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Séminaire antiraciste de Reims: des relents de Ku-Klux-Klan à l'envers?

Publié le par Ramon BASAGANA

Un séminaire de formation à l’antiracisme ouvre ses portes du 25 au 28 août 2016 au Centre International de Séjour de Reims. La ville de Reims, qui siège au conseil d’administration du Centre, a donné son accord.

Ce séminaire s’inscrit, selon les organisatrices, dans la tradition des luttes d’émancipations décoloniales, anti-capitalistes et d’éducation populaire. Petit bémol à cet énoncé aux redondances « révolutionnaires » : il est interdit, de facto, aux personnes de race blanche. Un ostracisme assumé au nom de la lutte contre le système dominant.

Sihame Assbague en est l’organisatrice avec Fania Noël, toutes deux diplômées de Sciences Po. Fania Noël se définit comme une « afroféministe, anticapitaliste,  anticolonialiste, anti-impérialiste, anti-mixité…»

Le problème est là, dans « l’anti-mixité ».

Il s’agit d’un concept bien rodé, de plus en plus répandu, efficace, mais pervers dans ses prémisses car générateur de haine et d’exclusion.   

Ainsi à la mi-avril 2016 à l’Université Paris 8, en marge de la manifestation contre la loi travail, un groupe de réflexion « organisé en non-mixité » interdisait de parole les personnes de race blanche. L’affiche de la rencontre annonçait en grosses lettres : PAROLES NON BLANCHES. Et en dessous : Rencontres autour des questions de Race.

Séminaire antiraciste de Reims: des relents de Ku-Klux-Klan à l'envers?

La sociologue Nacira Guénif-Souilamas, qui était présente à cette rencontre, considère que « toutes les paroles étaient les bienvenues dès lors qu’elles prenaient en considération le propos liminaire et les prises de paroles avancées par des personnes racisées ».

Je reste médusé : « J’ai droit à la parole à condition que j’emboîte le pas des propos liminaires et des prises de parole avancées par des personnes racisées ! »

Je rêve !

Vous êtes sûres, Mesdames, que Nelson Mandela ou Martin Luther King seraient d’accord avec ça ?

Les organisatrices du camp d’été « décolonial » disent : "quels que soient les groupes sociaux dominés concernés, il nous semble que oui, la non-mixité est une nécessité politique". Partant de ce principe, le séminaire de Reims est ouvert uniquement aux « victimes du racisme structurel », phraséologie savante pour signifier que les Blancs en sont exclus.

Sur leur compte twitter, elles utiliseraient le hashtag #TeamGrandRemplacement, en référence à la théorie des identitaires du «Grand remplacement», revendiquée et assumée.

(Les militants du Grand Remplacement prônent une substitution de population sur l’Hexagone au cours de laquelle le peuplement européen serait remplacé par une population non européenne, originaire principalement d’Afrique.)

Des théories qui donnent la chair de poule, vu leur redoutable potentiel de haine.

Dites, Mesdames Assbague et Noël, en quoi la couleur de peau de millions de gens dans ce pays leur interdirait-elle de dénoncer le racisme ? Cela vous dérange tant que ça, que des gens à la peau claire nés dans ce pays, luttent contre le racisme, le colonialisme et toutes les formes d’oppression ?

Au milieu des années 70, je me trouvais à Alger et j’étais proche du MPLA (Mouvement pour la libération de l’Angola). Il y avait, à la tête de ce mouvement, des Blancs, des Noirs, des café au lait… tous militaient pour l’Indépendance de leur pays. C’était de la lutte anticolonialiste de terrain. Rien à voir avec l’anticolonialisme de salon en séminaire 5 étoiles. Helder était Blanc, Neto était Noir, le comandante Iko café au lait. Je connaissais bien le comandante Iko, mythique guérillero du MPLA. Il m’arrivait de le véhiculer avec ma vieille 2CV au siège d’Organisations Internationales ou chez les conseillers du Président Boumediene. Autant qu’il m’en souvienne, ni me vieille 2CV ni ma couleur de peau n’avaient l’air de le contrarier. Tous ces militants avaient un but commun : l’Indépendance de l’Angola. Et personne ne se posait de questions sur la couleur de peau des camarades.

Comandante Iko Carreira (1933-2000), guérillero mythique du MPLA, ministre de la Défense de la République d'Angola (1975-1980)

Comandante Iko Carreira (1933-2000), guérillero mythique du MPLA, ministre de la Défense de la République d'Angola (1975-1980)

La mixité du MPLA était source de rassemblement et de progrès, votre principe de non-mixité, Mesdames Assbague et Noël, est source de haine, d’ostracisme, de xénophobie et de régression sociale.

Alain Jakubowicz, président de la LICRA, a eu ces mots vous concernant : « Sous couvert d'antiracisme, notre pays risque de voir émerger des Ku Klux Klan inversés où le seul critère qui vaille sera la couleur de peau.»

Enfin, sachez qu’en réponse à une question à l’Assemblée nationale, la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem a condamné vos initiatives, qu’elle qualifie d’« inacceptables », estimant qu’elles « confortent une conception racisée et raciste de la société qui n’est pas la nôtre ».

 

En guise de conclusion.

D’accord, les élus de Reims autorisent votre séminaire, c’est leur droit. Et des sociologues comme Nacira Guenif semblent considérer que dénoncer l’idéologie qui est derrière votre « camp décolonial », n’est qu’une preuve de plus de la suprématie blanche.

Elle a peut-être raison, mais moi, j’assume ma prise de position.

J’admets qu’avec mes histoires de 2CV, je fais figure de dinosaure antédiluvien ; et les militants du MPLA, avec leur mixité surannée, de zombis anticolonialistes au service de la suprématie blanche (leur comité politique ne comportait-il pas — erreur absolue — des Blancs ?)

Je découvre qu’en 2016, la lutte anticolonialiste, « la vraie » selon vous, n’aurait plus rien à voir avec celle du comandante Iko. Elle tiendrait salon dans les locaux feutrés d’un Centre International de Séjour où l’on brasserait des idées sur la société… racisée et raciste.

Pour le moment, ces idées sont seulement « inacceptables ».

Leur drame est que, colportées de groupe de pression en groupe de pression, elles mèneront inexorablement, à un moment ou à l’autre, à une classification raciale des individus.

Et ça, c’est atterrant.

Un jour, les partisans de cette classification la codifièrent dans une brasserie de Munich : c’était en novembre 1923. Dix ans plus tard, ils organisaient la Nuit des Longs Couteaux. Trois ans encore et Jesse Owens faisait les frais de leur folie parce qu’il était Noir (JO de 1936). Quelques années encore et plusieurs millions de Juifs payaient de leur vie la classification raciale des individus.

Désolé de vous le dire, mais votre approche racisée et raciste des fondements culturels de notre société aboutira tôt ou tard, de dérapage en dérapage, à l’émergence d’un national-anticolonialisme.

Et ça, ça fait froid dans le dos.

 

Sources :

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/08/23/97001-20160823FILWWW00274-un-camp-d-ete-decolonial-fait-polemique.php

Eugénie Bastié, Un camp d'été «décolonial» interdit aux blancs

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/04/21/01016-20160421ARTFIG00149-un-camp-d-ete-decolonial-interdit-aux-blancs.php

Nacira Guenif, Camp décolonial : le scandale qu’il suscite n’est qu’une preuve de la suprématie blanche, Propos recueillis par Julia Mourri, http://www.ujfp.org/spip.php?article5096

 

 

 

Publié dans Société

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Auteurs à connaître: Dominique FAGET

Publié le par Ramon BASAGANA

Dominique FAGET en pleine séance de dédicace.

Dominique FAGET en pleine séance de dédicace.

L’histoire que voici est vraie.

Vers l’an 1000, en Italie, Arduino, marquis d’Ivréa, s’opposa au pape Gerbert d’Aurillac, le fameux pape de l’an mil.

Un sacré personnage, que cet Arduino !

Il voulait d’un côté échapper à la tutelle de l’empereur Otton, de l’autre faire main basse sur les biens du clergé, qui étaient fort conséquents.

Arduino avait des alliés : des gens qui n’aimaient ni l’empereur germanique ni ce pape français qui, malgré son savoir, avait commencé sa vie en gardant des chèvres dans le Cantal !

« On aura tout vu, susurrait-on au Latran, un chevrier qui devient pape ! »

L’ire de la noblesse italienne était incommensurable : avec tous les fistons qu’elle avait à caser, voilà-t-il pas que des gardiens de chèvres même pas italiens – des Francs –  venaient leur ôter le pain de la bouche !

L’Eglise n’était plus l’Eglise.

Bref, Arduino d’Ivréa n’était pas content. Et comme il avait une voix qui portait, il ameuta ses affidés.

Ça bardait sec du côté du Latran.

(pour les non initiés : comme le Vatican n’existait pas encore, le pape et ses cardinaux habitaient le palais du Latran).

