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BASAGANA BLOG

 
  ¤Chronique avancée de l'après 2011¤
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            "Je ne cherche pas à connaître les réponses, je cherche à comprendre les questions."    (Confucius)
 

Basagana Ramon


Jeudi 2 juillet 2009

 


Les gens disent que la Succulente ne sort guère de chez elle, qu’elle y reçoit des hommes… Ils disent qu’elle ne fréquente personne dans le quartier et qu’elle se fait livrer ses repas.

 

Elle exerce la prostitution au fond d’une impasse, dans une maison appelée « La Succulente », d’où son surnom.

 

François, la quarantaine, agent immobilier de son état, à la vie familiale cahotique, n’a pas l’habitude de fréquenter les prostituées. Il se lie pourtant d’amitié avec La Succulente.

Chez qui il découvre un personnage hors du commun.

La relation qui s’établit entre François et la Succulente n’aura rien de charnel. Chacun raconte à l’autre des pans de sa vie. La prostituée – Emma de son vrai nom – écoute l’agent immobilier s’épancher et lui livre son passé. Elle raconte, par exemple, qu’avant d’être prostitué, elle a été championne de natation !

Chacun emplit le vide de l’autre.

Et puis, un jour, La Succulente disparaît.

François, en tant qu’agent immobilier, est chargé de vendre la maison de sa mystérieuse amie.

Qui lui livre, secret après secret, le cœur d’Emma.

 

Anne BRAGANCE est une fée de l’écriture. Sa plume est fine, sensuelle, humaine. Remarquablement construit, son roman nous tient en haleine, nous captive.

Comme l’écrit Michel Boissard, Anne BRAGANCE met en présence des « irréguliers de l’existence ». Il suffit que le destin leur donne une chiquenaude pour qu’ils larguent les amarres.

 

Dans un entretien avec le Professeur Mohamed BENJELLOUN, de Casablanca, Anne BRAGANCE a cette réponse :

 

« En épigraphe à mon roman Le chagrin des Resslingen, j'ai placé cette phrase du cinéaste John Cassavetes : « L'homme est un dieu en ruine, c'est la trace du divin que je cherche en lui ». Cette phrase traduit parfaitement mon ressenti face à l'humaine créature. Il arrive que je trouve cette trace du divin et alors j'espère, et alors je me situe avec bonheur dans un moment d'armistice. »vous

 

Une Succulente au fond de l’impasse est un roman sensible et sincère. Un petit chef-d’œuvre.

Il me plaît de comparer Anne BRAGANCE à COLETTE.

 

 Anne BRAGANCE (Photo Internet)

Par Ramon BASAGANA
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Lundi 29 juin 2009

 

(Photo Internet)

Farrah FAWCETT sera inhumée demain mardi à Los Angeles, en la cathédrale Our Lady of the Angels.

 

D’origine libanaise, née à Corpus Christi, au Texas, elle a été rendue célèbre par son rôle dans Charlie’s Angels, (« Drôles de Dames »), la série culte des années 70.

("Drôles de Dames" - photo Internet)
 

C’était une femme sans histoires, dont le compagnon, Ryan O’Neal, est resté à ses côtés pendant les trois années qu’a duré son combat contre la maladie. Le couple avait prévu de se marier ces jours-ci.

Ils n’ont pas eu le temps.

Elle est morte d’un cancer anal métastasé, diagnostiqué en 2006.

Trois années de rémissions, de rechutes, de vrais et de faux espoirs…

Comme beaucoup de malades en bout de course, elle s’est tournée vers l’Allemagne. Certaines cliniques y dispensent – avec beaucoup d’humanité et de compétence soit dit en passant –  des protocoles atypiques, perçus comme « miraculeux ».

Protocoles de l’espoir… kits du dernier recours.

Elle a pris l’avion pour Berlin.

Mais la maladie, cette intruse impitoyable qui ignore les frontières, n’avait que fiche des protocoles allemands.

L’état de Farrah FAWCETT a empiré dès son retour aux USA.

Sa dignité face aux ravages de son cancer anal a marqué l’esprit de millions de spectateurs anonymes qui ont entendu son témoignage dans « Farrah’s Story ».

Elle est morte ce jeudi 25 juin, quelques heures avant Michael JACKSON.

 

Ciao, Farrah !

 

Par Ramon BASAGANA
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Dimanche 28 juin 2009

 

 


Michael Jackson serait mort des suites d’une addiction aux analgésiques. Son médecin personnel lui aurait administré une injection de Démérol une heure avant sa mort.

 

Il ne s’agit donc pas d’une overdose – prise d’une substance en quantité supérieure à la dose limite supportable par l’organisme – , mais d’une administration médicalement contrôlée qui a mal tourné.

Qu’est-ce que ça change ?

Rien ?

Pas sûr : les avocats, les banquiers, les financiers, les héritiers, les producteurs, les créanciers, le fisc… ne portent pas sur cette injection de Démérol le même regard que nous.

 

C’est quoi, le Démérol ?

D’abord, c'est le nom commercial d’une substance appelée Chlorhydrate de Mépéridine, un analgésique narcotique d’action rapide, proche de la morphine, très prescrit aux USA et au Canada, administré par voie intra-musculaire ou intra-veineuse.

Ensuite une bombe. Contrairement à une idée reçue, le Démérol n’est pas un médicament anodin. Il est prescrit dans les douleurs moyennes à aiguës à la place de la morphine, et… « ça marche ! » Mais, la consommation régulière de ce produit à des doses élevées donne des effets secondaires nombreux : accoutumance, crises de délire, dépression cardio-vasculaire, troubles du rythme…

 

Oui, des troubles du rythme.
Or, Michael Jackson a succombé à un arrêt cardiaque. Et la première cause de mort subite est la Fibrillation Ventriculaire, un trouble du rythme redoutable.

