évidemment.
Sauf que ce roman est paru en plein séisme boursier, au
moment où s'effondraient, les unes après les autres, les places de Shanghai, Londres, Paris… et où Lakhsmi MITTAL annonçait la fermeture de ses hauts fourneaux en
Moselle.
Article paru dans le bi-mensuel "Port d'attache", le 15 juin 2008.
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