Gerbert d’Aurillac, qui était brave, mais pas naïf – tout gardien de chèvres qu’il était –, comprit que ça sentait le roussi et brandit l’arme absolue : l’excommunication.

Il damna donc notre marquis ad vitam eternam, c’est-à-dire pour l’éternité. Et comme à l’époque les papes ne faisaient pas dans la dentelle, il prit soin d’inclure dans le « pack d’excommunication », la totalité de ses descendants.

En apprenant la nouvelle, Arduino se contenta de croquer une poignée d’olives bien charnues et d’en cracher les noyaux par-dessus les courtines de son château. L’excommunication du pape Gerbert ne l’incommodait pas davantage que si l’aïeule de sa belle-mère avait paumé son dernier chicot.

Voilà l’histoire vraie.

Quel rapport avec Dominique FAGET ?

Aucun, sauf qu’elle descend en droite ligne du turbulent marquis. 

Est-elle concernée par ce lointain « pack d’excommunication » ?

Hante-t-il ses pas, son ombre, ses écrits ?

Chi lo sa ?

Une chose est sûre : la malédiction papale n’est pas transmissible par la lecture. Donc, vous pouvez lire ses écrits sans encourir les foudres du Latran.

 

Je rappelle à tout hasard que Dominique FAGET a reçu le Prix des lecteurs VSD 2014 pour son roman Celui qui ne meurt jamais, éditions Les Nouveaux Auteurs.

Auteurs à connaître: Dominique FAGET

En 2016, elle nous régale d’un autre petit bijou : La crypte du diable, aux édition Vents Salés.

Là, par contre, je me demande si l’ombre de l’ami Arduino ne plane pas sur sa lointaine progéniture, car La crypte du diable sent le soufre. Ça se passe à Bordeaux : des cadavres repêchés dans la Garonne, des traces de torture, des objets religieux fichés dans la chair des victimes…

La « mort noire » rôde dans les pages de ce roman comme le diable aux portes de l’enfer et Arduino d’Ivréa autour du bon Gerbert d’Aurillac.

Auteurs à connaître: Dominique FAGET

Ceci étant acquis, j’ai posé quelques questions à Dominique, non pas pour exorciser ses démons, mais pour permettre à ses lecteurs de mieux cerner son univers.

L  Comme « lecture ». Peux-tu nous dire quelles sont tes auteurs préférés : français, étrangers, contemporains ?

 

Il y a d’abord eu les lectures qui ont accompagné mon enfance, celles que l’on trouvait sur les rayonnages de la grande maison familiale :

Je me souviens des collections anciennes comme celles du Hetzel avec leur couverture rouge et toutes celles pour la jeunesse (Jules verne, Dumas, Rider Haggar, Salgari...), des ouvrages imposants de Victor Hugo, Balzac, Tolstoï... avec parfois même des livres prohibés à l’époque (Simone de Beauvoir, Sagan...)

Puis, sont venus les classiques que l’on nous  obligeait à étudier dans le secondaire  et que j’ai savourés bien plus tard (Voltaire, Mauriac, Troyat, Dostoïevski,...)

Ensuite les romans que j’ai choisis Le Clezio, Ken Follet, Orwell, Stephen King...

La bibliothèque de la maison d'enfance où Dominique a lu Jules Verne, Dumas, puis Voltaire et Mauriac. Le fantôme d'Arduino, rôdait-il dans la tourelle?

La bibliothèque de la maison d'enfance où Dominique a lu Jules Verne, Dumas, puis Voltaire et Mauriac. Le fantôme d'Arduino, rôdait-il dans la tourelle?

I  Comme « itinéraire ». Peux-tu nous parler de ton parcours universitaire, de tes choix professionnels, de tes premières incursions dans l’écriture ?

Mon parcours universitaire s’est déroulé à Sup. de Co. Bordeaux, option Finances Compta puis préparation d’un  DESS Commerce international.

Plus tard, influencée par mes lectures, j’ai eu  envie de voyager pour aller à la rencontre d’autres civilisations et d’autres cultures, découvrir d’autres courants de pensée.

V  Comme voyages

Dès l’enfance, j’ai voyagé pour suivre mon père dont la carrière s’était déroulée, en partie, à l’étranger et pour rendre visite à mes grands-parents qui vivaient, à l’époque, au Maroc. Ensuite, il y a eu d’autres pays dans lesquels je me suis rendue pour mon travail.

R   Comme « Récits ».

Ceux que je découvre dans les livres et ceux que j’aime inventer en les plaçant dans des contextes historiques et dans des lieux mythiques et divers.

   Comme « Enfance ». Chez tout auteur il y a un enfant qui sommeille. Tes lectrices et tes lecteurs aimeraient certainement mieux te connaître. Peux-tu ouvrir pour eux une petite lucarne sur Dominique Faget enfant ?

J’ai été marquée par l’influence d’un grand-père érudit dont j’étais très proche et qui a su me donner l’envie d’écrire (étant lui-même écrivain et artiste d’autant qu’il entretenait des relations suivies avec d’autres auteurs de sa génération)  

Dominique Faget enfant.

Dominique Faget enfant.

S    Comme souvenirs

Une certaine nostalgie de l’enfance, des personnes disparues et des lieux enfouis au fond de ma mémoire.  Une vraie déchirure.

 

Tu as accepté que ton nom figure sur la liste de soutien à Jean-Pierre Marongiu, toujours détenu au Qatar. Un mot pour notre ami Jean-Pierre ?

Que dire à Jean-Pierre qui continue à souffrir et à être victime de l’amnésie volontaire des gouvernants ? 

« Dans le plus profond des désarrois où on vous a laissé, continuez à penser aux vôtres, à  vos enfants à votre épouse et à vos  amis. Pour le moment, le soutien  vient de vos proches. Ils ne vous lâcheront jamais. Quant à nous, nous suivrons R. Basagana qui ne vous abandonnera pas non plus. Tenez bon !

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Auteurs à connaître: Guy Rechenmann

Publié le par Ramon BASAGANA

Auteurs à connaître: Guy Rechenmann

Écrivain et homme de télévision, Guy Rechenmann est un auteur atypique, talentueux, rêveur et poète. Il a aussi d’autres qualités, mais il ne les crie pas sur les toits : générosité, modestie… Il soutient avec ses droits d’auteur l’association Aquitaine Destination, qui œuvre pour les enfants hospitalisés.

Comme pour Laurence Fontaine, je lui ai posé quelques questions (six, à partir des six lettres du mot « livres »).

Merci, Guy Rechenmmann, d’avoir accepté de répondre.

Merci aussi d’avoir glissé un petit mot pour notre ami JP Marongiu, toujours détenu au Qatar.

L  Comme « lecture ». Peux-tu nous dire quelles sont tes auteurs préférés : français, étrangers, contemporains ?

En règle générale, je lis plutôt des auteurs français contemporains : Laurent Gaudé, Philippe Claudel, Hervé Le Corre, Didier Daeninckx , Sorj Chalandon... J'évite les offices même si parfois on peut y faire de belles découvertes.

                  Note : Les « offices » sont les livres mis en avant par les grosses maisons d’édition.

I  Comme « itinéraire ». Peux-tu nous parler de ton parcours universitaire, de tes choix professionnels, de tes premières incursions dans l’écriture ?

Itinéraire chaotique : Sup de Co, cadre propre sur lui , finalement pas carriériste, je monte mon entreprise en 79 et la vends en 98, puis beaucoup de télé ...et démarrage en écriture il y a une petite dizaine d'années.

                  Note : « cadre propre sur lui » est un jeune cadre à la sortie de l’école (Sup d’Eco), carriériste, à la trajectoire toute tracée dans l’entreprise (Ford en l’occurrence, pour Guy Rechenmann).         

V   Comme « Viloc ». Avec tes derniers romans (Flic de papier, Fausse note, À la place de l’autre, aux éditions Vents Salés), tu revisites le genre policier de façon originale. Ton personnage principal, Anselme Viloc, flic atypique et obstiné, est un merveilleux « dénoueur d’énigmes », pour le plus grand bonheur de tes lecteurs ! Peux-tu nous en dire plus sur ton personnage et tes derniers romans ?

Je n'étais pas sûr d'écrire des romans policiers à priori car mon personnage n'est pas l'archétype de l'enquêteur. Je l'ai créé comme prétexte pour développer des thèmes qui me sont chers ... fragilité, résilience, hasard, coïncidences, le bien et le mal, la folie, l'emprise ... et un peu à ma surprise, ce personnage a pris corps et s'est peu à peu imposé...il va d'ailleurs continuer à vivre dans un prochain texte...

Auteurs à connaître: Guy RechenmannAuteurs à connaître: Guy RechenmannAuteurs à connaître: Guy Rechenmann

R   Comme « Région ». Ton « Flic de papier » travaille à Castéja, le célèbre commissariat de Bordeaux. L’intrigue de A la place de l’autre se déroule au Cap-Ferret. Dominique Faget, Mireille Calmel, s’inspirent aussi de cette mystérieuse région d’Aquitaine… Par quel biais s’est-elle faufilée dans ton imagination ?