 

Ah ! le Démérol !

 

Quoi qu’il en soit, c’est maintenant que les choses sérieuses commencent.

 

Pour les héritiers, les banquiers, les producteurs, les créanciers…

 

Car le Roi de la Pop semble avoir fini sa vie avec 500 millions de dettes, sans compter un défaut de paiement sur un prêt de 24,5 millions de dollars. Des dettes dont héritent, évidemment, les héritiers !

A moins que…

Oui, les avocats sont sur le qui-vive.  C’est bien pour cela que la famille a fait procéder à une deuxième autopsie !

 

La famille n’est pas seule aux abois.
Le
producteur de concerts AEG Live, qui finançait le retour du Roi de la Pop sur scène, prévue à l’O2 Arena de Londres à la mi-juillet, a des sueurs froides. Il a passé un accord avec le revendeur de billets Viagogo, qui a pu vendre des places à des prix pouvant aller jusqu’à plusieurs milliers de dollars ! 750.000 billets ont été vendus à travers le monde, la cagnotte à rembourser dépasserait les 85 millions de dollars !

Qui va payer ?

Excellente question. Qui nous entraîne loin des discours, hommages, pleurs, émois…

Oui, qui va payer ?

Eh bien, les assurances !

A moins que le chanteur ne soit mort d’une overdose ou d’une maladie pré-existante. Auquel cas, le producteur y sera pour sa pomme : c'est sa tire-lire qui devra supporter les sommes déjà engagées (40 millions de dollars) et le remboursement des 750.000 billets (85 millions de dollars) !

Peuchère le producteur !

Car AEG comptait empocher 450 millions de dollars de recettes pour une coopération de trois ans et demi avec Michael Jackson !

Faites le compte : 450 M/ 42 mois/30 jours/24 heures = 15.000 $ de l’heure pendant trois ans et demi !

Un dilemme shakespearien qui menace mêmement les autres créditeurs de la star.

 

Yes, Demerol or not Demerol !

 

Ciao ! Michael.

Dans « Blood on the dance floor » tu chantais ces vers que je n’avais pas remarqués à l’époque :

 

Il s’est dégonflé, baby

Un coup dans le dos, baby

Une crise cardiaque, baby

J’ai besoin de ton corps

 

Demerol,

Demerol,

Oh Dieu ! Il prend du Demerol !



 
(Dernière photo de Michael juste avant sa mort. C'est le site ET qui l'a diffusée sur son site.) 

Par Ramon BASAGANA
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Dimanche 14 juin 2009


Dans une vie antérieure, les hippies du Larzac proclamaient que l’amour était l’antidote universelle contre les turpitudes de l’humanité.

Cette profession de foi a vécu.

En publiant un guide de « sexualité verte », Greenpeace affirme haut et fort que nos certitudes sont obsolètes, que l’amour est potentiellement pollueur.

 

Photo Internet

Et de nous livrer une liste d’injonctions écolos :

 

A)  Eteindre les lumières pendant les ébats amoureux : Les accros de la stimulation visuelle n’ont qu’à prévoir leurs ébats pendant la journée, économie d’énergie oblige ! La nuit, ils peuvent toujours allumer une bougie, comme autrefois, mais avec des réserves, car la combustion de cire dégage du CO2 !

B)    Prendre une douche à deux.  Objectif : diminuer la consommation d’eau. A condition de ne pas s’éterniser et de ne pas utiliser le pommeau multi-jet comme un sex-toy, car dans ce cas il y aurait débauche d’eau chaude. Les contrevenants enfreindraient la loi verte non pas sur un, mais sur deux fronts : celui de l’eau et celui de l’électricité !

C)   Eviter le batifolage dans les jacuzzi. Très sage injonction. Sauf que tout le monde n’a pas de jacuzzi. Dans le patelin où j’habite, personne, dans mon entourage, n’a installé cet objet. J’ai fouillé dans le web : premier prix 3.800 euros ! J’en déduis que cette chose, inconnue des salles de bain de mon patelin, fait partie des accessoires habituels dans la sphère Greenpeace. Ils n’ont qu’à inventer un système jacuzzi-écolo, qui carbure avec un pédalier… D’une pierre deux coups : détente + muscu.

D)  Eviter de bouster notre libido avec des crustacés.  Motif : le pillage des langoustes, langoustines, homards, crevettes… déséquilibre l’écosystème. Là, je ne sais quoi répondre, car ma dernière langouste remonte à Noël 2007. J’ai fouillé dans le web et trouvé que la « langouste rouge royale de chez Prat Ar-coum Yvon Madec » coûte 85,31 euros. J’en déduis que dans mon patelin, nous n’avons pas besoin de Greenpeace pour protéger l’écosystème via la privation de langouste.

E)   Eviter les préservatifs non dégradables, ou à base de produits animaux, ou chimiques.  Là, j’avoue que les gens de Greenpeace me gonflent un peu. En tant que toubib, quand je reçois dans mon cabinet des jeunes qui butinent de fleur en fleur, des célibataires qui partent en Thaïlande, des gars ou des filles qui font « ça » en boîte dans les toilettes, le week-end, mon souci n’est pas de savoir s’ils utilisent un préservatif bio-dégradable, mais bien de les convaincre d’en utiliser un !

F)   Eviter les lubrifiants érotiques extraits de combustibles fossiles :  Ma réponse ? Bof ! Je rappelle qu’il existe des lubrifiants naturels, dont… la salive… ou des caresses lubrifiantes… Mais bon !


Photo Internet
 
G)  Eviter de divorcer, car cela détruit la couche d’ozone ! Oui, le résultat d’une étude savante faite à l’Université de Michigan serait sans appel : divorcer pollue ! Les couples séparés augmenteraient le nombre de foyers, et par conséquent, la consommation énergétique ! Les bras m’en tombent. D’abord parce que cette étude n’a ni queue ni tête, ensuite parce que véritable enjeu du XXIème siècle n’a rien à voir avec le nombre des divorces. L’urgence planétaire number one à gérer est l’explosion démographique, notamment en Afrique et en Asie. Mao Tsé Dong – que personne n’osera taxer d’abominable idéologue de droite –  l’avait parfaitement compris lorsqu’il imposa la loi sur l’enfant unique !


Michelle Yoha, 
(Photo Internet) 

 

A TITRE DE CONCLUSION, VOICI TROIS REMARQUES :

 

1-    La quantité de « dioxine » émise par un bateau de Greenpeace au cours d’une année de fonctionnement, est sans commune mesure avec les dommages écologiques provoqués par nos préservatifs non-bio-dégradables ou nos lubrifiants intimes. Quant aux canots hyper-puissants utilisés par notre ONG écolo –  des canots bouffeurs de carburant s’il en est ! – ,  j’ose conseiller d’utiliser des embarcations propulsées par des rameurs. Elles auraient un impact médiatique infiniment plus porteur.

2-    A propos de carburant, une petite anecdote : Des amis Corses m’ont rapporté qu’un des leaders écologistes les plus en vue actuellement, se rend assez régulièrement dans sa résidence secondaire – qui avoisine leur maison –  en hélicoptère. « Il s’agit d’un petit hélicoptère ! » m’ont-ils précisé. Soit, mais ma question est simple : Combien de flacons de lubrifiant intime faut-il pour faire voler un « petit » hélicoptère ?

3-    Si Mao n’avait pas mis en place, la politique de l’enfant unique, il y aurait aujourd’hui, d’après les estimations des démographes, 3 milliards de Chinois au lieu de un. Autrement dit, deux milliards de terriens de plus sur la planète ! …Et deux milliards de Chinois obligés de s’expatrier, car la Chine d’aujourd’hui n’aurait pas les moyens de nourrir 2 milliards d’habitants supplémentaires sur son sol.

 

Photo Internet 
 
Non, l’enjeu incontournable du XXIème siècle n’est ni dans le gaspillage énergétique per-coïtum, ni dans les lubrifiants, ni dans les condom-latex… mais dans la gestion du seuil au-delà duquel la croissance démographique va constituer un danger réel, objectif, redoutable pour la planète.  

 

Par Ramon BASAGANA - Publié dans : ecologie - Communauté : Notre combat au quotidien
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Mardi 9 juin 2009

 


 La question mérite d’être posée, vous ne trouvez pas ? 
 

D’après mes estimations, les revenus affectés aux « frais de bouche » de nos élus sont très supérieurs au budget que les soudeurs, manutentionnaires, profs, infirmières, vendeuses… sont en mesure d’affecter à leurs repas.

 

Ainsi :

 

a)    Un député européen dispose de 298 euros par jour de présence à Bruxelles (ou à Strasbourg) pour ses frais de repas et d’hébergement. Pour empocher l’indemnité « bouche-logement », il lui suffit de signer ou faire signer la feuille de présence.

b)    Un député français dispose de 5837 euros net, non soumis à l’impôt, pour financer les frais de restaurants, costumes, etc. Détail non négligeable : aucun justificatif n’est demandé.

 

On sait de manière certaine que :

 

1)    Nos députés ont à leur disposition le restaurant du 8ème étage du palais Bourbon, menu à 13,5 euros. Qu’ils peuvent escorter leurs invités au restaurant du 7ème étage moyennant une majoration de 6 euros. Qu’une table plus chic et plus discrète, baptisée Le Petit Hôtel, est proposée dans l’allée de la Présidence. Le menu y est raffiné et le maître d’hôtel exhibe des gants blancs « impec ». Mais, attention, c’est beaucoup plus cher : 17 euros. Les employés, quant à eux, ont droit à la buvette et au self !

2)    Il existe des havres gastronomiques réservés aux élus et financés par les Conseils généraux.

Exemple 1 : Le Mas d’Alco, dans une superbe demeure de Montpellier –  interdite aux soudeurs, manutentionnaires, vendeuses etc – , est réservé aux « élus ». Le menu complet, fameux, raffiné, aux vins exquis, revient à 18 euros tout compris.


EXEMPLE 2 : Le Ruban Bleu, réservé aux élus du Conseil Général des Hauts de Seine. Au dire des connaisseurs, la table y est encore plus somptueuse qu’à Montpellier. On y mange bien, très bien ! Les conseillers généraux peuvent y déguster à volonté mets raffinés, vins fins, dans des salons discrets, à la moquette épaisse, au personnel stylisé. Prix : 15 euros. Détail non négligeable : les soudeurs, caissières, pompistes, techniciennes de surface, etc… n’ont pas accès au Ruban Bleu.

 



Truffe du Périgord (photo Internet)

NOTE :

Autrefois, à l’entrée de certains restaurants, il était écrit :

« Interdit aux noirs, aux juifs, aux chiens, etc ».