La raison est très simple, j'habite et j'écris au Canon, et le petit chemin que l'on découvre dans le sous-bois est juste en bas de chez moi. De plus, je viens  sur le bassin du côté d'Andernos depuis l'âge de 3 ans. 

   Comme « Enfance ». Chez tout auteur il y a un enfant qui sommeille. Tes lectrices et tes lecteurs aimeraient certainement mieux te connaître. Peux-tu ouvrir pour eux une petite lucarne sur Guy Rechenmann enfant ?

Pensionnaire très jeune, élevé par mes grands-parents, j'ai appris la patience et dieu sait que pour écrire, il en faut ;)

S    Comme « Sport». Tu as été premier en gymnastique pendant toute ta scolarité. Et maintenant, tu écris des romans de talent.  Or, les surdoués en sport n’ont guère bonne réputation côté neurones (l’ami Ribéry en a fait les frais). Peux-tu nous réconcilier sport et neurones, ces deux turbulents frères ennemis ?

Heureusement que j'avais le sport étant jeune, cela a été ma planche de salut. Il y a une grande différence entre sport individuel et sport collectif. Il est rare qu'un sportif qui réussit en sport individuel soit un idiot. Il ne faut pas confondre niveau d'études et quotient intellectuel. 

PS —  Tu as accepté que ton nom figure sur la liste de soutien à Jean-Pierre Marongiu, toujours détenu au Qatar. Un mot pour notre ami Jean-Pierre ?

Concernant Jean-Pierre Marongiu, que dire ... si ce n'est espérer que son cauchemar se termine le plus vite possible !

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Bienvenue chez les auteurs ch'tis : Laurence Fontaine

Publié le par Ramon BASAGANA

Bienvenue chez les auteurs ch'tis : Laurence Fontaine

Ch’ti de naissance, passionnée par le monde anglo-saxon, Laurence Fontaine vient de publier son 4ème roman : The Life Game.

Parmi ses trois précédents romans, deux ont reçu un prix littéraire 

  • Grand Prix du roman d’évasion pour Bleu Eldorado,

  • Prix du Goéland masqué pour Noir dessein en verte Erinn, 

C’est une auteure à découvrir ou à redécouvrir.

Merci Laurence d'avoir accepté de répondre à mes questions.

L   comme "lecture". Quelle sont tes lectures préférées?                                                                                                               

Je lis des livres de philo, des récits de voyages, des biographies, des romans noirs, des BDs, des essais sur le cinéma ; pas forcément dans cet ordre.

Les auteurs étrangers que j’affectionne :

Fernando Pessoa, le maître de l’ésotérisme portugais, John Steinbeck, le maître des passions américaines, Herman Hesse, Oscar Wilde et James Joyce, pour leur style inégalable, Jack kerouac pour son côté inclassable, FS Fitzgerald pour son lyrisme.

 

Les auteurs français qui m’ont marquée :

Auteurs classiques : Rimbaud, Baudelaire, Camus, René Char, Lautréamont.

Auteurs contemporains : JMG Le Clézio et Milan Kundera.

Autres auteurs contemporains que j’apprécie :

Stephen King, Paul Auster et Joel Dicker.

 

 Les deux derniers titres que j’ai lus :

Le principe de parcimonie, de Mallock, éditions Fleuve Noir.

Le Roi en jaune, de Robert W. Chambers, Le livre de poche.

 

I     comme "Itinéraire". Peux-tu nous parler de ton parcours universitaire, de tes choix professionnels?

J’ai un Master 2 d’Histoire et une VAE d’anglais. J’ai enseigné l’Histoire une grande partie de ma vie mais depuis 10 ans, je mène des activités artistiques et journalistiques en parallèle de mon métier. Pourquoi ? l’Histoire, dit-on, est une «  science humaine » et j’ai donc décidé de remettre l’humain au centre de ma vie plutôt que d’enseigner une science de façon figée. D’abord journaliste freelance, j’ai commencé à publier des romans en 2009. Le 4ème sort ce mois ci. Depuis deux ans, j’ai aussi une activité de scénariste et d’animatrice radio. J’espère découvrir d’autres métiers encore. Multiplier les activités permet de voyager à travers la société et de rencontrer des personnes de tous les horizons, de toutes les catégories sociales avec une plus grande liberté.

 

V    comme "voyage". Dans tes livres, nu nous emmènes toujours très loin: Irlande, USA, Mexique... Tu nous fais traverser l'Amérique de part en part. Tu vis pourtant dans un petit coin tranquille du Nord de la France, chez les Ch'tis... Que signifie le mot "voyage" pour Laurence Fontaine?

Un jour, alors que j’étais à Chicago et que je visitais un musée, j’ai lu une citation de Marcel Proust qui était imprimée en anglais sur le mur. Je ne la connaissais pas. C’était étrange, si loin, de découvrir une phrase d’un auteur français mais en langue étrangère. C’était exactement la signification que je donnais à ce mot de voyage : Quelque chose de lointain qui me permet de mieux me (re)connaître.

« Le seul véritable voyage, ce ne serait pas d’aller vers de nouveaux paysages, mais  d’avoir d’autres yeux, de voir l’univers avec les yeux d’un autre.” ( M. Proust) 

En ce sens, écrire, pour moi, c’est donc le voyage “parfait” parce qu’on traverse le monde avec le coeur et l’esprit de nos personnages. ( Ce qui ne remplace pas les voyages réels, bien sûr ! )

 

R     comme "Récit". J'ai eu le privilège de lire ton manuscrit "The Life Game", ton dernier roman, et je l'ai trouvé super. J'ai vraiment aimé. Peux-tu nous le présenter, nous en dire plus?

D’abord, je te remercie de m’avoir fait l’honneur d’être un de mes premiers lecteurs et d’avoir, plus que tout, apprécié.

« The Life Game » raconte l’histoire d’une jeune française qui s’inscrit  à un jeu télévisé aux USA afin  de  gagner «  le métier de ses rêves », ainsi que le promet la production. Comme elle souhaite devenir profileuse au FBI, elle va devoir s’acquitter d’une mission périlleuse qui consiste à démasquer un tueur en série en étant filmée pendant la durée de son enquête. C’est certes un thriller mais c’est aussi une réflexion sur le thème de la manipulation : Sommes-nous manipulés par les médias, par les individus qui nous entourent, par nous-mêmes et nos émotions, ou sommes-nous seulement les jouets du destin ?

Au-delà du récit d’aventures qui emmène le lecteur des Etats-Unis au Mexique, il y a dans The Life Game cette interrogation: sait–on jamais où l’on va, et pourquoi ?

 

E     comme "enfance". Chez tout auteur, il y a un enfant qui sommeille. Peux-tu ouvrir pour nous une petite lucarne sur Laurence Fontaine enfant?

Enfant, je ne jouais pas beaucoup. J’écoutais de la musique, je regardais des films et je lisais. Je me souviens d’un titre fabuleux de livre dans la bibliothèque rose : « le mystère du manoir abandonné ». Difficile de dire mais c’est peut être à ce moment là, vers 8 ans, que j’ai su, intuitivement que je voulais écrire mes propres histoires. Le cinéma était une autre de mes passions. J’ai dû voir beaucoup de films d’Hitchcock et de nombreux westerns entre 7 et 12 ans. Mon 1er roman, à 12 ans, racontait une saga familiale dans le sud des Etats-Unis : Gary Cooper rencontrait fortuitement Elvis et découvrait qu’il était son fils !

Voilà, j’étais plutôt calme sauf quand je décidais de faire des farces ou de lancer des canulars. J’avais de l’imagination dans le réel, surtout à l’école parce que je m’y ennuyais ferme !

Bienvenue chez les auteurs ch'tis : Laurence Fontaine

S     comme "scénario". Quels sont tes projets d'écriture? As-tu déjà des scénarios en tête? Scénario fiction ou incursion historique? 

Les deux !  J’ai envie d’écrire un récit se déroulant entre le nord de la France et la Scandinavie, avec un détour par le Canada. Il y  aurait une intrigue criminelle liée à de lourds secrets sur toile de fond d’histoire du XXeme siècle. Mais je ne peux pas en dire plus. ;)

Bienvenue chez les auteurs ch'tis : Laurence Fontaine
Bienvenue chez les auteurs ch'tis : Laurence Fontaine

PS —  Tu as accepté que ton nom figure sur la liste de soutien à Jean-Pierre Marongiu, toujours détenu au Qatar. Un mot pour notre ami Jean-Pierre ?

Je souhaite m’adresser  directement  à lui :

"Cher Jean-Pierre,

Quand les droits d’un être humain sont remis en cause, sa force repose dans la volonté des autres et dans l’espoir de tous. Nous gardons tous espoir pour toi : je formule des vœux pour que cela te donne la force suffisante afin de continuer de lutter avec détermination.

Courage et espoir à toi. C’est l’idée, c’est le message."

PS —  Tu as accepté que ton nom figure sur la liste de soutien à Jean-Pierre Marongiu, toujours détenu au Qatar. Un mot pour notre ami Jean-Pierre ?