A l’entrée du Mas d’Alco et du Ruban Bleu il n’est pas écrit :

 « Interdit aux femmes de ménage, menuisiers, balayeurs, chômeurs… » 

Non, rien de tout cela n’est écrit.
Seulement, si vous n’êtes que femme de ménage, menuisier, balayeur, soudeur, prof, médecin, videur de boîte de nuit… et que vous allez de votre propre chef dans ces haut lieux gastronomiques, on vous mettra à la porte.

 

Vous ne voulez pas me croire ? Eh bien, essayez, allez au Ruban Bleu et dites :

 

- Je suis manutentionnaire chez Bricomachin, et je voudrais bénéficier d’un menu à 15 euros, avec vins fins, truffe noire du Périgord, lumière tamisée, maître d’hôtel… 

 

Vous verrez bien ce qu’on vous répondra.

 

Exclusion ? Mais non, voyons ! Aucun « élu » ne pratique l’exclusion !!!

 

 

      Source: CAPITAL, n° 212, mai 2009

Par Ramon BASAGANA - Publié dans : Spéculation - Communauté : Notre combat au quotidien
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Jeudi 4 juin 2009

Janvier 2002. Il fait gris, le ciel est bas. Marseille se réveille sous un froid glacial. Les premiers flocons. Monsieur C. se tourne vers le médecin :
 

- Comment ai-je attrapé ça ? Pourquoi est-il trop tard pour moi ? 

La question jaillit comme un jet d’arbalète, dévastatrice, meurtrière.

 

Comme la réponse tarde à venir, il recommence, tourne la phrase, change les mots. C’est un perfectionniste, il n’a pas l’habitude des à-peu-près, des questions sans réponse. Mais rien n’y fait. Son cancérologue, le Dr M., hausse les épaules. Que peut-il rétorquer à un patient de 55 ans, fumeur plus ou moins régulier (10 cigarettes/jour environ) qui présente un cancer des voies urinaires ?

 

Rien.

Ou alors… :

-       Vous avez fumé pendant vingt, trente ans… fallait bien qu’un jour ou l’autre –  bon gré, mal gré – , vous passiez à la caisse !

 

Mais il se tait. A quoi bon enfoncer le clou ? Le diagnostic est sans appel : carcinome urothélial (cancer des voies urinaires) avec métastases pulmonaires, atteinte osseuse, adénopathies (atteinte ganglionnaire).

 

Il se contente de commenter la marche à suivre : ablation du rein, chimiothérapie, radiothérapie...

Une tape sincère sur l’épaule, et il raccompagne Monsieur C.


Ce n’est qu’en 2007, un an après la mort de Monsieur C., que son médecin traitant dit à Madame C. avoir des soupçons sur l’origine professionnelle du cancer de son mari.

Madame C. ouvre des yeux grands comme des soucoupes. S’il est une question qui n’a jamais été posée à son mari, c’est bien celle-ci : que faites-vous comme métier ?

 

Elle frappe aux portes, on les lui claque au nez. Elle en ouvre d’autres, fait des recherches auprès des collègues, par Internet, dans ses souvenirs, s’acharne…


Une étude remarquable, dont j'ai extrait quelques notes. 

Non, ce n’est pas de la fiction.

 

L’entreprise KYZ –  T.P.E. de 9 salariés –  est une unité de mécanique de précision spécialisée dans les petits ressorts industriels et pièces diverses.

 

1977 : Monsieur C. a 26 ans lorsqu’il est engagé. L’entreprise a besoin d’un ajusteur qualifié,  disponible, qui ne rechigne pas à la tâche. Monsieur C. est jeune, motivé: il ne demande qu’à bosser. Il se spécialise dans la conception de l’outillage et la réalisation de pièces appelées, dans le jargon du métier, « plats ».

 
(Atelier d'ajustage en Centre d'apprentissage. Photo Internet)
Mais l’entreprise est familiale, nous ne sommes pas à la Régie Renaud. Les locaux sont exigus. Monsieur C. le sait et s’en accommode, tout comme les autres ouvriers. L’amour du métier, surtout dans la métallurgie, ne s’encombre guère de critères de « confort ». Trente années durant, Monsieur C. officie dans un local surnommé « cave » pour l’usinage et dans un local surnommé « hangar » pour la trempe et le traitement thermique des pièces.

La « cave » d’abord.

C’est un espace confiné,  7 mètres sur 4, pratiquement sans aération, sans extracteur, sans ventilation mécanique. Pendant l’hiver, la porte est fermée pour garder la chaleur du radiateur.

C’est là que trônent la fraiseuse, deux tours, la presse à petites pièces, deux machines à faire les ressorts, et un stock d’acier allié. Ces machines, bien que « nobles », sont anciennes, donc pas capotées, c’est-à-dire qu’elles ne comportent aucune protection contre les projections de particules d’huile. Il faut savoir que l’huile est omniprésente dans les opérations d’usinage !

 

Le « hangar » (environ 11 mètres sur 9) comporte  une toiture en éverite, qui sera remplacée par de la tôle en 2004. La ventilation mécanique n’a été introduite qu’en 2000. Dans cet espace clos sont implantés le bac à trempe, quatre fours de traitements thermiques, une presse, la meuleuse, une rectifieuse, le stock d’acier, les fûts de dégraissants.

 

L’atmosphère générale de l’atelier, celle qui va « imprégner » Monsieur C. pendant 28 ans, est faite de brouillards d’huiles minérales, de poussières métalliques, de poussières d’abrasifs, de particules liées au fonctionnement du bac à trempe.