Je souhaite m’adresser  directement  à lui :

 

Cher Jean-Pierre,

 

Quand les droits d’un être humain sont remis en cause, sa force repose dans la volonté des autres et dans l’espoir de tous. Nous gardons tous espoir pour toi : je formule des vœux pour que cela te donne la force suffisante afin de continuer de lutter avec détermination.

Courage et espoir à toi. C’est l’idée, c’est le message.

Bienvenue chez les auteurs ch'tis : Laurence Fontaine

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Les Trois Grâces (Myriam, Najat et Rachida)

Publié le par Ramon BASAGANA

En ce temps-là, les seigneurs rendaient justice sous les ormes. Des ormes trop nombreux, au gré de Sa Majesté le roi Nicolas Ier. Il décida donc, en l’an I de son règne, de faire le ménage. En fait, il avait besoin de bois pour ses cheminées et jeta son dévolu sur le bois d’orme.

Mais ses manants, qui avaient l’habitude de régler leurs différents sous l’orme du château, ne l’entendaient pas de cette oreille. Ils n’avaient pas envie, pour réparer l’escroquerie d’un maquignon félon, d’aller de château en château à la recherche d’un orme.

La mesure était donc très impopulaire, et nul manant n’en voulait.

Le roi Nicolas Ier, qui tenait à récupérer son bois de chauffage coûte que coûte, se mit à réfléchir sur le moyen de faire accepter la mesure par ses sujets. S’il confiait l’abattage des précieux ormes à l’un de ses ministres experts en forêts, les manants décrocheraient leurs fourches et lui piqueraient à coup sûr le derrière sans atermoiement.

Il fallait trouver une solution.

Comme Nicolas Ier était croyant, il consulta Zeus, le Dieu des dieux, lequel proposa de lui envoyer l’une de ses trois filles: Aglaé, Euphrosyne ou Thalie, plus connues sous le nom des Trois Grâces. Et pour lesquelles il avait fait bâtir un magnifique palais aux confins de la Numidie[1].

— Mes filles personnifient le charme et la fécondité, cher Nicolas, lui dit Zeus. Elles possèdent un tel pouvoir de séduction, que même si tu fais couper tous les ormes de ton royaume et que tes juges n’ont plus d’endroit pour rendre justice, ton bas peuple fera dos rond. A condition, bien sûr, que tu confies l’exécution de la mesure à l’une de mes filles.

Zeus montra les trois portraits accrochés au mur de son bureau.

— Laquelle tu choisis ?

Nicolas Ier, qui s’y entendait en jolies femmes, observa attentivement les tableaux et pointa son index.

— C’est elle que je veux, Aglaé !

Et c’est ainsi que Nicolas Ier, envoya chercher, aux confins de la Numidie, la première des Trois Grâces, Aglaé, alias Rachida.

 


[1] Numidie : région du Maghreb occupant le Nord de l’Algérie et du Maroc. Les Numides étaient des Berbères, un peuple puissant et cultivé. Leur capitale était Cirta.

Les Trois Grâces (Myriam, Najat et Rachida)

Laquelle fit abattre tranquillement les ormes dont le roi avait besoin pour son chauffage, et aucun manant ne rouscailla. 

 

Les années passèrent et Nicolas Ier fut contraint de céder la place au bon roi François Ier, lequel proclama, dès son premier discours :

— Moi souverain de ce royaume, je réformerai tout et tout ira mieux.

Il continua à proclamer, mois après mois :

— Ça ira mieux !

Mais ça n’allait pas mieux. Comme il voulait marquer l’Histoire, il décida d’entreprendre de grandes réformes.

La première concernait les écoles du royaume.

Puisqu’il était dans l’Histoire et qu’il était l’Histoire, il fallait faire table rase du savoir enseigné sur les bancs de ses écoles avant son arrivée. Il demanda donc au spécialiste de ses « bas sujets » — qu’il appelait les « sans dents » — de lui apporter tous les livres suspects en circulation dans les échoppes.

Le spécialiste des « sans dents » lui apporta en tout premier deux dictionnaires : un grec et un latin. Il les feuilleta et les envoya par-dessus son épaule.

— Le grec et le latin, ça ne sert à rien.

Il ordonna donc qu’on les barre du programme.

Le spécialiste lui apporta des livres qui avaient trait au « Siècle des lumières ». Il feuilleta un ouvrage où l’on parlait de Voltaire, Rousseau, Montesquieu, Diderot… Et comme pour le grec et le latin, il l’expédia par-dessus son épaule.

— C’est dépassé, tout ça, déclara le bon roi François Ier. Virez-moi tous ces gens. Je n’en veux pas dans mon programme.

Le spécialiste en Histoire commençait à avoir des sueurs froides. Avec un frisson dans le dos, il lui tendit un ouvrage ou l’on parlait des gens célèbres : Aliénor d’Aquitaine, Richard Cœur de Lion, saint Louis, les Templiers…

— Que viennent fiche les templiers dans mes écoles ! hurla-t-il. Saint Louis ? Mon royaume est laïque ! re-hurla-t-il. Au feu !

Essuyant avec sa manche les grosses gouttes qui coulaient de son front, le spécialiste des « sans dents » lui tendit un livre sur les cathédrales.

Et là… le bon roi François Ier vit rouge.

— Je vous ai dit que mon pays est laïque ! Fichez-moi toutes ces niaiseries hors de ma vue. Au feu !

Le spécialiste des « sans dents » leva un doigt timide pour objecter:

— Majesté, si vous ôtes le grec, le latin, les croisades, les templiers, les cathédrales, les Lumières… du programme de vos écoles, ça va barder sec. Vous savez, les « sans dents » ont beau n’avoir ni dents de devant ni cervelle, ils mordent avec les dents du fond, comme les couleuvres.

— Qu’on enlève leurs dents du fond !

— Surtout pas, Majesté ! Il faut trouver une autre solution. Pourquoi ne pas faire comme votre prédécesseur lorsqu’il voulut abattre les ormes du royaume ? Pour que votre réforme passe, il faut la deuxième des Trois Grâces.

Le roi se gratta le menton.

— Mm… faites venir mes espions.

Ses espions lui dirent que Nicolas Ier avait déniché la première des Trois Grâces aux confins de la Numidie.

— Je veux la deuxième !

Et comme ses espions attendaient les ordres, tête baissée :

— Qu’est-ce que vous attendez, bande d’abrutis, allez me la chercher !

Et c’est ainsi qu’Euphrosyne — alias Najat — arriva dans le royaume, précédée des youyous de cour et du regard noir des gens de Lettres. 

Les Trois Grâces (Myriam, Najat et Rachida)

Elle prit à bras le corps la réforme des écoles. Les « sans dents » grincèrent leurs dents du fond, émirent quelques grognements, mais ça s’arrêta là. Nul manant n’osa rouscailler. Il aurait fallu être imprudent, inconscient ou tapé de la ciboulette, pour s’attaquer à la deuxième des Trois Grâces.

Ceux des « sans-dents » qui étaient gens de Lettres décrochèrent leurs fourches, mais il était impensable qu’ils piquent les fesses d’Euphrosyne.

La réforme passa et, rassuré, le bon roi François Ier déclara, après un rot :

— Ça va mieux !

Mais il trouva que les réformes, ça lui ouvrait l’appétit. Alors il déclara :

— Si je trouve une autre réforme, ça ira encore plus mieux !

Il prit conseil auprès de ses ministres et l’un d’eux lui confia :

— Si vous voulez entrer dans l’Histoire, Majesté, il y a une réforme sur laquelle tous les rois se sont cassés le nez.

Ses yeux, d’un coup, prirent un éclat lubrique.

— Laquelle ?

— La réforme du temps de travail.

Il bondit de son trône :

— Superbe idée ! J’ai déjà le slogan : « Travailler plus pour gagner plus ».

Son ministre leva timidement un doigt :

— Surtout pas, Majesté, c’était le slogan de votre prédécesseur !

— Ah bon ? De quel droit, cet abruti, a-t-il plagié mon slogan ? Peu importe, tous au travail.

Les scribes du royaume se mirent à l’ouvrage et, au bout de quelques semaines, remirent au monarque un projet de loi sur le temps du travail.

Le roi le lut et le trouva génial, mais son premier chambellan objecta:

— Majesté, les « sans-dents » voudront bien gagner plus, cela ne fait pas un pli, mais ils ne voudront certainement pas travailler plus. Or, c’est cela que votre projet prévoit. Vous leur demandez même de travailler la nuit au prix du jour !

Son second chambellan s’inclina respectueusement.

— Majesté, votre réforme ne passera pas. Vous pouvez abattre des ormes, décider qu’Aliénor d’Aquitaine, Templiers et les cathédrales ne servent à rien, tout cela, les « sans-dents », dans le fond, ils s’en fichent. Mais là, vous exigez d’eux qu’ils travaillent plus en gagnant pareil. Ça ne va jamais marcher.