Le bac à trempe est une cuve contenant de l’huile. Ici, parce que le modèle est ancien, le couvercle est fait d’une plaque en tôle tenue par des butées. La fermeture n’est donc pas hermétique. Il arrive que l’huile prenne feu au moment de la trempe, ce qui provoque l’hilarité des opérateurs, mais aussi un nuage de fumée et de vapeurs d’huile brûlée qui prennent à la gorge.

L’huile du bac à trempe n’est changée que tous les 10 ans. Bien entendu, cela implique une concentration exceptionnellement élevées de HAP (Hydrocarbures aromatiques polycycliques). On sait, en toxicologie, que les HAP sont très toxiques.

 

En quoi consiste le travail du jeune Monsieur C., qu’il va poursuivre pendant 28 ans ?

On peut le diviser en huit étapes. Huit, comme le chiffre porte-bonheur des Chinois !

 

1-    Il prend une pièce d’acier et l’insère dans un tour ou une fraiseuse.

2-    Il usine la pièce, c’est-à-dire qu’il la transforme par découpe. Une pompe injecte de l’huile de coupe, laquelle est recueillie dans un bac situé sous le tour. Une pompe manuelle permet de transférer l’huile vers un arrosoir en plastique. Mélangée avec de l’eau, elle est reversée dans les circuits.

3-    La pièce d’acier est transférée ensuite dans un four et subit un traitement thermique à 900°.

4-    L’acier est ressorti à vif et immédiatement immergé dans le bac à trempe (huile minérale) pour donner la dureté à la pièce.

5-    Parfois, la pièce subit un second traitement thermique (300-500°) appelé « revenu ». Objectif : éviter que la pièce ne casse.

6-    La pièce est meulée ou rectifiée dans des machines fonctionnant avec des huiles de coupe.

7-    Une fois que la pièce est froide, elle subit un dégraissage avec un solvant. Ces solvants (trichlo, balthane) sont passés manuellement au pinceau.

8-    La pièce est ensuite trempée dans des additifs pour la protection de l’acier et mise à sécher sur l’égouttoir,  à l’air libre.

 

Toutes ces opérations servent à préparer la pièce finale qui servira à fabriquer la série commandée.

 

Tel a été le travail effectué par Monsieur C. de 1977 à 2005.
Sans incident de santé. Jusqu'à ce mois de janvier 2002 où tout s'est enchaîné. 
Les événements se sont imbriqués de façon implacable: 

-       janvier 2002 : découverte d’un cancer des voies urinaires avec métastases pulmonaires bilatérales, atteinte osseuse et ganglionnaire. Pronostic vital : six mois à deux ans. On procède à une ablation du rein gauche, chimiothérapie, radiothérapie.

-        Reprise du travail.
-       Décembre 2003:
1re  récidive. Métastases pulmonaires, on lui retire des «nodules ».

-      Nouvelle reprise du travail.
-       Décembre 2005: 2ème récidive . Métastases pulmonaires et osseuses.
-      Dernière reprise du travail. La sécurité Sociale lui accorde un taux d’invalidité de 66,66%.

-       Septembre 2006, 3ème récidive. Métastases hépatiques. C’est la fin

Monsieur C. a définitivement quitté les brouillards d'huile en septembre 2006.

Il me plaît d’imaginer d’autres nuages… blancs, limpides..., au-dessus de la Provence. Et que, de là où il est, notre ami pousse ceux qui le soutiennent à ne pas lâcher prise !

 

En tant que médecin, je me pose cinq questions :

 

1-    Le cancer de Monsieur C. est-il susceptible d’avoir une origine professionnelle ? 
Ma
réponse est OUI.
« Parmi les cancers urologiques, ceux de l’épithélium urothélial (voies exrétrices, vessie) ont des étiologie professionnelles prouvées » J.C. PAIRON, Les cancers professionnels, Editions Margaux, Orange, 2000.

2-    A quelles nuisances particulières le cancer de Monsieur C. peut-il être imputé ?
Réponse : aux fluides d’usinage, aux solvants chlorés, huiles et graisses industrielles, fumées, poussières d’oxyde de fer. Les arguments sont légion.

3-    Ces nuisances particulières ont-elles réellement été avérées dans les postes de travail de Monsieur C. ?
Réponse : Et comment !
       Par voie respiratoire et cutanée, depuis 1977 et jusqu’à la fin de son activité en 2005. Pendant toute cette période, l’utilisation d’huiles minérales recyclées, donc riches en HAP, était courante. Sans compter l’exposition lors des opérations quotidiennes d’usinage, de trempe, de traitements thermiques ou de meulage. Le contact avec les fluides était permanent, soit directement au cours des opérations manuelles, soit par des vêtements souillés.

4-    Y a-t-il eu coexposition à d’autres agents cancérogènes ?
Réponse : Oui.
Monsieur C. a utilisé le
Tricholéthylène comme solvant pour les opérations de dégraissage (au pinceau, sans protections), puis le Baltane (Trichloréthane).

5-    Le cancer de Monsieur C. peut-il être imputable à d’autres facteurs notables, non professionnels ?
La
réponse est… bof !
Notre ami fumait bien une dizaine de cigarettes par jour, avec des périodes d’abstinence… 

 

Une demande en « Maladie Professionnelle » a donc été faite après le décès de Monsieur C.

 

Mais… elle a été rejetée.

 

Motif invoqué par la Caisse Régionale de Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP) : « L’existence d’un facteur de risque extra-professionnel ».

 

- Pardon ? Extra-professionnel?
- Mais oui: la
cigarette !