Le roi tapa du poing sur la table, renversant l’encrier et le hanap de vin chaud.

— Allez me chercher la Grâce n° 3 !

Et c’est ainsi que ses émissaires enfourchèrent leurs destriers et partirent en Numidie débaucher la troisième fille de Zeus : Thalie.

Thalie, alias Myriam, s’attaque — comme ses deux sœurs — à la réforme. Et comme le bon roi François Ier s’y attendait, nul manant ne décrocha sa fourche.

Mais c’était mal connaître les « sans-dents », qui grincèrent des dents du fond. D’accord, ils ne piqueraient pas les fesses de la fille de Zeus, mais ils avaient d’autres moyens.

Le roi, ses ministres, leurs épouses et concubines, sans compter les collecteurs d’impôts, ne se déplaçaient jamais sans leurs puissantes montures… qui consommaient beaucoup de fourrage.

C’est là, qu’il fallait frapper.

Un beau matin, les « sans-dents » mirent le siège aux stocks de fourrage du royaume, empêchant quiconque d’en approcher.

Les chevaux du royaume, privés de fourrage, se mirent à piaffer et les palefreniers s’en allèrent trouver le roi.

— Majesté, nous n’avons plus de fourrage !

— Je suis dans l’Histoire, répondit le roi. Il faut que je tienne bon.

— Et notre fourrage ?

— Vous n’avez qu’à leur donner des caroubes, à vos canassons.

— Il n’y a pas de caroubes dans le royaume, Majesté.

— Eh bien, plantez des caroubiers. Moi roi, il y aura toujours des caroubiers dans mon royaume.

Puis, baissant la voix :

— Faites travailler votre cervelle : les « sans-dents » sont comme les « sans-culottes » : des ignorants. Je n’ai même pas à bouger le petit doigt. Je ferai comme Napoléon, qui attendait son heure. La Révolution renversa le roi et accoucha d’un empire.

— Et notre fourrage ? insistèrent les palefreniers.

— Vous me gonflez, avec votre fourrage. Je vous dis que je ferai comme Napoléon !

Le raisonnement du bon roi François était perfide, mais il n’avait pas tord.

Lorsque les « sans-dents » voulurent atteler leurs bœufs, sortir les mules de l’étable, armer la charrue… ils ne purent le faire : sans fourrage, pas de bêtes de somme.

Et lorsque ceux qui travaillaient dans la ville voisine voulurent prendre la diligence,  on leur dit au relais que les chevaux mouraient de faim et qu’il n’était pas question de les atteler.

Sans fourrage, sans chevaux, sans mules, sans bœufs… le royaume se mourait, et les « sans-dents » qui voulaient travailler s’en vinrent dire au roi :

— Majesté, faites quelque chose !

Mais le bon roi François était tristounet, à cause de la tournure que prenaient les événements. Alors les « sans-dents » qui ne bloquaient pas les entrepôts lui apportèrent des friandises et le consolèrent.

Et le bon roi François Ier leur dit.

— Merci pour ce moment !

Il avala un verre de vin chaud et ajouta :

— Ça va mieux !

Les Trois Grâces (Myriam, Najat et Rachida)

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Construction de Jérusalem: le premier coup de pioche ne remonterait qu'à 622 après J.-C.! scoop en direct de l'UNESCO.

Publié le par Ramon BASAGANA

Qu'est-ce qu'il lui a pris, à ce bon pape Jean-Paul II, de prier face au Mur des Lamentations?  Ignorait-il que le Kotel n'a aucun rapport avec l'Histoire du peuple juif? Il faudra, qu'à l'avenir, les historiens du Vatican aillent faire un stage à l'UNESCO!

Qu'est-ce qu'il lui a pris, à ce bon pape Jean-Paul II, de prier face au Mur des Lamentations? Ignorait-il que le Kotel n'a aucun rapport avec l'Histoire du peuple juif? Il faudra, qu'à l'avenir, les historiens du Vatican aillent faire un stage à l'UNESCO!

Vous ne le saviez peut-être pas, mais contrairement à ce qu’affirment les historiens — surtout les historiens juifs —, Jérusalem n’est pas et n’a jamais été une ville juive.

Jérusalem a été bâtie au VIIème  siècle après J.-C. 

On ne sait pas quand exactement — ni comment —,  mais d’après les savants qui représentent les pays arabes à l’UNESCO (Arabie Saoudite, Soudan, Oman, Qatar et un tas d’autres), le premier coup de pioche des fondations de la Ville Sainte daterait, grosso modo, de 622, l’an zéro de l’Hégire.

Ben oui, aussi incroyable que cela puisse paraître, Jérusalem n’est pas une ville juive.

Les Juifs ont donc tort de chercher des symboles là où il n’y en a pas.

Le Mur des Lamentations, par exemple, le fameux HaKotel, est une vaste fumisterie. Les Juifs pieux y viennent prier à grands renforts de balancements d’avant en arrière, certains inscrivent des prières sur des bouts de papier et les insèrent dans les fissures croyant dur comme fer que ces fissures ont vu le roi Salomon.

N’importe quoi !

Salomon, fils de David, a vécu entre 990 et 931 avant J.-C — et non après J.-C. —, donc ce mur ne peut pas dater de Salomon.

Je le répète, il date, tout au plus, de 622 après J.-C. !

Ce sont les savants saoudiens et coll. qui l’ont dit. Et l’UNESCO l’a confirmé le 16 avril 2016.

C’est un scoop !

Les savants arabes et l’UNESCO sont formels : « Il n’y a aucun lien historique entre le peuple juif et le Mur des Lamentations ou le mont du Temple ».

Aucun !

Franchement, je n’en reviens pas. Comment ont-ils fait, les Juifs, pour nous faire croire que le Mur des Lamentations et le mont du Temple existaient il y a deux mille ans, alors qu’ils datent de l’an zéro de l’Hégire ?

 

Pour dire vrai, cette histoire m’ennuie beaucoup.

Quand j’étais petit j’allais au « catèch » et j’avais appris, entre autres, que le Christ, quand il était enfant, avait discuté avec les docteurs de la Loi dans l’une des salles du Temple de Salomon. Une autre fois, il avait tapé sur la bande de crétins qui vendaient des brochettes sur l’esplanade du Temple. Une semaine avant sa mort, il était entré triomphalement à Jérusalem juché sur un âne, et il avait chevauché sous les hourras ! jusqu’au Temple.

Ça en fait, des références au Temple de Salomon !

Eh bien, d’après l’UNESCO et les savants arabes, tout cela est faux. Le Christ ne pouvait pas entrer dans Jérusalem pour cette simple et unique raison qu’il était né le jour 0 de l’an 0, donc 622 ans avant le premier coup de pioche de la Ville Sainte.

C’est très ennuyeux.

Mais il n’y a pas que cela. Ce qui m’embête le plus, c’est que cette histoire met à mal ce qui est au cœur de la religion chrétienne : la mort et surtout la résurrection du Christ.

Je sais, ça fait pas très rationnel pour un toubib de croire qu’un pauvre type qu’on vient de crucifier, qu’on a embroché avec une lance de trois mètres — et donc qui était aussi mort que la momie de Toutankhamon —, a ressuscité trois jours plus tard.

Ben oui, j’y crois. Il y en a qui croient à un tas de trucs bizarres, par exemple à des vierges qui attendent comme des fleurs que le mec se radine (sans sa femme) pour passer avec elles le restant d’éternité. Il ne se doute pas une seconde que la légitime puisse ne pas apprécier cet état de choses. Mais bon, chacun croit à ce qu’il veut, et je respecte.

Moi, je crois que le Christ est ressuscité. Point. Ne riez pas, c’est pas plus loufoque que la croyance aux « 70 Houris aux grands yeux ».

Le problème, c’est qu’avec les découvertes récentes des savants saoudiens et coll., confirmées par l’UNESCO, tout ce binz sur la Passion et la Résurrection du Christ, c’est du pipeau.

A se demander si tout ce fourbi autour de Ponce Pilate, le Golgotha, le tombeau, Marie-Madeleine… n’est pas une légende inventée de toutes pièces par les Juifs pour accréditer l’idée que Jérusalem existait déjà en l’an zéro !

Il ne faut pas oublier que Jésus de Nazareth, sa mère, son père, ses cousins, ses apôtres, les évangélistes, les poissons qu’il avait multipliés sur les bords du Tibériade, l’âne et le bœuf de Bethléem, étaient tous Juifs !

Les choses sont claires, la messe est dite : le christianisme n’est qu’une vaste supercherie inventée par les Juifs pour s’approprier la Ville Sainte. Et pour étayer leurs dires, ils se sont fendus de documents qu’ils croyaient — naïvement — inattaquables : les évangiles !

Heureusement que les savants saoudiens et l’UNESCO sont là pour remettre les pendules à l’heure ! Les évangiles ont certainement été écrits après 622 après J.C ! D’ailleurs, je vous défie de trouver un seul exemplaire de ces écrits datant du premier siècle.  Normal ? Mais non ! On trouve bien les œuvres de Sénèque, qui a vécu au premier siècle lui aussi ! Il a même fait un petit séjour en Corse, et on le sait, il y a des preuves, c’est écrit !

Mais les évangiles, ceux de Marc, de Mathieu et des autres…  rien, nibe, comme on dit en Provence.

Une histoire abracadabrante inventée de toutes pièces par des gens mal intentionnés.

 

Qui pose d’ailleurs un gros problème : la France a soutenu bec et ongles les théories savantes des Saoudiens et coll. Or, la France est la « Fille aînée de l’Église » !

Y’a de l’eau dans le gaz, comme qui dirait.

En proclamant haut et fort que le Mur des Lamentations n’a rien à voir avec l’histoire juive, la France joue avec le feu : toutes ses prérogatives de « Fille aînée de l’Eglise » sont basées sur un événement qui s’est déroulé dans une ville juive au Ier siècle de notre ère. Or, par son vote, elle cautionne l’idée selon laquelle cette ville (Jérusalem), le Temple, le Mur des Lamentations… sont nés après l’Hégire.

Donc, ses prérogatives de « Fille aînée de l’Eglise » vont lui passer sous le nez. Ben oui, il n’y a plus d’Eglise. Notre-Dame, le Vatican, Lourdes, le sang de San Genaro, les seins de sainte Agathe, tout ça, c’est fini, c’est de l’histoire ancienne. 

Les savants saoudiens et coll, cautionnés par la « Fille aînée de l’Eglise » sont formels : tout commence en 622 après J.-C. Ceux qui affirment le contraire ne sont que des petits malins qui magouillent pour fausser les dates.

 

Conclusion :  Jérusalem, le Mur des Lamentations et le mont du Temple ne sont pas, et n’ont jamais été liés à l’Histoire juive.

 

Une brosse à dents contre une bouteille de gaz que les chrétiens de l’Hexagone ne partagent pas ce point de vue ?

 

POST-SCRIPTUM: 

Dans mon  Roman de l'an mil, je raconte l'histoire de deux enfants juifs, Alcym et Rébecca, sauvés par le moine Gerbert d'Aurillac du massacre de leur famille. Quelques années plus tard, Gerbert deviendra pape sous le nom de Sylvestre II (c'est le pape de l'an mil).

Un jour, Alcym se promène dans Rome et passe devant l'arc de triomphe érigé par Titus après la destruction du Temple de Salomon en 70 après J-C. La mémoire des pierres lui renvoie mille ans de pleurs et de souffrances. Il songe à Bérénice, la princesse juive que l'empereur Titus voulait épouser et lui vient en mémoire cette phrase du Deutéronome: "Non, le peuple juif ne cèdera jamais aux puissants: nul n'est semblable au Dieu d'Israël". 

Il lève les yeux vers les bas-reliefs et jette un regard triste sur les légionnaires emportant les trésors du Temple... "Que la poussière de leurs os soit dispersée par les chacals", lance-t-il tout haut.

En toute bonne foi, je croyais que l'arc de Triomphe de Titus avait été bâti en 81 après J-C.

Jamais je n'aurais imaginé qu'il pouvait s'agir d'un faux arc de triomphe érigé par les Juifs pour accréditer l'idée que le Temple de Salomon existait bel et bien jusqu'en 70 après J-C, date de sa destruction. Leur stratagème serait d'autant plus perfide que - selon eux - il reste une trace de ce Temple, un pan toujours debout: le Mur des Lamentations ! 

Donc, d'après les savants de l'UNESCO, l'arc de triomphe de Titus est un faux! Le paradoxe, c'est que ce même UNESCO l'a classé au patrimoine culturel de l'humanité!

Il ne savent pas où ils ont mal. Ce sont des ânes.

Vous savez quoi? je ne change rien à mon roman. Même si les gens de l'UNESCO affirment le contraire, pour moi, l'arc de triomphe de Titus date bel et bien de 81 après J-C! Et s'ils persistent à débiter des âneries, je dirai comme Alcym: "Que la poussière de leurs os soit dispersée par les chacals!"

Edition Pocket, disponible à la FNAC, en libraire, chez Amazon,  prix 6,90€

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Jean-Pierre Marongiu, toujours prisonnier du Qatar!

Publié le par Ramon BASAGANA

Avant: Jean-Pierre et Isabelle (son épouse)

Avant: Jean-Pierre et Isabelle (son épouse)

Après

Après

Franck Berton est l’avocat choisi par Salah Abdeslam pour assurer sa défense.

Après son passage au JT de 20h sur France 2, celui qui avait également défendu Florence Cassez a déclaré que ses honoraires seraient payés par nous, les contribuables. A une question d’un journaliste, il a répondu, en effet, que les frais de défense seraient payés via "l’aide juridictionnelle, comme tous les clients n’ayant pas les moyens de payer leur défense ».

En clair, c’est donc nous qui payons la défense du sieur Abdeslam.

Maître Franck Berton

Maître Franck Berton

Mais cela, réflexion faite, ne me choque pas.

Ce qui cogne sec dans ma cervelle, c’est que pendant ce temps Jean-Pierre Marongiu — pas plus et pas moins citoyen français que le sieur Salah —, gît en prison au Qatar sans avoir bénéficié d’un procès équitable et surtout sans que l’État français, François Hollande, Valls, France 2, Julie Gayet ou le sosie de Michel Platini, ne bougent le petit doigt.

 

Qui est Jean-Pierre Marongiu ?

Comme des milliers d’immigrés au Qatar, c’est l’une des victimes malheureuses de la loi Kafala.

Cette institution machiavélique mise en place par les Qataris pour engranger des dollars au moindre coût — sur le dos des immigrés, mais cela il ne faut pas le dire —, oblige chaque travailleur étranger (maçon asiatique, homme d’affaires occidental, joueur de foot, entraîneur…) à n’exercer son activité que sous le contrôle d’un « sponsor » qatari.

Lequel confisque son passeport.

L’immigré ne peut donc quitter le pays que si son sponsor (en général son employeur) consent à le laisser partir. Des milliers de pauvres bougres venus tenter leur chance en sont actuellement victimes. 

 

Dans le cas de Jean-Pierre Marongiu, l’astuce est un peu plus tordue.

Cet ingénieur au passé professionnel brillant, écrivain talentueux, avait fondé une société de communication à Doha. Comme la loi l’y obligeait, il avait accepté de se faire chapeauter par un « sponsor » qatari.

Pas n’importe qui : un proche de l’actuel émir.

Lequel détenait d’office, comme la loi le prévoit, 50% du capital de la société.

Celle-ci avait le vent en poupe. M6 avait fait un reportage sur sa réussite, les journaux en parlaient, les politiques français de passage au Qatar en faisaient l’éloge… et la communauté française locale avait choisi JP Marongiu pour la représenter.

Jean-Pierre avait même eut le temps de publier un polar à succès chez Les Nouveaux auteurs : Le châtiment des élites… un titre prometteur.

Jean-Pierre Marongiu, toujours prisonnier du Qatar!

Bref, succès tous azimuts.

La société engrangeait les bénéfices…

Tant et si bien que les papilles du « cousin » en frémirent. Il avait déjà une moitié du gâteau, mais deux moitiés valent mieux qu’une. Avoir le beurre, c'est bien, disposer du beurre et l’argent du beurre, c'est encore mieux!

JP Marongiu était d’accord pour vendre sa part, mais le cousin de l’émir n’était pas d’accord pour payer.

On le comprend : un cousin d’émir n'est pas fait pour s’abaisser à racheter une moitié de société, alors qu’il détient déjà l’autre moitié ! On est cheikh ou on ne l’est pas ! Faut quand même pas plaisanter, y’a des limites !

À l’époque des rois, quand une terre plaisait au monarque, il se l’appropriait. Au pays de la coupe du monde 2022, quand une société plaît à la famille de l’émir… eh bien... Où est le mal ? C’est fait pour ça, la loi kafala.  Et puis, un émir, c'est bien un monarque, non ?

Le problème, c’est qu’il y a ce qu’on appelle des lois internationales, lesquelles n’autorisent pas l’annexion du bien d’autrui, que l’on soit cheikh, cracheur de feu ou allumeur de réverbères. Et les qataris savent très bien que ça existe, les lois internationales. La preuve c’est qu’ils s’entourent d’hommes de loi pour racheter des équipes de foot, des hôtels de luxe ou des chewing-gum à l’extrait de camélias.

Pas question donc de les enfreindre, ces lois.

Dans ces conditions, comment a-t-il fait, notre « sponsor », pour s’approprier l’autre moitié du gâteau ?

Je vous le donne en mil.

Voici comment procéder, au Qatar, pour envoyer un immigré en prison et faire main basse sur son bien en toute légalité :

 

Un jour…

Ben oui, ça commence comme dans les contes de fées, ou plutôt comme dans les Mille et Une Nuits, sauf qu’au Qatar, Shehrazade s’est barrée du pays pour laisser la place à Dracula.