 

Les 28 ans d’exposition aux brouillards d’huiles minérales, aux fluides d’usinage, aux solvants chlorés, aux fumées, huiles, goudrons et graisses industrielles, aux poussières de fer… c’est du pipeau : La seule nuisance directe et essentielle, responsable du cancer de notre ami est… la cigarette !

 

Fiction ?  Réalité? 
La Maladie Professionnelle a bel et bien été refusée à Monsieur C.

 

Petit détail n° 1 :

Sur son nuage blanc, limpide, au-dessus de la Provence, Monsieur C. n’est pas seul :

Trois personnes avaient travaillé, elles aussi, à la « cave ». Elles avaient manipulé des solvants, travaillé à l’usinage, à la trempe, aux gros tours avec les huiles de coupe, respiré les brouillards d’huile…

 

Elles sont mortes toutes les trois d’un cancer (foie, œsophage, œil, vessie…).

Et partagent un coin de nuage.


Petit détail n°2:

Il leur arrivait, ces galopins, de fumer une clope pendant la pause...!

 

 

 

Par Ramon BASAGANA - Publié dans : MEDECINE - Communauté : Médecine
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Mercredi 3 juin 2009

 

A l’heure où l’on supprime des postes à tour de bras dans les lycées, les écoles, les hôpitaux, les services publics… je me suis demandé quel était le revenu de ceux qui, de Droite ou de Gauche, taillent, élaguent, décident de « faire des économies ».
 

Oui, combien touche un député ?


La question est d’autant plus pertinente que :

1- Notre double statut de contribuable et d’électeur nous confère un statut incontournable vis-à-vis du député.

2- Que nous sommes tous aux prises avec les difficultés liées à notre propre fiche de paie.

A titre d’exemple :

Une caissière, une secrétaire
  avec 20 ans d’ancienneté, une assistante dentaire, un jardinier, un ouvrier agricole, ne dépassent pas 1500 euros par mois ; un soudeur, monteur, chaudronnier, heures « sup » comprises,  ne dépassent pas 2500 euros ; de même pour un instit, un prof… Un médecin généraliste - gardes et visites comprises (60 heures par semaine) -  arrive difficilement à 5000 euros


Alors, l’un de ceux qui décident  que nous devons « faire des économies », combien gagne-t-il ?

 

(vue panoramique de l'Assemblée Nationale )
photo Internet 

Voici les revenus d’un député :
 

1- Salaire de base : 7000 euros par mois 

2- Indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) :  5837 euros  net, non soumise à l’impôt. Elle sert à financer les menus frais  : voiture, restaurants, costumes… Etant donné qu’aucun justificatif n’est demandé, chacun fait ce qu’il veut avec cette « indemnité ». Donc : 7000 + 5837

= 12.837 euros par mois.


3- A cela il faut ajouter une enveloppe de 9.021 euros censée financer les salaires des collaborateurs. Bien entendu, rien n’empêche un député de nommer « collaborateur » son conjoint, fils, fille, voisin… ou manucure. Donc : 7000 + 5837 + 9021

= 21.858 euros


Est-ce tout ? Non, évidemment !

4- 80% des députés ont au moins un autre mandat : mairie, présidence, vice-présidence d’un conseil général… A titre d’exemple pris au hasard (1° sur la liste fournie par Capital, Marseille et ses environs, p.91) -  Sylvie ANDRIEUX (PS) :

  1. Députée de Marseille : 7000 euros (plus indemnités, etc )
  2. Vice-présidente du conseil régional : 3677 euros.
  3. Conseillère municipale de Marseille : 1936 euros.
  4. Conseillère de communauté urbaine : 1051 euros.

 


Sylvie ANDRIEUX
Groupe politique: socialiste, radical, citoyen et divers gauche.
Commission: membre de la commission des finances.
Profession: cadre commercial d'entreprise de manutention et d'aconage. 

 

Ça  fait beaucoup d’argent, tout ça !

Mais, ATTENTION : 

Pour éviter les excès, la loi interdit aux parlementaires de gagner plus de 9.730 euros par mois.

Donc, Sylvie ANDRIEUX, comme Jean-Luc BENAHMIAS (MoDem) ou Renaud MUSELIER (UMP), etc... "ne touche" que 9.730 euros par mois.

Sauf que la loi permet de reverser ce qui dépasse à l'élu de son choix: époux, épouse… fils, fille ou manucure.

Est-ce tout ?

Eh ben non :

5- Cerise sur le gâteau: la "retraite".
De quoi nous faire tous pâlir d’envie : Pour un euro cotisé, nos députés reçoivent en moyenne 6,1 euros, contre 0,90 pour la plupart d’entre nous.

Cela représente quoi ?

Très simple : Pour un mandat de cinq ans, un ancien député perçoit en moyenne 1549 euros de retraite par mois.


(A titre de comparaison, un soudeur, après 40 ans de cotisation, touche 958 euros/mois, un médecin, après 30 ans de cotisation 864 euros/mois.)

Petit détail:

6- qui paie la différence entre 0,90 et 6,1? Les contribuables, pardi! C'est-à-dire vous et moi.


CONCLUSION 1 : Pour faire des économies, il suffit de tailler…

CONCLUSION 2: Tailler oui, mais pas à l’Assemblée Nationale.


CONCLUSION 3 : Les députés se sont toujours débrouillés pour enterrer le moindre projet visant à réformer leur statut. Dernier en date, le projet « BALLADUR ». L’ancien premier ministre prétendait alléger le « mille-feuilles » des députés en interdisant le cumul des mandats, en fusionnant départements et régions… Le tollé, orchestré par les bénéficiaires – Droite et Gauche farouchement solidaires pour une fois – a été général.