Un jour donc, JP Marongiu prépara et signa — comme il le faisait tous les mois — les chèques de fonctionnement de sa société. Ils étaient – si ma mémoire est bonne –  au nombre de 12.

Or, la loi qatarie punit d’un an d’emprisonnement l’émission d’un chèque sans provision. Un an par chèque signé. Jean-Pierre en avait signé 12.

Le matin de ce fameux jour, notre cousin d’émir, qui connaissait la chanson, et qui avait, évidemment, la signature du compte bancaire de la société, vida le compte en toute légalité sans avertir son « protégé ».

Résultat : lorsque les créanciers voulurent récupérer leurs sous, on leur asséna : Compte bancaire sans provision 

Pour la police, l’affaire était bouclée :

 

Question : Qui a signé les 12 chèques sans provision ?

Réponse : Jean Pierre Marongiu.

 

Y avait-il un autre signataire ? Ben non ! Le « sponsor », lui, n’avait signé aucun chèque sans provision. Il s’était contenté de retirer les sous existants. Or ça, ce n’est pas un délit, puisqu’il avait la signature du compte et que le compte était bien garni.

Donc, JP Marongiu était seul coupable.

Coupable de quoi ?

D’escroquerie par émission de chèque sans provision.

Conséquence ?

Y’a pas photo : la loi qatarie ne transigeant pas avec cette engeance d’escrocs, il n’y avait qu’une issue possible : la tôle.

Réaction des autorités françaises :

Un bon avocat, genre Franck Berton dans ses beaux jours, aurait pu, en deux tours de cuillère à pot, montrer qu’il s’est passé un truc pas clair le matin de la signature des chèques. Il aurait demandé par exemple le détail des relevés bancaires. Aussi simple que la recette des sushis : vinaigre et poisson cru.

Sauf qu’ici, le poisson était trop gros.

Laurent Fabius, qui est franc en politique comme un âne qui recule, et qui était ministre des Affaires étrangères à l’époque des faits, s’est engouffré, tête la première, dans la version qatarie des faits. Pour lui, Jean-Pierre Marongiu était un escroc. D’ailleurs, tous les Français à l’étranger sont des escrocs, sinon ils seraient restés en France.

Vous n’avez qu’à voir Florence Cassez. Sans compter que dame Florence versait aussi dans le kidnapping. Archicoupable! La preuve, c’est que les autorités mexicaines avaient clamé sur tous les toits et même à la télé, qu'elle était coupable de chez coupable.

Si les autorités mexicaines avaient pris la peine de déclarer que Florence Cassez était une trafiquante doublée d’une kidnappeuse, c’est qu'elle l'était.

De même, si les autorités qataris affirment que JP Marongiu est un escroc, c’est qu’il est un escroc. Un « sponsor » qatari ne ment jamais, même sous la torture à l’ombre d’un palmier.

C’est d’autant plus vrai qu’à l’époque des faits notre Laurent Fabius national était en pleine transaction pour céder au Qatar le magnifique palais qui abrite l’Institut Culturel français de Vienne – à la grande colère, paraît-il, des autorités autrichiennes.

Quelle idée aussi, de ne pas vouloir donner sa part de gâteau au cousin de l’émir, alors que les hauts intérêts de la France étaient en jeu ! De toute façon, y’a que les escrocs, qui ne donnent pas leur part de gâteau.

Aux journalistes qui avaient eu l’outrecuidance de s’intéresser à l’affaire Marongiu, le ministère des AE avait répondu : Cet homme est un escroc !

Circulez, y’a rien à voir ! aurait dit Coluche.

 

En fait, il y a beaucoup de choses à voir.

Car Jean-Pierre Marongiu gît au fond d’un cachot, ou plutôt d’une cellule qu’il partage avec un tas d’autres détenus, des pauvres bougres d’immigrés qui ont eu l’impertinence de réclamer trois sous espagnols à leur employeur pour compenser le travail de nuit ou qui ont refusé de bosser perchés sur un échafaudage branlant. Pire — mais cela, de grâce, ne le répétez pas — il y en a même qui ont eu l’incorrection de tomber d’un échafaudage !

Quelle idée de tomber d’un échafaudage ! Il faut être taré, Cingalais ou Martien, pour oser tomber de là-haut. La preuve, depuis le début des travaux en préparation du Mondial 2022, aucun Qatari n’est encore tombé des échafaudages !

Aussi vrai que le baril est à 46,02$ ce 30 avril 2016 !

On aura tout vu, des bouseux cingalais, un escroc français  et même — mais cela non plus il faut pas le répéter — et même un joueur de foot tunisien  osant réclamer leurs soi-disant droits aux maîtres du baril à 46,02$ !

 

A un moment donné, JP Marongiu avait fait appel à un avocat français, Maître Franck Berton. Tiens, ce nom me dit quelque chose…

Mais ça coûte cher, un avocat !

Dame oui !

Et Jean-Pierre n’avait plus de sous. Ils étaient toust au fond de la cachemaille du cheikh ; une grosse cachemaille en forme de baril, remplie à ras bord d’écus flambant neufs, des fois qu’il lui prît fantaisie d’acheter l’OM.

 

Le problème, dans cette histoire, est que JP Marongiu est un citoyen ordinaire, comme vous et moi.

Florence Cassez avait eu la chance que le président Sarkozy s’intéresse à elle, puis Valérie Trierweiler, enfin Maître Franck Berton. Là, ça avait marché.

Jean-Pierre est arrivé au mauvais moment : Sarkozy est parti, Valérie a cédé la place à Julie et Franck Berton s’occupe de Salah Abdeslam.

Ah ce Salah Abdeslam !

Vous verrez que notre ténor Franck Berton parviendra à démontrer qu’il a sauvé des dizaines de vies humaines… je dis bien « sauver », puisqu’il a refusé d’activer sa ceinture bourrée d’explosifs. Avec un peu de chance, Maître Berton demandera qu’on lui file la légion d’honneur. Bien entendu, à nos frais, même la médaille.

Pour JP Marongiu, c’est plus compliqué que ça. Enfin, plus simple : c’est un citoyen français ordinaire, comme vous et moi. Du menu fretin.

Or, le menu fretin n’intéresse ni Laurent Fabius, ni François Hollande, ni les vendeurs de barbes à papa de Saint Ouin-les-oies, ni le groupe parlementaire d’amitié France-Qatar, qui compte 1 Président, 8 vice-présidents,  4 secrétaires et 44 membres.

SOS Emile Zola !!!

Jean-Pierre Marongiu, toujours prisonnier du Qatar!

Publié dans Jean-Pierre MARONGIU

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Mes romans en version audio

Publié le par Ramon BASAGANA

Trois de mes roman viennent d'être publiés en version "audio":

LE ROMAN DE L'AN MIL

LA DAMNATION DU TEMPLIER

LES AMANTS DE L'EXODUS

Voci les détails:

 

I — LE ROMAN DE L'AN MIL

 

Couverture de la version audio

Couverture de la version audio

Lu par François Raison

Durée: 8h 28 min.

Version intégrale

Prix : 14,95€

Je rappelle que LE ROMAN DE L'AN MIL existe également en Pocket (Prix: 6,95€).

Et chez France-Loisirs.

Couverture chez Pocket.

Couverture chez Pocket.

LA DAMNATION DU TEMPLIER

Couverture de la version audio

Couverture de la version audio

Lu par François Raison

Version intégrale.

Durée: 13h 19 min

Prix: 24,95 €

Ce roman a été publié par Les Nouveaux Auteurs (2013),

puis chez France-Loisirs (2014).

Il est actuellement épuisé, mais paraît en Pocket au mois de décembre 2016

Couverture chez France-Loisirs

Couverture chez France-Loisirs

LES AMANTS DE L'EXODUS
Couverture de la version audio

Couverture de la version audio

Lu par François Raison

Version intégrale.

Durée : 14h 36 min

Prix : 24,95 €

Ce roman a été publié par Les Nouveaux Auteurs en 2014 

et par France-Loisirs en 2015.

Il a reçu le Prix Coup de coeur WIZO Marseille 2015.

 

Affiche de la rencontre avec les lecteurs de Plan de Cuques (Marseille) en juin 2015.

Affiche de la rencontre avec les lecteurs de Plan de Cuques (Marseille) en juin 2015.

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31 mars 1492 : expulsion des Juifs d'Espagne

Publié le par Ramon BASAGANA

Le 31 mars 1492, il y a très exactement 524 ans, les Rois Catholiques se trouvaient à Grenade, à l’Alhambra. Ce jour-là, ils signaient un décret de sinistre mémoire : l'expulsion des Juifs d’Espagne.

 

A l’origine de cette décision, Tomas de Torquemada, un moine dominicain de 70 ans, Grand Inquisiteur, confesseur de la reine Isabelle.

Une ordure.

(L’avantage d’un blog c’est qu’on peut dire ce que l’on pense sans craindre les foudres des historiens. Ils ont horreur — à juste titre — des jugements de valeur.)