 

SOURCE : CAPITAL, n° 212, mai 2009


Par Ramon BASAGANA - Publié dans : Spéculation - Communauté : Notre combat au quotidien
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Vendredi 29 mai 2009

 

Il y a six mois, je racontais :
 

  L'AUTRE HISTOIRE DE JOB


Une histoire triste. Celle d’un jeune Lorrain qui quitte l’école à 14 ans, travaille dans les hauts-fourneaux, est engagé dans la fabrication de rails de chemin de fer, puis dans la conduite des ponts roulants.

  

(Haut-fourneau de Joeuf Sarcilor - Conservatoire de la photo)


Et comme tous les autres métallurgistes, est exposé à l’amiante, la poussière, la graisse, la calamine, le souffre…


Job travaillait dans les aciéries WENDEL.


A 27 ans, il demande à être muté. La direction accepte.

C’est la joie, l’euphorie : il descend dans le Sud. Le «paradis », le soleil…

Fos-sur-Mer.

 

(Bateaux en attente dans le golfe de Fos)


Là, à trois pas de La Camargue, les pieds quasiment dans l'eau, il devient « lamineur-opérateur » au skin-pass.


Le skin-pass est un laminoir de surface qui répare les défauts des bobines. Il permet de rembobiner, de planer la surface des tôles.

 

Le site de Fos-sur-Mer est moderne, mais Job est quand même exposé à l'amiante, travaille  dans un bruit assourdissant, dans un « brouillard d’huiles minérales, de poussière de calamine ».

 

Bruit, amiante, huiles minérales, calamine: des bombes à retardement.

 

En 2005, après 40 ans de bons et loyaux services et 172 trimestres de cotation, c’est la retraite au soleil.

 

Sauf que le bouquet de départ contient de la ciguë :

 

Surdité, pleurésie, cancer des cordes vocales, cancer de vessie.

 

Fin 2008, son médecin traitant, avec l’appui logistique de notre association (A.P.C.M.E.= Association Pour la Prise en Charge des Maladies Eliminables), a fait une demande de Maladie Professionnelle pour les deux cancers: vessie et cordes vocales.

 
C'était au mois de novembre 2008. 

Nous sommes  le 29 mai 2009: Six mois ont passé. Qu'en est-il de notre ami Job et de la reconnaissance de ses saloperies de cancer en Maladie Professionnelle?

 

Eh bien, ils ont été « refusés », aujourd'hui. 

 

A cette nuance près qu’il ne s’agit pas d’un véritable refus, mais d’une… escroquerie !

 

La procédure, en effet, veut qu’après une déclaration de Maladie Professionnelle, la Sécurité Sociale (SS) demande l’avis du Comité Régional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRMP). 

 

Le délai de réponse est de six mois. Passé ce délai, au vu des conclusions du CRMP, la SS dit « oui » ou « non ».

 

Or, pendant les six mois écoulés, le fameux comité CRMP, « n’a pas eu le temps de se réunir ».

 

Conséquence :

Etant donné que le délai des six mois est écoulé et que les décideurs n'ont pas la réponse des experts, ils
 rejettent la Maladie Professionnelle.

 

Logique, non ? Je ne suis pas en condition de répondre, donc je refuse !

 

Notre ami Job est donc rentré chez lui ce vendredi après-midi les cordes vocales en compote, vessie  en bout de course... porteur de cette ahurissante nouvelle à l'intention des siens :

 

Mon cancer du larynx et mon cancer de vessie ne sont pas reconnus en Maladie Professionnelle parce que le Comité de Reconnaissance n’a pas eu le temps de se réunir !

 

 

Par Ramon BASAGANA - Publié dans : MEDECINE - Communauté : Médecine
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Dimanche 24 mai 2009



Oui, quels sont les revenus d'un député européen ?

 

Notre bulletin de vote comportera uniquement un nom.

 

Mais, derrière, en lettres « sympathiques », nous pouvons lire la liste des privilèges auxquels nous souscrivons.

 

Glanés dans deux sources accessibles à tous  (Capital, Journal du Net), voici le montant cumulé des revenus de nos députés :

 

  1. Indemnité mensuelle…………… :  7.000 euros
  2. Indemnité de représentation……. :  3.500 euros/mois
  3. Indemnité journalière pour frais de bouche et de logement : 250 euros/jour
  4. Indemnité de déplacement : forfait kilométrique par avion...x

 

Ces chiffres n’éveillent, à priori, aucune « émotion » particulière.

 

J'ai dit "aucune"?

 

Regardons les chiffres de plus près :

 

  1. Revenus « sûrs ».......................... : 7000 + 3500 = 10500 euros par mois.
  2. En ce qui concerne les revenus pour frais de bouche et de logement , prenons le cas de Gérard ONESTA (Verts) qui a assisté aux 299 jours de présence maximum (source Journal du Net). Cela représente : 250 euros x 299 jours = 74.750 euros.
  3. Donc, TOTAL DES REVENUS pour ce député : 10500 + 74750/12 = 16.729 euros mensuels .
  4. Ce à quoi il faut ajouter le forfait déplacement-avion, une vingtaine de d’aller-retours pour un forfait « classe économique » de 50 euros : 50x20= 1000 euros

 

Donc total des revenus pour un député européen assidu : 17.729 euros mensuels (vacances comprises).

 

A titre de comparaison :

 

1.   Le cardiologue hospitalier qui va prendre en charge les complications cardio-vasculaires de nos députés, touche - gardes comprises - , 6.472 euros mensuels ( frais de bouche + frais de logement + frais de déplacement = 0 euros) .

2.   L’une de mes collègues de travail, assistante dentaire, 20 ans d’ancienneté, touche 1.600 euros par mois (Elle hésite à aller voter).

3.   Une autre collègue de travail, secrétaire remplaçante à mi-temps : 650 euros par mois.

 

Commentaire – fiction :

 

a)    Et si nos députés européens comprenaient que le véritable enjeu, dans ce début de siècle n’est ni dans les subprimes, ni dans les pyramides de crédit, ni dans l’hécatombe boursière, mais dans l’inégalité ?

b)    Et si, pour lutter contre l’inégalité qui frappe leurs électeurs en ces temps de grand désarroi économique, ils votaient des lois pour diminuer leurs  17.729 euros mensuels de revenus ?

c)    Et s’ils décidaient, par décence, de ne pas dépasser le salaire mensuel de leur cardiologue hospitalier  ? 

 

Je sais, c’est de la politique fiction.

 

Sauf que mes collègues de travail, mon voisin, vous, moi… nous savons que nos enfants ne toucheront probablement jamais 17.729 euros par mois.

Et ça, c'est de l'inégalité héréditaire

 

Et après, direz-vous ? Les riches ont bien le droit d’être riches, non ?

 

Oui, bien sûr, sauf que l’inégalité héréditaire porte en elle des germes redoutables.

Qui n'ont rien à voir avec la fiction : Louis XVI, Marie-Antoinette, et des centaines de milliers de morts pendant la guerre d’Espagne –  Rouges et Blancs mêlés –  en ont fait le malheureux constat.

 

 

Parlement européen (photo Journal du Net)


Note: Pour pouvoir toucher l'indemnité de "bouche et de logement", nos députés européens sont obligés de signer un registre, histoire de prouver qu'ils sont bien là. Sachez, et ce n'est un secret pour personne, que nombre de petits malins se débrouillent pour faire signer leur assistant à leur place. Ou qu'ils signent... et puis... ils vaquent. 


1.   Source enquête IGAS, rapportée par les Echos du 2 février 2009.

 

Par Ramon BASAGANA - Publié dans : Spéculation - Communauté : Notre combat au quotidien
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Samedi 16 mai 2009

L’amiante, en tant que tel, ne présente aucun danger.



(photo APLCA) 

C’est à partir du moment où il devient friable et qu’il est inhalé, que tout se complique.

 (photo APLCA)

Les fibres d'amiante sont constituées de faisceaux de fibrilles qui se séparent très facilement sous l'effet d'usinages, de chocs, de frottements...

 

 

Lors des réparations dans les constructions anciennes – y compris dans notre chez-nous douillet – ces fibres  forment un nuage de poussières très fines, souvent invisibles à l'œil nu.

 

-) Plus une particule est petite et plus elle peut pénétrer profondément dans l'appareil respiratoire ;

-) Plus les fibres sont longues et fines et plus notre organisme a du mal à les éliminer.

 

Conséquence :

 

Plus les particules d’amiante sont petites, plus les fibres sont longues et fines, et plus elles sont dangereuses.

 

Les fibres qui pénètrent dans les poumons peuvent migrer vers la plèvre (ou vers d’autres organes : larynx, colon…) et provoquer des réactions locales. 

 

A un stade précoce, elles sont indétectables

 

Si la quantité de fibres retenues dans le poumon est importante, le poumon « morfle » irrémédiablement, un peu comme une éponge qui se dessèche.

 

Apparaît alors une « fibrose » : l’asbestose.

 

Mais il y a deux autres processus, redoutables :

 

-)  Les cellules des bronches, altérées par les fibres d’amiante, n’arrivent pas à se diviser correctement. Conséquence : elles dégénèrent. C’est le cancer broncho-pulmonaire.

 

-) Certaines fibres vont migrer vers l’enveloppe qui entoure le poumon : la plèvre. Une fois dans la plèvre, l’amiante peut donner naissance aux fameuses plaques pleurales. Parfois, mais pas obligatoirement, les lésions se compliquent de mésothéliome, un cancer de la plèvre.
 

 

 Mésothéliome vu au scanner
(regardez bien les images sur votre gauche)
Photo APLCA 


2- Apparition d’une zone indurée, de fibrose : les fameuses plaques pleurales.

 

NOTE :

 

la transformation en cancer est d’autant plus fréquente et redoutable que le poumon est exposé à d’autres saloperies (fumée de cigarette par exemple).

 

 
(photo Internet) 

J’ai vu très peu de cancers du poumon chez mes patients fumeurs (Désolé pour les associations anti-tabac, mais c’est la stricte vérité).

 

Par contre, chez mes patients fumeurs + exposés à l’amiante, ç’a été l’hécatombe.


(Vue de la cavité pleurale siège d'un mésothéliome)
 
 Photos extraites du site de l'Association des Pneumologues Libéraux de la Côte d'Azur:
Par Ramon BASAGANA - Publié dans : MEDECINE - Communauté : Médecine
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  • : Ramon BASAGANA
  • blog.ramon-basagana
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  • : 15/01/1944
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  • : Je suis médecin, marié, deux filles. Passionné par la médecine. A l'affût des détresses évitables. J'aime écrire, lire dans "la mémoire des pierres", sonder le présent, décrypter l'avenir. ... Et livrer mes trouvailles

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