Dès sa proclamation, Isaac Abravanel, un penseur juif de grande renommée, qui était aussi le trésorier des souverains et avait financé la prise de Grenade deux mois plus tôt, tenta d’infléchir leur volonté.

En vain : Torquemada fit valoir que revenir en arrière aurait été: « Se conduire comme Judas, qui avait vendu le Christ pour une poignée de deniers. »

Le type même de formule tordue qui permet aux intégristes de tout poil de justifier par des références imparables à la religion, l’extermination de ceux qui ne pensent pas comme eux.

Or, lorsqu’un intégriste vocifère, les gens de pouvoir hochent la tête et se taisent. Lorsque Torquemada vociférait, les rois et la cour se taisaient.

Bref, les Juifs avaient trois mois pour quitter l’Espagne.

Que reprochait Torquemada aux Juifs d’Espagne ?

De contaminer la société espagnole.

Il eut cette phrase à faire gerber un troupeau de mammouths :

— Si vous amputez l’Espagne de sa « gangrène » juive, vous en purifierez le sol ! 

Et pour faire taire les prélats mal lunés qui marmonnaient dans leur coin :

— Les juifs essaient de soustraire les fidèles chrétiens à notre sainte foi, de les en détourner, de les dévoyer, de les attirer à leurs croyances et opinions damnées.

La totale, quoi.

Poussés par Torquemada, les Rois Catholiques donnèrent trois choix aux Juifs :

1 — Se convertir au catholicisme.

2 — Périr sur le bûcher.

3 — Quitter l’Espagne en abandonnant tous leurs biens.

 

Voici comment se répartirent les choix (chiffres les plus avancés) :

— Environ 180.000 firent semblant de se convertir.

— Environ 180.000 choisirent d’abandonner leurs biens et de partir.

— Entre 100.000 et 150.000 périrent sur le bûcher.

Les choses allèrent très vite : l’Inquisition se mit à chasser, parquer, envoyer sur le bûcher tout Juif non converti ou suspect d’être un faux converti. Bien entendu, au nom de Dieu.

C’est ça, l’intégrisme, on tue au nom de Dieu.

Deux siècles plus tôt, d’autres Dominicains avaient déjà fait brûler d’autres impies. C’était en Languedoc, une bien triste histoire : les Cathares !

Mais bon, nous n’en sommes qu’aux Juifs.

Toujours est-il que l’Espagne perdit la fine crème de ses médecins, de ses savants, de ses joailliers, de ses commerçants, de ses marchands de soieries, et des simples citoyens qui ne demandaient qu’une chose : rester en Espagne, terre de leurs ancêtres depuis plus de dix siècles…

 

L’expulsion des Juifs d’Espagne a laissé une plaie béante, jamais cicatrisée, dans l’inconscient collectif espagnol. 

Je suis Espagnol. Et je suis porteur, comme mes compatriotes, de cette plaie béante dans mon inconscient collectif.

Au mois de juin 2015, la communauté juive de Marseille m’a remis le Prix « Coup de cœur Wizo-2015 » pour mon roman « Les amants de l’Exodus ».

Aujourd’hui, 31 mars, je ne peux m’empêcher d’évoquer l’expulsion des juifs de mon pays.

Leur pays.

 

Parmi les personnes présentes à la cérémonie il y avait Albert Guigui, descendant direct des Juifs expulsés d’Espagne. Sa famille avait trouvé refuge à Tanger. Aujourd’hui, il est parmi les responsables de grandes institutions juives et aussi élu de la République à Marseille.

Nous avons échangé une poignée de main chaleureuse, amicale…

En regardant cette photo je me dis: pourquoi, bon sang, cette poignée de main n’a-t-elle pas eu lieu le 31 mars 1492 ?

 

 

 

31 mars 1492 : expulsion des Juifs d'Espagne

Publié dans EXODUS

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Revue de presse "Roman de l'an mil" — 1

Publié le par Ramon BASAGANA

Couverture Pocket 2015 (prix 6,95 €) et couverture du livre audio 2015 (prix 14,95€)
Couverture Pocket 2015 (prix 6,95 €) et couverture du livre audio 2015 (prix 14,95€)

Couverture Pocket 2015 (prix 6,95 €) et couverture du livre audio 2015 (prix 14,95€)

 

Un très grand merci à l'animateur du blog de passiondelecture.overblog.com pour ce magnifique article sur Le roman de l'an mil.

 

Impression générale 

Envoûté par la musique que dégage ce roman mixant Histoire, roman et destinées exceptionnelles.

 

En ce qui concerne l'histoire en tant que tel :

Le destin des enfants du grand médecin juif Samuel de Tolède ; Rebecca et Alcym est tout simplement une fresque romancée entre loup et humains. Leur histoire commencée dans le sang avec l'assassinat de leur parent pour cause de religion par des chrétiens ivres de vengeance est le début d'une fresque magistrale entre les mondes musulmans, juifs et chrétiens.

Nés tous les deux à la cour du sultan Almanzor que Samuel de Tolède soigne, l'initiation aux moeurs musulmans, à un certain humanisme et au respect des religions, les deux enfants auraient pu connaître une vie paisible et enrichissante mais le meurtre de leur parent va changer la donne.

Sauvés d'un sort funeste par Frère Isambert et plaçé sous la protection du moine Gerbert d'Aurillac, Alcym et Rébecca, recueillis par une modeste famille de fermiers, les Clouzac, vont développer à partir de ce moment une réelle aptitude à la chirurgie pour lui et des talents divinatoires matînés de sorcellerie pour elle, l'amie des loups au contact de l'étrange Brédalinda.

Unis de coeur et sous la protection de leur parent défunt, pétris de bons sens et d'un sens inné de l'altruisme, les deux enfants vont grandir et à travers les coups du sort comme le hasard des rencontres se forger un destin entre Andalousie, Orient et Rome.

En ce qui concerne le corps du livre : 

Livre découpé en 38 chapitres et un épilogue, pour les lecteurs des outils aussi très utiles à la fin du livre : les sources utilisées par l'auteur, la chronologie historique entre les années 940 et 1026 celle de l'Histoire et celle des personnages du récit et enfin un glossaire des expressions ou lieux à connotations étrangères.

Le rythme de l'ensemble est aéré et soutenu, le lecteur passe ainsi à chaque chapître à un épisode majeur de chacun des deux personnages majeurs; Rebecca beaucoup et Alcym de manière plus légère, correspondant bien à la nature aventureuse de l'une et à la volonté plus apaisée de sauver autrui par l'apprentissage des techniques médicales et à la nature plus pragmatique de l'autre.

Le fil du récit est naturel, coulant de source et les péripéties des jumeaux s'emboîtent sans difficulté jusqu'à l'apogée et à la levée du dernier secret les concernant.

Paysages, moeurs, véracité historique et personnages :

Ramon Basagana, par une profonde connaissance des lieux (Rome, Cordoue, Bagdad), des cours et moeurs musulmans, juifs et chrétiiens de l'aube de l'an mil, par des personnages vraiment étoffés, par ses connaissances historiques et géographiques nous offre un récit fantastique avec un certain sens du suspens. Un voyage dans les limbes du moyen âge, quasi initiatique. Un véritable moment d'évasion.

Les récits tenant à la topologie et au raffinement des jardins et palais d'Almanzor est d'une force réelle et transplante le lecteur aux côtés de Rebecca. Il en est de même pour la description du harem et des relations et affrontements des femmes du palais du sultan comme par la personnalité de l'eunuque Nazimi, d'une grande sensibilité.

Alors que la grande Histoire se déroule avec les conflits entre le monde musulman et l'occident chrétien, les querelles de succession capétiennes, les déchirements de l'église entre anti pape et pape désigné, l'obscurantisme religieux, l'histoire de Rébecca et d'Alcym à travers leurs rencontres se glisse sans difficulté dans cette époque et permet au lecteur d'appréhender de l'intérieur cette période troublée.

On découvre en fait  une galerie de portraits assez exceptionnelle et variée dont le lecteur retiendra l'extrême sensibilité de Rébecca, le sens de l'écoute et la volonté d'être le médecin de tous pour Alcym, en fils conducteurs et comme témoins indispensables à l'évolution des jumeaux ; le stupide et cupide seigneur Evrard premier persécuteur de Rébecca et de la guerisseuse Bredalinda, la horde de loups et louves accueillant Rébecca comme les leurs, le grand sultan Almanzor à la fois humain et intransigeant , véritable conquérant de l'époque et destructeur de Saint Jacques de Compostelle, le fils d'Almanzor - Abdallah - père de l'enfant de Rébecca, Gerbert d'Aurillac leur protecteur de la première heure futur souverain pontife.

 

Plus que la chronique d'une époque, de deux destins c'est aussi la quète des origines des deux jumeaux et de l'énigme du temple du Mur du temple de Salomon que nous poursuivons dans ce livre.

 

http://passiondelecteur.over-blog.com/2014/02/le-roman-de-l-an-mil-de-ramon-basagana.html

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